Parfum de scandale (6/7 - partie 2/2)

Nathalie tourna enfin dans le quartier où vivait Dirk. Tom espérait qu'ils n'arriveraient pas trop tard. En passant dans une rue, Tom aperçut sa Cadillac, garée n'importe comment. Cependant, la façon dont sa voiture était stationnée était bien le cadet de ses soucis. Bill était là, il était vraiment là et en danger, il en était certain. Il le sentait. Ils n'avaient vraiment pas de temps à perdre. Nathalie accéléra sans qu'il ait besoin de lui demander. Elle aussi avait vu la voiture et sentait ce climat d'urgence. Elle se gara dans une petite rue, adjacente à celle où se trouvait l'appartement de Dirk. Ce serait trop bête de se faire repérer si près du but. Tom bondit hors de la voiture comme un diable de sa boîte, mais Nathalie l'appela.

"Attends, on peut pas y aller comme ça."

"Mais on n'a pas de temps à perdre! Il est en danger, là, je le sais!" cria Tom.

"Je sais, mais il faut qu'on y aille avec un minimum de préparation. On sera bien malin s'il nous attrape tout comme Bill. Rends-toi à l'évidence, Tom, ni toi, ni moi ne faisons le poids face à lui."

Alors qu'elle parlait, Nathalie s'était dirigée vers son coffre qu'elle ouvrit. Elle en sortit une batte de base-ball qu'elle lança à Tom qui la regarda avec de grands yeux étonnés. Qu'est-ce qu'une maquilleuse faisait avec une batte dans son coffre? Devant le regard de Tom, celle-ci s'expliqua.

"C'est mon petit neveu qui l'a laissé dans ma voiture la dernière fois que je l'ai emmené à son match..." Elle se rapprocha de Tom une fois sa voiture fermée et lui montra ce qu'elle avait pris dans le compartiment de sa portière.

"Ça par contre c'est à moi. Je savais bien qu'un jour ça me serait utile." Elle tenait une bombe de gaz lacrymogène. "Je sonne, en me voyant, il ne se méfiera pas vraiment et moi je l'aveugle. Ensuite tu l'assommes et on récupère Bill."

C'était un plan élaboré à l'arrache, pourrait-on dire, mais c'est ce qu'ils avaient de mieux. Ils ne perdirent pas une seconde de plus et se dirigèrent rapidement vers l'appartement de Dirk. Tom se colla contre le mur à environ deux mètres de la porte tandis que Nathalie sonnait. Ils attendirent quelques instants qui leur parurent interminables quand enfin la porte s'ouvrit.

Nathalie resta figée devant Dirk. Il avait le regard dur et complètement dément. Celui-ci s'adoucit en voyant Nathalie et un mauvais sourire vint étirer ses lèvres.

"Nathalie! Quelle bonne surprise! Je ne pensais vraiment pas te revoir ici un jour."

Il passa une main dans ses cheveux, ce qui fit se relever légèrement son T-shirt. Nathalie nota alors que sa ceinture était débouclée. Un frisson de panique s'empara d'elle et elle ouvrit la bouche, mais les mots semblaient l'avoir désertée. A côté d'elle, Tom se demandait pourquoi elle n'agissait pas et se demandait s'il devait tout simplement essayer d'assommer Dirk sans son aide. Celui-ci continua d'ailleurs à parler.

"Pourquoi est-ce que tu ne rentres pas? On a une petite fête très privée qui se passe à l'étage. D'ailleurs tu connais mon invité... Je suis sûr que ça sera très sympa."

La mention indirecte à Bill sembla la sortir de sa transe et elle brandit soudainement la main, pulvérisant le gaz lacrymogène au visage de Dirk qui leva immédiatement les bras pour se protéger. Tom n'attendit pas une seconde de plus et bondit dans l'encadrement de la porte, la batte de base-ball levée au-dessus de la tête. Nathalie s'était poussée sur le côté et Tom put facilement abattre un grand coup de batte du la tête de Dirk qui gueulait comme un putois. Ses cris cessèrent aussitôt qu'il s'écroula sur le sol, inconscient.

Tom lâcha aussitôt la batte et courut à l'étage, puisqu'il avait bien comprit que c'est là que se trouvait sont frère, laissant à Nathalie le soin d'immobiliser Dirk comme elle le pouvait et pourquoi pas de lui remettre un petit coup sur le crâne s'il devenait trop dangereux. Il s'immobilisa en haut des escaliers, horrifié. Voir son petit frère complètement nu, attaché et bâillonné sur ce lit lui fit l'effet d'un grand coup dans la poitrine. Après les quelques secondes nécessaires pour analyser ce spectacle, il se précipita sur Bill, lui enleva la perruque blonde qui ornait encore sa tête, puis détacha la ceinture de peignoir qui l'enserrait. Il retira la chaussette de sa bouche et Bill laissa échapper un sanglot qui lui déchira le c½ur.

"To- Tooom." Les sanglots lui obstruaient la gorge et il se mit à tousser. Tom lui caressa doucement les cheveux pour l'apaiser et lui parla doucement.

"C'est fini, Bill, c'est fini. Je suis là. Il ne te fera plus de mal. Plus jamais. Je suis là."

Bill se calma peu à peu et Tom reprit la parole.

"Je vais te détacher, Bill. Tu sais où est la clé des menottes?" demanda-t-il d'une voix douce.

"Non, mais- re- regarde dans- le tiroir," hoqueta Bill.

Tom se pencha vers le tiroir de la table de nuit et effectivement, parmi divers objets se trouvait une petite clé argentée. Il l'attrapa et la dirigea d'une main tremblante vers la menotte la plus proche. Un petit cliquetis se fit entendre et les demi-cercles métalliques libérèrent enfin le poignet de Bill qui était meurtri à force de tirer dessus. Bill soupira de soulagement et fit tourner son poignet sur lui-même pour le décontracter. Tom détacha son second poignet et ses chevilles rapidement. Par chance, toutes les menottes fonctionnaient avec la même clé. Dès qu'il fut libéré, Bill se jeta sur son frère qui l'entoura de ses bras et le berça tendrement en lui murmurant des paroles rassurantes dans le creux de l'oreille. Bill tremblait dans ses bras et Tom n'osait pas imaginer ce que ce monstre avait pu faire à son précieux petit frère. S'il lui avait fait ce qu'il craignait, il jurait de finir de lui défoncer la gueule à coup de batte de base-ball jusqu'à ce qu'il en crève. Il brûlait de savoir.

"Ça va Bill? Est-ce qu'il t'a..." il ne put achever sa phrase, c'était trop douloureux.

"Non, il n'a pas eu le temps. Grâce à toi," souffla Bill dans le cou de son frère.

Tom poussa un grand soupir de soulagement et resserra ses bras autour de Bill. Il le câlina encore un moment jusqu'à ce que Bill s'écarte. Il plongea le regard dans celui de Tom.

"J'ai eu tellement peur!" dit-il d'une petite voix.

Tom lui caressa la joue et sans ajouter un mot, se pencha pour poser tendrement les lèves sur les siennes. Bill répondit avec ferveur à ce baiser, comme s'il avait peur que tout cela soit fa ux et lui glisse entre les doigts. Il s'accrochait désespéramment à Tom et leur baiser commençait à devenir plus envieux que réconfortant quand une petite toux discrète se fit entendre. Ils tournèrent la tête et aperçurent Nathalie qui se tenait, gênée, sur le seuil de la pièce. Soudainement extrêmement conscient de sa nudité, Bill se cacha du mieux qu'il le put derrière le corps de son jumeau. La maquilleuse détourna le regard avec embarras avant de prendre la parole.

"Dirk avait rouvert les yeux, alors je lui ai remis un petit coup sur la tête. Mais je sais pas combien de temps il va rester dans les pommes. Il vaudrait mieux se dépêcher de partir," dit-elle les mains cachées dans le dos et les pieds se tortillant contre le plancher.

"Ok, on fait au plus vite," répondit Tom. "Tu veux bien redescendre surveiller Dirk le temps que Bill se rhabille?"

"Oui, oui, pas de problème."

Et sur ces mots, elle redescendit prestement les escaliers. Tom lança de nouveau un regard tendre à son frère et commença à rassembler ses vêtements éparpillés au sol pour les lui tendre. Lorsqu'il ramassa le T-shirt qui n'était plus qu'un amas de tissus en lambeaux, son regard se durcit. Est-ce que Bill lui raconterait un jour tout ce qu'il s'était passé? Certainement, mais pour le moment, le plus urgent était de le sortir d'ici. Il tendit ses vêtements à Bill et sans un mot, retira un de ses deux T-shirt pour le donner à son frère. Finalement cette étrange manie vestimentaire se prouvait utile. Bill le remercia d'un hochement de tête et enfila le T-shirt. Tom le regarda un moment. Il paraissait si petit, si vulnérable dans ce vêtement trop grand pour lui. C'est bizarre comme le même T-shirt ne donnait pas le même effet sur deux corps pourtant identiques.
Question de perspective, sûrement.

"Tu peux appeler Nathalie, s'il te plait?" demanda Bill alors qu'il finissait de s'habiller.

"Heu... oui, mais pourquoi?" dit Tom, surpris.

"Il faut que vous voyez quelque chose."

Bill ne semblait pas décidé à en dire plus alors Tom se contenta de s'approcher de l'escalier et d'appeler Nathalie pour qu'elle les rejoigne. Arrivée en haut, elle leur lança un regard perplexe. Bill ne dit pas un mot et se contenta de se diriger vers la salle de bain. Tom et la maquilleuse se lancèrent un regard d'incompréhension avant de le suivre dans la petite pièce carrelée. Bill se tenait devant ce qu'il semblait être un placard dont la porte leur cachait le contenu. Nathalie s'approcha derrière Bill et son souffle se bloqua dans sa gorge alors qu'un hoquet de stupeur lui échappait. Elle plaça sa main devant sa bouche et ses yeux s'écarquillèrent face au spectacle qui lui faisait face : l'autel dément que lui avait fait Dirk. Quand Tom vit lui aussi le contenu du placard, il attrapa doucement la main de Bill et l'éloigna, le prenant dans ses bras tendrement. Il l'embrassa doucement sur la tempe comme pour le rassurer de sa présence. Il releva ensuite la tête vers Nathalie qui restait choquée devant le spectacle.

"Au moins grâce à ça, tu peux porter plainte contre ce malade pour harcèlement. La police aura des preuves," dit Tom d'une voix empreinte d'un calme qu'il ne ressentait pas.

"Oui, mais s'ils se mettent à fouiller partout et qu'ils trouvent des trucs sur vous deux? On peut pas faire ça," répondit Nathalie d'une voix tremblante.

Bill qui était resté plutôt silencieux jusque là, contrairement à sa nature, reprit enfin la parole.

"Tout se trouve sur son ordinateur. C'est lui-même qui me l'a dit. Il avait peur que quelqu'un d'autre tombe sur ses photos et vidéos et qu'on en profite à sa place. Tout ce qu'on a à faire, c'est prendre l'ordinateur avec nous...et la pellicule dans l'appareil photo."

Tom resserra ses bras autour de Bill en entendant ça. Ce malade l'avait aussi photographié alors qu'il l'avait ligoté sur ce lit? Combien d'autres choses de cet ordre lui restait-il à découvrir? Cependant, le fait que toutes les preuves étaient à portée de main, là où ils pouvaient s'en débarrasser, constituait une bonne nouvelle. C'était la fin de leurs soucis de ce côté-là. Leur secret serait préservé. Il redirigea Bill vers la chambre afin de récupérer l'ordinateur portable.

Alors qu'il défaisait les branchements et que Bill retirait la pellicule de l'appareil photo, Nathalie parcourait la pièce des yeux avec dégoût. Toutes ces photos plus obscènes et dégradantes les unes que les autres sur les murs lui filait la chair de poule. Sur beaucoup d'entre elles, on voyait aussi Dirk, infligeant des traitements divers et variés à des personnes qui ne semblaient pas vraiment consentantes. Nathalie réalisa alors avec horreur que la plupart des clichés avaient dû être pris lors de scènes de viol. Certaines des personnes photographiées, filles et garçons, ne semblaient même pas majeures.

C'est alors que quelque chose attira sont regard. Au pied du mur où étaient accrochées la majorité des photos se trouvaient quelques coupures de journaux. Tous ces articles avaient un point en commun : ils concernaient des personnes disparues. Certains avaient des photographies. Nathalie prit un des articles de journal dans la main et détailla le visage souriant d'une jeune femme blonde, une jeune fille même peut-être. Elle semblait si heureuse sur la coupure en noir et blanc, ne se doutant pas qu'un jour cette photographie se trouverait dans un journal parce qu'elle serait introuvable. Elle releva les yeux et parcourut une nouvelle fois les photos des victimes de Dirk. Sa respiration se coupa quand sur l'une d'elle, elle crut reconnaître la jeune fille de l'article. Son visage n'était plus du tout souriant, mais déformé par la douleur, des sillons brillants de larmes visibles sur ses joues. Cette fille avait disparu, et elle se retrouvait à présent sur le mur d'un malade. Qu'est-ce que Dirk avait pu faire d'elle?

Remarquant que quelque chose n'allait pas, les jumeaux se tournèrent vers la maquilleuse et s'approchèrent. Ils remarquèrent la coupure de journal dans ses mains et l'endroit qu'elle fixait des yeux. Ils firent rapidement le rapprochement et Bill, comprenant à quoi il avait vraiment échappé, ne put retenir un sanglot qui alla se coincer dans sa gorge. En une demi-seconde, Tom l'entourait de nouveau de ses bras et le berçait de façon apaisante.

"Shh, shh, tu n'as plus rien à craindre. C'est fini. On est arrivés à temps. Ce cinglé ne te touchera plus jamais. Ni qui que ce soit d'autre d'ailleurs. Il y a ici suffisamment de preuves contre lui pour qu'il passe un bon moment en taule," chuchotait-il contre les cheveux de Bill qui avait enfoui son visage dans le creux de son épaule.

Bill hocha la tête silencieusement contre son frère tout en agrippant son T-shirt dans son dos. Il était tellement reconnaissant à Tom d'être arrivé, de l'avoir sauvé.

"Il faut vraiment partir. Je ne tiens pas à être encore là quand Dirk se réveillera," dit Nathalie.

Les jumeaux acquiescèrent silencieusement et se détachèrent l'un de l'autre. Tom attrapa l'ordinateur portable et Bill mit la pellicule dans sa poche. Nathalie sortit un mouchoir et effaça les éventuelles empreintes qu'ils avaient pu laisser sur le matériel de Dirk. C'était comme s'ils n'étaient jamais venus. En descendant les escaliers, ils virent Dirk toujours allongé sur le sol, inconscient.

"Tu es sûre que tu ne l'as pas frappé trop fort?" demanda Tom à Nathalie.

"Franchement, j'en sais rien. J'ai eu peur alors j'ai réagi instinctivement," répondit-elle.

Tom s'approcha de lui et le bougea légèrement avec son pied, mais il n'eut aucune réaction. Il se pencha alors vers lui et constata qu'il respirait. Il soupira de soulagement. Ils n'avaient vraiment pas besoin d'un meurtre par-dessus tout ça.

"Aidez-moi à le tirer sur le canapé. Ça fera moins suspect quand la police viendra."

Bill et Nathalie s'approchèrent à contrec½ur et ensemble, ils parvinrent à tirer le lourd corps de Dirk sur le canapé. Il semblait faire paisiblement la sieste. Parfait.

Il sortirent finalement de l'appartement et partirent en direction des voitures. Dans la rue, il y avait une cabine téléphonique, la solution idéale pour passer un coup de fil anonyme à la police. Tom entra dans la cabine mais se rendit compte qu'il n'avait pas de carte téléphonique. L'appareil n'acceptait pas la monnaie. Il allait renoncer et ressortir quand Bill frappa sur la vitre.

"C'est la police qu'on cherche à joindre, idiot. L'appel est gratuit."

Tom se frappa le front et décrocha l'appareil en souriant. Si Bill recommençait à le traiter d'idiot, c'est qu'il se remettait. Il composa le numéro et la tonalité retentit deux fois avant qu'une voix ne se fasse entendre.

"Service de police. Je vous écoute."

"Bonjour, j'ai des informations qui devraient vous intéresser à propos de personnes disparues..."


***


Bill poussa la porte de leur appartement avec soulagement. Ils venaient enfin d'arriver après avoir passé le coup de fil à la police. Ils avaient attendu, dissimulés dans une rue adjacente, de voir débarquer les voitures des policiers arriver. Quand ceux-ci furent arrivés, ils avaient repris la voiture de Tom pour rentrer, Nathalie retournant chez elle avec la sienne. Avant de la quitter, Bill l'avait remerciée avec effusion de tout ce qu'elle avait fait pour eux, mettant sa propre vie en danger pour lui. Elle avait serré Bill dans ses bras, un peu trop longtemps au goût de Tom, mais il comprenait que tous les trois revenaient de loin et qu'il n'avait aucune raison d'être jaloux. Ils étaient juste tous extrêmement chanceux de s'en être aussi bien sortis. Bill s'avança dans la cuisine et posa ses clés sur la table où se trouvait également un petit morceau de papier.

Mes chéris,
Gordon vient d'arriver à Berlin.
On est partis au resto pour
une soirée en amoureux.
On prendra certainement un hôtel
pour ne pas vous déranger.
Gros bisous
Maman

Bill sourit en lisant le mot. Il était content que leur mère soit sortie car à l'instant, il avait besoin du réconfort de Tom et la façon dont celui-ci allait le lui donner ne pouvait pas se faire en présence de leur génitrice. Il se tourna vers Tom, un sourire éblouissant aux lèvres.

"Maman est sortie avec Gordon au resto. Ils ne seront pas là de la nuit," l'informa-t-il.

"Super, on sera tranquilles," répondit Tom en lui renvoyant son sourire. "Tu as faim? Tu veux quelque chose?"

"Oui, je veux un énorme câlin," répondit Bill en se rapprochant de Tom.

Celui-ci déposa un tendre baiser sur son front.

"Ça doit pouvoir se faire," répondit-il d'un air malicieux en entraînant Bill vers leur chambre en lui tenant la main.

Une fois arrivés dans la pièce, Tom alluma simplement une lampe de chevet qui l'éclaira faiblement. Ils n'avaient pas besoin de plus de lumière et aimaient l'intimité que cela conférait à la chambre. Tom encadra tendrement le visage de Bill de ses mains et déposa doucement ses lèvres sur les siennes pour un baiser aérien, à peine perceptible et pourtant si présent. Bill accrocha ses mains à la nuque de son frère et s'abandonna au baiser qui lui procurait tant de bien. Ils se séparèrent quelques instants après.

"On va s'allonger?" demanda Bill en chuchotant.

"Oui, laisse moi faire." répondit Tom sur le même ton.

Il fit s'asseoir Bill sur le rebord du lit et entreprit de défaire ses chaussures et de retirer ses chaussettes. Il lui caressa gentiment les chevilles et remonta ses mains le long de ses jambes jusqu'à sa ceinture. Lorsqu'ils se câlinaient, les jumeaux aimaient être peau contre peau. Ça n'était pas forcément sexuel, mais le contact de l'autre les rassurait, les apaisait. Peut-être que cela leur rappelait inconsciemment les neuf mois qu'ils avaient passés l'un contre l'autre dans le chaud cocon maternel. Toujours est-il qu'ils avaient besoin de pouvoir toucher l'autre sans barrière entre eux.

Tom déboucla rapidement la ceinture puis ouvrit le bouton et la braguette du jean. Il se redressa et aida Bill à en faire autant. Une fois debout, Bill se débarrassa de son pantalon et du T-shirt de Tom tandis que celui-ci en faisait autant avec ses propres vêtements. Ils se blottirent rapidement sous les couvertures, ne portant plus que leur boxer. Bill vint aussitôt se réfugier dans les bras d'un Tom trop heureux de l'y accueillir. Il lui caressa lentement les cheveux et Bill en ronronnait presque de plaisir, entremêlant leurs jambes et entourant la taille de Tom de façon à le presser au maximum contre lui. Il voulait oublier l'horreur de ces dernières heures, et seule la présence de Tom pouvait l'y aider. Sa bouche se trouvait contre l'épaule de son jumeau et il y déposait de petits baisers occasionnels.

"Je t'aime," souffla Tom. "J'ai eu si peur pour toi. Je ne te quitterai plus jamais des yeux."

"Pardonne-moi," dit Bill d'une petite voix en baissant les yeux. "Je n'aurais jamais dû partir comme ça. C'était stupide et dangereux."

"C'est vrai. Mais tu l'as fait pour nous. Cependant, si tu refais un truc dans ce genre, je te tue moi-même," dit Tom avec pourtant un sourire aux lèvres.

Bill ne répondit rien, mais lui embrassa une nouvelle fois l'épaule. Une des mains de Tom quitta ses cheveux et lui caressa le dos, retraçant la colonne vertébrale. Bill grimaça quand la main de Tom passa sur la griffure qui ornait son dos. Tom le sentit se tendre et recula sa tête pour le regarder dans les yeux.

"Qu'est-ce qu'il y a?" demanda-t-il doucement.

"C'est rien, juste une griffure."

"C'est lui?"

Tous les deux savaient parfaitement de quoi ils parlaient.

"Oui."

Tom écarta sa main de son dos, ne voulant pas faire davantage de mal à Bill, mais celui-ci l'interrompit d'un regard. Ils avaient toujours eu cette capacité à communiquer sans échanger le moindre mot. Cela ne cessait d'étonner, et il faut l'avouer, d'effrayer un peu leur entourage. Tom reposa sa main sur son dos et reprit ses caresses.

"J'ai envie de le tuer pour avoir osé te toucher," murmura Tom d'une voix sombre.

"Peut-être, mais ça n'effacerait rien. Il n'y a que toi, tes mains sur moi, qui peuvent effacer ce qu'il m'a fait."

Sur ces mots, Bill reprit ses petits baisers sur l'épaule de Tom avant de les remonter jusque dans son cou. Il se remonta petit à petit au niveau de Tom et colla sa bouche sous son oreille, laissant sa langue venir goûter la peau offerte à sa gourmandise. Il savait que cette zone était le point faible de Tom et qu'il pouvait lui demander quasiment n'importe quoi quand il embrassait et mordillait ce point sensible.

"S'il te plaît Tom, efface-le de moi. Efface son souvenir. Je ne veux me rappeler que de toi."

Tom grogna du fond de sa gorge et renversa son frère sur le dos avant de s'installer par-dessus lui et de s'emparer de sa bouche. Le baiser n'avait plus rien d'aérien ou d'imperceptible. Il convoyait tout le désir, l'amour et le désespoir qu'ils ressentaient. Le trop plein d'émotions qu'ils avaient subi durant cette épreuve y trouvait une échappatoire. Les langues se caressaient passionnément, presque violemment, s'enfonçaient profondément dans la bouche de l'autre. Tom bougeait inconsciemment les hanches, faisant frotter leurs bas-ventres qui s'échauffaient rapidement. Bill gémissait dans leur baiser et c'était la plus merveilleuse des musiques à ses oreilles. Il détacha finalement sa bouche de celle de Bill, à bout de souffle, mais garda son front collé contre le sien. Bill aussi respirait fort, cherchant son souffle.

"Tom... J'ai envie de toi... Fais moi l'amour..." haleta Bill.

"Tu es sûr? Enfin je veux dire... ça va aller? C'est pas un peu trop rapide?"

Bill sourit en voyant que Tom, comme toujours, faisait passer son bien-être avant le sien.

"C'est moi qui te le demande. Et je te l'ai dit, je veux oublier, et c'est la meilleure des manières."

Bill acheva sa phrase en déposant un nouveau baiser sur les lèvres de Tom. Baiser qui s'enflamma rapidement. Bill passa ses mains dans le dos de Tom et les descendit jusqu'à son boxer qu'il repoussa sur ses cuisses. Tom grogna de soulagement en sentant l'air frais de la chambre frapper son érection tout juste libérée. Le boxer descendit encore davantage jusqu'à glisser complètement de ses jambes. Une des mains de Bill qui s'étaient retrouvées sur les fesses de Tom vint glisser sur sa taille jusqu'à empoigner le sexe de son frère qui redoubla de vigueur pour donner des coups de reins.

"Hmm Bi... Bill. Tu devrais arrêter ça, si tu veux vraiment que ça dure," haleta Tom.

"Alors enlève-moi ce satané boxer, Tom je t'en prie, j'en peux plus."

Sans se faire davantage prier, Tom se redressa sur ses genoux entre les jambes écartées de Bill. Il prit quelques secondes pour apprécier la vue qui s'offrait à lui : Bill allongé ainsi sous lui, offert, lui demandant, le suppliant de lui faire l'amour. Il sentit une agréable chaleur envahir son ventre en pensant qu'il était celui qui avait mis Bill dans cet état, qu'il était le seul capable de le mettre dans cet état. Il fit glisser ses mains sur les cuisses blanches et douces de son frère et atteignit son boxer déformé par son pénis tendu en dessous. Il plaça la paume de sa main par-dessus et effectua une petite pression qui fit rejeter la tête de Bill en arrière, contre les oreillers. Un gémissement plus qu'excitant s'en suivit.

"Hann...Tom... arrête de jouer, ou je te jure que je me finis tout seul."

"Tu oserais pas," répondit Tom, incrédule.

Plongeant son regard dans celui de Tom, Bill glissa une de ses mains sur son propre torse, puis sur son ventre avant de la glisser sous le fin tissu de son boxer. Cette main alla se placer sous celle de Tom qui était restée au-dessus du sous-vêtement. Il empoigna son sexe et commença un lent va-et-vient qui le fit gémir de plus belle sous les yeux ébahis de Tom. C'était le spectacle le plus excitant qu'il avait vu depuis longtemps et il avait presque envie de laisser Bill se caresser jusqu'à la libération et de profiter de cette vue décadente. Seul problème, sa propre érection réclamait de l'attention et il avait envie de participer, et pas seulement de regarder. Il fit prestement glisser le boxer de Bill le long de ses jambes et chassa sa main d'une petite tape.

"Eh, dis donc! T'as oublié que c'est mon job de te débaucher?" demanda Tom d'un air taquin.

"Non. Mais alors vas-y, qu'est-ce que tu attends?" répondit Bill tout aussi malicieusement.

"Je suis trop lent à ton goût?" demanda Tom en caressant paresseusement le sexe de Bill, accentuant sa frustration.

"Oui, je voudrais que- HAANN..."

La phrase de Bill avait été coupée en plein milieu par un gémissement impressionnant, dû au fait que Tom venait de brusquement prendre son pénis entièrement dans sa bouche. Tom resserra ses lèvres à la base du membre de Bill et remonta lentement, laissant sa langue en caresser toute la longueur avant de s'enrouler autour du gland. Il darda sa langue contre la fente puis recula la tête le temps d'articuler quelques mots.

"C'est mieux là?" demanda-t-il avant de replonger le sexe palpitant de Bill dans sa bouche.

"Oh mon dieu, oh mon dieu, oh mon dieu..."

Bill semblait incapable de faire autre chose que de répéter cela en boucle, tant le plaisir l'avait submergé par surprise. Ses mains étaient emmêlées dans les dreads de Tom et il ne pouvait empêcher ses hanches de bouger en rythme. Son ventre se tordait délicieusement et la bouche, la langue de Tom sur lui étaient tout simplement merveilleuses. Il aurait pu rester comme ça toute la nuit, perdu dans cet océan de sensations exquises.

La main de Tom qui enserrait la base de son sexe et le masturbait au même rythme que ses mouvements de tête quitta son poste pour venir lui masser doucement les testicules. Bill apprécia le nouveau traitement qui ne dura pourtant pas longtemps alors que la main continuait son voyage encore plus bas. Bill ouvrit brusquement les yeux quand un index le pénétra doucement et pompa à l'intérieur de lui au même rythme que les allées et venues exercées sur son sexe. Un deuxième doigt le rejoignit bientôt et tous les deux se plièrent contre sa prostate, le faisant se cambrer à un angle impossible au-dessus du matelas. Ce mouvement soudain enfonça son pénis profondément dans la gorge de Tom qui ne s'y attendait pas du tout et faillit s'étouffer. Malgré le désagrément, il était fier de provoquer de telles réactions chez son frère. C'est pourquoi il le regarda avec perplexité quand celui-ci repoussa sa tête de son bas-ventre et écarta sa main.

"Bordel Tom, je te veux. Je veux te sentir en moi tout de suite," exigea Bill d'un air qui n'admettait aucune réplique.

Tom regarda avec plaisir le regard enfiévré de son frère et ses joues rougies et acquiesça silencieusement. Bill remonta une main sous son oreiller et en sortit le petit tube de lubrifiant qu'ils gardaient toujours à portée de main. Il se redressa et ouvrit le tube, déposant sur ses doigts une noisette de gel qu'il frotta afin de le réchauffer. Une fois satisfait, il recouvrit le sexe de Tom de la substance, en profitant pour le caresser avec insistance. Tom serra les dents sous le plaisir qu'il ressentait pour s'empêcher de gémir. Comment des caresses aussi simples pouvaient-elles lui faire autant d'effet?

Quand Bill jugea son travail correctement effectué, il s'essuya les doigts sur les draps et se rallongea sur le matelas, écartant les cuisses avec provocation. Tom déglutit en le voyant aussi décadent. Bill était à l'instant même l'image du sexe à l'état pur. Le chanteur sourit en voyant son frère ainsi captivé et fit de nouveau glisser une main sur son corps pour venir jouer avec son sexe à présent délaissé.

"Allez, Tomi. C'est à toi de jouer maintenant," se moqua-t-il d'une voix pourtant plus chaude qu'amusée.

Ça pour jouer, la partie était loin d'être finie. Décidant de reprendre le contrôle qui lui échappait un peu trop à son goût, Tom attrapa Bill par les hanches et l'attira brusquement vers lui. Bill laissa échapper un petit gloussement joyeux sous l'initiative de son frère. Tom attrapa les jambes de Bill qu'il cala sur ses épaules.

"Prêt?" demanda-t-il.

"Plus que jamais," répondit le chanteur.

Son sexe venait tout juste titiller l'entrée de Bill qui remuait les hanches afin de l'obliger à plus de contact. Tom cependant s'amusait à le faire enrager. Il caressait son anus de son gland, appuyait légèrement dessus parfois, mais ne forçait pas la barrière de muscle.

"Maintenant, Tom! Maintenant. Je te jure que si tu ne la rentres pas maintenant..."

Les menaces de Bill restèrent inachevées car Tom venait de le pénétrer doucement, sentant que la frustration de son jumeau avait atteint sa limite. Ils gémirent tous les deux sous le plaisir d'être enfin de nouveau unis. Tom s'enfonça progressivement jusqu'à ne plus pouvoir avancer, puis il se pencha en avant et embrassa Bill langoureusement alors qu'il entamait un léger mouvement de retrait. Les jambes de Bill tombèrent des épaules de Tom et vinrent s'enrouler autour de sa taille, le pressant de nouveau au maximum contre lui.

"Reste juste un peu comme ça. Je veux juste t'avoir en moi, tout simplement," murmura Bill contre la bouche de son frère.

Tom ne répondit rien mais l'embrassa de plus belle, ce qui avait valeur d'accord. Ses mains vinrent s'emmêler dans les cheveux de Bill, ses pouces lui caressant les temps d'un mouvement apaisant. Les mains de Bill quand à elle parcourait le dos de Tom, caressait cette peau si douce, si familière. Leurs bouches se goûtaient, jouaient, leurs langues se caressaient sensuellement alors qu'ils étaient connectés de la plus intime des manières.

Après de longues secondes, voire quelques minutes, de cette intime communion, les pieds de Bill vinrent finalement prendre appui sur le matelas et il se mit à doucement onduler des hanches. C'était le seul signal dont Tom avait besoin pour reprendre un rythme lent, accompagné par les coups de bassins de Bill. Les pénétrations n'étaient pas très amples, mais vraiment profondes, et Bill haletait de plaisir, la tête rejetée en arrière, la gorge offerte aux baisers et aux mordillements de la bouche de Tom. Tous les deux offraient à cet instant une image extrêmement sensuelle. Ils étaient beaux, tout simplement, quoi que puisse en penser le reste du monde.

"Plus... han... plus vite... Hmm, c'est tellement bon," gémit Bill

Tom accéléra un peu la cadence et fut forcé de délaisser le cou de Bill afin de garder son souffle. Il se rattrapa en plongeant ses yeux dans les siens alors que son corps plongeait dans le sien. Les yeux de Bill étaient foncés par le désir et il crut se perdre dans ces deux lacs de noirceur. Ne pouvant supporter très longtemps ce regard aussi intense et voilé de plaisir, il se pencha en avant et lui vola un rapide baiser sur la bouche avant d'accélérer encore et de placer ses mains dans le creux de ses reins, le collant encore davantage à lui. Cela modifia légèrement l'angle de ses pénétrations et soudain, Bill se mit à crier à chaque à-coup. Tom savait qu'il venait de trouver le moyen d'atteindre sa prostate à chaque fois et que Bill ne tiendrait plus longtemps. Lui non plus d'ailleurs n'était plus loin de la libération à en juger pas le chaud tiraillement de ses entrailles. Bill se contractait à présent autour de son sexe de façon spasmodique, indice qu'il allait atteindre l'orgasme.

Et en effet, Tom sentit la semence de Bill venir s'étaler entre leurs deux ventres qui se frottaient toujours l'un contre l'autre alors que lui-même continuait de s'enfoncer encore et encore dans la l'étroite chaleur accueillante de son jumeau. L'orgasme le toucha finalement de plein fouet et il se déversa à l'intérieur de Bill dans un grand tremblement qui le secoua de la tête au pieds. Bill frissonna également en sentant les flots chauds et crémeux de Tom se répandre dans son ventre. Il le serra compulsivement dans ses bras, comme s'il avait peur qu'il lui échappe alors que leurs bouches se joignaient une nouvelle fois dans un baiser amoureux. Tom se retira délicatement du corps de son frère et s'allongea à ses côtés, l'attirant dans ses bras.

Ils s'endormirent paisiblement l'un contre l'autre alors que dans la chambre flottait, seule preuve de leur ébat passé, une légère odeur de sexe.

Un petit parfum de scandale.

À suivre...

Donnez une note à ce chapitre : * ** *** **** *****

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Comments :

  • Soooo-Cute

    01/01/2011

    Bon, ok, j'ai passé ma journée à re-lire cette fiction-là, & la dernière phrase m'a ACHEVÉE.
    Vous m'avez totalement dépravée Winry & toi, franchement. J'aurais dû être en train de bosser normalement XD.
    Cela pour dire que même si j'avais déjà lu ces exquis chapitres, c'était toujours aussi bon d'être prise dans l'action, de me demander qui était le maître chanteur, comment ça aller se passer & etc.
    Vous avez un don les filles. & Je sais parfaitement que toute la soirée, je vais encore être en train de tout relire sur ce blog ... M E R C I.

  • drole-naruto

    27/05/2009

    ok merci pour le renseignement

  • sanggreen

    27/05/2009

    lol
    Si, il y a deux cas pour les jumeaux monozygotes. Le plus souvent, les vrais jumeaux sont dans la même poche.
    Des fois, il arrive qu'ils soient dans deux poches. Dans ce cas-là, il arrive qu'on les déclare comme faux-jumeaux à la naissance, tout simplement parce qu'on ne sait pas si leur adn est identique. Les jumeaux Bogdanov sont dans ce cas.
    Rien ne laisse penser que les twins aient été dans ce cas cependant.
    Les faux-jumeaux sont toujours dans des poches différentes.
    Merci pour ton com'. =)

  • drole-naruto

    22/05/2009

    J'avais oublié de le dire la première que j'ai lu ce chapitre, cette phrase : "Peut-être que cela leur rappelait inconsciemment les neuf mois qu'ils avaient passés l'un contre l'autre dans le chaud cocon maternel", quand les jumeaux rentrent chez eux.
    En fait c'est faux. Les jumeaux foetus vivent dans des poches séparées. Ils ne peuvent se voirent ni se toucher. Dans le cas des Kaulitz, Tom et Bill se sont vus pour la 1ère fois quand bill est né.

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