Tu ne peux pas comprendre (9/?)

Les G's de ce chapitre sont dédicacés à Stern pour son anni, j'espère que ma winwin ne m'en voudra pas! ;)
Bisous! <3

***

Un peu plus tard, en début d'après-midi...

Alors qu'ils descendaient les marches en bois qui menaient au sous-sol confiné de la maison de Jan servant de local pour les répètes du groupe d'Andréas, Bill poussa de manière joueuse l'épaule de Tom. Tous les deux gloussaient comme des collégiennes et les musiciens levèrent la tête à leur entrée sans néanmoins s'arrêter de jouer.

S'approchant du groupe, Bill et Tom firent de petits signes de la main pour saluer tout le monde.

Les calmes et réservés Hans et Erik jouaient tous deux de la guitare. L'exubérant Jan était au chant, Andréas à la basse et à la batterie se trouvait un garçon blond et courtaud que les jumeaux ne connaissaient pas. Assis en compagnie de Daniel – l'actuel batteur – sur un des deux vieux canapés qui entouraient la mini-scène, un autre jeune homme inconnu aux cheveux mi-longs qui tendaient vers le roux était là lui aussi.

De concert, les deux frères enlevèrent leurs lourds manteaux d'hiver et allèrent leur serrer la main avant de se laisser tomber paresseusement sur l'autre canapé, attendant que le groupe termine son morceau pour pouvoir parler. Au milieu du brouhaha de notes grinçantes que Gustav essayait tant bien que mal de cadrer d'un rythme millimétré digne d'un coucou suisse, ils se mirent ainsi à se parler, chuchotant à l'oreille de l'autre entre rires et sourires.

Ses yeux délaissant un instant Gustav et les autres membres, Georg se mit à fixer les deux nouveaux venus avec intérêt. Il avait une impression de déjà vu.

Celui aux longs cheveux bruns lissés – visiblement teints – arborait un maquillage noir des plus félins qui rehaussait ses yeux en amande, et sur son pull sombre au col roulé, arborait plusieurs colliers en argent qu'ils trituraient du bout de ses doigts aux ongles parfaitement manucurés. L'autre avait des dreadlocks ridiculement longues, tout comme l'étaient ses vêtements dix fois trop grands pour lui.

Ce wannabe gangsta paraissait pourtant bien inoffensif, et malgré son look de rappeur homophobe, il était pratiquement collé à l'autre garçon, ses mains jointes reposant presque sur la cuisse du jeune homme tandis que ses lèvres frôlaient son oreille pour lui parler doucement.

Georg se pencha vers son voisin.

- Qui est-ce ?

Daniel suivit son regard puis il se pencha à son tour, haussant légèrement la voix pour se faire entendre à cause de la musique.

- Le brun c'est Bill, et celui avec les dreadlocks, Tom. Ce sont nos deux plus grands fans, dit-il avec un sourire fier.

Georg lui offrit un sourire légèrement crispé. Sûrement leurs deux seuls fans aussi.

Gustav et lui allaient au même conservatoire depuis des années, et cela faisait longtemps qu'ils cherchaient un groupe où jouer. Ils en avaient essayé quelques uns à droite et à gauche, mais n'étaient jamais restés longtemps quelque part. Le niveau de ces groupes avait toujours été médiocre et surtout, aucun n'avait le moindre charisme. Celui-ci ne faisait pas exception.

Georg retourna son attention vers les deux autres spectateurs. Même eux avaient plus d'attrait que les membres du groupe.

À ce moment-là, le garçon qui s'appelait supposément Tom se pencha encore vers l'autre qui se nommait Bill, mais cette fois-ci, ce fut pour faire semblant de mordre sa mâchoire, ses dents et ses lèvres effleurant de manière joueuse la tendre peau sous son lobe.

À cette action, le brun rougit, et repoussant le blond, il remonta son col roulé jusqu'à recouvrir sa bouche et se tourna vers l'autre garçon pour lui lancer un regard faussement noir. Malgré le fait qu'il ne pouvait voir ses lèvres bouger, Georg devinait sans mal que le brun rosissant souriait même s'il lui sembla entendre un couinement qui ressemblait fort à un « Tomi, arrête! ».

Les yeux de Georg s'écarquillèrent. Il ne s'était pas attendu à voir deux garçons flirter si ouvertement l'un avec l'autre dans un si petit village. Il se pencha à nouveau vers Daniel.

- Ils... sont toujours comme ça ? hésita-t-il, tâtant le terrain.

Daniel leva les yeux au ciel, s'esclaffant.

- Ils n'arrêtent jamais. Pour ça, ils sont vraiment pareils tous les deux.
- Et est-ce qu'ils sont... ? tenta encore Georg.

Il s'interrompit, n'osant formuler sa question jusqu'au bout, mais Daniel sembla la comprendre parfaitement.

- Oh, oui en effet ! Tu l'as remarqué ? Ils...

L'interrompant, un grincement plus strident que les autres se fit entendre tandis que Tom et Bill étaient à présent en train de se pincer et se chatouiller au niveau de la taille. Tous se bouchèrent immédiatement les oreilles, se tournant vers le coupable. La musique s'arrêta et la voix de Jan s'effaça. Baissant la tête, Andréas grogna une excuse :

- Désolé.
- Ok, inutile de terminer la chanson, soupira Jan. Je crois qu'on en a assez entendu.

Se tournant vers le batteur taciturne, il sourit.

- Je pense qu'on a trouvé notre futur nouveau batteur.

Agitant ses baguettes dans l'air, le blond eut un sourire, si léger qu'il fut presque imperceptible, et Andréas intervint, l'air pompeux malgré lui :

- Il faut qu'on réfléchisse encore.
- Qu'on réfléchisse à quoi, Andi ? répliqua avec étonnement Jan. Il serait parfait !
- Il nous faut encore un chanteur. Si Bill chante pour nous, ça veut dire aussi que je reste à la batterie, proclama autoritairement le blond platine.

Les autres membres soupirèrent et jetèrent un coup d'½il désolé et déçu vers Georg.

Le bassiste avait passé l'audition juste avant Gustav, et il s'était avéré être bon, voire même très bon. Bien plus que ne l'était Andréas à vrai dire. Néanmoins, Gustav et Georg avaient posé une condition irrévocable au groupe avant de commencer les auditions : s'ils les prenaient, c'était tous les deux, sinon rien.

Georg le rappela.

- Si vous ne le prenez pas, je ne resterai pas non plus, exposa-t-il calmement en haussant nonchalamment les épaules.
- Andi, gronda Jan en se tournant avec agacement vers son ami.

Andréas haussa les épaules, l'ignorant, et Jan se retint de l'étrangler. Il pouvait être si têtu parfois. Surtout, le chanteur ne comprenait pas pourquoi il tenait tellement à ce que Bill entre dans le groupe. Il était plutôt cool, mais ça s'arrêtait là. Jan doutait même qu'il puisse réellement chanter un temps soit peu, du moins, sûrement pas aussi bien que lui.

Se redressant sur le canapé, Bill toussota en sentant le regard suffisant de Jan sur lui, et ses pupilles dérivèrent sur son copain.

- C'est pas grave Andi. Je n'avais pas vraiment l'intention de passer l'audition de toute façon. Il vaut mieux que vous gardiez Georg et Gustav, et toi tu pourras faire le chant. Comme ça, c'est réglé, non ?

Il regarda l'assemblée. Tous sauf Andréas semblaient approuver, Jan hochant frénétiquement la tête. Néanmoins, le blond platine fronça les sourcils pour une autre raison. Il désigna le batteur et le bassiste.

- Tu les connais ?
- Non, cilla avec étonnement Bill. Pourquoi ?
- Tu viens de les appeler 'Georg et Gustav', expliqua Erik en trafiquant sa guitare, tout aussi surpris que lui.
- Mais, vous venez de dire leurs prénoms, insista le brun, sûr de lui. Je ne l'ai pas rêvé quand même.

Il étouffa un rire gêné. Pris de curiosité, Georg et Gustav fixèrent le frêle jeune homme avec intérêt, et le brun rougit sous leur regard avant de se figer, un flash lui revenant à l'esprit.

- C'est sûrement le mouvement du bus qui l'a fait glisser, relax.
- Et si c'était Georg ou Gustav ?


Il l'avait réellement rêvé.

Dans ce rêve du matin même où il avait été chanteur et Tom guitariste – et où accessoirement, ils étaient amants. Est-ce que cela ne pouvait être qu'une coïncidence qu'il fasse soudainement la connaissance d'un bassiste et d'un batteur qui portaient les mêmes prénoms ?

Sans remarquer son trouble, tous se regardèrent, incertains. Oui, ils l'avaient peut-être dit après tout. Sinon, comment expliquer que Bill connaisse déjà leurs prénoms ?

- C'est vrai, je les ai entendus moi aussi, dit Tom.

Néanmoins, son ton n'était pas tellement assuré, comme s'il se posait les mêmes questions que son frère, et Tom tourna la tête vers Bill, rencontrant des yeux chocolat qui le scrutaient avec étonnement. Le blond déglutit.

Il n'était plus tellement sûr de l'avoir entendu dans cette pièce. En fait, il se rappelait ces mots absurdes de sens qui étaient sortis de sa propre bouche, dans un rêve qu'il ne maîtrisait pas, tel un spectateur égaré dans un autre monde, dans le corps d'un autre. Tom frissonna en se plongeant dans le regard profond de Bill.

Se raclant bruyamment la gorge comme pour interrompre leur échange visuel, Andréas croisa les bras.

- Peu importe. Je veux que Bill passe les auditions.
- Seulement si Tom les passe aussi, décréta soudainement ledit Bill à qui les revendications de Georg et Gustav avaient donné des idées.
- Bill..., chuchota Tom en se penchant vers lui en guise d'avertissement.

Le blond se tortilla contre son jumeau, mal à l'aise. Il n'avait réellement aucune envie d'être dans le groupe d'Andréas. Et c'était réciproque. Andi leva les yeux au ciel :

- On ne peut pas avoir trois guitaristes, Bill, dit-il en oubliant complètement les autres candidats.
- Tom pourrait être... le guitariste de remplacement ? suggéra Hans.
- Non, siffla Andi sur un ton qui n'admettait aucune contestation.

Il commençait à s'énerver, et la tension monta dans la pièce, Jan croisant avec agacement les bras face au caprice de son bassiste-parfois-batteur. Andréas persista, s'en prenant à Bill :

- Je croyais que tu voulais chanter avec nous ?

Bill soupira. C'était Andi qui s'était mis cette idée en tête depuis le début, car même s'il aimait chanter et avait rêvé plus jeune à devenir chanteur, il n'éprouvait pas le besoin de faire partie d'un groupe, surtout si son jumeau n'était pas avec lui. Tout était beaucoup moins fun sans lui. Il haussa les épaules.

- Si Tom...
- Vous n'êtes pas mariés que je sache ! le coupa Andréas en hurlant de rage. Tu peux faire quelque chose sans lui pour une fois, non ?

Un silence de marbre suivit leur échange, les autres garçons regardant d'un air perdu la scène sans comprendre de quoi il retournait vraiment. Andréas ne s'emportait presque jamais, et surtout pas contre Bill.

Seul Tom fronça les sourcils, lançant un regard noir qu'Andréas ne remarqua même pas. Rougissant d'embarras à son éclat de colère, le brun ouvrit la bouche, mais avant qu'il n'ait eu le temps de répliquer, un léger rire se fit entendre.

Tous regardèrent Georg.

- Bah, j'imagine qu'ils veulent juste passer plus de temps ensemble, expliqua-t-il d'un air débonnaire en s'adressant à Andréas. Tu ne peux pas leur en vouloir pour ça. C'est normal dans un couple, je les comprends.

À ces mots, tous écarquillèrent les yeux, le fixant en silence comme des ronds de flan, et paniquant légèrement, Georg parcourut son assemblée des yeux avant de jeter un coup d'½il vers Gustav pour obtenir quelque aide ou éclairement. Impassible, celui-ci haussa les épaules d'impuissance, ne comprenant visiblement pas lui non plus pourquoi tous semblaient si choqués. Andréas avait même l'air encore plus furax.

Georg regarda Tom et Bill, soudainement inquiet d'avoir fait une gaffe.

- Vous êtes bien ensemble, non ? demanda-t-il pour confirmation en les pointant tour à tour du doigt.

Réduits à l'état de coquelicots en un temps record à noter sur les annales, Bill et Tom se turent et se figèrent à cette supposition pour le moins inattendue aux yeux du monde. Qu'est-ce qui avait bien pu lui faire penser ça ?

À côté du bassiste, Daniel s'éclaircit la gorge au bout de quelques secondes de flottement.

- Georg, ils sont frères, expliqua-t-il avec embarras.

Le rouquin écarquilla les yeux.

- Mais, tout à l'heure j'ai cru que...
- Non, continua Daniel. Je crois qu'on s'est mal compris. Je pensais que tu avais remarqué qu'ils étaient jumeaux.

Les mâchoires respectives de Georg et Gustav manquèrent de se décrocher, et leurs têtes pivotèrent vers lesdits jumeaux qui évitaient à présent de croiser le regard de quiconque, tout particulièrement celui de leur moitié.

- Faux jumeaux ? tenta Gustav, peu convaincu.
- Des vrais jumeaux, précisa Andréas en soufflant avec mépris. Et ce ne sont pas des tapettes. D'ailleurs, je n'en accepterais jamais dans le groupe.

Se détendant légèrement, les autres membres du groupe étouffèrent quelques ricanements bêtas. Quant à Bill, il sembla regagner sa composition à son affirmation hautaine et il fixa durement son petit ami. Que pensait-il être, lui ? Un hétéro pure souche ?

Tom paraissait du même avis que lui, se retenant à peine de dire tout haut qu'il y en avait déjà un dedans. Cependant, il y avait assez de tension dans l'air pour ne pas vouloir en rajouter.

Néanmoins, quand Gustav se leva et rangea ses baguettes dans une pochette, regardant Georg de côté, le bassiste soupira et fit de même, allant ranger sa basse :

- Je crois qu'on ne va pas pouvoir rester alors, dit-il en débranchant sa gratte.
- Quoi ? Pourquoi ? s'affola Jan. Vous n'allez pas partir maintenant quand même ?

Ils étaient les seuls candidats potables pour prendre la relève dans le groupe – les seuls candidats tout court en fait – et pour leur plus grand bonheur, ils étaient plus doués qu'eux tous réunis.

Georg referma sa housse puis enfila son manteau, imité par Gustav.

- Andréas a pourtant été clair je crois, dit-il avec sarcasme.

Ils se dirigèrent vers les escaliers, prêts à partir, quand Jan tenta de les retenir :

- Quoi ? croassa-t-il. Comment ça ?

Hésitant, le rouquin marqua une pause pour se tourner vers eux et il soupira. Regardant un instant Gustav, il sembla trouver un accord silencieux dans ses yeux stoïques, et les surprenant tous, Georg se pencha. Sa main vint glisser sur la joue de Gustav, la caressant doucement, et ses lèvres se posèrent chastement sur celles du blond un instant avant d'approfondir le baiser pendant quelques secondes, l'embrassant sans retenue.

Quand ils reculèrent, tous les yeux étaient rivés sur eux. Andréas était livide.

- À voir vos têtes, j'imagine que c'est clair ça aussi ? conclut narquoisement Georg.

Sans un autre mot, ils montèrent les escaliers. Quand ils eurent disparu de leur vue, Jan donna un coup de pied dans le canapé et se tourna vers Andréas.

- T'es fier de toi ?
- On devrait peut-être aller s'excuser, tenta Daniel, l'air mal à l'aise.

Après tout, c'était indirectement à cause de lui que tout avait déraillé. Nerveux après tout cet étrange échange et plus que conscient de la subite tension entre son frère et lui, Bill se leva et se dirigea à son tour vers les escaliers tout en mettant son manteau.

- Je vais aller leur parler, bredouilla-t-il.
- N'y va pas, lui ordonna Andréas. On n'a pas besoin d'eux.

Marquant une pause. Bill se tourna vers lui et haussa un sourcil.

- Je crois que si, vu que je ne passerai pas vos auditions, dit-il d'une voix ferme.
- Pourquoi ? s'écria Andi.
- Je vois que tu n'as toujours rien compris, termina plus bas le brun.

Profitant de la surprise d'Andréas qui resta coi à sa réplique, Bill fila ensuite dans les escaliers, remontant au rez-de-chaussée.

Le voyant disparaître, Andi sentit ses yeux le picoter rageusement. Qu'y avait-il donc à comprendre ? Tout ce qu'il avait voulu, c'était pouvoir passer un peu plus de temps avec son copain sans avoir Tom dans les pattes.

Tom, Tom. Il n'y en avait toujours que pour Tom. Bill n'avait que ce nom-là à la bouche !

Pire. Plus le temps passait, plus Bill semblait lui échapper, le jeune homme se raccrochant toujours plus à son frère. Diable, même des étrangers pensaient qu'ils étaient ensemble.

Andréas tourna la tête, et ses yeux rencontrèrent ceux de Tom, intensément fixés sur lui. Il pouvait y lire de la méfiance, une pointe d'avertissement, et plus étrangement, quelque chose qui s'apparentait à une pointe de compétition, comme si Tom lui disait qu'il n'était pas prêt à lui laisser son jumeau.

Quelque chose qui lui donnait l'impression que Tom avait fait exprès tantôt de se frotter ainsi à Bill, comme s'il cherchait à le provoquer personnellement. Putain, il l'avait presque mordu sous leurs yeux. En y réfléchissant, ce n'était pas vraiment une action des plus fraternelles qui soient, et il était peu étonnant que Georg les ait trouvés bizarres. D'ailleurs, ne devrait-il pas se poser des questions lui aussi ?

Andi repensa un instant à ce qui s'était passé le matin même dans la salle de bains, puis se retint de rire à sa propre bêtise. Il s'imaginait des choses, c'était la seule explication possible. Il ne pouvait y avoir quoi que ce soit d'incestueux entre Bill et Tom, encore moins quelque chose de romantique. Il n'avait donc aucune raison d'être jaloux de son frère ou de se sentir en compétition avec lui, même si celui-ci était un tantinet trop protecteur avec son jumeau.

Car après tout, c'était lui que Bill aimait, d'un amour plus que fraternel, pas Tom. Du moins, Andréas l'espérait.

Il était éperdument amoureux de Bill, et il avait été sur un nuage quand Bill lui avait dit qu'il était la plus belle chose qui ait pu lui arriver. Néanmoins, Andréas était conscient qu'ils avaient de plus en plus de mal à communiquer depuis qu'ils étaient ensemble, et il était frustrant pour lui de constater à quel point Tom comprenait mieux Bill que lui.

Soupirant, Andréas se tourna vers le blond et alla s'asseoir à côté de lui sur le canapé tandis que les autres membres du groupe se chamaillaient, discutant de l'idéale future composition du groupe.

- Qu'est-ce que je n'ai pas compris ? ne put-il s'empêcher de demander à Tom en marmonnant de manière à ce que seul lui l'entende.

Détournant les yeux, Tom regarda sa jambe qu'il avait repliée, son pied posé sur son genou opposé. Il n'hésita pas, comme si les paroles que Bill avait prononcées étaient aussi claires que du cristal.

- On ne peut pas forcer quelqu'un à faire quelque chose qu'il ne veut pas, répondit-il d'une voix tranchante et accusatrice, parce qu'on ne peut décider pour les autres ce qui est mieux pour eux.
- Et j'imagine que toi tu sais qu'est-ce qui est mieux pour Bill, hein ? ricana presque Andréas.

Dissimulant au mieux sa jalousie, il s'était à peine retenu de demander qui à son avis pourrait être mieux pour Bill.

S'impatientant, Tom secoua la tête, levant à nouveau ses yeux vers lui.

- Non, c'est à lui de décider et de faire ses choix, ça a toujours fonctionné comme ça entre nous. Je ne l'ai jamais obligé à faire quoi que ce soit, moi.

Sans attendre sa réponse, Tom se leva, visiblement énervé. L'air stupéfait, Andréas le regarda s'éloigner sans rien dire, et la jalousie l'étreignit à nouveau douloureusement.

Il ne savait pas jusqu'à quel point c'était vrai, mais il était clair à présent que ce n'était pas seulement une impression.

Tom et lui étaient bien en compétition.

***

Après avoir remonté la fermeture Éclair de son manteau et tiré sur son bonnet noir pour cacher ses oreilles, Bill ouvrit la porte d'entrée et sortit dehors, s'arrêtant sur le perron.

Il neigeait encore, comme si le ciel n'était pas encore satisfait de son ½uvre malgré le fait que tout le paysage fût parfaitement maculé de blanc.

Il ne lui fallut que quelques secondes pour repérer la moto sur le trottoir. Inspirant et soupirant profondément pour se donner du courage, il s'approcha des deux personnes qui se tenaient à côté. Georg finissait de nettoyer le siège envahi de flocons tenaces tandis que derrière lui, Gustav attendait patiemment, portant la basse sur son dos.

Ce ne fut que lorsque le rouquin eut chevauché sa bécane et mis son casque, tendant l'autre à son petit ami qu'ils remarquèrent la présence du brun.

Bill s'arrêta à un mètre d'eux, et ils restèrent tous les trois silencieux, se regardant en attendant que l'un d'eux ose briser la glace. Malgré sa grande taille qui dépassait déjà celle des deux autres garçons plus âgés, il se sentait tout petit. Il croisa timidement les bras.

- Désolé pour Andi, s'excusa-t-il. Il ne voulait pas vraiment dire ça.
- Vraiment ? se moqua Georg. Parce qu'il avait pourtant l'air convaincu de ce qu'il disait.

Bill se mordit les lèvres pendant quelques secondes, pesant le pour et le contre, puis finalement se lança. Après tout, eux aussi étaient gays.

- Il ne faut pas lui en vouloir, il a juste du mal à assumer. Ça serait vraiment génial si vous acceptiez de rester, ils ont vraiment besoin de bons musiciens.
- Assumer ? Assumer quoi ? demanda Georg en fronçant les sourcils.
- On sort ensemble, Andi et moi, murmura presque Bill.

Georg et Gustav parurent interdits, leurs yeux s'écarquillant. Ils échangèrent un regard, le blond ayant le plus léger des sourires pour son compagnon.

- Tu as vraiment fait une belle gaffe. Pas étonnant qu'il avait l'air jaloux.

Georg donna un faux coup de poing revanchard sur le torse du batteur, le sourire de ce dernier persistant, et Bill cligna des yeux à sa remarque. Qui était jaloux de qui ? Ils ne pouvaient pas vouloir dire qu'Andréas était jaloux de Tom ?

Avant que Bill ait eu le temps de bégayer une question, perturbé, Georg continua :

- Je m'excuse pour lui...

Il se reçut à son tour un léger coup de poing sur le bras qu'il ignora d'un sourire en coin avant de poursuivre.

- ... et pour moi aussi, termina-t-il. Mais vous aviez l'air tellement proches ton frère et toi.
- Ce n'est pas grave, rosit Bill à cause de l'air glacé. J'imagine que notre relation est parfois difficile à comprendre pour les autres...

Ses yeux fuyants, il se retint de rajouter 'même pour moi' et s'empourpra un peu plus. C'était quelque chose qu'il n'avait jamais admis à haute voix, et surtout pas à de parfaits étrangers. Pourtant, c'était une évidence qui s'imposait de plus en plus à son esprit à mesure que le temps passait.

Resongeant à son envie impérieuse d'embrasser son frère qui ne l'avait plus quittée depuis qu'ils avaient retenté l'expérience ce matin-même, Bill se mordit les lèvres. Il devenait fou, c'était sûrement ça. Car tout se mélangeait dans sa tête. Son rêve, Tom, et leurs baisers et caresses, réels et irréels.

Il y avait même ces deux garçons dont il avait entendu les prénoms dans ses songes ! Comment cela était-il possible ? Qu'est-ce que cela voulait dire ? Et pourquoi avait-il l'impression que Tom avait fait le même rêve que lui et savait déjà tout cela alors que c'était parfaitement impossible ?

Georg observa un moment le garçon remuer nerveusement sur place en silence, puis il changea de sujet.

- Peu importe en tout cas, ce n'est pas vraiment à cause de ce qu'il a dit qu'on est partis. La musique qu'ils font n'est pas du tout ce qu'on recherche.
- C'est-à-dire ? s'enquit Bill avec curiosité, ravi du changement de conversation qui l'éloignait de ses pensées tordues. Qu'est-ce que vous recherchez exactement ?

Georg échangea encore un regard avec Gustav, puis répondit en hésitant :

- En fait, je ne sais pas trop. Mais ça fait plusieurs années que l'on cherche à monter un groupe.
- On cherche des gens originaux, ajouta le blond avec un infime sourire.

Ils connaissaient des dizaines de musiciens à travers le conservatoire et avaient écumé tous les mini-festivals et bars possibles, écouté des dizaines de groupes de garages. Pourtant, rien n'avait jamais réellement attiré leur attention et ils continuaient à chercher, comme s'ils essayaient de trouver quelque chose de précis, telle une étoile uniquement faite pour eux qu'ils devaient trouver dans un ciel infini de possibilités.

- Oh, je vois, sourit Bill d'un ton gentiment railleur. En fait, vous voulez dire des gens aussi bizarres que vous ? Ou aussi gays peut-être ?
- Hey ! s'insurgea Georg.

Il fit mine de lui mettre une baffe et le brun l'esquiva en gloussant. Néanmoins, le rouquin abandonna vite sa cible pour prendre son portefeuille de son manteau et en sortir un papier et un stylo. Sous l'½il curieux de Bill et même de Gustav, il griffonna quelques numéros et lettres avant de lui tendre le bout de feuille.

- Mon numéro et mon adresse email, expliqua-t-il. J'ai cru comprendre que tu chantais un peu et que ton frère jouait de la guitare, alors si vous êtes intéressés, on pourrait essayer de faire un truc ensemble.

Bill cligna des yeux avec surprise en lisant les coordonnées, puis releva la tête. Georg attachait son casque et s'asseyant derrière lui sur la moto, Gustav faisait de même.

- Pourquoi ?
- Et pourquoi pas ? Vous êtes originaux... et plutôt gays aussi, sourit en coin le blond, visiblement d'accord avec l'intuition de son petit ami.

Le brun rosit. Même s'il savait que le garçon plaisantait, il allait ouvrir la bouche pour répliquer que son frère était hétéro pour la forme quand Georg démarra, le vacarme l'interrompant. Le rouquin regarda par-dessus l'épaule de Bill, redevenant sérieux.

- En parlant du loup, voilà ton p'tit copain qui arrive.

Se raidissant légèrement à la mention d'Andréas, Bill pivota lentement.

Néanmoins, ce n'était pas Andi qui se dirigeait timidement vers eux, mais Tom. Celui-ci marchait d'ailleurs gauchement et avec prudence sur la neige à cause de son jeans bien trop grand pour ses fines jambes, tel un – adorable – petit pingouin pour la première fois de sortie sur la banquise.

Georg éclata de rire tandis que derrière lui, Gustav levait les yeux au ciel et glissait ses bras autour de sa taille, un léger sourire en coin. Rougissant comme une tomate, Bill virevolta à nouveau vers les motocyclistes et tenta en vain d'effacer le sourire goguenard de Georg en lui donnant une tape des plus efféminées – même si ce n'était pas l'effet escompté – sur le bras.

Riant encore de sa petite blague Georg fléchit exagérément pour éviter sa main vengeresse, et avant que Bill n'ait eu le temps de dire « ouf », il donna un coup d'accélérateur et partit pour de bon, non sans avoir crié un 'à bientôt princesse!' moqueur à leur futur chanteur.

En quelques secondes, ils avaient disparu au coin de la rue, et Bill croisa les bras, humpffant. Pour qui se prenaient-ils, ces petits cons ?

Arrivé à ses côtés, Tom le dévisagea avec incertitude, ayant vu leurs chamailleries de loin sans les comprendre.

- Alors ?
- Ce mec..., commença-t-il d'un air outré avant de s'interrompre, rougissant encore aux dernières allusions dont il avait été la pauvre victime.
- Quoi, qu'est-ce qu'il t'a dit ? s'inquiéta son grand frère.

Il agrippa doucement son coude et Bill se tourna légèrement vers lui. Le brun haussa un sourcil.

- ... a le sens de l'humour le plus pourri au monde, termina-t-il en lui tendant le bout de papier, souriant au blond de manière taquine. Vous devriez bien vous entendre, lui et toi.
- Hey ! s'insurgea Tom comme l'avait fait le rouquin quelques minutes auparavant.

Il s'avança pour le chatouiller à la taille, et Bill gloussa, s'échappant en courant dans le jardin de la maison de Jan. Tom l'y pourchassa tant bien que mal - ces larges jeans n'étaient vraiment pas pratiques – et quand il l'eut rattrapé et bien chatouillé, Bill se retourna et recula, tentant de capturer les bras de son frère pour se protéger, ceux-ci le menaçant de le torturer sans la moindre pitié.

Ils étaient tous les deux essoufflés à force de rire et de courir, se regardant d'yeux brillants. Et lorsque pour parer une nouvelle attaque, Bill recula et glissa, il tomba soudainement en arrière, entraînant Tom dans sa chute. Ils s'écrasèrent peu gracieusement sur le manteau de neige, le blond se retrouvant allongé, ou plutôt étalé, au-dessus du brun.

- Aïe !
- Ça va ? s'affola Tom en se redressant à moitié mais en restant à cheval sur lui.

La poudreuse avait amorti sa réception sur son derrière, néanmoins, Bill fit la moue. Pour seule réponse, il agrippa de la neige de ses doigts frêles et rougis par le froid et la bazarda sur le visage de Tom. Hébété, le blond passa sa main sur son visage pour la chasser et baissa les yeux, notant en cillant le sourire malicieux de son frère. Le blond sourit en coin.

- Ah, je vois, tu veux la jouer comme ça ? Tu l'auras voulu p'tit frère.

Ignorant ses couinements et protestations aigus et hypocrites, Tom fourra bien vite de la neige dans le cou de Bill, et les prochaines minutes ne furent que chatouilles, rires et boules de neige. Et quand ils furent complètement à bout de souffle tous les deux, leurs visages rougis et leurs yeux rieurs plongés dans ceux de l'autre, la trêve s'instaura d'elle-même, silencieuse dans le calme hivernal que seules leurs respirations bruyantes troublaient.

Tom redevint sérieux, ses pupilles noires ne quittant pas le visage de Bill et errant sur ses lèvres entrouvertes roses et souples malgré le froid qui laissaient échapper un doux halètement.

Il était toujours à califourchon sur lui, et il n'eut qu'à tendre la main pour glisser ses doigts sur la mâchoire du brun et essuyer tendrement de son pouce les flocons de neige qui fondaient sur la peau brûlante de sa joue rosie. Son autre main était agrippée au manteau de Bill, juste au niveau de sa taille, comme s'il avait peur de le voir s'enfuir.

La neige tombait encore sur eux, ses flocons virevoltant comme dans un ballet.

Le sourire insouciant de Bill s'effaça légèrement à sa douce caresse, mais il ne bougea pas, ses yeux restant rivés sur les siens comme s'ils attendaient une réponse. Son c½ur battait toujours la chamade et il avait plus chaud que jamais, et pourtant, il frissonna. Il avait encore l'étrange envie de l'embrasser, de le toucher. Il avait même encore plus envie que Tom l'embrasse et le touche.

Un toussotement forcé se fit entendre et ils sursautèrent, tournant simultanément la tête. Avec simplement un léger pull sur le dos, Andréas se tenait à quelques mètres de là, aussi raide qu'un I. Ils se relevèrent en rougissant, prenant leurs distances.

- Oh, Andi, constata stupidement Bill. Tu es là.

Bill ne savait pas depuis combien de temps il les observait, mais à la manière dont Andréas se mordait les lèvres et croisait les bras, ce n'était pas bon signe, et pour la première fois, le brun se sentit coupable. Époussetant ses vêtements remplis de neige qui le faisaient ressembler à un bonhomme de neige, il fixa ses chaussures, soudainement conscient pour la première fois que Tom et lui n'agissaient pas l'un envers l'autre comme deux frères normaux devaient le faire. En fait, il se rendait compte qu'il y avait un mot pour décrire ce qu'ils faisaient.

Ils flirtaient.

Et cette fois-ci, il ne s'agissait pas de se soulager sous la douche ou d'expérimenter un baiser.

La caresse invisible de Tom sur sa joue était encore brûlante, et Bill n'osa pas regarder Tom quand ils se redressèrent, restant immobiles sur place. Andréas brisa le silence gêné en s'adressant à son petit ami.

- Les autres voudraient savoir ce que Georg et Gustav t'ont dit.
- Oh, ok j'arrive, bredouilla Bill.

Andréas jeta un coup d'½il furtif vers Tom, puis regarda à nouveau Bill.

- Je peux te parler avant ? Seul à seul ?
- Oui, bien sûr, murmura presque Bill en enfonçant ses mains dans ses poches.

Son regard rasant toujours le sol, Tom s'éclaircit la gorge.

- Je vais rejoindre les gars.

Il s'éloigna rapidement, et satisfait, Andréas poussa un soupir qui sembla soulagé et se rapprocha de Bill. Néanmoins, ce dernier était ailleurs, regardant timidement la retraite de Tom du coin de l'½il et quand son frère se risqua à tourner la tête vers eux, leur regard se croisa pendant un court instant.

Cela n'avait peut-être duré qu'une seconde, peut-être moins, mais le c½ur de Bill avait fait une halte à cet instant même pour repartir de plus belle, tambourinant nerveusement.

Tom disparut néanmoins derrière l'angle du mur du pavillon, et Bill ressentit une déception étrange, tel un manque. C'était idiot, sachant qu'il le verrait dans quelques minutes. Toutes ces sensations étaient absurdes et sans le moindre sens. Il reporta son attention sur Andréas quand celui-ci toucha son bras un bref instant. Ils se fixèrent pendant quelques secondes, puis Bill se lança :

- Tu voulais me parler ?
- Oui, je... Je voulais m'excuser pour tout à l'heure.

Comme Bill ne disait rien, attendant qu'il continue, Andréas se frotta nerveusement la nuque, ébouriffant ses cheveux blond platine.

- Je n'aurais pas dû essayer de t'obliger à passer ces auditions. De toute façon, je vois bien que ça ne t'intéressait pas vraiment.

Se sentant un peu coupable, Bill se mordit les lèvres.

- Je suis désolé Andi.
- Non, c'est moi qui le suis, insista-t-il. C'était con de ma part, mais je voulais seulement... tu sais...
- Non, quoi ? demanda Bill.

Andréas se rapprocha tout près de Bill, et celui-ci se sentit soudainement tout petit. Il baissa la tête, sentant les yeux du blond platine rivés sur ses cils maquillés que Tom avait étrangement épargnés.

- Qu'on passe juste un peu plus de temps tous les deux.

Il posa délicatement sa main sur la joue, la caressant comme Tom l'avait fait quelques secondes auparavant, sauf que cette fois-ci, Bill ne ressentit rien.

Posant sa main sur la sienne, le brun la délogea et tourna légèrement la tête, embarrassé.

- Pas ici, quelqu'un pourrait nous voir.

Andréas le fixa un moment sans rien dire.

- Ça ne te dérangeait pas quand c'était ton frère tantôt.

Bill rougit légèrement mais leva néanmoins sa tête, plongeant ses yeux chocolat dans ceux d'Andi.

- Tu n'es pas mon frère justement.

Son regard était sûrement l'arme la plus désarmante qui soit car Andréas rosit et détourna timidement la tête.

- Désolé... Je suis sûrement trop possessif...

Ses bras toujours croisés, Bill soupira sans rien dire, et il ne put s'empêcher de laisser tomber son front sur le torse d'Andréas, fermant ses paupières. Il ne savait pas comment lui annoncer ce qu'il avait à lui dire, mais il sentait que c'était le moment de le faire. Il devait le quitter. Il entrouvrit ses lèvres...

- Andi..., commença-t-il.
- Je t'aime, Bill.

Les yeux de Bill se rouvrirent en un éclair. Un instant passa en silence, bien qu'il pût sentir le torse du jeune homme se soulever et s'abaisser rapidement. Il était nerveux, lui semblant une fois n'est pas coutume si fragile, comme s'il se mettait soudainement à nu devant lui.

- Si j'agis comme ça..., c'est parce que je suis amoureux de toi, poursuivit-il lentement, tremblant. C'est bête mais des fois..., c'est plus fort que moi, je suis jaloux de tous ceux qui peuvent t'approcher, des personnes à qui tu souris, des personnes avec qui tu ris, même quand c'est seulement ton frère, rit-il, stupide, hein ? J'aimerais être avec toi, tout le temps, te regarder, t'embrasser, te toucher...

Bill se mordit les lèvres. Il... était tombé amoureux de lui ?

- Depuis quand ? demanda-t-il faiblement.

Andréas ne répondit pas tout de suite, mais Bill sut qu'il avait entendu sa question quand le blond platine bégaya :

- Depuis que tu es arrivé ici, le jour où tu es tombé de ton vélo devant chez moi.

Bill se rappelait comment un soir peu après son arrivée, il était allé faire du vélo avec Tom autour de son quartier, s'amusant à faire la course. Tom avait pris de l'avance lorsque Bill avait dérapé à un virage, tombant et se râpant mains et genoux.

Un garçon de leur âge était alors accouru vers lui, quelques minutes avant que Tom n'arrive et ne voie ce qu'il lui était arrivé, se précipitant vers lui en lâchant son vélo au milieu de la rue.

Inexplicablement, les larmes montèrent aux yeux de Bill, et il porta sa main à sa bouche. Andréas l'aimait depuis tout ce temps et ne lui avait rien dit ? Se sentant perdu, Bill recula légèrement, détachant sa tête de son torse. Que pouvait-il répondre à ce genre de déclaration ? Il ne l'aimait pas, mais il ne tenait pas à briser le c½ur de son ami.

- J'ai longtemps hésité à me lancer, avoua-t-il honteusement. J'avais peur que tu me ries au nez.
- Andi...

Sans attendre qu'il poursuivre, Andréas posa ses doigts serrés sur sa bouche pour l'empêcher de parler. Leurs yeux se rencontrèrent, et Bill fut étonné de voir à quel point le jeune homme était rouge.

- Non, ne me dis rien maintenant. J'aimerais seulement que tu y réfléchisses. J'ai conscience que j'ai parfois agi avec un peu trop... d'impatience depuis qu'on est ensemble. Je veux juste te montrer à quel point je tiens à toi, à quel point j'ai besoin de toi, Bill. Je ne joue pas, j'ai... vraiment des sentiments pour toi.

Semblant à court de mots, il se mordit les lèvres, puis capturant le visage de Bill dans ses mains glacées, il se pencha jusqu'à l'embrasser d'un court baiser, le brun étant trop surpris par ce qu'il venait de lui dire pour lui rappeler que n'importe qui pouvait les voir.

Néanmoins, Andréas recula au bout de quelques secondes, bredouillant un timide « je retourne au local » en baissant les yeux et en fourrant ses mains dans ses poches.

Il repartit comme il était venu, frigorifié dans son petit pull.

Restant planté au milieu du jardin, Bill regardait dans le vide. La neige avait arrêté de tomber.

Il était dans la merde.

Tous les sentiments qu'Andréas avait décrits, Bill venait de se rendre compte qu'il les connaissait déjà. À vrai dire, il les ressentait également, en ce moment même, la possessivité extrême en moins peut-être.

Sauf qu'il n'était pas amoureux d'Andi.

Mais de son frère jumeau, Tom.

À suivre...

***

Hm, la suite dans trois semaines, ça vous va comme délai? ^__^ *regard innocent*

*évite les tomates*

MWHAHAHAHA! *niarf!*

***

Donnez une note à ce chapitre : * ** *** **** *****

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Comments :

  • soso-rockeuse

    25/08/2011

    ach yeah mon georg et mon gustav sont apparut ach en plus en couple trop mignon je les adore! Enfin bill s'est avoues son love pour tomi! Et andreas toujours dans les pattes celui la mdr!^^

  • mini-tagada

    22/05/2011

    J'adore ce chapitre, tout prend forme et le Tom qu'on y découvre me plait de plus en plus.
    Et le pauvre, j'avais commencé à aimer le détester mais cette fin me fait plutôt ressentir de la pitié pour lui.

    Quant au rêve et la façon dont il prend place dans la réalité, c'est tout simplement surprenant.

    Je vais finir sur une petite phrase absolument adorable que tu as écrite : "Celui-ci marchait d'ailleurs gauchement et avec prudence sur la neige à cause de son jeans bien trop grand pour ses fines jambes, tel un – adorable – petit pingouin pour la première fois de sortie sur la banquise." Ah là là quel sourire niais s'est dessiné sur mon visage en la lisant, cette métaphore est trop mignonne :p

  • CruelFanatisme

    17/04/2011

    trop genial... comme d'habitude ! tes ecrits sont les meilleurs que j'ai jamais lu !

  • lollipopthetop

    24/12/2010

    Hahaha Franchement C'est trop un boulet Georg ! Et Andréas qui réagis encore en homophobe complet alors qu'il l'est lui aussi ... Assume !
    J'ai hâte de voir la formation de leur groupe ... sa va faire rager les autres ! Niar Niark Niark
    Oui il l'a enfin réalisé !
    et c'est ce que je dis ...power univers parallèles !

  • sanggreen

    07/06/2009

    J'ai bien avancé sur le chapitre, mais il m'en manque encore un peu avant de pouvoir poster.
    Désolée pour l'attente! ^^;;;;;;;;
    Je m'en veux terriblement.
    Bisous! <3

  • Mood-k

    07/06/2009

    Bientot 2 moiiis ='(

  • loveusedetokio

    01/06/2009

    J'adore ce chapitre *_*

  • Snickers-Sweet

    30/05/2009

    Sa fait 32 jours haha

    J'espère que tout va bien =O

    Bisoux =)

  • BoomPow

    26/05/2009

    Was?!
    Tu va quand même pas me faire ça?! T_______________T
    P.S J'adore ta fiction ^_^
    P.P.S J'adore la façon que tu écris *___* C'est incroyable *o*

  • miyachan

    25/05/2009

    Snif, tous les jours je viens voir si tu as mis la suite et piouffffffff .... rien, nada, quedal... je vais être mouru d'ici peu à force d'attente ^^

    J'adore ce que tu écris, et là encore plus

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