Tu ne peux pas comprendre (12/?)

Le jeudi soir

Il était tard, et assis dans son lit, éclairé par la faible lumière de sa lampe de chevet, le bout de son stylo entre les dents et un énorme coussin supportant son dos, Bill essayait tant bien que mal d'étudier une dernière fois sa leçon d'histoire quand le téléphone vibra sur la couette diaprée.

Jetant un coup d'½il en coin vers le petit appareil, il soupira et tendit le bras vers celui-ci, puis cliqua sur une touche. Après avoir rapidement lu le message, il renvoya un court texto avant de laisser le téléphone et de se replonger dans son cahier.

Le brun s'était isolé dans sa chambre après le dîner pour réviser – il avait une interro très importante le lendemain matin –, et y était resté depuis, recherchant un peu de calme après sa rude journée.

Néanmoins, ce calme n'était pas fait pour durer, si bien que lorsqu'un toussotement se fit entendre, ce fut sans surprise. Pourtant, la tête de Bill virevolta nerveusement vers la porte qui, laissée plus tôt entrebâillée, était à présent béante, dévoilant l'intrus qui s'était faufilé jusque là.

Rougissant légèrement malgré lui, il observa Tom alors que celui-ci s'appuyait contre l'embrasure de la porte. Ses mains plongées dans les poches de son bas de pyjama, son frère avait le regard fuyant.

- Hey, je peux venir ?

Quelqu'un n'avait visiblement pas envie de dormir tout seul ce soir.

Bill se retint de sourire, et baissant les draps à côté de lui, l'invita silencieusement à le rejoindre. Tom ne se fit pas prier et il ne lui fallut que quelques secondes pour monter dans le lit et s'allonger confortablement sur le côté, se tournant naturellement vers son frère.

Après s'être installé, il demeura néanmoins timidement silencieux, son visage se contorsionnant pensivement comme s'il cherchait le meilleur moyen d'engager la conversation. Ses mains moites alors qu'il restait aussi immobile qu'une statue, Bill déglutit. Si le silence entre eux était en général confortable, les non-dits étaient... inhabituels, car pour la première fois, ils ne savaient pas ce que l'autre pensait réellement.

En effet, après l'incident du matin et l'étrange midi passé à la cantine – Tom et Andi n'avaient pas arrêté de se lancer des regards noirs quand ils pensaient que Bill ne prêtait pas attention –, les deux frères ne s'étaient quasiment pas vus ni parlés, passant sous silence l'étrange épisode des toilettes qui restait confus dans leurs esprits.

Et même quand ils étaient revenus chez eux, Bill était demeuré silencieux, encaissant peu à peu les événements mouvementés de la journée en restant dans son coin.

Agrippant le coussin où il reposait sa tête de ses bras, Tom leva les yeux vers lui :

- Alors, qu'est-ce que tu fais ? l'interrogea-t-il bêtement tellement la réponse était évidente.

Son pied alla tapoter volontairement celui de son jumeau, et Bill rosit à leur contact. Triturant le coin écorné de son cahier, il ouvrit la bouche, mais avant qu'il n'ait pu répondre, le téléphone le sauva en vibrant une nouvelle fois sur le lit, dans le creux entre eux, et il l'attrapa pour lire le message. Décryptant l'horrible écriture phonétique, il lança un timide sourire vers son jumeau.

- J'essaie de bosser, mais principalement, je réponds aux messages d'Andi. Il n'a pas arrêté de m'en envoyer pour s'excuser...
- Ah, je vois, marmotta le blond en tirant sur le coin de son coussin. C'est... bien.

C'était en effet un signe de bonne volonté du blond platine, mais...

Ses paupières mi-closes alors qu'il baissait les yeux, Bill l'observa un instant, intérieurement amusé en voyant comment son jumeau acquiesçait sans le moindre entrain. Il pouvait sentir sa jalousie à des kilomètres.

- ... et pour me demander qu'on se remette ensemble, termina Bill en un murmure.
- C'est bie... Quoi !?

Cette fois-ci, Tom avait écarquillé les yeux, le fixant d'un air sidéré. Bill retint de justesse un gloussement à sa réaction affolée, et balançant à nouveau le téléphone sur le lit, il retourna son attention vers sa leçon. Il ramena ses genoux vers lui.

- Il dit que je lui manque déjà, raconta-t-il, et il promet de ne plus faire les mêmes conneries...
- Mais, tu ne comptes pas accepter ? Après tout ce qu'il t'a fait, tu ne regrettes pas de l'avoir quitté quand même ?

Tom tentait en vain de paraître nonchalant, mais le ton urgent de sa voix le trahissait, montrant à quel point il était inquiet à la perspective que Bill ait changé d'avis sur Andréas. Rougissant, le brun se plongea un peu plus dans son cahier et s'insurgea :

- Bien sûr que non, et tu sais très bien pourquoi.

Il rosit en sentant le regard inquisiteur du jeune homme posé sur lui, et décalant son cahier, il s'allongea sur le côté pour l'éviter, lui tournant le dos. Persévérant, Tom se pencha sur lui et haussa un sourcil :

- Non, pourquoi ?
- Parce que, humpffa Bill.

Regardant obstinément son écriture qu'il n'arrivait plus à décoder – complètement déconcentré par la proximité de son frère –, Bill couina et se tortilla quand un doigt vint lui chatouiller les côtes.

- Tomi ! s'esclaffa-t-il.
- Parce que quoi ? insista Tom.
- Tu sais quoi.
- Non, tu ne m'as rien dit.
- Parce que tu le sais déjà, rougit Bill.

Il captura enfin la main chatouilleuse de Tom, et tous deux s'immobilisèrent jusqu'à ce que Bill ne relâche soudainement sa main, rouge comme un coquelicot.

Malgré leur... chaud câlin de la nuit passée et les mots rassurants de Tom ce matin-là, dans les toilettes du lycée, lui suggérant qu'il l'aimait comme le Tom de ses rêves, il ne se voyait pas lui avouer de but en blanc ses sentiments... ou peut-être devait-il le faire ?

Essayant de calmer le feu dans ses joues, Bill se mit à tirer nerveusement sur la couette de ses doigts, et Tom posa une main sur sa hanche, osant à peine le toucher tandis qu'il se collait à lui. Il souffla sur sa nuque :

-Dis-le-moi quand même.

Le brun frissonna en sentant les doigts de son jumeau glisser légèrement entre son bas de pyjama bleu et son tee-shirt blanc. Le cahier tomba à terre, oublié. Bill hésita, son c½ur s'affolant :

- Parce que...

C'est toi que j'aime.

Après une légère inspiration, enfin prêt à se lancer, Bill allait continuer quand une nouvelle vibration intempestive le fit grogner.

Agrippant vivement son coussin, il se redressa dans l'intention d'étouffer son téléphone – donnant un malencontreux coup d'épaule dans le nez de Tom au passage, le malheureux punching-ball étouffant un 'aïe' avant de protéger l'élégante protubérance de ses mains – mais regardant autour de lui, le brun réalisa vite que ce n'était pas le sien qui venait de se manifester.

- Tu pourrais au moins t'excuser, tu viens de me démolir le nez là, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué ! geignit Tom d'une voix nasillarde et plaintive pour obtenir son attention.
- C'est ton portable, M. Je-suis-en-sucre, gloussa Bill avec effronterie.

Remarquant néanmoins le regard noir soutenu que Tom lui lançait tout en se frottant le nez, attendant visiblement qu'il répare les dégâts qu'il avait causés, Bill leva les yeux au ciel, amusé de voir que certaines choses ne changeraient jamais entre eux, comme leurs 'excuses'.

Chassant les mains de Tom, il se pencha pour réparer le bout de son nez d'un bisou comme il avait l'habitude de le faire – il arrivait souvent qu'il assomme son frère durant la nuit –, mais Tom pivota la tête au dernier moment en humpffant, vexé, avant de lui tourner de dos de manière théâtrale.

Perdu, Bill cligna des yeux, les papillons dans son ventre s'entrechoquant lamentablement.

- Mais, Tomi...

Tom sortit son portable de la poche de son pyjama, marmonnant misérablement entre ses lèvres d'un ton outré :

- Oser me défigurer pour lire un message d'Andi.

À moitié rassuré, Bill leva une nouvelle fois les yeux au ciel en gloussant, puis retombant sur le lit, il se colla à son jumeau, plantant son nez dans ses dreadlocks et agrippant sa taille de ses longs doigts manucurés.

Le blond cliqua sur le clavier et cessant de frotter son nez martyrisé, il étouffa un rire au bout de quelques secondes en lisant le message qu'il venait de recevoir, attisant la curiosité du brun :

- C'est qui ?
- Quelqu'un..., sourit Tom.

Il avait dit cela sur un ton évasif, légèrement taquin. Encore plus curieux, Bill se pencha sur lui et se redressa un peu plus pour tenter de lire les mots, mais Tom cacha son portable de sa vue d'une main. Il rit pour de bon en terminant de lire son message, et Bill sentit la jalousie le piquer.

- C'est une fille ?

Tom haussa les épaules, et écrasant son nez contre l'épaule de son frère, Bill fronça les sourcils, un peu inquiet.

Il savait qu'avec son pseudo look de gangster, Tom était plutôt populaire auprès des filles de leur lycée et que celles-ci avaient pour habitude de lui laisser leur numéro. Or, il n'était pas rare que Tom leur envoie des messages. Car même si cela faisait longtemps que son frère n'était pas sorti avec quelqu'un, il aimait flirter avec elles – surtout si elles étaient blondes et stupides, grogna-t-il intérieurement – pour maintenir sa réputation de Don Juan.

Néanmoins, maintenant Tom n'avait aucune raison de flirter avec ces blondes écervelées, n'est-ce pas ?

Le brun humpffa impatiemment :

- Tomi !

Il se pencha encore vers lui, étirant son cou pour voir l'écran, et Tom lui tourna encore plus le dos en gloussant.

- C'est Georg, expliqua-t-il enfin.

Bill retint un soupir de soulagement. Depuis le week-end passé, Tom et lui avaient parlé à diverses reprises avec Georg et Gustav, via téléphone et msn. Cependant, son soulagement fut de courte durée. Pourquoi Tom faisait-il autant de mystère autour d'un petit texto alors ?

Il le regarda suspicieusement et se redressant à moitié, assis sur le côté, il croisa les bras.

- Et qu'est-ce qu'il raconte de si important pour que je ne puisse pas le savoir ?

Tom se tourna légèrement pour mieux voir son capricieux petit frère, et le c½ur de Bill s'accéléra quand leurs yeux se rencontrèrent.

- Gustav et lui viennent à fête chez Jan, demain soir.
- Ah..., rougit Bill.
- Ils veulent nous parler. En fait, ils auraient soi-disant quelque chose à nous proposer, plus précisément.
- C'est vrai? Quoi donc ? s'étonna Bill.
- Je ne sais pas, Georg ne m'a rien dit de plus, sourit Tom.

Bill rosit et baissa les yeux, se sentant soudainement un peu embarrassé de s'être montré si jaloux pour un simple sms. Après s'être mordu les lèvres, Tom ajouta, baissant lui aussi les yeux pour tapoter un message en réponse à leur nouvel ami.

- En fait, ce n'est pas exactement tout, il m'a aussi donné des conseils au sujet d'une fille.

Bill releva la tête, ses yeux écarquillés.

- Quoi ?
- Je lui ai simplement dit que quelqu'un m'intéressait, répondit Tom en haussant les épaules, un peu embarrassé. J'avais besoin d'en parler à quelqu'un.

Le c½ur de Bill se glaça soudainement. Tom, son Tom était intéressé par une fille ? Quelle fille?

Incapable de parler, Bill le fixait désespérément pour capter son attention, pour qu'il lui en dise plus, mais Tom ne le regardait pas, écrivant toujours de son pouce. Il poursuivit néanmoins :

- En gros, je lui ai raconté que je me suis rendu compte que je l'aimais en rêvant d'elle, dans des rêves plutôt hot, et là il me harcèle pour avoir plus de détails. Ce type est complètement pervers, rit-il.

Bill se mit à trembler à ces mots. Tom était amoureux de cette fille ?

Cela voulait-il donc dire qu'il avait eu faux sur toute la ligne concernant le comportement de son frère ? qu'il n'avait été excité à son réveil ce matin-même que parce qu'il avait fait un rêve érotique sur elle ? Comment ne s'en était-il pas rendu compte ?

Leurs baisers et leurs caresses si intimes n'avaient donc jamais rien voulu dire de spécial pour Tom ? Cela ne signifiait rien ?

Bill avait l'impression d'avoir été poignardé en plein c½ur, mais par-dessus tout, il ne comprenait pas. Il ne comprenait pas pourquoi Tom l'avait trahi.

- Pourquoi tu as été en parler à Georg ? murmura-t-il d'une toute petite voix. Pourquoi tu ne me l'as pas dit à moi en premier ?

Même si ça lui aurait déchiré le c½ur, pourquoi n'était-il pas venu lui en parler à lui, à son jumeau ?

Les larmes lui montèrent subitement aux yeux malgré lui et il grimaça pour les empêcher de tomber. Tom releva brusquement la tête aux trémolos dans sa voix. Ses yeux grands ouverts, il le dévisagea avec incompréhension.

- Dit quoi ?

Reculant jusqu'à s'asseoir sur ses genoux, Bill agita ses mains dans l'air et secoua la tête, l'air déboussolé. Il n'osait pas le regarder dans les yeux.

- Que... tu étais tombé amoureux d'une fille !
- Mais, Bill...
- On se dit tout d'habitude, et là tu me tiens à l'écart...
- Bill...
- Alors que je pensais, oh mon dieu...
- Bill ! s'impatienta Tom.

Ledit Bill allait tourner la tête, battant des cils pour chasser l'humidité qui commençait à s'accumuler dangereusement quand Tom se redressa et captura d'autorité son visage.

- Bill, regarde-moi.

Agrippant les poignets de son frère, Bill renifla, fixant obstinément la porte sur le côté. Était-il si malade et dérangé pour s'être imaginé que Tom l'aimait lui aussi ?

Bill déglutit, ravalant un sanglot, et les yeux de Tom cherchèrent les siens.

- Pourquoi je t'aurais dit quelque chose que tu sais déjà ? soupira-t-il.

Il ne fallut que quelques secondes pour que Bill ne tourne la tête vers lui, perdu.

- Quoi ?

Tom haussa les épaules. Ses mains quittèrent son visage en une caresse.

- Tu sais de qui je parle, tu les as vus comme moi, ces rêves.
- Quels rêves ? demanda prudemment Bill.

Il ne voulait pas se ridiculiser plus encore en dévoilant le premier ses songes. Tom se tortilla sur lui-même, et embarrassé à son tour, il leva les yeux au ciel.

- Tu sais lesquels.
- Non, insista Bill. Dis-moi.

Malgré sa dénégation, les yeux de Bill brillaient avec un soudain intérêt, son c½ur ayant repris espoir.

- Tu sais, toi et moi..., dit-il avec embarras.
- Continue.

Les yeux de Bill s'étaient ouverts comme des soucoupes en comprenant qu'il n'y avait pas réellement de 'fille'. Il pouvait lire les pensées de Tom à présent mais il voulait les entendre à voix haute. Cependant, Tom ne semblait pas enclin à se plier à sa volonté.

- Toi d'abord, rosit le têtu.
- Non, toi, exigea Bill en tapant mollement son torse.

Étouffant un cri, Tom fit mine d'avoir été frappé de plein fouet, retombant en arrière sur le lit après une chute ridiculement dramatique, puis agrippant sa poitrine au niveau du c½ur, il ferma les yeux et fit le mort. Bill eut une petite moue.

- Tom, arrête tes conneries et réponds-moi.

Tom ne répondit pas, semblant dormir paisiblement bien que cela ne fût pas le cas, et Bill soupira. Il attrapa la jambe de Tom à travers les couvertures, la secouant vivement.

- Tom...

Mais il ne réagit pas non plus, et la moue de Bill s'accentua. Se traînant sur ses genoux, il vint s'asseoir à côté de lui, fixant son visage calme et ses longs cils résolument clos.

- Tomi...

Ledit Tomi ne bougea pas d'un poil, et s'impatientant, Bill s'allongea contre lui. Il ramena les draps sur eux, puis posant sa tête à côté de la sienne sur l'oreiller, il se mit à tapoter sa joue du bout de son doigt en boudant.

- T'es mort ?

Comme il ne répondait toujours pas, Bill posa son menton sur son épaule et l'observa en soupirant. Un moment passa en silence, pendant lequel il pesa le pour et le contre, puis il souffla, abandonnant, et marmotta :

- Ok, je commence, mais t'as pas intérêt à te moquer de moi.

Il marqua une pause, et comme Tom semblait attentif, il rassembla tout son courage pour continuer, sa voix étouffée contre l'épaule du blond bégayant légèrement :

- J'ai rêvé de toi oui...

Il leva les yeux au bout de quelques secondes, examinant avec crainte les traits paisibles de Tom, puis comme celui-ci ne réagissait toujours pas, il baissa les yeux vers son torse qui se levait et s'abaissait calmement. Le caressant doucement de sa main, il précisa d'une toute petite voix nerveuse :

- ... de toi et moi.

Ses yeux se perdirent dans le vague, rassemblant ses souvenirs, et il poursuivit d'une voix incertaine :

- Dans ces rêves, on était amis avec Georg et Gustav, et on était tous les quatre des rock stars adulées par des milliers et des milliers de fans. On n'arrêtait pas de voyager de ville en ville, d'hôtel en hôtel. Quelque part, même si ça peut paraître bête, on avait l'air d'être libres, toi et moi...

Libres de s'aimer.

Il marqua une pause, sa main moite venant recouvrir celle de Tom qui agrippait toujours son tee-shirt, au-dessus de son c½ur qui battait rapidement.

- Même si on devait cacher le fait... qu'on était amants..., murmura-t-il timidement.

Il s'interrompit pour de bon, ses joues en feu et son c½ur en panique de s'être ainsi livré, attendant anxieusement que Tom lui dise quelque chose, n'importe quoi pour le rassurer, et une bonne demi-minute s'écoula avant que... Tom ne ronfle bruyamment.

Les yeux de Bill s'ouvrirent comme des soucoupes et toujours aussi rouge qu'une tomate, il humpffa, scandalisé. Roulant à moitié sur son frère, il pinça le bout du nez de Tom et le tordit sans ménage pour se venger. Tom se tortilla sous lui, craignant visiblement pour l'intégrité de son précieux appendice.

- Aïe !!! Tu essayes de m'amputer le nez ce soir ou quoi ? gémit-il plaintivement en le fusillant du regard.
- Sois content que je n'essaie pas de t'amputer autre chose, grogna Bill.

Oubliant sa gêne précédente, son genou vint frotter son entrejambe pour appuyer ses menaces, et Tom eut un sourire en coin provocateur.

- Tu n'oserais pas.

Il ondula ses hanches, leurs bassins se frottant, et quelque part rassuré par son attitude normale, Bill le regarda en gloussant avant de le chatouiller, ses mains descendant picoter son ventre et se dirigeant de plus en plus bas.

- Tu veux parier ?

Tom couina, étouffant ses rires alors que Bill gloussait ridiculement, et il ne tarda pas à céder.

- Bill ! Pouce, arrête ! J'arrive plus à respirer.

Bill sourit victorieusement et Tom pencha sa tête en arrière un instant pour reprendre sa respiration avant de le regarder à nouveau. Ils se fixèrent ensuite un long moment, des flashs de leurs rêves remontant à la surface de leur conscience, et leurs sourires disparurent légèrement pour ne laisser que des yeux chocolatés chauds et brillants qui se perdaient dans leur reflet.

Le temps sembla se suspendre jusqu'à ce que Tom murmure :

- Je t'aime Bill, je t'aime à la folie...

Les yeux de Bill s'écarquillèrent, son pouls s'accélérant. Il l'aimait ? Tom l'aimait vraiment ?

- Mais ici, on n'est pas dans un rêve. On n'a pas le droit... Ce n'est pas... normal, rajouta doucement Tom.

Le c½ur du brun se serra brusquement en voyant le sourire triste et défaitiste de son frère devant la dure réalité.

Quels que soient leurs sentiments, leur désir inconscient révélé par leurs rêves communs, être ensemble leur était interdit. Leur rêve était un beau rêve, mais un rêve inaccessible. Ils ne pourraient jamais être libres de s'aimer dans ce monde.

Bill déglutit lourdement avant de dire tout bas :

- Je m'en fous...

Il se fichait bien de souffrir en cachette, il se fichait d'être anormal. Après tout, c'était quoi, être normal ?

Bill se pencha lentement, et leurs yeux toujours rivés l'un sur l'autre, embrassa le bout du nez qu'il avait martyrisé plus tôt avant de le frotter contre le sien en un baiser eskimo. Il souffla encore contre ses lèvres :

- ... si tu savais à quel point je m'en fous. J'ai besoin de toi. Je veux être avec toi.

Ses yeux brillaient à présent, et quand il continua, plus bas qu'un murmure, sa voix fut étranglée d'un sanglot :

- Je t'aime Tom.

Les yeux brillants de Tom se refermèrent alors qu'il se pinçait les lèvres pour ne pas craquer, et quelques secondes passèrent en silence avant que Bill ne sourie timidement, observant ses paupières closes avec dévotion.

- Tomi...

Son frère rouvrit les yeux, et Bill haussa les épaules.

- Tu veux sortir avec moi ?

Tom cligna lentement des yeux, l'air perdu, et Bill bredouilla :

- Si on est prudents, ça peut marcher, et... je le veux vraiment, alors, je... Enfin... ce que je veux dire... je sais ce que je veux, alors si toi aussi...

Il se mordit les lèvres, se sentant incapable de dire quelque chose de plus cohérent. Il ne savait pas où cela pourrait les mener. Ce ne serait peut-être pas tellement différent de ce qu'était déjà leur étrange relation, ou peut-être serait-ce quelque chose de complètement nouveau, Bill n'en était pas sûr, mais si cela pouvait fonctionner pour leurs doubles chimériques, peut-être que cela pourrait aussi marcher pour eux ?

Bill rougit encore, et étouffant malgré lui un rire, Tom accepta silencieusement mais avidement d'un hochement de tête, puis conclut leur nouveau pacte en glissant sa main sur sa nuque pour l'attirer à lui et poser doucement ses lèvres tremblantes sur les siennes, les happant tendrement pendant quelques secondes avant qu'ils n'approfondissent tous deux goulûment le baiser, leurs bras venant enlacer l'autre.

Il leur fallut de longues secondes avant de se séparer, et quand ils se regardèrent, frissonnant à la chaleur audacieuse qui s'était emparée d'eux, ils gloussèrent nerveusement.

- Quand je vais dire à Georg que j'ai conclu avec la fille de mes rêves, plaisanta Tom en caressant le dos de Bill.
- On n'a pas encore 'conclu', idiot, humpffa Bill.
- Techniquement, pas encore, mais un jour, bientôt, susurra Tom.

Un sourire en coin, il lui fit un clin d'½il taquin, et virant une fois de plus écarlate alors que son esprit tentait d'imaginer ce qu'il laissait entendre, Bill humpffa à nouveau.

- On verra, peut-être...
- Peut-être ?

Roucoulant stupidement, Tom lui fit des yeux dignes du chat Potté, et Bill détourna la tête, tel un coquelicot intimidé par le soleil. Envisager... de faire l'amour avec son frère était aussi attirant qu'effrayant. Rien que l'idée que son frère soit son premier... et d'être également le premier de Tom... C'était bien plus significatif que tous les batifolages fraternels, bien que moralement indécents, auxquels ils s'étaient livrés jusqu'alors.

- Peut-être, répéta-t-il en haussant les épaules le plus nonchalamment possible pour ne pas frissonner.

Tom s'esclaffa à son air grognon et gêné avant de l'embrasser à nouveau, le serrant comme un nounours alors qu'il renversait leur position. Il tendit ensuite la main pour éteindre la lampe de chevet, l'obscurité sécurisante enveloppant leur tendre étreinte.

Ils restèrent un bon moment à s'embrasser de simples mais longs et chauds baisers mouillés dont ils n'avaient que peu profité jusque-là, prenant le temps de se câliner de douces et tendres papouilles, et Bill se vengea même de l'effronterie passée de Tom en lui infligeant un joli suçon dans le cou – à vrai dire, il ne s'était pas vraiment défendu non plus...

Sur le lit, le portable gisait, complètement oublié, et ce ne fut que bien plus tard, lorsque Tom se fut endormi, ronflant légèrement dans ses bras, que Bill tendit le bras vers son portable dont l'écran brillait, luttant contre la pénombre.

Il n'y avait pas moins de dix messages, tous d'Andréas. Il les lut rapidement puis soupira. Andi était impatient d'être à la fête de Jan du lendemain soir, convaincu que les choses pouvaient y être réparées entre eux.

... je t'aime toujours,
je veux qu'on parle demain,
je sais qu'on a encore une chance toi et moi...


Le brun soupira et répondit, tapotant sur le clavier lumineux.

Je suis désolé Andi, il y a quelqu'un d'autre...
Redevenons amis, j'y tiens énormément.


Il envoya le message, éteignit le portable pour la nuit, puis se lova à nouveau contre Tom, inspirant son odeur et caressant un moment ses dreadlocks entre ses doigts en souriant légèrement avant de sombrer lui-même sereinement dans le sommeil.

À quelques kilomètres de là cependant, une autre personne avait les yeux écarquillés, fixant l'écran de son portable, complètement incrédule.

Il y a quelqu'un d'autre...

Andréas ne ferma pas l'½il de la nuit.

À suivre...

***

Ce passage n'était pas prévu à la base, et il n'a fait que s'allonger au fur et à mesure... ^^;
Le ~drama~ n'arrive donc qu'au prochain chapitre... vv
Mwéhéhé... 8D
Bisous tout le monde!!! <3333333
Et merci énormément pour tous vos com's, ça fait vraiment hyper hyper hyper plaisir!!! <33333

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Comments :

  • lollipopthetop

    24/12/2010

    J'adore le "T'es mort ?" de Bill XD
    Manque de sommeil = crevé = cernes = moche et endormi = Andréas !

  • Billnamimoureuse

    14/08/2009

    J'ai une de ces hâtes !!!
    Même si je comm' pas beaucoup, j'ai hâte ! xD

    Kisses,
    @++ !!!

  • LoveLetterA

    14/08/2009

    Chouper <333

  • sanggreen

    13/08/2009

    Merci! ^^
    Encore quelques jours pour avoir la suite, mais j'y travaille! Ca avance! :D
    <33333333333333

    Bisous tout le monde!

  • eh-tom

    12/08/2009

    Argh la la, je viens de découvrir cet fanfiction et elle est... Mmmmm <3
    Superbe.
    Je l'adore.

    Andréas est terrifiant. J'ai peur qu'il n'aille trop loin, j'ai peur qu'il tue Tom sous le coup de la jalousie, voir Bill, du genre "Si t'es pas avec moi, tu seras avec personne !"
    Sa jalousie est tellement terrifiante, Andy m'as terrifier, j'avais peur qu'il n'aille trop loin. Je me suis sentit dans Bill à ces moments-là, je voyais à travers ces yeux, j'imaginais Andréas, plus grand que moi, en colère, la fureur dans ses yeux... Brrrr...

    Suite <3

  • 4therecord

    02/08/2009

    ça y est j'ai luuuuuuuu!
    tu as décidé qu'Andreas foutrait le binz partout où il irait?!

    c'est bien. ;)

  • sanggreen

    02/08/2009

    Merciiiiii pour les commentaires! *-*

    <3333

  • Xx-SIMSALABIN-xX

    01/08/2009

    Oh mon Dieu !
    Comment j'ai fait pour ne pas venir lire ce chapitre en rentrant de vacances ! =O
    J'ai pris pour -mauvaise- habitude de regarder les dates de mises à jour.
    Et ce soir j'ai vu que tu avais 76 articles en ligne. Alors que j'étais persuadée qu'il y en avait 75.
    Bref j'avais donc un chapitre de retard oO' U.U ^^'
    Et que dire de ce chapitre ? Je l'adore tout simplement *_*'
    Ce petit moment entre Tom et Bill est trop mignon, tout chou. Aaah :D
    C'est tout meugnon, tout gentil :)
    Avant qu'Andreas ne refasse son apparition et veuille tout faire pour revenir avec Bill ^^
    En tout cas, merci pour ce très agréable moment de lecture.
    Comme à chaque fois. De toute façon je sais que quand je veux
    de bonnes histoires à tendance Bisounours tes OS sont parfaits pour ça :P :D
    Bonne soirée,
    Bisous :).

  • x-d0li-prane-x

    01/08/2009

    COME BAAAACK RIGHT NOW ! é.è
    XD

  • LoveLetterA

    31/07/2009

    *Passe & part*
    Je suis en manque :33

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