Tu ne peux pas comprendre (4/?)

Je m'étale plus que je ne l'avais prévu dans mes passages, donc je vous les livre un à un. L'histoire avancera peut-être moins vite tout d'un coup, mais au moins, vous n'attendrez pas trop. ^^

***

Le lendemain matin, 7h15.

Alors qu'il enfilait nerveusement son manteau – un peu plus épais que celui de la veille –, Bill se préparait mentalement à ce qui l'attendait.

La veille au soir, il avait passé l'heure la plus bizarre et gênante de sa jeune vie au téléphone avec son meilleur ami.

Rectification. Son copain.

Bill enfonça son bonnet noir sur sa tête, cachant un instant ses yeux en grognant. Pour l'instant, il n'arrivait pas à s'y faire. Pourtant, dans quelques minutes à peine, il verrait Andréas dans le bus, et le brun n'avait qu'une envie.

Fuir, très loin.

Il n'avait cependant nulle part où aller, sachant que sa mère l'étranglerait s'il faisait l'école buissonnière et que son frère n'était visiblement pas prêt à le laisser s'échapper, celui-ci semblant bien trop amusé par la situation qu'il avait globalement provoquée. Car oui, même si Bill avait émis l'idée de sortir avec Andréas, pour voir, Tom était le seul responsable de sa réponse précipitée et irréfléchie.

Réajustant ses cheveux en faisant la moue, Bill jeta un coup d'½il rancunier vers Tom à cette pensée. S'approchant de son jumeau en faisant mine de ne pas voir son regard insistant, ce dernier passa une de ses propres écharpes autour du cou de son petit frère, la nouant consciencieusement.

- Tiens, tu ne choperas pas la crève avec ça.

Après avoir longuement respiré la douce odeur agréable qui se dégageait du douillet tissu duveteux, Bill soupira :

- Tomi, ce n'est vraiment pas la peine tu sais.
- Et mets tes gants, rajouta Tom en fronçant les sourcils, l'ignorant complètement.

Il lui tendit une paire qu'il avait lui-même trouvée dans l'armoire de Bill, et ce dernier humpffa. Il les enfila néanmoins, et enfin satisfait d'avoir transformé son frère en doudoune sur pattes, Tom ouvrit la porte, l'invitant à passer devant lui.

- Bonne journée, leur souhaita Simone depuis la cuisine.
- Toi aussi, répondirent en c½ur les jumeaux en lui lançant un dernier regard avant de disparaître, faisant doucement sourire leur maman.

Ils refermèrent la porte derrière eux, s'enfonçant dans le matin froid et glacé. Tout autour d'eux, une épaisse couche d'une quinzaine de centimètres recouvrait herbe, voitures et toits, et leurs voisins qui s'apprêtaient à aller au travail s'activaient à renfort de seaux d'eau de dégivrer vitres et pare-brise de leur véhicule.

Grimaçant, Bill s'avança avec précaution dans l'allée verglacée. Quelques minutes auparavant, leur père était parti au travail, faisant de même que leurs voisins, et l'eau avait gelé au sol, la rendant extrêmement glissante.

Malgré ses précautions, ce qui devait arriver arriva, et il vacilla. Une main le rattrapa néanmoins, et Bill s'y raccrocha, soufflant un petit 'merci' à travers l'écharpe à l'intention de son frère qui l'avait empêché de s'étaler peu gracieusement par terre.

Leurs doigts gantés s'entrelacèrent, et une fois sortis de l'enceinte de leur maison, ils marchèrent ainsi ensemble en silence vers l'arrêt du bus. Ils étaient les seuls du village à le prendre là, et ils avaient appris à leurs dépens à ne pas être en retard.

Guettant leur moyen de locomotion qui ne tarderait pas à apparaître au coin du quartier, Bill souffla nerveusement, une fumée blanche se formant devant son nez, et amusé, Tom serra avec affection sa main.

- Arrête de stresser, il va pas te manger quand même.

Sans bouger, Bill lui lança un regard de côté, clairement affolé à cette perspective effrayamment cannibale, et Tom s'esclaffa, de la vapeur se formant à son tour devant sa bouche.

Le bus apparut au loin, et instinctivement, ils se lâchèrent immédiatement la main. Quelques secondes plus tard, celui-ci s'arrêtait devant eux, et ils montaient, Bill forçant en rougissant son jumeau à passer devant lui en le chamaillant d'une petite tape discrète alors que son frère souriait en coin. Ils remontèrent le couloir du bus qui était encore presque vide.

Comme prévu, les attendant impatiemment, Andréas était au dernier rang à cinq places qui était entièrement libre, dans le coin, et après un bref salut, Tom s'assit par la force des choses à côté de lui, et Bill s'installa au milieu, face au couloir.

Après s'être bégayé un petit 'bonjour' réciproque, Bill s'appliqua à éviter soigneusement d'yeux fuyants les pupilles rivées sur lui d'Andréas et enfoncé dans son siège, épaule contre épaule avec son frère, il se tut, écoutant son copain désappointé converser malgré lui avec Tom, inhabituellement plus bavard que son petit frère pour compenser le silence gêné qui flottait.

Son nez plongé dans son écharpe, Bill retint un soupir. Andréas n'était pas censé savoir que Tom était au courant pour eux.

À vrai dire, au téléphone, ils s'étaient mis d'accord. Absolument personne au lycée ne devait savoir qu'ils étaient ensemble. Ni l'un ni l'autre n'étaient encore prêt à assumer ce genre de relation au grand jour et Bill n'osait imaginer ce qui leur arriverait si des personnes venaient à l'apprendre.

Rien que les trois lourdauds baraqués et homophobes de leur classe leur feraient sûrement vivre un enfer, et si Bill avait l'habitude des brimades verbales, il n'avait vraiment pas envie d'être tabassé et humilié par de grosses brutes devant tout le bahut.

Cependant, si Bill avait été entièrement d'accord sur ce point, il avait 'oublié' de mentionner que Tom était déjà au courant pour eux lors de son appel, jugeant qu'il n'était peut-être pas nécessaire d'en avertir Andréas tout de suite... son jugement se confirmant lorsque son petit ami avait lourdement insisté pour que même Tom ne fût pas au courant de leur relation.

Bill soupira pour de bon. C'était vraiment stupide en fait, sachant que les craintes d'Andréas étaient complètement infondées. Tom l'avait très bien pris, et il n'en parlerait à personne. Dans tous les cas, Bill n'aurait jamais pu mentir à son frère sur quelque chose d'aussi important.

En effet, Tom et lui n'avaient aucun secret l'un pour l'autre et il lui avait paru naturel de lui en parler, le brun sachant très bien telle une évidence irréfutable qu'il le garderait pour lui. Tom ne le trahirait jamais. Il pouvait avoir une confiance absolue et infinie en son jumeau, et c'était réciproque. Cela avait toujours été vrai, et cela le serait toujours.

Bientôt, les amis de Tom arrivèrent, et l'atmosphère s'allégea légèrement jusqu'à ce qu'ils arrivent au lycée, quelques minutes plus tard. Là, ils descendirent promptement du bus, et lorsque le petit groupe se dirigea vers la cour, Andréas, qui était resté légèrement en arrière pour prendre un peu de distance avec Tom et ses amis, posa sa main sur le bras de Bill, l'enserrant fermement pour l'obliger à s'arrêter. Déglutissant, Bill se tourna vers lui, et osa enfin lever timidement des yeux interrogateurs vers lui.

- Je peux te parler ? Seul à seul ? lui demanda le jeune homme au menton prognathe.

Bredouillant un 'oui' étranglé et incertain, Bill le suivit alors qu'Andréas se dirigeait vers un bâtiment encore vide. Ne remarquant pas les yeux discrets de Tom posés sur eux observer leur retraite, ses pupilles s'attardant même un long moment sur la porte derrière laquelle ils avaient disparu, ils y entrèrent.

Après avoir longé un petit couloir, le c½ur battant, Bill suivit Andréas qui tournait dans un coin, à l'abri des regards indiscrets, et aussitôt qu'ils y furent, un bras l'agrippa. L'attirant à lui, une main s'insinua sous son écharpe, des doigts longs et gelés cherchant sa nuque, et Bill sentit des lèvres gercées et tout aussi froides s'abattre sur les siennes.

La première pensée de Bill fut de le repousser, mais le baiser d'Andréas était si avide qu'il y renonça, et quand la langue du jeune homme glissa entre ses lèvres, tentant de les entrouvrir de force pour explorer sa bouche, Bill n'opposa pas de résistance à cette rudesse passionnée. Après tout, même si cela manquait peut-être un peu de délicatesse, il n'avait aucune raison objective de lui en refuser l'accès, songea-t-il, mal à l'aise.

Néanmoins, alors que Bill entrouvrait ses lèvres, laissant la langue d'Andréas venir caresser la sienne, son esprit qui cherchait une échappatoire à son étrange malaise trouva vite un argument. En effet, il n'était peut-être pas très prudent de se bécoter ainsi au détour d'un couloir alors que n'importe qui, professeur, personnel de l'établissement ou lycéen, pouvait débarquer à tout moment et les surprendre.

Andréas ne paraissait pourtant pas préoccupé par cette question, gémissant et redoublant d'ardeur dans son baiser, tout son bon sens semblant avoir pris des vacances tandis que, son autre bras agrippé au manteau de Bill au niveau de la taille, il venait de le plaquer avec vigueur contre le mur, son sac alourdi de livres inutiles s'y écrasant durement dans un froissement plaintif.

Surpris à son action brusque et bruyante, Bill posa automatiquement ses mains sur les bras d'Andréas pour tenter de modérer son enthousiasme. Ils allaient vraiment finir par se faire prendre s'ils ne faisaient pas plus attention. C'était pourtant Andréas qui avait insisté sur ce point. Ils devaient être prudents, très prudents.

Se retenant de soupirer nerveusement, Bill répondit mollement à un nouvel assaut enflammé de son copain. Malgré lui, il remarqua que les lèvres d'Andréas étaient gercées et rugueuses contre les siennes.

Pensant brièvement à la bouche de son jumeau maladroitement tartinée de baume pour éviter ce type de gerçures, il se dit néanmoins qu'il ne pouvait pas vraiment en vouloir à Andréas. Il faisait vraiment froid et l'air était tellement sec qu'il était dur de ne pas en avoir. Avec les gros nuages dans le ciel se matin, il ne serait pas étonnant qu'il neige encore d'ici quelques heures d'ailleurs...

Alors qu'Andréas gémissait une nouvelle fois, tout occupé à l'embrasser passionnément, les yeux de Bill s'ouvrirent sous le choc, le jeune homme réalisant subitement avec gêne qu'il venait de penser à son frère et à la météo en embrassant son petit ami.

De plus, il n'avait pas fait attention aux minutes qui passaient et lorsque des pas s'approchant à vive allure se firent entendre, ce fut avec panique que Bill repoussa pour de bon le blond platine.

Il était cependant trop tard. Tournant la tête en même temps qu'Andréas, tous les deux légèrement essoufflés et le c½ur battant sous le stress, Bill se figea en voyant qui se tenait à l'angle du couloir, immobile et son expression impassible tandis qu'il les fixait de ses yeux assombris, étant visiblement arrivé un quart de seconde trop tôt pour ne pas savoir très exactement ce qu'ils avaient été en train de faire dans ce couloir que seule la faible luminosité hivernale et matinale éclairait.

Se mordant les lèvres et le regard fuyant, Bill baissa la tête vers le sol, embarrassé et rouge comme une cerise. À côté de lui, Andréas était affolé, ses mains tirant nerveusement sur la ceinture de son pantalon par habitude alors qu'il cherchait un mensonge, se tortillant sur place en rougissant.

- Tom, ce n'est pas ce que tu crois ! Tu vois, je devais parler avec Bill et je...

Échouant lamentablement à trouver une excuse crédible, il s'interrompit pour se gratter le cuir chevelu, remettant sa mèche rebelle en place. Un léger sourire un peu crispé sur les lèvres, Tom fit un geste en l'air sans signification pour l'apaiser. Il ne les regarda pas, mais sa voix fut calme bien qu'un peu terne :

- Ça va, te fatigue pas. Je suis au courant pour vous deux et c'est cool, je suis content pour Bill. Je suis juste venu vous demander si... vous viendrez manger avec nous à midi, à la cantine...

Sa voix était légèrement hachée, néanmoins, Tom avait enfin posé avec assurance ses pupilles sombres sur son frère, attendant une réponse. Loupant les yeux écarquillés de son petit ami, Bill leva enfin la tête, leurs regards se rencontrant timidement.

Un peu étonné qu'il soit venu les voir pour lui poser une question dont la réponse était évidente, le brun cligna des yeux, et sans consulter Andréas, il répondit d'une petite voix mais naturellement :

- Oui, bien sûr, comme d'habitude.
- Ok, sourit Tom. À toute alors...

L'air encore un tantinet tendu et étrangement mélancolique, Tom parut tout de même soulagé par sa réponse, et ce fut en trottinant qu'il repartit comme il était venu, retournant dans la cour du lycée. Bill le suivit pensivement du regard, et quand la première sonnerie retentit, il sembla revenir sur Terre et réajusta son sac sur son dos, tournant la tête vers Andréas pour lui sourire légèrement, rassuré mais tout aussi troublé que la personne qui les ait surpris fut son frère. Sans remarquer que le garçon était toujours un peu choqué, il suggéra :

- Nous aussi on devrait y aller...

Le cours démarrait dans cinq minutes, à la deuxième sonnerie, et ils n'avaient pas vraiment le temps une autre séance de bécotage. Néanmoins, Andréas ne semblait pas prêt à partir, ni à l'embrasser de nouveau d'ailleurs. Alors que Bill commençait à s'éloigner, il le retint, sa main emprisonnant fermement son épaule avant de la relâcher. Ses sourcils étaient froncés.

- Attends, je crois que je n'ai pas tout bien suivi. Tu as dit à Tom qu'on sortait ensemble ? Je croyais qu'on avait décidé de n'en parler à personne ! s'écria-t-il, sidéré.

Se mordant les lèvres, Bill déglutit. Andréas n'avait vraiment pas l'air content du tout et le brun en était plutôt surpris. Il avait pourtant vu que Tom avait bien réagi à la nouvelle, non ? Où était le blême ?

- Je sais, mais...
- Mais quoi Bill ? cria Andréas.

Se décalant sur le côté pour un peu plus de discrétion, Bill baissa la voix de crainte d'être entendu mais il siffla néanmoins d'un ton crispé :

- C'est mon frère. Je ne pouvais pas ne pas lui dire !
- Comment ça « tu ne pouvais pas » ?
- Tu ne peux pas comprendre..., s'exaspéra Bill à sa résistance inattendue.
- Essaie de m'expliquer quand même, ironisa Andréas, s'énervant lui aussi et en posant ses mains sur ses propres hanches.
- C'est juste que...

Ne trouvant pas d'explication, Bill se pinça les lèvres, agacé, et puis levant les mains au ciel, il tapa du pied.

- Je ne vois pas où est le problème de toute façon, Tom ne dira rien.

Andréas se tortilla impatiemment, remettant nerveusement une mèche de cheveux blond platine en place tout en scrutant le sol. Il réfléchit à voix haute, essayant de raisonner ses craintes :

- Ouais, bien sûr, je me doute qu'il n'ira pas raconter que son frère est une tarlouze sur les toits, marmonna-t-il rapidement, l'air ailleurs, avant de continuer d'un ton légèrement dédaigneux. Sa réputation de Don Juan pourrait être mise à mal vu que tu es son jumeau.

Les dents de Bill se serrèrent, ne sachant quels mots précis l'enrageaient le plus, et avant qu'Andréas n'ait pu réaliser ce qu'il avait dit, le brun le poussa rudement, ses mains s'abattant sur ses épaules. Alors qu'Andréas vacillait, il avança d'un pas, furieux.

- Je suis une quoi ?

Se redressant et se calmant instantanément, Andréas essaya de le rassurer précipitamment en réalisant sa gaucherie.

- Non, Bill, attends. Je suis désolé, je ne disais pas ça à la première personne. Je veux dire, si tu es une tarlouze, j'en suis une aussi, rit-il avec embarras. Mais Tom...
- Tom ne m'appellerait jamais comme ça ! Et il ne dira rien non pas à cause de sa 'réputation', mais parce qu'il est mon frère et que j'ai confiance en lui. Mais ça, tu ne peux pas comprendre visiblement.

Déstabilisé par sa colère qu'il n'avait jamais vue dirigée contre lui, Andréas cligna des yeux, le regard fuyant tandis qu'il essayait de se rattraper en réalisant qu'il avait une fois de plus oublié la règle numéro une – ne jamais, jamais critiquer Tom, à moins de vouloir s'attirer les foudres piquantes de son petit frère. Le blond platine riposta amèrement :

- Désolé. En fait, c'est peut-être pour ça que je ne voulais pas que tu lui en parles. C'est perturbant de voir que contrairement à Tom, tu ne me fais pas confiance. J'aurais juste aimé qu'on ait un secret à nous, rien qu'à nous.
- Qu'est-ce que tu racontes ? Je te fais aussi confiance, le contesta vivement Bill.

Andréas secoua légèrement la tête. Il ne savait que trop bien à quel point ces jumeaux étaient fusionnels, ayant même souvent la sensation qu'il ne voyait que la partie émergée de l'iceberg malgré toutes leurs longues années d'amitié. Leur étrange proximité était tellement insondable, sans contours bien définis, et même lorsqu'il venait chez eux, pour passer un après-midi ou parfois même la nuit, leur intimité et leur langage silencieux et mystérieux restaient indécodables, tels des remparts qui l'empêchaient d'atteindre réellement Bill. Néanmoins, songea-t-il, ces choses-là allaient bientôt changer, maintenant que Bill et lui sortaient ensemble...

- Pas autant qu'à Tom, réaffirma Andréas, ses sourcils froncés de jalousie.

Bill se figea à ces mots inattendus pendant un instant, et sa colère se dégonflant comme un ballon de baudruche, il soupira au bout de quelques secondes, las. Ses yeux parcoururent les murs.

- Ok, j'imagine que c'est un peu de ma faute, mais je n'y peux rien. C'est comme ça. Oui, je fais confiance à Tom, et je parle toujours des choses qui me sont importantes avec lui parce qu'il...
- C'est... important pour toi ? s'étonna soudainement Andréas avec espoir, interrompant son monologue ennuyeux d'adoration envers son grand frère qu'il ne connaissait que trop bien.

Surpris, Bill le fixa à nouveau, incertain. Eh bien, si avouer qu'il était peut-être homo et sortir avec son meilleur ami n'était pas un événement de quelque importance dans la vie d'un adolescent, il se demandait ce qui devait l'être. Haussant les épaules, le brun répondit en hésitant.

- Oui, bien sûr. Pourquoi ?

Observant le regard d'Andréas s'illuminer, Bill eut l'impression bizarre que le jeune homme accordait une importance et une signification obscures et bien particulières à ces mots, et ayant la sensation d'avoir trop parlé, il se mordit les lèvres quand Andréas se jeta à son cou, étouffant un rire et l'étouffant presque.

Le blond platine le serra brièvement et avec possessivité dans ses bras. Se laissant faire, Bill tapota son dos, inquiet alors qu'on entendait des pas et voix de lycéens se rapprocher dangereusement.

- Andréas, on devrait vraiment y aller.
- Je m'excuse vraiment tu sais.
- Je sais Andi, moi aussi.
- Et tu sais... Je tiens vraiment à toi.

Bill se figea, rosissant légèrement. Andréas avait dit la même chose avant de l'embrasser, la première fois. Il ouvrit la bouche, perplexe. Il ne savait pas exactement quoi lui répondre. Qu'est-ce qu'Andréas voulait exactement dire par là de toute façon ? Cependant, imaginant que le jeune homme s'attendait à une réponse sur la même longueur d'ondes, Bill bégaya, formulant à la hâte quelques mots pour ne pas le décevoir :

- Moi aussi, beaucoup. Tu... tu es la plus belle chose qu'il pouvait m'arriver.

Andréas recula de surprise, et sans vraiment le lâcher, il le dévora des yeux, un immense sourire sur le visage.

- C'est vrai ?

Bill acquiesça lentement, souriant légèrement en le fixant. Il ne mentait pas. Sans Andréas, Bill n'aurait jamais survécu à sa scolarité. Il avait été son seul ami quand tout le monde le regardait de haut et le méprisait. Andréas l'avait toujours compris, soutenu jour après jour... Ils s'accordaient en tout et sur tout, ou presque. Bref, même si les mots pouvaient apparaître peut-être un peu forts aux yeux des autres, cette profonde amitié qui s'était tissée entre eux était réellement ce qui lui était arrivé de meilleur dans sa petite existence... après Tom et sa mère, bien entendu.

Étouffant à nouveau un rire, Andréas l'embrassa d'un court baiser sonore, d'une intensité presque douloureuse sur ses douces lèvres, et Bill grimaça imperceptiblement. Les voix se rapprochèrent encore et ils se détachèrent précipitamment juste avant que les premiers élèves n'entrent dans leur champ de vision, mettant de la distance entre eux en rosissant.

- On y va ? demanda-t-il timidement, baissant les yeux et commençant à marcher à grandes enjambées pour rejoindre leur classe.
- Ouais, sourit Andréas, ses yeux joyeux et brillants. De toute façon, on pourra se revoir seuls à la pause, hein ? rajouta-t-il en lui faisant un clin d'½il plein de sous-entendus.

Bill lui sourit en guise de réponse, bien que le sien fût un peu crispé et que ses yeux fussent quant à eux restés éteints.

Son copain avait eu tôt fait de tourner la page sur leur première dispute, paraissant satisfait de leur réconciliation, et pourtant, sans trop savoir pourquoi, Bill n'était pas sûr qu'Andréas et lui se fussent réellement compris.

À suivre...

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Comments :

  • soso-rockeuse

    25/08/2011

    trop timide et fragile ce billou^^, et andreas me tape sur le systeme mdr et pauvre tomichou^^

  • mini-tagada

    20/05/2011

    Je ne me souviens plus de ce que j'avais pensé d'Andreas à ma première lecture, mais là je ne l'aime pas du tout. Et le pauvre Bill semble tellement peu certain devant la précipitation de son ami. Et crois que Tom s'est mis d'un coup à détester son 'meilleur ami', on devine toute sa possessivité laisser place à la jalousie.

  • lollipopthetop

    23/12/2010

    Hahaha Bill en mode Doudoune sur pattes ! By Tom. J'imagine trop la scène XD
    Je vais le liquider ce Andréas ... et en plus il ne sait même pas embrasser correctement ! Tss

  • vivre-avec-eux

    05/03/2009

    Han j'aime beaucoup =)

  • sanggreen

    01/03/2009

    *sent la pression monter... monter* ç________ç

    Courage pour ta trigonométrie! ^o^
    8D

    Bisous! <3333

  • MUSIK-mein-Leben

    28/02/2009

    Je vais mourir...... T_T * se tape la tête contre le clavier *

    J'espère ke je pourrais lire le prochain chapitre avant la reprises des cours lundi?... Un petit remontant pour bien commencer la trigonométrie ça fait pas de mal... XD

    Nan mais jdis ça... jdis rien hein! j'essaie ABSOLUMENT PAS de te mettre la pression! :D

    Jvoulais juste ke tu saches qu'on aime tous cette nouvelle histoire et qu'on a hate de lire la suite :D :D :D
    Gros beuzou et à bientot jespère! ;)

    PS: Commentaire très constructif je sais... :D * part se cacher *

  • sanggreen

    26/02/2009

    Le chapitre suivant est en cours d'écriture, vous inquiétez pas, désolée pour le temps d'attente ^^;;;;;;;
    <3

  • Demence-x

    26/02/2009

    Mon dieu j'ai couru ici en voyant la MAJ, je suis un cas perdu x)

  • sanggreen

    24/02/2009

    Awwwwww~ Merci pour les commentaires tout le monde! *-*
    Je suis un peu à la bourre dans mes réponses (et dans mon chapitre, pardoooooon! ^^;;; mais j'y travaille, vous inquiétez pas, j'ai juste eu pas mal de choses à faire dernièrement >.>).
    Merci encore mille fois! <333333333333333333333333

  • Tomi-weint

    24/02/2009

    Tu as l'art de manier les mots.
    De faire rêver en quelques phrases.
    Tu sais comment jouer avec les lettres.
    C'est un vrai délice de te lire.
    Merci pour les moments d'évasions que tu as su me transmettre.

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