Tu ne peux pas comprendre (16/17)

Enfin la suite. ^^;;; (par contre, je ne peux plus faire d'alertes mail pour les nouveaux chapitres, j'ai mon add-on mozilla qui déconne, désolée pour la gêne ><)
Ce n'est pas le dernier chapitre finalement, j'ai préféré couper parce que je me suis un peu étalée. ^^;;;;;;;;
Bonne année à tous et à toutes ♥ et bonne lecture!!!

***

Derrière eux, suivi de Gustav, poings et mâchoires serrés, Tom avait visiblement tout entendu de leur conversation et bouillonnait de rage. Il cracha ses mots, les détachant avec des traits tendus :

- Je vais le tuer.

En moins d'une seconde, Tom s'était engouffré dans la chambre, Georg et Bill sur ses talons criant son nom et essayant en vain d'attraper ses bras pour l'arrêter.

Il était déjà trop tard, et alors qu'Andréas sortait de la salle de bains, Tom se jeta sur lui. Le blond platine, d'abord surpris d'être frappé à l'épaule, son sweat-shirt agrippé sans ménagement par Tom, leva des yeux étonnés avant de comprendre, son regard se durcissant jusqu'à égaler celui meurtrier du jeune homme aux dreadlocks, et il répondit immédiatement de ses mains, les deux garçons se rendant coup de poing pour coup de poing, coup de pied pour coup de pied comme des chiffonniers.

Leur bagarre de chiens enragés ne dura cependant que quelques secondes jusqu'à ce que Gustav et Georg se précipitent pour les retenir, les maintenant comme ils le pouvaient, chacun dans leur coin, en leur criant de se calmer.

Tétanisé sur place, Bill avait regardé la scène avec horreur, ses mains portées à son visage dans un geste de quasi-prière.

Quelques secondes s'écoulèrent, les laissant un peu tous hébétés, mais alors que le calme semblait revenu, Andréas se défit brusquement de l'emprise de Gustav et surprenant Georg qui de son côté tenait toujours prisonnier Tom, il frappa ce dernier. Georg fut éjecté tandis que Tom tombait à terre, sa tête heurtant le sol, et quand Andréas prépara un coup de pied, Bill sentit par pur instinct un rush d'adrénaline l'envahir.

- Non !

En un bond, Bill était aux côtés de Tom, repoussant sans ménagement Andréas qui recula en titubant de plusieurs pas, manquant de tomber.

Le blond platine n'avait même pas enregistré son intervention, ses yeux rivés avec rage sur le garçon à terre, mais alors qu'il s'apprêtait à se jeter à nouveau sur celui-ci, une masse aux longs cheveux bruns s'effondra aux côtés de Tom, le prenant dans ses bras et utilisant son corps pour barrière.

- Tomi ? Ça va ? s'affola-t-il.

Tremblant, Bill avait délicatement aidé son jumeau qui geignait à se redresser, ses doigts dégageant doucement quelques cheveux de son visage grimaçant et venant vérifier avec angoisse l'endroit où sa tête avait cogné, l'examinant avec minutie de gestes indécemment tendres.

Andréas s'immobilisa, comme anesthésié, sa tête tourbillonnant encore un peu sous l'alcool. Il ne réagit même pas lorsque Gustav attrapa son bras, le serrant pour empêcher tout nouvel éclat de folie.

Bill ne le regardait plus, l'ignorant comme s'il avait déjà oublié qu'il se tenait là, dans la même pièce qu'eux. Andréas cligna des yeux, sa gorge nouée. Le brun l'avait repoussé, plusieurs fois.

Il avait enfin compris.

Malgré toutes ces tentatives pour éloigner Tom, il avait irrémédiablement perdu Bill.

Tom avait gagné.

***

Une demi-heure plus tard.

La route défilait à vive allure sous les phares qui semblaient engloutir les flocons de neige qui tombaient encore du ciel noir, virevoltant follement avant de venir mourir sur le bitume.

Assis au milieu de la banquette arrière de la voiture, Tom fulminait, ses yeux noirs restant obstinément fixés droit devant lui pour demeurer le plus calme possible.

Cachée par l'obscurité et leurs manteaux, sa main droite écrasait presque douloureusement les doigts de Bill mais celui-ci ne disait rien, regardant pensivement comme si de rien n'était à travers la vitre le ciel gris dépourvu d'étoiles.

Un silence de marbre régnait dans le véhicule, seulement troublé par le ronronnement doux du moteur, Bill sachant très bien que Tom faisait de son mieux pour ne pas étrangler le jeune homme assis à sa gauche qui, victime de sa cuite et bercé par le bruit de la voiture, somnolait. La tête de ce dernier dodelinait même dangereusement, venant taper doucement mais répétitivement contre la vitre arrière gauche.

Enfonçant son cou dans le col de son manteau, Bill frissonna, et son regard rencontra par hasard celui de Georg dans le rétroviseur pendant quelques secondes avant qu'il ne détourne les yeux, un peu honteux en repensant à la soirée qui avait terminé en fiasco. Après tout, tout était de sa faute si on y regardait de plus près, non ? Il soupira.

Heureusement, Tom et Andréas s'étaient sortis de cette bagarre sans vainqueur avec quelques bosses seulement. Cependant, Bill doutait fortement qu'il en fût de même pour leurs egos. Il soupira encore discrètement et caressa distraitement de son pouce le dos de la main crispée de Tom qui menaçait de lui broyer les phalanges.

Après avoir dit au-revoir à leurs hôtes – la rixe étant miraculeusement passée inaperçue du reste des fêtards –, ils étaient partis en catimini, aucun d'eux ne pipant un mot alors que Georg et Gustav les avaient amenés à leur voiture, Bill soutenant Tom bras-dessus bras-dessous, l'air inquiet devant la rage silencieuse mais intense qui irradiait de son jumeau.

Andréas n'avait rien dit lui non plus, marchant à distance puis se calant loin d'eux dans la voiture, étrangement calme après cet épisode houleux. Depuis, sous le regard en coin anxieux de Bill qui craignait une nouvelle explosion de colère de l'un des deux jeunes hommes, le blond platine avait même royalement ignoré les deux frères blottis l'un contre l'autre de l'autre côté de la banquette arrière avant de s'endormir en cours de route.

La voix sourde de Georg tira Bill de ses pensées, lui demandant le chemin de la maison d'Andréas, et Bill se pencha vers le siège avant, dirigeant Gustav.

Bientôt, la voiture s'immobilisa devant celle-ci. Georg et Gustav défirent leurs ceintures de sécurité, le bassiste se tournant vers les jumeaux. Andréas dormait encore.

- On va le raccompagner, je pense qu'il vaut mieux que vous restiez là.

Se mordant intérieurement la joue, Bill acquiesça et Tom ne dit rien. Leurs deux amis sortirent de la voiture et vinrent ouvrir la portière arrière gauche. Privé d'appui, Andréas glissa légèrement et se réveilla en sursaut. Après quelques secondes, il réalisa où il était, sentant la main de Georg soutenir son bras pour l'aider à se lever.

Il jeta un coup d'½il en coin aux jumeaux – qui évitaient avec soin son regard – avant de sortir silencieusement d'un pas un peu tanguant, échangeant quelques mots enroués avec le bassiste et le batteur qui le menèrent lentement mais sûrement jusqu'à la porte en le soutenant. Quelques secondes après, elle s'ouvrit, et les trois garçons entrèrent dans la maison, disparaissant de la vue des jumeaux.

Bill relâcha le souffle qu'il ne se souvenait pas avoir retenu quand Andréas s'était réveillé, et il sursauta presque en entendant la voix basse et contenue de rage de Tom.

- Il n'est pas encore trop tard. Je peux aller lui régler son compte, si tu veux.

Le brun tourna la tête vers lui, ses yeux s'écarquillant de surprise à son ton sérieux, puis se collant à lui, il étouffa un léger rire avant de lever la main, le bout de ses doigts effleurant à nouveau la petite bosse sur la tête de Tom qu'il avait lui-même tartinée d'arnica avant de partir de la salle de bains de la chambre où la bagarre avait eu lieu.

- Ça ira. Je crois qu'il a compris que j'avais un chevalier servant pour me défendre.

Piquant un fard, Tom grogna, faisant glousser un peu plus le brun. Bill posa ensuite sa tête sur son épaule, et l'atmosphère se détendit.

Néanmoins, Bill perdit vite son sourire. Andréas avait même peut-être un peu trop bien compris de quoi il retournait entre son jumeau et lui. Son ventre se tordit et il préféra ne plus y penser. Un souffle tira le brun de ses pensées :

- Je suis désolé.

Étonné, Bill releva légèrement la tête au murmure de son frère.

- Désolé de quoi ?
- De tout, répondit Tom en haussant les épaules. C'est à cause de moi que c'est arrivé, non ?
- Tom, si tu es responsable, je le suis aussi, soupira Bill. Andi est hyper jaloux, et je ne pense pas que ça aurait changé grand-chose si on avait agi autrement. On a été plutôt discrets, non ? Globalement...

Bill reposa confortablement sa tête sur son épaule, caressant à nouveau distraitement la main de Tom, et se détendant un peu, son frère haussa les sourcils, se tournant vers lui avec étonnement. Sa joue effleura son front.

- Globalement ?

La question resta en suspens dans l'air pendant quelques secondes. Une obscurité rassurante les enveloppait dans l'habitacle de la voiture, le lampadaire malade et solitaire du coin de la rue peinant à dessiner les contours de leurs visages et de leurs corps d'un faible halot. Rougissant en se rappelant le déroulement de leur soirée, Bill marmotta d'un air faussement accusateur :

- Oui. Je veux dire, quand tu ne m'embrasses pas devant tout le lycée par exemple...

Il sentit le sourire en coin de Tom et ses yeux fixés sur lui avec un intérêt non dissimulé, sa langue léchant par tic sa lèvre inférieure jusqu'à titiller son piercing.

- Comme si tu n'avais pas aimé, et puis, il aurait pu voir bien pire ce soir...

Murmurant un 'pervers' faussement choqué sous cape, Bill se retint de couiner d'embarras à l'évocation de la gâterie qu'il lui avait faite, cachant un sourire contre l'épaule de Tom quand celui-ci embrassa sa tempe. Le n½ud qui s'était noué dans son estomac à cause d'Andréas s'évapora pour de bon, laissant place à un autre type de n½ud, plein de désir, qui titilla son bas-ventre. Bill se tortilla sur la banquette pour tenter de le chasser.

- Tu ne te plaignais pas de mon côté pervers tout à l'heure pourtant, se moqua Tom avec un sourire au coin des lèvres.

Hoquetant, Bill releva la tête et lui tira puérilement la langue. Tom se contenta de sourire, l'air amusé, mais son regard se retrouva vite piégé dans celui enflammé de son frère et il se tut, les prunelles noires ramenant à sa mémoire ce qui s'était passé un peu plus tôt.

Les yeux de Bill étaient brillants, arborant un sourire mystérieusement timide mais tentateur à la fois, et après quelques secondes de silence pendant lesquelles la température parut monter d'un cran, Tom croassa, sourire en coin :

- Quoi ?
- Je me demandais juste...

Sans bouger, Bill abaissa ses longs cils et se mordit les lèvres un instant avant d'abandonner, rougissant légèrement. Comment avouer à son frère qu'il brûlait à présent d'impatience de passer à l'étape suivante ?

- ... Rien. Ça n'a pas d'importance.
- Bi-ill, se plaignit Tom.
- To-om, l'imita Bill.

Ils éclatèrent de rire. Néanmoins, leurs rires s'estompèrent vite alors qu'ils se regardaient tendrement et quand Tom déposa sa main libre sous la mâchoire de Bill et se pencha, venant écraser ses lèvres sur la joue brûlante de Bill d'un court bisou.

Leurs paupières se fermèrent au doux contact, et quand Tom recula, leurs yeux se rencontrant brièvement, les lèvres libertines de Bill suivirent les siennes pour les capturer d'un baiser goulu, sa langue venant les caresser pour les entrouvrir.

Bill gémit quand il lui en permit l'accès, mordillant légèrement la langue de Tom et lui tapant légèrement le torse en sentant ce dernier sourire effrontément contre sa bouche devant son impatience.

Mais alors que son c½ur s'accélérait en échangeant un baiser tendre et envoûtant, son sang submergé par un flot d'émotions qui lui donnaient le vertige, la tape se transforma en caresse brûlante, et le brun s'avança jusqu'à pratiquement être sur les genoux de Tom – du moins, autant que leurs ceintures de sécurité le permettaient –, capturant avec encore plus de passion les lèvres séductrices entre les siennes tandis que leurs mains respectives cherchaient désespérément le contact de leurs peaux, caressant leurs torses et leurs tailles à travers les épais tissus, les frottant comme pour tenter de les enflammer.

Quelques secondes plus tard, ils s'embrassaient avec fougue, gémissant doucement et s'agrippant avidement à l'autre tandis qu'il approfondissait passionnément le baiser, laissant leurs lèvres et langues danser à l'unisson.

En entendant quelques voix au loin qui se rapprochaient rapidement, ils redescendirent néanmoins brusquement de leur petit nuage et en un éclair, se détachèrent l'un de l'autre, et ce fut avec des yeux fuyants qu'ils virent Georg et Gustav revenir vers la voiture.

- Tu crois qu'ils nous ont vus ? s'inquiéta Bill en chuchotant, évitant le regard de son jumeau comme s'il craignait de les trahir par ce seul fait.

Tom haussa les épaules, étudiant le visage de leurs amis qui s'approchaient de plus en plus. Au point où ils en étaient, il s'en fichait un peu.

- Je ne pense pas, le rassura-t-il néanmoins. Au pire, on peut leur dire que tu mourrais d'envie d'avoir un second gage parce que j'embrasse divinement bien ?

Il couina de douleur quand Bill lui donna un coup de poing au bras – pile sur l'un des quelques bleus qu'Andréas lui avaient faits le soir même –, les sourcils du brun froncés mais une légère rougeur sur ses joues. Georg et Gustav rentrèrent dans la voiture et les regardèrent à travers les rétroviseurs, l'air curieux.

Mal à l'aise, Bill se tortilla sur lui-même et il bégaya stupidement :

- Alors, Andi va mieux ?
- Oui, il s'est excusé pour tout le raffut de ce soir. Il a même dit qu'il voulait passer demain à notre répète pour s'excuser en bonne et due forme. J'ai dit que ça ne posait pas de problèmes, j'ai eu raison ?
- Oui, acquiesça Bill, n'est-ce pas, Tom ?

Bill donna un petit coup de coude à Tom qui grogna pour seule réponse. Il lui faudrait sûrement beaucoup de temps avant qu'il ne pardonne à Andréas.

Tandis que Gustav redémarrait, Georg mit une cassette dans le lecteur pour briser le précédent silence qui s'était instauré avec Andréas, et s'attira immédiatement l'attention des jumeaux dès que les premières notes résonnèrent. Oubliant momentanément leurs craintes d'avoir été pris sur le fait, ceux-ci écarquillèrent les yeux comme des soucoupes et Tom se pencha entre les sièges de devant :

- Où est-ce que vous avez eu ça ?

À son ton alarmé, Gustav freina soudainement et Georg sursauta. Il se tourna vers eux, haussant un sourcil étonné à leur réaction.

- C'est juste une de nos compos, à Gustav et à moi.
- Ce n'est pas possible, s'exclama Tom en fronçant les sourcils, ça ressemble tellement à notre chanson.
- Laquelle ? demanda Gustav.

À peine avait-il posé la question qu'après l'intro qui venait de s'achever, Bill entamait les premières paroles, se fondant parfaitement avec la musique :

- Die Welt ist umgekippt, jeder Stein wurde verrückt. Angst haben wir nicht... noch nicht. Was kommt ist unbekannt, wir sind die letzten Meter gerannt. Es fehlt nur noch'n Stück und noch'n Stück. Der Blick zurück ist schwarz und vor uns liegt die Nacht, es gibt kein Zurück. Zum Glück, zum Glück, kein zurück, kein zurück.

Bill avait fermé les yeux pendant qu'il chantait, et quand il les rouvrit, il remarqua que Gustav avait fait une halte pendant sa petite démonstration, la voiture ronronnant en plein milieu de la route déserte et que trois paires d'yeux choquées s'étaient fixées sur lui. Le chanteur devint écarlate et s'expliqua d'une petite voix devant le bassiste et le batteur :

- Je rêve de cette chanson depuis des semaines... Tom aussi, rajouta-t-il comme si cela pouvait justifier une telle improbabilité.
- C'est dingue, souffla Georg presque pour lui-même. Comment c'est possible ?
- Aucune idée, répondit Bill en haussant les épaules.
- Au point de te souvenir de paroles ? Tu ne m'avais pas parlé de ça, couina à mi-voix Tom d'un ton de reproche en fixant son frère, ses yeux écarquillés de surprise.

Bill haussa encore les épaules, se retenant de lever les yeux au ciel d'amusement à l'air interloqué et outragé de Tom qui n'aimait jamais être tenu à l'écart des petits secrets de son jumeau.

- Je ne m'étais pas rendu compte que je m'en souvenais, répondit-il tout bas avec honnêteté.
- Drôle de coïncidence, même si ça ne peut être que ça, une coïncidence, commenta Gustav en interrompant leur conciliabule. Tu chantes super bien en tout cas.
- Merci, rougit Bill.

Se retournant, Gustav se remit en route, mettant fin à la conversation, et un peu déboussolé, Georg fit de même. Il ne dit rien de plus, n'osant relancer l'étrange sujet, mais jeta un coup d'½il vers son petit ami qui calmement concentré sur la route, tournait, entrant dans le quartier où vivaient Bill et Tom.

Le reste du trajet se passa en silence, les jumeaux restant blottis l'un contre l'autre malgré le fait qu'ils aient à présent plus de place à leur disposition, et quand la voiture s'arrêta devant leur maison et que Bill ouvrit la porte, ils frissonnèrent en sentant des flocons de neige glacés s'infiltrer dans l'habitacle. Georg se tourna vers eux.

- À demain les mecs, je viendrais vous chercher en voiture à 14 heures pour la répète, ça sera plus pratique.

Les jumeaux acquiescèrent puis sortirent de la voiture, traversant l'allée de leur maison et se plantant devant la porte d'entrée tandis que Tom cherchait les clés dans ses nombreuses poches.

Bill leur fit un dernier geste d'au-revoir alors que le batteur man½uvrait pour reprendre la route, et quand les deux frères eurent disparu de leur champ visuel, Georg et Gustav restèrent un moment sans rien dire, observant les flocons de neige s'écraser silencieusement sur leur pare-brise avant de se faire balayer par les essuie-glaces. Le bassiste soupira :

- Tu as vu ce que j'ai vu quand on est sortis de chez d'Andi ?

Gustav acquiesça puis demanda :

- C'était comme dans ton rêve ?
- Oui...

Georg hésita avant d'ajouter, se tournant vers Gustav :

- ... en plus hot.
- Peut-être, mais c'est quand même bizarre, argua Gustav en haussant les sourcils. Ils sont frères jumeaux.

Le bassiste haussa à son tour un sourcil :

- Ils ont une relation étrange c'est sûr, mais je ne suis pas sûr que quiconque soit en mesure de réellement les comprendre. Et puis, ils ne dérangent personne après tout, enfin à part en rêve. En y réfléchissant... voir leur proximité a dû m'influencer inconsciemment, et par coïncidence, il se trouve que la réalité rejoint la fiction, non ? Qu'est-ce que tu en penses ?
- ... ou peut-être que tu es juste dépravé de nature.
- Hey ! Tu ne t'es jamais plaint de ma dépravation quand je te réveille en pleine nuit après un rêve hot.

Le batteur eut un sourire en coin et il remit le moteur en marche.

- J'ai dit « peut-être » ? Rectification. Tu es complètement dépravé. Mais je t'aime quand même.

Transformé en guimauve à cette déclaration, Georg roucoula un petit 'awww~ je t'aime aussi' d'une voix caramélisée en réponse pendant que Gustav man½uvrait pour sortir de l'allée et regagner la route.

Alors qu'ils roulaient, Georg resta ensuite pensif un petit moment avant de marmotter :

- Au fait, tu ne pensais pas ce que tu as dit pour la chanson. Ça ne peut pas être une coïncidence, si ? Rien de tout ça ne peut en être une.

Passant une vitesse, Gustav ne répondit pas. Lui aussi semblait chercher la logique à tout cela. Georg insista, regardant la route d'un air absent :

- Sérieusement, il y avait combien de chances pour que je rêve de jumeaux qui s'embrassent, de jumeaux jouant avec nous sur scène. Je savais même leurs prénoms avant de leur parler !
- Mais tu ne savais pas qu'ils étaient frères, précisa Gustav en fronçant les sourcils, seulement qu'ils étaient ensemble.
- Comment j'aurais pu le savoir ? se défendit Georg. Même dans mes rêves, ils ne se ressemblent pas du tout. Ils ne ressemblaient même pas aux Bill et Tom qu'on connaît mais...

Il marqua une pause, essayant de se rappeler l'apparence des jumeaux dont il avait rêvé. Ils étaient en effet différents, le bassiste se souvenant distinctement des mèches blanches dans les cheveux de Bill et de son maquillage plus sombre, plus prononcé, et si le Tom de ses rêves arborait les mêmes dreadlocks que celles du vrai Tom, il lui avait semblé légèrement, inexplicablement différent, tout comme Bill. Pourtant...

- ... c'était eux, affirma-t-il encore, j'en suis sûr. Ils savent même notre chanson. Eux aussi l'ont rêvée. Comment c'est possible ? C'est une histoire de dingues !

Ils conduisirent un instant en silence, quand Gustav marmonna, avouant :

- En fait... Je suis sûr que tu vas trouver ça un peu tiré par les cheveux, mais je pense qu'il y a peut-être une explication logique... même, scientifique à ça...

À ces mots, Georg ne put se retenir de grogner. Il aimait son petit ami, il l'aimait vraiment, mais quand il se mettait à parler de ce genre de choses, il n'arrivait plus à l'arrêter.

- Gusti... Encore ces histoires farfelues sur ces machins-bidules-choses que personne ne peut voir ?
- C'est de la physique quantique, précisa Gustav.
- Ok, soupira Georg. Si tu le dis...
- Ces théories sont très sérieuses et acceptées par l'ensemble de la communauté scientifique, se défendit encore Gustav.

Georg se retint de soupirer à nouveau. Néanmoins, il croisa les bras, attendant qu'il continue avec une certaine curiosité, et s'impatienta même quand la réponse se fit attendre. Satisfait d'avoir enfin toute son attention, Gustav eut un infime sourire en coin :

- Voilà... tu te souviens de la théorie des cordes dont je t'avais parlé ?
- Vaguement.
- Selon cette théorie, il existerait plusieurs dimensions au niveau des atomes, environ 10. Le nombre de ces dimensions varient selon les versions, et certains scientifiques parleraient même de 26 dimensions. De plus, il semblerait que la matière à l'échelle des particules ait des propriétés étranges qui suggèrent qu'une seule particule a la possibilité d'être, non, plutôt qu'elle existe simultanément à plusieurs endroits...

Georg l'interrompit d'un grognement. Il passa une main dans ses longs cheveux avant de se gratter le crâne.

- Ça devient du charabia là. Traduction ?

Gustav leva les yeux au ciel et secoua la tête, amusé mais un peu désespéré aussi.

- Ce que je veux dire, c'est qu'il pourrait y avoir plusieurs dimensions parallèles où nous existerions simultanément.
- Tu veux dire, plusieurs Georg et Gustav ? demanda le bassiste en fronçant les sourcils.
- En quelque sorte, sauf qu'il n'y aurait qu'un seul Georg et un seul Gustav en réalité. Les mêmes, situés à plusieurs endroits à la fois, vivant des vies parallèles livrées au gré du hasard, mais liés par un destin commun, une seule conscience.
- Mais ils seraient sûrement très différents les uns des autres ?
- Il y aurait certainement des différences dans leurs vies, mais l'essentiel demeurerait.
- Comme quoi ? L'amour ? répliqua Georg en haussant un sourcil.

Gustav sourit de manière infime.

- L'amour, et la musique, visiblement. Ce qui ne serait pas étonnant vu que cette théorie des cordes est aussi appelée la théorie de l'univers élégant selon laquelle l'univers serait en fait une symphonie de cordes vibrant à l'infini. La matière serait donc... de la musique en somme. Enfin, ce n'est qu'une théorie.

Enfin arrivé, il s'arrêta devant la maison de Georg et coupa le moteur, mais les deux jeunes gens ne bougèrent pas, le bassiste fixant le batteur. Finalement, Gustav termina sa pensée en regardant virevolter les flocons dans la nuit :

- Mais c'est plutôt rassurant de penser que quoi qu'on fasse, on rencontrera forcément les bonnes personnes qui transformeront notre vie parce qu'on y était prédestiné.

Gustav tourna la tête, ses yeux rencontrant ceux de Georg. Ils s'observèrent un instant, puis le bassiste se pencha pour l'embrasser, murmurant contre ses lèvres :

- J'aime cette théorie.

À suivre...

***

La suite pour bientôt, je suis sur ma lancée donc avec un peu de chance, suite et fin dans quelques jours. ;)

Pour ceux qui seraient intéressés, voici quelques liens sur les théories scientifiques rapidement évoquées ici:
- théorie des cordes
- l'expérience de la double fente (le documentaire en entier s'appelle "what the bleep!? do we know" vost fr)

PS: j'ai effectué quelques modifications dans le chapitre 9 où il y avait quelques incohérences gênantes oO

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Comments :

  • mini-tagada

    26/05/2011

    Moi aussi j'aime cette théorie :p
    Et j'aime surtout, comme dans "L'inattendue", le fait qu'avec toi on comprend tout de suite les approches scientifiques les plus compliquées. Mais ces vies parallèles, normalement, ne sont jamais censées se croiser. Comment alors les jumeaux, et à fortiori, Georg et Gustav ont-ils pu rêver de leurs doubles ? Y aurait-il là aussi une explication scientifique qui se cacherait dessous ou ne s'agit-il que de ta folle imagination qui prend le dessus ?

  • x-Tom-Brech-Aus-x

    20/01/2011

    J'aimerais bien avoir le dernier chapitre s'il te plait !
    Ce serait vraiment très gentil ^^
    De plus que j'ai vraiment envie de savoir comment ça va se terminer :D
    Je te laisse mon e-mail : little_miss_shy@hotmail.fr
    Merci ^^

  • princess--sara

    02/01/2011

    Bonjour
    Je viens de lire cette histoire («Tu ne peut pas comprendre"), et je l'ai adorée. Il va falloir que je pense à remercier la fille qui m'a conseillé cette fiction, enfin bref.
    Je dois t'avouer qu'Andréas m'a vraiment agacée, il mériterait des baffes. L'histoire des rêves et des différentes dimensions m'a beaucoup plus tout en surprenant. J'aime énormément ta façon d'écrire, ça change de tout ce que j'ai connu jusqu'ici.
    Je me demandais si tu serais d'accords de m'envoyer le chapitre 17, j'ai vraiment envie de connaître la fin.
    Merci d'avance.
    Bisous
    S.

  • In-Billy

    28/12/2010

    Waou. Je me rappelle plus trop comment je suis tombé sur cette fiction mais dire que je regrette serait le plus beau des mythos. Je l'ai lu d'un coup sans pouvoir m'arrêter cherchant à en savoir toujours un peu plus. J'étais open pour réviser mon bac blanc et pis j'suis tombé sur ta fic'...tu te doutes que j'ai toujours pas commencé à potasser mes cours ^_^ Bref' assez parler de ma vie, cette fiction est une petite merveille *__* C'est tout mignon, les rêves sont étranges on a envie de baffer Andi et que Tom aille lui dire sa façon de penser, y'a du suspens du guimauve, de la baston, des répliques énormes, bref tout ça mélangé sa forme une petite fiction qui avait déjà tout pour me mettre pleins d'étoiles dans les yeux *__* Et c'est véridique ! ^_^
    Par contre, vu que j'suis déjà bien accro et que skyrock de m**de poste pas le dernier chapitre, si tu as le temps un de ces jours pour me l'envoyer .. (:
    Allez, je go lire tes autres écrits pour rêver encore un peu ;)

    Bonne continuation !
    Billy

  • lollipopthetop

    24/12/2010

    Et voilà la solution !
    S'il te plaiiit j'ai été très gentille cette année donc comme cadeau de Noël pourrais-je avoir le chapitre 17 en mp ? MIci ! N'empêche ils ont tous vu Bill et Tom en plein "action' XD

  • xXx-yaoi-lemon-xXx

    05/12/2010

    je veux bien le 17 en mp si possible =)

  • x-pas-sur-la-bouche-x

    15/03/2010

    Mais euuuuuh ça fait trop lgt que j'étais pas venu et je reviens et t'es en hiatus! ><
    Je dis Noooooooooon! *se révolte* lol
    Sérieusement j'avais adoré le chapitre 16 surtout avec l'hypothèse des dimensions...c'était un truc de fou!
    Par contre moi je vais te demander le chapitre 17! Surtout que c'est la fin de la fic apparement! Il me le faut absolument! *0*
    Des Bisous!
    £illou

  • x-d0li-prane-x

    11/03/2010

    REVIEEEEEEENS T___T

  • gustavette483

    06/03/2010

    trop trop bien j'adore *.*
    tu pourras me prévenir de la suite stp =)
    gros bisous

  • ecrire-pr-parler2

    28/02/2010

    tu nous manques éè

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