Tu ne peux pas comprendre (6/?)

Je suis en train de rajouter des fonctionnalités sur le blog permettant de noter les chapitres... ^^ N'hésitez pas à cliquer!

***

Une fois à l'intérieur, Bill inspira sereinement l'air où flottait une douce odeur familière, et dans le noir, il se déshabilla rapidement, laissant tomber pantalon, sweat-shirt et collier ras-de-cou à terre.

Quelques secondes plus tard, en tee-shirt et boxer, il se dirigeait à pas de loups vers le lit, sans la moindre hésitation malgré le noir absolu et complètement opaque, et se glissait sans bruit sous les draps chauds, effleurant le corps de son frère.

Ses pieds gelés entrèrent en contact avec ceux de son jumeau, et avec précaution, craignant de le réveiller, il se rapprocha de lui, remontant lentement la couette sur eux, leurs nez dépassant à peine.

Ses doigts tâtonnant sous les draps, il entoura peu à peu d'un bras sa taille et nicha sa tête sous la sienne, se blottissant douillettement à lui. Enfin satisfait, il laissa échapper un soupir pour chasser sa précédente nervosité, se relaxant.

Plus que sa conversation avec Andréas, c'était toute la soirée qui lui donnait un certain sentiment de malaise, et il était soulagé qu'elle se terminât ainsi, lové contre son frère.

Il le serra un peu plus, et à sa grande surprise, une main vint caresser avec douceur ses cheveux. Le prenant à son tour dans ses bras, Tom le serra contre lui et grogna. Bill leva la tête, sa joue frottant contre l'oreiller.

- Désolé, je t'ai réveillé ? s'inquiéta-t-il.

Il sentit Tom secouer légèrement la tête. Ses paupières toujours closes, le blond posa son front contre le sien.

- Non, je ne dormais pas encore, murmura-t-il. Tu es sûr que ça va ? Tu trembles.

Bill ne répondit pas tout de suite, se détendant alors que Tom touchait toujours plus câlinement ses cheveux, ses doigts venant pincer tendrement des mèches avant de glisser sur toute leur longueur. C'était tellement agréable.

- J'ai seulement froid.

Et pour le prouver, le brun se tortilla contre lui, recherchant sa chaleur, et Tom gloussa en sentant les mains glacées de son frère glisser sans hésitation sous son tee-shirt pour se réchauffer. Bill sentit le souffle de son jumeau s'accélérer sous le contact gelé de ses phalanges chatouilleuses, mais le blond ne chercha pas à s'en échapper, laissant le brun caresser sa peau tout son content.

Tom l'embrassa sur le front et le serra dans ses bras comme pour le cocooner davantage, et Bill sourit à son attitude prévenante et protectrice, peut-être même un tantinet possessive. C'était tellement agréable, certainement le moment le plus agréable de sa soirée.

Bill sourit, et fermant à son tour les yeux, il soupira de concert avec Tom. Un instant passa en silence, les deux garçons somnolant dans leur embrassement, quand un murmure hésitant lui fit rouvrir les yeux.

- Tu ne regrettes pas d'être coincé avec moi, au lieu d'être avec Andréas ?

Bill cilla, et ses pensées s'égarèrent à sa question, revenant sur son petit ami. Le jeune homme perdit son sourire ensommeillé, et au bout d'un moment, il souffla :

- Non... En fait, ce soir je me suis rendu compte que j'ai peut-être fait une erreur.

Les caresses de Tom sur son dos ralentirent, et Bill eut la sensation que les pupilles de son frère cherchaient à transpercer l'obscurité pour essayer de lire en lui.

- Laquelle ?
- Avec Andi..., marmonna Bill en fourrant son nez dans son cou, l'air gêné.

Ses lèvres effleuraient à présent sa peau, et Tom frissonna.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Je crois qu'on devrait peut-être arrêter de sortir ensemble, lui et moi.

Tom resta muet pendant quelques secondes, puis enroulant un peu mieux son bras autour de sa taille, il frotta le creux du dos de son jumeau.

- Il... s'est passé quelque chose entre vous deux ?
- Non, c'est juste que... Je ne suis pas sûr d'être vraiment homo, hésita-t-il.
- Qu'est-ce qui te fait penser ça ? s'enquit doucement Tom.

Bill haussa lentement les épaules et se blottit un peu plus contre lui, si cela était encore physiquement possible.

- Je ne sais pas trop, mais quand il m'embrasse, je ne ressens rien.
- Rien ? Rien du tout ? s'étonna Tom.
- Non, rosit le brun. En fait...

Le silence revint alors qu'il hésitait à poursuivre, et ce fut d'une toute petite voix qu'il ajouta timidement mais sérieusement :

- ... je n'aime pas du tout la façon dont il m'embrasse.

Le rire nerveux de Tom à son aveu inattendu s'étouffa aussitôt qu'il sentit son petit frère frissonner dans ses bras. Il savait que le jeune homme n'avait plus froid pourtant. S'immobilisant, le blond fronça les sourcils, légèrement inquiet.

- Comment ça ?

Hésitant toujours, Bill haussa à nouveau les épaules et recula un peu. Posant à nouveau lourdement sa tête sur l'oreiller, se trouvant nez à nez avec son jumeau, il soupira et resta un instant sans rien dire, cherchant ses mots. Il ne savait pas trop comment expliquer ce qu'il ressentait. Il murmura d'une voix inhabituellement fluette, vibrant tout bas dans l'air infime qui flottait entre eux.

- Il manque toujours de... douceur, expliqua-t-il avec embarras. Je sais, c'est plutôt stupide comme argument, hein ?

Le brun rosit. Il se sentait comme une collégienne fleur bleue en disant cela, et c'était précisément pour cette raison qu'il n'avait pas osé en parler plus tôt à son frère. Frottant le haut de son dos, Tom secoua la tête, et sans que Bill puisse le voir, ses sourcils se froncèrent dans le noir.

- Non, je ne trouve pas. Tu lui en as parlé ?
- Pas vraiment, avoua honteusement Bill à demi-mots au bout de quelques secondes, embarrassé rien qu'à l'idée de le faire. J'ai pas osé.
- Bill, tu n'as pas peur de lui quand même ? demanda sérieusement Tom.

Le brun resta coi un instant puis étouffa un rire.

- Quoi ? Non ! Je veux dire, c'est Andi. J'ai aucune raison d'avoir peur de lui.
- J'ai vu comment il a réagi dans le salon, argua Tom en fronçant toujours plus les sourcils dans le noir. Il t'a fait peur.

Sans le vouloir, Bill resongea à la brusquerie avec laquelle son petit ami avait en effet réagi plus tôt – il avait quand même tapé contre la porte à quelques centimètres de lui –, et il rit nerveusement, embarrassé.

- C'est faux.
- C'est vrai, insista son jumeau.

Tom était sûr de lui. Il avait toujours pu déceler ses émotions, décryptant les moindres expressions de son frère, et c'était de la peur qu'il avait lue sur son visage qui l'avait poussé à s'interposer entre Andréas et lui.

Le brun se mordit les lèvres, conscient qu'il n'avait pas tout à fait tort. Il avait peut-être été surpris par la brusque réaction d'Andréas... Cependant...

Même si son frère était mignon de se préoccuper ainsi de lui, il exagérait.

- Tomi, arrête de dire des conneries, soupira Bill en caressant son bras comme pour le rassurer. C'est pas comme s'il allait me tabasser ou me violer, c'est d'Andi dont on parle là, répéta-t-il encore avec légèreté.

Son ton était un tantinet railleur, néanmoins, Tom resta sérieux.

- Bill, ne plaisante pas avec ça.

Gloussant malgré lui face à son attitude inquiète de grand frère surprotecteur, Bill susurra d'un ton légèrement provocateur :

- Tomi, s'il avait voulu me sauter dessus, il aurait pu le faire tout à l'heure.
- Hein ? cilla Tom.
- Ben, tout à l'heure dans ma chambre, il bandait, et il a essayé de me toucher, et..., raconta vaguement Bill sur un ton désintéressé.
- Quoi ? s'écria Tom en le coupant.

Affolé à son cri, Bill posa sa main sur la bouche de Tom pour le faire taire et couina :

- Moins fort Tomi ! Ça va pas la tête ?
- Il t'a touché ? l'interrogea encore fébrilement Tom d'une voix étouffée par sa main, ignorant sa remarque.
- Non, rosit légèrement Bill en haussant les épaules. J'avais pas envie qu'il le fasse et je l'ai repoussé. Et il n'y a pas eu de souci, il l'a bien pris.
- Encore heureux, marmonna-t-il en enlevant sa main qui le bâillonnait, visiblement énervé par l'attitude très entreprenante d'Andréas. Il n'a pas perdu de temps dis-moi.

À ces mots possessifs et peut-être un peu jaloux, Bill ne put s'empêcher de rire sous cape. Se penchant vers lui, ses lèvres survolèrent les siennes, et inconsciemment, la main de Tom se resserra un peu plus autour du fin poignet de son frère.

Sans remarquer que la respiration de son jumeau s'était soudainement interrompue, ce fut avec un sourire en coin que Bill ajouta sans compassion, un sourire coquin et l'air plus téméraire maintenant qu'il était loin des yeux et des oreilles du blond platine :

- Je crois qu'il était vraiment en manque. Je suis sûr qu'il doit être en train de se masturber en ce moment même.

Il sentit la grimace de Tom plus qu'il ne put la voir en imaginant leur meilleur ami se palucher dans son lit immaculé, et le brun s'esclaffa. Grimaçant et relâchant son poignet, Tom grogna.

- Beurk, complètement dégueu ! Bill, évite de me donner ce genre d'images mentales. J'ai pas envie de faire des cauchemars.

Ses bras le serrant à la taille, Bill se pencha à nouveau et gloussant, il déposa un bisou rieur sur sa joue en guise d'excuses avant de plonger son nez dans son cou, y ricanant encore tandis qu'il le gardait captif dans son étreinte. Levant les yeux au ciel en marmonnant un 'espèce de p'tit pervers' entre ses lèvres, Tom lui donna une petite tape sur les fesses, s'attirant un hoquet indigné de son petit frère.

Ils se chamaillèrent de quelques chatouilles, étouffant de petits rires alors que leurs corps se frottaient sous leur danse étrange, puis le calme retomba peu à peu dans la chambre, le silence et la fatigue les rendant somnolant.

Au bout d'une minute environ à respirer doucement l'odeur de l'autre, toujours lovés dans leur câlin collé-serré qui faisait résonner contre leurs torses les tambourinements agités de leurs c½urs tels des djembés, le brun murmura tout bas :

- Tu sais, il pense que je n'ai pas voulu rester avec lui cette nuit à cause de ça, parce qu'il pensait que j'avais peur de... tu sais..., répéta-t-il avec un peu de gêne.

Rougissant légèrement, Tom s'esclaffa et ses doigts vinrent pincer de manière joueuse et câline le bout du nez de son petit frère.

- Je sais.

Bill chassa sa main avec une petite moue rieuse, et le silence retomba, agréable alors que de nombreux souvenirs revenaient à leurs esprits, tels des secrets jalousement gardés dans le coffre-fort de leur mémoire commune. Si seulement Andi savait...

Bill rosit. Il valait mieux qu'il ne le sache jamais. Vu sa réaction épidermique à un simple petit bisou sur la joue, quelle pourrait être la réaction de son petit ami s'il apprenait que...

- Tu vas le quitter ? demanda prudemment Tom, interrompant ses pensées.
- Je ne sais pas. Enfin oui sûrement, mais... pas tout de suite, hésita calmement le brun.

Il ne tenait pas à faire souffrir celui qui était par-dessus tout son ami de toujours et il ne savait pas trop quoi lui donner comme raison de rupture. Cela ne faisait qu'une semaine qu'ils étaient ensemble, il pouvait bien attendre un peu pour pouvoir le quitter en douceur.

- Bill, si tu ne te sens pas bien avec lui, je pense que tu devrais arrêter au plus vite, suggéra lentement Tom alors que leurs voix basses s'alourdissaient de sommeil.
- Et je lui dirais quoi ? demanda Bill en haussant un sourcil.
- Ben, que tu t'es rendu compte en étant avec lui que tu n'étais pas gay... et précise-lui bien que tu t'en es rendu compte parce qu'il embrasse hyper mal, ça lui fera sûrement très plaisir, ajouta Tom avec un sourire en coin.

Il gloussa, et rosissant, Bill lui donna une petite tape qui ne fit qu'accentuer ses gloussements.

- Haha, très drôle ! grogna-t-il. Non, je pense que je vais attendre un peu, je lui dirai dans quelques jours, histoire de préparer le terrain.

Il n'avait pas envie de perdre son meilleur ami en le larguant. Son rire s'estompant, Tom abdiqua, se sentant étrangement plus léger et heureux après leur petite conversation, puis il soupira.

- On dort ?

Bill hocha la tête et se pelotonna contre lui, leurs jambes se frottant plutôt indécemment pour se tenir chaud, et Tom trembla un peu en sentant son c½ur s'accélérer. Pourquoi se sentait-il si heureux d'ailleurs ?

Il était conscient d'avoir été un peu jaloux de voir un autre garçon se rapprocher ainsi de Bill, mais après tout, si son frère était homo, il devrait certainement s'y faire. Il y aurait sûrement tôt ou tard quelqu'un d'autre auprès de Bill. Quelqu'un que Bill aimerait plus que lui.

Quelqu'un que Bill désirerait.

Quelques secondes de silence passèrent, le jeune homme se plongeant dans de perturbantes pensées qu'il se refusait à accepter, puis ressentant malgré lui une pince de jalousie inexplicable lui serrer le c½ur, il murmura :

- Tu penses vraiment ne pas être gay ?

Bill ne répondit pas tout de suite, si bien que Tom pensa qu'il s'était sûrement endormi, et il sursauta presque quand la voix calme mais curieusement inquisitrice de son petit frère lui répondit :

- Je ne sais pas, pourquoi ?

Se reprenant un peu, Tom haussa les épaules. Se redressant légèrement, il se pencha à son oreille et sourit, ses lèvres en effleurant de manière coquine le lobe pour susurrer :

- Parce qu'il y a des mecs qui embrassent sûrement mieux, beaucoup mieux qu'Andréas.
- Qui par exemple ? demanda Bill en haussant un sourcil.
- Plein de mecs..., hésita Tom avant de sourire nerveusement. Moi, par exemple.

À ces mots, Bill s'esclaffa. Un peu vexé et décontenancé par sa réaction, Tom bredouilla :

- Quoi ?
- Mais Tomi, je le sais déjà ça, gloussa son petit frère.

Ils s'embrassaient tous les jours, matins et soirs, de petits bisous bien plus qu'agréables.

- Non tu ne le sais pas.

Les rires de Bill s'estompèrent quand il remarqua que Tom ne plaisantait pas.

- Comment tu pourrais le savoir, argua le blond d'une voix neutre. On ne s'est jamais réellement embrassé.

Surpris, Bill resta silencieux pour étudier son argument, essayant en vain de scruter les traits de son jumeau dans le noir, puis il étouffa encore un rire franc mais incertain.

- Et donc... tu voudrais me le prouver en m'embrassant pour de vrai peut-être ?
- Oui, pourquoi pas ? Ça serait dommage que tu passes à côté de ça, sourit-il légèrement en coin.

Bill resta interdit pendant une seconde puis éclata subitement de rire, tournant son visage contre l'oreiller, et souriant un peu plus, Tom se pencha sur lui et appuya impatiemment un doigt chatouilleux sur sa taille.

- Hé, tu vas vraiment finir par me vexer là.

Rigolant toujours, Bill ne répondit pas tout de suite, mais quand il tourna à nouveau la tête, leurs nez s'effleurant, il se figea imperceptiblement. Sentant leur nervosité mutuelle, ils s'immobilisèrent, fixant la noirceur devant leurs yeux en sachant qu'un abîme tentateur s'y cachait.

- Tu es sérieux ? souffla Bill.
- Bien sûr, tenta de plaisanter Tom d'un ton coquin. Alors, prêt pour le baiser de ta vie ?

Après un instant d'incertitude et de doute où tous deux sentirent la tension monter, Bill tenta d'alléger une dernière fois l'atmosphère. Donnant une petite tape sur la taille de son frère, il susurra moqueusement :

- Ce que tu peux être prétentieux, Tomi.

Sa main resta néanmoins accrochée sur sa taille, et Tom se lécha nerveusement les lèvres pour les humidifier. Il frémit en sentant ensuite sur elles le souffle de son jumeau. Il pouvait deviner sans mal le sourire qui ornait son beau visage. Sa respiration coupée, le blond pencha un peu plus la tête. Il haussa les épaules.

- Essaie-moi.

Son ton provocateur sonnait comme une invitation, et Bill ne bougea pas. Perdu et stressé, son c½ur s'accéléra et son sourire le quitta pour laisser la place à une expression nerveuse.

Tom voulait vraiment qu'ils s'embrassent ?

L'idée était hautement étrange, presque dérangeante, et pourtant, alors qu'il sentait le blond se rapprocher, ses lèvres effleurant les siennes comme pour lui donner le temps de reculer et de tout arrêter, Bill ne bougea pas, attendant patiemment et avec curiosité la prochaine étape.

- Ok.

Lentement, la bouche de Tom qui effleurait encore la sienne se posa dessus à son signal, et Bill répondit doucement à son baiser.

Ce n'était, à vrai dire, pas tellement différent de leurs innocents petits bisous pour l'instant... à part peut-être l'infime tremblement des lèvres entrouvertes de Tom qui épousaient les siennes. Son frère ne prenait que rarement l'initiative de l'embrasser en premier et fermant les yeux, Bill lui-même frissonna à ce simple contact, doux et tendre.

Tom happa bientôt lentement et plutôt sensuellement sa lèvre supérieure avant de s'attaquer à sa bouche entière, y déposant des baisers légers mais inquisiteurs comme s'il cherchait à les apprivoiser, et Bill se détendit alors qu'il s'abandonnait à ses petites attentions.

Néanmoins surpris par leur sensualité, il mit quelques secondes à réagir et à répondre activement à ses lèvres humides, sentant la chaleur envahir ses joues en réalisant ce qu'ils étaient en train de faire, ou plutôt, en anticipant ce qu'ils s'apprêtaient à faire.

Il sursauta légèrement quand il sentit la main de Tom posée sur sa taille remonter lentement mais sûrement sur son côté, le caressant doucement comme s'il était une petite chose fragile qu'il risquait d'effrayer, puis ses doigts glissèrent sur son cou, frôlant plus qu'ils ne touchaient sa peau. Et quand il captura délicatement la mâchoire de Bill, son pouce venant câliner sa joue, le brun entrouvrit un peu plus ses lèvres de surprise.

Se penchant et s'appuyant un peu plus sur lui, Tom en profita pour laper timidement l'interstice, le bout de sa langue léchant à peine l'intérieur de ses lèvres, et Bill répondit avidement, happant goulûment ses lèvres pour les inviter à plus d'audace.

À sa réaction, Tom approfondit leur baiser avec plus d'assurance, leurs langues se mêlant et se caressant, et Bill frémit à ce contact mouillé qui laissait une moiteur exquise sur ses lèvres.

Changeant de temps à autre d'angle, leurs lèvres se recherchant lentement et leurs baisers s'alanguissant, ils s'embrassèrent ainsi pendant de longues minutes, perdus dans leurs sensations comme s'ils ne se rendaient pas vraiment compte de ce qui se passait.

Cela semblait si irréel, et quand Bill ouvrait de temps à autre les yeux, ne rencontrant que la nuit noire, il avait l'impression d'être dans un rêve. Pourtant, c'étaient bien ses doigts qui câlinaient à tâtons le visage de Tom et qui caressaient ses dreadlocks.

Il se sentait bien et avait complètement oublié qu'il était en train de faire quelque chose qu'il ne devrait sûrement pas faire. Il paraissait en être de même pour son frère, et sa mauvaise conscience le quittant, Bill se mit à gémir doucement et à caresser le dos de Tom, l'incitant à se rapprocher.

Ses joues en feu et l'air toujours un peu tendu et concentré sur ce qu'il faisait, Tom glissa sur lui, entre ses jambes, et satisfait, Bill gémit, l'emprisonnant dans ses bras alors qu'ils engageaient un nouveau baiser, doux et intense pendant de longues secondes... jusqu'à ce que tous deux se figent, s'interrompant.

Reculant à peine, Tom sourit fièrement. Contre son ventre, il pouvait sentir que son frère bandait.

- Je crois qu'on a la réponse.
- Désolé, bégaya Bill en rougissant.

Ce n'était pas tant le fait d'être excité, son corps entièrement collé contre celui de son frère, qui l'embarrassait, mais le moyen par lequel ils en étaient arrivés là.

Ils s'étaient juste embrassés, même pas touchés.

Perturbé et légèrement essoufflé sous le stress, il remarqua à peine que Tom s'était rallongé sur lui, sa tête posée sur l'oreiller. Un instant plus tard, il sentit son souffle chaud sur son cou et frémit. La cuisse de Tom était toujours positionnée sur son entrejambe, leurs jambes entrelacées, et le brun bandait toujours.

- Désolé, répéta-t-il avec gêne, se frottant le visage d'une main.

Angoissant légèrement son frère, Tom ne dit rien pendant un instant, puis frottant ses côtes de manière câline, il étouffa un léger rire.

- C'est pas grave. Ça prouve juste... que j'embrasse mieux qu'Andréas.

Un peu ennuyé et embarrassé à la mention de celui qui était encore son copain, Bill gloussa nerveusement, puis il donna de manière joueuse une petite tape sur le bras du blond pour le gronder, les faisant rire tous les deux, et bien que la situation fût un peu étrange, Bill se mit à caresser doucement le dos de son frère.

Ils se calmèrent finalement et dans le silence revenu, se mirent à somnoler, dérivant peu à peu vers le sommeil en essayant de ne pas trop penser à ce qui venait de se passer entre eux.

Se forçant à laisser son excitation décroître, le brun soupira néanmoins légèrement, pensif.

En d'autres circonstances, il se serait soulagé – car il en mourrait vraiment d'envie en ce moment précis. Mais il n'aurait jamais osé se toucher dans le lit que son jumeau et lui partageaient en toute innocence. De plus, après s'être ainsi embrassés, cela paraissait si... intime que l'envisager seulement le fit trembler. Troublé, Bill essaya de continuer la conversation :

- Et... à ton avis, est-ce que ça veut dire que je suis gay ?
- Je ne sais pas... Peut-être...

Caressant toujours son dos, Bill tourna la tête vers lui, espérant qu'il continue. Fermant les yeux, il frissonna légèrement quand Tom leva la main pour venir toucher du bout des doigts ses lèvres, glissant à l'aveuglette sur sa douce peau. Appuyant son front contre le sien, le blond ne dit rien pendant un moment, puis murmura encore d'un ton neutre.

- J'ai... beaucoup aimé moi aussi... Et je ne pense pas l'être. C'était bien seulement parce que c'était avec toi... comme le reste.

Bill rougit, ne sachant si c'était plus à son allusion qu'à son honnêteté. Il embrassa les doigts de Tom, puis capturant sa main, il la serra dans sienne, entrelaçant leurs doigts.

- Oui, je comprends, murmura-t-il doucement au bout d'un moment.

Il ne comprenait que trop bien les pensées de Tom. Il avait aimé l'embrasser... parce que c'était lui, tout simplement. Bill n'avait même pas pensé à Andréas une seule seconde et n'en ressentait pas la moindre culpabilité.

Néanmoins, même s'ils avaient beaucoup aimé et contrairement à leurs autres petites expériences, le brun ne savait pas s'ils devraient un jour renouveler l'opération. Leurs baisers l'avaient tellement...

Reposant une main sur sa taille, Tom se cala contre lui pour dormir, sa cuisse frottant franchement sur son entrejambe, et les joues de Bill se teintèrent d'un rouge pivoine en sentant son membre se raviver fermement de plaisir au contact, lui rappelant que leurs corps étaient encore tendrement enlacés. Sans grand espoir, Bill essaya de décaler discrètement son bassin, priant intérieurement pour que son jumeau ne l'ait pas trop remarqué.

S'il l'avait senti, son frère ne dit cependant rien :

- On dort ? bâilla-t-il.

Sa question tenait valeur de réponse, et se décalant à peine pour libérer les frêles muscles de Bill qui s'engourdissaient sous son poids, Tom le serra dans ses bras. Cette fois-ci, ce fut au tour de Bill de sentir quelque chose de dur contre son aine, et ce fut avec surprise qu'il baissa la tête. Sourire en coin, Tom murmura :

- C'est moi qui suis désolé maintenant.

Ses joues encore écarlates et sentant la sueur voiler son cou tandis que la main de Tom était toujours posée sur sa taille, Bill étouffa un rire. Ils étaient complètement tarés, même pour des jumeaux. Autant l'un que l'autre. Peu étonnant que personne ne puisse les comprendre.

Sa main venant caresser la joue de son frère, Bill colla son visage contre le sien, leurs joues brûlantes se frôlant, et rassuré de leur mimétisme, il sourit.

- C'est pas grave, lui dit-il évasivement comme si tout était parfaitement normal. On dort ?

Tom sourit un peu plus à sa réponse et l'embrassa sur le nez.

- Oui, souffla-t-il. Bonne nuit Bill.

Cherchant vainement à deviner le visage de son frère dans l'obscurité, Bill caressa une dernière fois sa joue puis reculant légèrement sa tête, il glissa ses mains sous sa tête pour trouver le sommeil, jugeant inutile de se rapprocher encore plus de Tom.

De fait, il était déjà glué à lui, les jumeaux envahissant toujours malgré eux l'espace personnel si restreint dans le tout petit lit. D'ailleurs, il ne faisait nul doute que le lendemain matin, ils seraient encore pelotonnés l'un contre l'autre tels deux petits chats, comme d'habitude.

Alors que son frère s'endormait déjà, exténué par la fatigue, Bill murmura doucement, son sourire se fanant un peu pour devenir mélancolique :

- Bonne nuit Tomi.

Cependant, contrairement à d'habitude, Bill n'osa pas embrasser pas une dernière fois les lèvres de son Tomi.

Il ne comprenait pas exactement pourquoi, mais il bandait encore.

À suivre...

Donnez une note à ce chapitre : * ** *** **** *****





Voilà, la scène est enfin terminée (c'est officiel, je m'étale sur mes chapitres, lol). La suite devrait avancer plus vite... Les G's devraient nous faire l'honneur d'une petite visite d'ailleurs ;)
Bisous!

Leave a comment

We need to verify that you are not a robot generating spam.

See legal mentions

Don't forget that insults, racism, etc. are forbidden by Skyrock's 'General Terms of Use' and that you can be identified by your IP address (54.81.150.27) if someone makes a complaint.

Comments :

  • soso-rockeuse

    25/08/2011

    oh yeah yeah yeah bien fait pour andreas mdr! Super sexy le baiser de bill et tom dans le lit j'adore *O*! Que nous réserve la suite x)

  • mini-tagada

    21/05/2011

    Ah je préfère nettement ce chapitre ! Bien doux et cajoleur :D
    Et comme c'est comme gentil de la part des G's de faire une petite visite dans le prochain chapitre, faudra les remercier hein ;)

  • lollipopthetop

    23/12/2010

    Mouahaha Andréas embrasse comme un pied, est brutal et insensible aux sentiments de Bill, franchement la question ne se pose même pas ! .... Mais que fais tu encore avec lui Bill ?
    J'adore la scène du lit ... Ils sont trop mignon ensemble !
    Oh ce serait drôle qu'Andréas apprenne qu'ils dorment ensemble et s'embrassent tous les jours ... Oui !

  • yayayaoi

    06/08/2009

    j'ai merdé, pardon je reprends -_-"

    donc je disais que j'adorais ce chapitre =)
    C'est étrange, je ne comprends pas moi même pourquoi celui-là en particulier lol.
    Enfin bref, dès que j'ai du temps, je viens continuer ma lecture et j'espère que la fin de cette fic viendra rapidement ( j'aime pas attendre, mais au besoin, je prendrais mon mal en patience lol )
    J'aime beaucoup l'histoire, même si Andy, j'ai envie de lui foutre ma main dans la gueule.
    Leur relation est tellement mignonne aux jumeaux, ça me fait sourire de lire du joli et du tendre comme ça.

    Bizz et bonne continuation

  • yayayaoi

    06/08/2009

    *_*
    J'adore ce chapitre, c'est étra

  • obscur-yaoi-night

    27/04/2009

    *-*

    Kayaaaaaa; quel baiser <3

    puis la façon dont ils bandent, ça fait... ça fait bizarrement cro chou *-*

  • twins-keinliebe-yaoi

    17/03/2009

    Magnifique scène que ce baisé que tu nous à offert. Géniale.

  • sanggreen

    12/03/2009

    Kaulitzcest> " Mort de chez mort, si j'étais lui, je prendrais même pas la peine de "prendre mon temps" pour rompre en douceur, je vais de ce pas dans le salon, je réveille le bougre avec un sonore "je te quitte, tu embrasses trop pas bien, espèce de naze, je préfère Tom, allez, merci pour tout, rentre chez toi et viens plus !" et je dis au Tom en question "bon, on en était où ?" !
    MDRRRRRRRRRRRR
    J'étais explosée de rire en lisant ton com" XD
    Bisous et merciiiiiiiiiii! *-*

    <33333333

  • Kaulitzcest

    12/03/2009

    Ah bin là, autant dire que c'est mort pour Andréas, Bill va encore moins aimer qu'il l'embrasse ! Mort de chez mort, si j'étais lui, je prendrais même pas la peine de "prendre mon temps" pour rompre en douceur, je vais de ce pas dans le salon, je réveille le bougre avec un sonore "je te quitte, tu embrasses trop pas bien, espèce de naze, je préfère Tom, allez, merci pour tout, rentre chez toi et viens plus !" et je dis au Tom en question "bon, on en était où ?" !

    Mais si dans mon monde on vire Andréas comme un malpropre, dans le tien ce sera plus poli je pense, plus correct, moi je suis une vache, c'est pour ça.

    Autre superbe chapitre mais je ne suis pas surprise, je savais que ça allait être intense, mais je me doutais pas à quel point, même si je sais que tu fais des trucs supers, chaque fois je suis ébahie de voir que ça dépasse l'entendement. Et on n'en est qu'au bisou et au début de la fic, j'ose même pas penser à ce que va donner la suite.

    Bravo aussi pour toutes les références que tu fais en mêlant l'histoire du groupe dans cet UA, tu le résussis parfaitement, vraiment c'est une fic superbe, Winry a eu un cadeau vraiment grandiose.

  • Subtility-Lyra

    11/03/2009

    Kyaaaaaaa !!!!! Les chapitres 5 et 6 étaient juste trooop trop bien ! Les jumeaux sont tellement mignons !
    J'ai envie de buter Andréas et sa possessivité, qu'il est gonflé c'ui là, de vouloir s'immiscer entre deux frères si proches !
    J'adore vraiment ta fiction, elle est géniale, et j'attends la suite avec grande impatience !

    Bisouus

Report abuse