Mon Bisounours de Noël (partie 2/2)

Le 25 décembre, 4h15.

Assis sur le canapé, Tom ne pouvait pas défaire ses yeux de la créature devant lui qui, complètement éméchée, tentait tant bien que mal d'imiter les mouvements de ballet que le programme de télévision tardif passait en ce jour de Noël.

Bill dansait – ou tentait du moins – silencieusement, bien qu'il étouffât de temps en temps un gloussement trop prononcé en rencontrant le regard tout aussi vitreux que le sien de son frère. Ce dernier le regardait valser dans le vide, souriant avec amusement tandis que sa tête tanguait sur ses épaules, ses prunelles dansant avec lui.

Le réveillon s'était passé tranquillement. Cette année, Simone avait reçu toute la famille, et ils avaient étrangement apprécié d'en revoir tous ses membres éparpillés. Tout s'était déroulé sans une ombre, si ce n'est peut-être pour les petites chamailleries entre Bill et Laura – sa petite cousine de bientôt cinq ans qui était une adorable petite fille aux longs cheveux blonds et aux grands yeux verts.

En effet, si l'après-midi s'était déroulé parfaitement, Tom, Bill et elle s'amusant à faire des bonhommes de neige dans le jardin – le chanteur passant le plus clair de son temps à donner des ordres pour leur construction –, le drame était survenu quelques heures plus tard, à l'ouverture des cadeaux.

Car Laura avait reçu parmi ses cadeaux une peluche.

Un bisounours, plus exactement.

Bill avait eu une petite moue jalouse en découvrant le cadeau de sa petite cousine, et sous les haussements de sourcils de son jumeau face à ses enfantillages, le chanteur avait essayé de manière joueuse de lui subtiliser la petite boule rose toute la soirée, s'attirant de hauts cris outrés et pleurnichards de la petite fille.

Celle-ci s'était finalement endormie vers 23 heures et on l'avait emmenée se coucher dans la chambre où elle dormirait avec ses parents, ses petits bras enserrant toujours fort sa belle peluche si vilement convoitée par son cousin peu scrupuleux qui l'avait zieutée toute la soirée.

Plus tard, vers une heure du matin, la famille était progressivement allée se coucher dans différentes pièces de la grande maison ou était repartie en voiture. Après être restée à discuter avec ses deux fils autour d'un dernier café, Simone était également montée à l'étage, laissant les souris danser seules dans le salon où partout des confettis et des paquets ouverts jonchaient le sol.

Le sapin scintillait de mille feux dans la pièce plongée dans la pénombre, quelques bougies mourant ci et là sur la table faisant danser les ombres qui laissaient deviner les couleurs vives et brillantes des décorations, leur chatoiement brûlant se mélangeant aux rayons pâles du tube cathodique. Les yeux de Tom brillaient, leur éclat se reflétant dans ceux non maquillés et rieurs de Bill.

Ils avaient terminé à eux seuls les bouteilles de champagne qui traînaient lors de la dernière heure et étaient vraiment faits, et c'est d'un rire enivré que Tom s'esclaffa bêtement lorsqu'il vit le petit rat en herbe tendre les bras vers le haut, ses mains se rejoignant avec grâce alors qu'il imitait la ballerine à l'écran, tentant de se mettre sur ses pointes de pied.

Loupant le regard fixe sur sa fine silhouette de son frère soudainement devenu silencieux, Bill tituba, et virevoltant en une pirouette, retomba malgré lui sur le canapé, directement sur les genoux de Tom derrière lui. Le blond le réceptionna dans ses bras, son souffle se coupant sous son poids, et après que Bill ait entouré son cou de ses bras, le regardant de grands yeux étonnés par sa chute, ils éclatèrent tous les deux de rire, essayant tant bien que mal de les faire taire pour ne pas réveiller toute la maisonnée.

- Tu es tellement gay, se moqua Tom.
- C'est pas vrai, hoqueta Bill en poussant mollement son torse, son geste se terminant en une caresse.

Alors que Bill gloussait encore, yeux fermés et son nez contre la joue du blond, ce dernier l'observa à travers ses paupières à moitié fermées, cherchant ses lèvres du regard.

- Pourquoi tu n'imites pas le danseur alors ?
- Parce que je ne peux pas être le chevalier servant, il y en a déjà un devant moi, articula doucement Bill en faisant glisser ses bras autour de son torse.

Tom étouffa un rire, puis redevenant silencieux et pensif, il soupira fixant un peu plus sa bouche pulpeuse.

Doucement, sans même y penser, il pencha sa tête, sentant son c½ur s'accélérer, étrangement nerveux à l'idée de partager leur dernier baiser du calendrier. Théoriquement, Bill aurait dû le réclamer avant minuit, mais il ne l'avait pas fait, même quand ils s'étaient retrouvés seuls – lorsque toute leur famille était allée vers 21 heures assister à la messe de minuit.

Bill avait été étrangement timide et fuyant avec lui aujourd'hui, même si pendant toute la soirée, il avait affublé son grand frère de gros bisous sur la joue à chaque fois qu'ils s'étaient rencontrés sous le gui – Tom le soupçonnait même de l'y avoir sournoisement attiré et piégé dans ses bras plusieurs fois volontairement –, sous le regard attendri de leur mère, contente d'avoir eu l'idée de l'y installer.

Quelle que fût l'origine de son comportement bizarre, Tom était bien déterminé pour une raison obscure à obtenir coûte que coûte son bisou – peut-être à cause de l'alcool, peut-être pas –, et il posa une main décidée sur sa taille, ses lèvres cherchant les siennes.

Néanmoins, comprenant son intention, Bill détourna une fois de plus la tête, souriant nerveusement, et se décollant de lui, il tenta de se redresser, chancelant sur ses genoux. Il prit ses mains dans les siennes, leurs douces peaux se caressant.

- Viens.
- Hein ? croassa Tom, perplexe.

Bill tituba, et retombant un peu plus dans ses bras, leurs nez s'entrechoquèrent doucement et les cheveux du chanteur frôlèrent le visage du blond.

- Danse avec moi.

Il se releva pour de bon, entraînant son frère avec lui, et après avoir posé avec autorité les bras de son frère autour de sa propre taille, il enlaça son cou. Grognant de plaisir, il se colla à lui, venant frotter son nez contre ses cheveux, puis il entama un léger balancement de gauche à droite, obligeant doucement son jumeau à le suivre.

Tom le serrait contre lui, gloussant nerveusement en se demandant combien d'autres idées saugrenues trottaient encore dans la tête de son petit frère. Ils oscillaient dangereusement, peinant à trouver leur équilibre sous l'alcool, mais l'atmosphère était douce et câline. Il n'y avait pas de musique hormis les frémissements pratiquement inaudibles du ballet télévisé, mais ils s'adonnaient à un slow langoureux, leurs jambes et leurs chaussettes se frôlant.

- Bill..., on n'entend même pas la musique de la télé.
- Chut, souffla ledit Bill à son oreille. Je veux juste être avec toi.

Vaincu par ces simples mots, Tom souffla contre son pull avant d'en inspirer profondément l'odeur, puis Bill recula légèrement jusqu'à ce qu'ils soient nez à nez, ses bras tendus posés sur ses épaules. Ils s'observèrent d'yeux dansants, puis le blond tenta à nouveau de rapprocher ses lèvres des siennes.

Néanmoins, Bill tourna encore la tête, et faisant un pas en arrière par réflexe, il trébucha sur la télécommande. Le petit écran s'éteignit en un bruit suraigu doublé par le cri du brun qui déséquilibré vacillait en arrière. Il se raccrocha à Tom, l'entraînant avec lui, et le rattrapant de justesse avant qu'ils ne se retrouvent tous deux étalés par terre, le guitariste gloussa. Il resserra sa prise sur lui, et Bill le dévisagea, comme surpris de se retrouver à nouveau dans ses bras.

- Tu ne veux vraiment pas de bisou pour le dernier jour ? le taquina nonchalamment Tom bien qu'il fût un peu déstabilisé par son attitude.

Tom passa une main dans ses cheveux noirs pour l'amadouer, fixant les longues mèches avec amour, et Bill l'observa un instant, cherchant à lire en lui. Il haussa un sourcil, hoquetant.

- Je ne sais pas. Tu ne t'es pas déguisé en Père Noël comme tu me l'avais promis, répliqua-t-il d'un ton boudeur.

Rougissant, Tom allait bégayer un argument quand leurs yeux se rencontrèrent une nouvelle fois, les rendant nerveux. Le blond baissa la tête, hésitant à demander une explication à ce rejet. Peut-être que Bill en avait marre de ces baisers ?

- J'ai fait un effort, geignit-il plaintivement en désignant son bandeau rouge et blanc.

Bill s'esclaffa, le détaillant de haut en bas. Oui, Tom avait fait un petit effort, arborant un immense tee-shirt d'un rouge pimpant se mariant parfaitement à la couleur de son bandeau doublé d'un blanc éclatant. Surprenant légèrement les yeux troublés du guitariste, le brun rit encore doucement. Il se détacha de lui et prit sa main, l'attirant à lui tandis qu'il reculait.

- Bill ? demanda Tom avec surprise.

Souriant de manière espiègle, Bill mit un doigt devant sa bouche pour qu'il reste silencieux, puis il tituba vers les escaliers, tirant son jumeau derrière lui. Tom le suivit, sachant qu'il l'amenait à sa chambre. Celle du guitariste avait été réquisitionnée par leur mère pour leur oncle, leur tante, leur cousine et le bisounours en peluche.

Ils montèrent les escaliers en gloussant en constatant leur tangage, leurs pas peu assurés sous l'alcool et la fatigue. Seuls leurs doigts étaient fermement entrelacés, légèrement moites pour une raison trouble. Dans tous les cas, ce n'était certainement pas dû à la faible chaleur régnant dans la vieille maison qui malgré le grand renfort de chauffage peinait à faire face à la rigueur de l'hiver – la neige n'avait cessé de tomber depuis trois jours.

Mais quand ils arrivèrent en haut de l'escalier, les yeux de Bill quittèrent ceux de Tom pour se poser sur ceux d'une petite fille qui les fixaient depuis l'encadrement de la porte de la chambre de Tom, juste en face de celle de Bill.

Laura tenait toujours avec possessivité son bisounours dans les bras mais son attention était entièrement portée sur eux, comme légèrement intriguée par la démarche plus que chancelante des jeunes adultes qui étaient pratiquement glués l'un à l'autre. Prenant un peu de distance, les jumeaux se lâchèrent immédiatement la main, soudainement dégrisés.

Toujours envieux, Bill fixa avec une petite moue ivre le bisounours, et Tom s'éclaircit la voix.

- Eh ben Laura, qu'est-ce que tu fais là ? demanda le blond en tant que plus sobre des deux.
- Je veux aller aux toilettes, marmonna d'un ton ensommeillé la petite puce.
- Ah, mais après tu retournes te coucher, hein !

Après les avoir fixés suspicieusement une dernière fois, leur cousine acquiesça. Tom lança un regard vers son frère, lui indiquant silencieusement qu'il ne l'attende pas pour aller se coucher. Soupirant de déception à cette interruption, Bill posa la tête en arrière sur le mur en espérant qu'il puisse le maintenir debout encore quelques secondes, puis il pivota, ouvrant la porte de sa chambre et s'engouffrant dans la pièce sombre.

Soupirant à son tour, Tom partit accompagner la petite fille, celle-ci se laissant mener par le blond jusqu'au bout du couloir où se trouvaient les toilettes.

Jouant avec sa peluche en la balançant vers le plafond et en lui faisant faire des pirouettes, Tom attendit patiemment qu'elle en ressorte, récupère son bien, puis il la raccompagna devant la porte de la chambre où dormaient ses parents.

- Voilà, bonne nuit fillette.

Sa cousine pencha la tête pour regarder la porte en face de la sienne, et après un instant d'intense réflexion alors qu'elle luttait de toutes ses forces contre le sommeil pour quelques secondes d'éveil supplémentaires, elle demanda :

- Tu dors avec Bill ?

Tom se gratta la tête, un peu gêné. Après tout, il n'y avait rien de mal à avouer cela. Toute leur famille savait que c'était par manque de place qu'ils faisaient ça. Par contre, il n'était pas nécessaire qu'ils sachent que la chose était encore coutumière chez les jumeaux malgré leur âge.

- Euh, oui, pour ce soir. Pourquoi ?
- Tu es son amoureux ? demanda-t-elle avec innocence.
- Non, rougit Tom en virant de plus en plus écarlate. Bill est mon frère, tu le sais bien. C'est mon jumeau. On ne peut pas être... 'amoureux'.

La petite fille fronça ses petits sourcils en le voyant rosir un peu plus, cherchant à déterminer si son grand cousin essayait de la rouler dans la farine, mais acquiesça tout de même avec une prudente méfiance, puis après lui avoir souhaité un 'bonne nuit' tout aussi soupçonneux, elle rentra dans la chambre avec son bisounours serré contre elle.

Tirant nerveusement sur son tee-shirt couleur rouge Père Noël, Tom eut un rire sourd, peu rassuré, les mots de sa petite cousine résonnant en lui.

Elle n'était peut-être pas si éloignée de la vérité. Bill était en quelque sorte son amoureux qu'il faisait bon l'embrasser et le câliner en ces fêtes de fin d'année, ainsi que son amour de toujours. Il sourit malgré lui, sentant son c½ur se réchauffer.

Tom se retourna, soupirant en faisant face à la chambre de Bill, puis son c½ur battant, il actionna avec précaution la poignée et poussa la porte. Tâtonnant dans le vide, il fit quelques pas à l'intérieur et marcha jusqu'à buter contre le lit.

Après s'être déshabillé en éparpillant à vitesse grand V ses vêtements sur le sol – ceux-ci allant rejoindre les habits de son frère –, ne gardant que son caleçon et ses chaussettes, Tom monta en frissonnant dessus, la chair de poule l'envahissant, et il soupira en sentant les draps. Il était si fatigué, et sa tête était dans les vapes à cause de l'alcool. Or, il allait enfin pouvoir se reposer et dormir dans un lit confortable, pelotonné sous les draps, au milieu de moelleux coussins et surtout, contre le corps douillet de son frère.

- Bill ? souffla-t-il.

Se glissant sous les couvertures, Tom tendit une main hésitante, et il sentit une fine taille dénudée frémir sous son toucher. Le blond passa un bras autour d'elle, laissant sa main la caresser au passage. Au bord du sommeil, Bill grommela plaintivement.

- Tu es glacé !
- Réchauffe-moi alors, claquèrent les dents de Tom, le jeune homme tremblant de froid.

Bill grogna un peu plus mais l'accueillit néanmoins dans ses bras, frottant tendrement la peau nue de ses bras, épaules et dos pour la réchauffer. Il poussa un cri aigu quand Tom se recroquevilla légèrement, glissant une jambe entre les siennes, son pied gelé se calant entre ses mollets.

Tremblotant encore mais à présent confortablement installé, Tom gémit longuement de plaisir, faisant rosir Bill dans le noir.

Curieux, le chanteur gloussant glissa un bras entre eux, ses doigts agrippant Tom à travers son sous-vêtement. Tom couina à cette intrusion et chassa la main baladeuse, serrant les jambes.

- Bill !
- Je vérifiais Tomi, c'est tout, se défendit-il.

Il pencha sa tête, et Tom déglutit en sentant les doux cheveux bruns frôler son menton, puis il fronça les sourcils.

- Tu vérifiais quoi exactement ?
- Si tu ne bandais pas, répondit Bill d'une voix grisée comme s'il s'agissait d'une évidence.
- Comme si tu avais besoin de le vérifier, grelotta Tom d'un ton faussement scandalisé. Il ne manquerait plus que mon adorable petite s½ur me fasse bander.

Bill rejeta ses cheveux en arrière, et ses lèvres effleurèrent son cou jusqu'à remonter sur sa joue tandis que sa main caressait la hanche de son jumeau.

- Ha ha ha, feignit-il de rire contre sa peau.

Tom ricana, tremblant encore un peu dans ses bras, et il expira longuement, fermant les yeux en sentant Bill souffler lentement un air agréablement chaud contre son cou. Un frisson étrange l'envahit quand des lèvres goulues y déposèrent un baiser mouillé, le charme seulement rompu par un nouveau murmure de son frère.

- Elle était toute rabougrie.
- C'est juste parce que j'ai froid, s'insurgea Tom avant de rajouter entre ses dents claquantes, et c'est toujours mieux que de ne pas en avoir du tout !

Fronçant les sourcils, Bill donna une petite tape sur la fesse du jeune homme en l'entendant ricaner de plus belle, et Tom émit un 'aïe' douloureux. Reculant légèrement, le chanteur ne lui en tint cependant pas plus longtemps rigueur et les mettant face à face, il frotta affectueusement son nez au sien.

- J'ai un autre moyen pour te réchauffer encore plus vite.
- Lequel ? demanda prudemment Tom.

Dodelinant légèrement, Bill pencha sa tête sur le côté, ses lèvres effleurant les siennes de leur souffle.

- Laisse-moi faire, je vais te montrer, murmura-t-il.

Tom sentit la chaleur l'envahir, et il étouffa un rire gêné en sentant Bill entourer son bassin d'une jambe, les rapprochant toujours plus près.

Le jeune homme frôla encore sa bouche, puis sa langue vint timidement laper la commissure de ses lèvres, cherchant à les entrouvrir. Alors lentement, Tom se laissa faire, déposant ses lèvres humides presque tremblantes sur les siennes. Il les laissa s'apprivoiser de petits bisous, puis la langue de Bill alla entamer un doux ballet avec la sienne, s'accordant parfaitement et langoureusement autour de l'autre, le chanteur étant décidément plus doué en matière de baisers qu'en danse classique.

Approfondissant l'exploration de sa bouche avec ardeur, Bill gémit et Tom se retint de faire de même en sentant sa main manucurée glisser sous l'élastique de son caleçon, titillant sensuellement l'os de sa hanche.

Le blond leva une main, venant toucher avec délicatesse la mâchoire du jeune homme, et il commença à la malaxer, accompagnant leur baiser un moment avant d'infiltrer ses doigts dans la longue et douce chevelure de son frère. Il tira de manière infime dessus, s'attirant un gémissement de plaisir de Bill à cette tension, et leur baiser se ralentit, se goûtant comme s'ils avaient l'éternité devant eux.

Tout occupé à répondre au doux appel de ses lèvres, Tom finit néanmoins par reprendre le dessus, renversant entièrement le brun d'un mouvement rapide, approfondissant à nouveau le baiser de rapides coups de langues. Continuant à toucher ses longues mèches brunes, il écrasait gentiment le brun, s'attirant de doux gémissements étouffés de cette si jolie et délicieuse bouche, un peu plaintifs mais contents de cette prison de chair qui le retenait captif.

Tentant de reprendre un temps soit peu sa respiration, Bill s'arqua contre lui, agrippant la taie d'oreiller de ses mains. Il tordit le tissu du bout de ses doigts avant de les reposer sur le bas de son dos, les faisant lentement glisser jusqu'à agripper à ses dreadlocks, les caressant tout aussi lentement qu'il ondulait sous lui, tout aussi tendrement qu'il l'embrassait. Sous eux, le lit couinait, se plaignant du poids conjugué de leurs corps qui se frottaient sensuellement, se mouvant gracieusement l'un contre l'autre.

Le baiser s'acheva au bout d'un long moment, Tom caressant encore ses cheveux alors qu'il déposait quelques derniers baisers sur le cou brûlant de Bill, sentant son pouls rapide et sa respiration haletante. Ils étaient tous les deux tremblants, en voulant plus, mais n'osant le demander.

- Ça a fonctionné, susurra Tom en souriant coquinement contre sa peau. Je suis chaud bouillant.

Serrant toujours le bassin de Tom entre ses cuisses, Bill pencha la tête en arrière, l'enfonçant encore plus dans l'oreiller. Il se mordilla la lèvre inférieure, ravivant dans son esprit le baiser qu'ils venaient d'échanger.

- J'espère bien.

Ils étaient plongés dans le noir. Pourtant, sa tête tournait à vive allure et Bill ne pensait pas que ça avait un quelconque rapport avec le champagne qu'il avait ingurgité. Préférant malaxer la nuque de son jumeau qui lui suçotait la gorge, il ignora la sensation brûlante dans leurs bas-ventres et leurs membres à moitié tendus dans leurs sous-vêtements, excités par la tension physique et émotionnelle qui n'avait cessée de grimper entre les deux jeunes hommes. Le chanteur murmura d'une voix rauque :

- Noël est une illusion étrange.
- Une illusion ? marmonna Tom contre sa peau, à moitié intéressé seulement.

L'esprit enivré de Bill réfléchit un instant avant de reprendre avec une respiration plus calme.

- La sensation de se sentir aimé, même si ce n'est que pour un temps. Les familles se réunissent, font semblant de s'apprécier et de passer un bon moment ensemble. On essaie de se faire plaisir les uns les autres, parce qu'on s'aime bien au fond. Mais est-ce qu'on ne fait pas seulement ces cadeaux par obligation ? Est-ce qu'on s'aime réellement ?

Ses baisers ralentissant sur sa peau, redevenant sensuels, Tom chuchota :

- Moi je t'aime.
- Je sais, souffla-t-il en souriant dans le noir. Au point de m'offrir des baisers en cadeau de Noël pour que j'aie l'illusion d'être aimé.

Tom attrapa une de ses mains qui caressaient toujours doucement son dos, et il en embrassa la peau.

- Ça serait une illusion si je l'avais fait par obligation, si je n'avais pas eu envie de t'embrasser... si je n'avais pas encore envie de le faire. Or, ce n'est pas le cas.

Bill écarquilla les yeux dans le noir, surpris, et Tom baissa la tête, étouffant un rire embarrassé en capturant avidement un téton entre ses lèvres. Trop étonné pour réagir, son jumeau le laissa faire cette fois-là, son souffle se coupant.

Ses lèvres errèrent ensuite sur son torse, et haletant, Bill se redressa malgré lui, nerveux. Il tâtonna d'une main en quête de l'interrupteur de la lampe de chevet, et alors que, ses paupières à moitié closes, il sentit Tom embrasser goulûment son menton, l'ampoule éclaira soudainement la pièce d'une lumière jaune, faisant briller doucement ses yeux dans la pénombre.

Les pupilles de Bill s'écarquillèrent à la brusque luminosité, celle-ci les les dégrisant, et reculant légèrement, Tom ouvrit difficilement des yeux gonflés et interrogateurs, n'osant imaginer la sale tête qu'il devait avoir devant son magnifique jumeau. Ils se fixèrent, Bill cherchant intensément une explication dans son regard, toujours à bout de souffle et le c½ur battant.

- Vraiment ?

Embarrassé, Tom hésita, mais finit par bégayer, ses iris fuyants :

- Vraiment. Enfin... si je peux... je veux dire..., si tu veux...

Bill ne répondit pas, mais il leva la tête, présentant son joli petit nez à la vue de son frère. Tom suivit son regard. Il lui fallut quelques secondes pour comprendre.

- Oh...

Au-dessus d'eux, se trouvait une branche de gui. Tom ne put s'empêcher de glousser légèrement. Un peu honteux, Bill murmura enfin :

- J'en ai piqué une branche à maman quand elle avait le dos tourné, au cas où, s'expliqua-t-il d'un air penaud en mordillant sa lèvre inférieure. Alors si toi tu le veux vraiment aussi... C'est toujours le jour de Noël après tout, rougit-il avant le regarder d'yeux suppliants. J'ai bien droit à un dernier cadeau, non ?

Tom rit doucement une fois de plus à sa petite moue, puis éteignant la lampe, il susurra quelques derniers mots en haussant les sourcils, retrouvant toute son assurance.

- Je ne sais pas, est-ce que tu as vraiment été sage cette année ?

Bill ronchonna un 'autant que toi j'imagine', et les recouvrant des draps pour étouffer son rire, les lèvres de Tom fondirent sur les siennes, lui ronronnant un 'joyeux Noël'. Le brun sourit, répondant câlinement à son tendre baiser.

Si Noël n'était qu'une illusion éphémère, la sensation était douce.

Aussi douce qu'un baiser, aussi douce qu'un cadeau pensé avec le c½ur.

Tandis que leurs corps à moitié nus se mouvaient ensemble, Bill murmura entre deux baisers, souriant :

- Joyeux Noël, Tomi.

***

Le matin.

Quelques heures après cette très courte nuit, la famille Kaulitz prenait son petit-déjeuner autour de la petite table familiale, émergeant peu à peu parmi les bavardages incessants de Simone et de sa s½ur alors que les hommes de la maison grognaient des monosyllabes entre deux gorgées de café et d'énormes bouchées de petits pains à l'abricot, piquant de temps à autre un chocolat délaissé dans une pauvre petite boîte la veille au soir pour l'engloutir sans pitié.

Dehors, la neige tombait encore.

Se lançant de temps à autre de petits regards et sourires, Bill et Tom mâchonnaient en silence et de manière quasi-synchrone de bons petits toasts trempés dans leur café quand une petite voix s'éleva subitement au-dessus de son chocolat au lait. Depuis qu'elle s'était levée, amenant son bisounours avec elle pour le poser à côté de sa chaise pendant qu'elle remplissait son estomac affamé, Laura n'avait cessé de repenser à l'attitude pour le moins étrange de ses cousins.

- Tu sais hier, je m'as trompée, déclara-t-elle à Tom.
- On dit je me suis trompée, la corrigea sa maman. Tu t'es trompée sur quoi, ma chérie ?
- Tom et Bill ne sont pas que des frères, affirma-t-elle en se tournant vers elle, expliquant fièrement la conclusion de ses longues réflexions de petite fille intelligente.

Les jumeaux se figèrent à ces mots, en oubliant simultanément leurs toasts dans leurs cafés.

- Ah ? Comment ça ? s'enquit innocemment Simone en sirotant son thé, amusée par ce que la petite fille pourrait bien leur raconter.

Les deux frères déglutirent quand Laura se lança, sûre d'elle.

- Tom est en fait le bisounours de Bill.

Les yeux de tous s'écarquillèrent, et ils éclatèrent de rire sous l'expression sérieuse de la petite fille. Bill frappa dans ses mains, roucoulant un rire clair, et Tom rougit à côté, ne pouvant s'empêcher de sourire à pleines dents.

- Comment ça ?
- Ben, comme Bill pouvait pas avoir mon bisounours pour lui faire des bisous et le prendre dans ses bras avant de s'endormir, continua-t-elle imperturbablement et implacablement en montrant sa peluche du doigt, il a dû prendre Tom avec lui pour dormir. C'était son cadeau de Noël !

Les adultes présents rigolèrent encore un bon coup, puis s'engagèrent avec animation entre eux dans une conversation sur l'imagination sans bornes des enfants, ne les écoutant déjà plus. Néanmoins, Bill la félicita en gloussant :

- Tu as tout compris. Tom est mon bisounours, pas vrai Tomi ?

Il lança un regard malicieux vers son frère qui rougissait comme une petite pivoine au bout de la table, et le guitariste choisit de répondre plutôt à la petite fille, faisant mine de lui chuchoter en coin.

- Je crois que c'était plutôt lui, mon cadeau de Noël, mais chut, ne lui dis pas, il serait vexé.
- Ben en fait, vous êtes tous les deux le cadeau de l'autre, non ? réalisa-t-elle, fière de sa déduction.

Tom répondit un petit 'oui', ébouriffant les cheveux de la petite fille qui chassa vivement sa main de ses petits bras, et Bill baissa la tête en rougissant en sentant le pied de Tom effleurer le sien sous la table, le tissu de leurs chaussettes se frottant. Bill se raidit légèrement et toussota en fixant la table soudainement devenue très intéressante avant de sourire en coin à sa petite cousine, se mordillant le bout de l'ongle.

- Alors Laura, tu me prêtes quand même un peu ton bisounours aujourd'hui ?

Tom fronça les sourcils, feignant d'être outré pour entrer dans le jeu de la petite fille.

- Parce que tu n'en as pas assez avec moi ?

Laura éclata d'un rire clair, prenant néanmoins son bisounours sur les genoux par précaution, et Bill prit un chocolat dans une boîte. Il en croqua un bout de ses jolies dents.

- On a jamais assez de bisounours dans sa vie..., ni de bisous, termina-t-il plus bas.

Tom cligna des yeux, et avant qu'il ait pu réagir et avoir le bon sens de rougir, Bill se levait en trombe, faisant le tour de la table en un éclair pour essayer de prendre la peluche de la petite fille.

Celle-ci s'enfuit avec la petite boule rose dans la maison en poussant un cri strident suivi de joyeux éclats de rire alors que son cousin la poursuivait, les deux filant comme des gazelles sous les yeux éberlués de Tom.

S'esclaffant, il reprit le chocolat grignoté par Bill et l'engouffra d'une bouchée, le mâchonnant et se léchant les lèvres. Cela n'en rendrait leur futur baiser que plus savoureux.

Laissant là son petit-déjeuner, il se leva également, s'excusant rapidement de table pour leur courir après, ignorant le faux soupir d'exaspération de Simone sur les enfants et grands enfants qui ne changeraient jamais.

***

Epilogue

Le 1er janvier 2009, s'isolant dans une petite pièce discrète en s'éclipsant de la vue de leurs famille et amis peu avant minuit, Bill offrait à son bisounours en cadeau du nouvel an un long, doux et tendre baiser aux douze coups de minuit.

Fin.

Donnez une note à cet OS : * ** *** **** *****

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Comments :

  • oO-BabyDollsEspana-Oo

    06/12/2010

    Cette deuxième partie est aussi bien que la première :D.
    J'ai adoré, surtout l'attitude de Bill ^^
    Trop mignon leurs petits bisous :)
    Ce serait super comme cadeau de Noël de les voir se faire des bisous *.*
    Enfin pour moi ^^

    Bisouuus

  • 26JUIN1992

    28/05/2009

    C'était magnifique <3

  • sanggreen

    16/03/2009

    Merci! :')

  • Soooo-Cute

    16/03/2009

    Alors là, OS juste magnifique. La tendresse & la douceur entre les deux jumeaux est sublime !
    J'espère que nous aurons rapidement d'autres OS de ce genre <3'.

  • sanggreen

    12/03/2009

    De rien! =)
    Bisous et câlin! ^o^
    <333333

  • Kaulitzcest

    12/03/2009

    Ouais, désolée, j'ai pas pu m'empêcher de voter, j'adore cet OS, il est très doux, d'une incroyable tendresse, j'aime beaucoup le rapport qu'il y a entre les jumeaux, cette histoire te ressemble beaucoup, personne ne sait faire la douceur comme toi tu la fais, c'est génial de lire un écrit de ce genre, ça fait beaucoup de bien. Merci.

  • yaoi-bill-tom-rine06

    24/02/2009

    Super cet OS j'ai beaucoup aimé l'idée et comment tu l'as écris !!
    Kiss

  • x-d0li-prane-x

    15/02/2009

    Me revoilà ici, après avoir passé un bon petit bout de temps sur L-inattendue-2009 (cette fic, bon sang, cette fic... <3).
    Cet OS est sublime Sanggreen ! J'en suis complètement gaga *-*
    J'aime l'ambiguïté mystérieuse qui s'installe entre eux, et tout ça mélangé avec une bonne dose de guimauve "made in Bisounours"; ça fait tellement de bien de lire toute cette douceur, cet amour, et cette petite touche de sensualité qui parsème le tout.
    T'ai-je déjà dis que j'étais fan de ta personne? ;)
    Un grand bravo. Sincèrement.

  • Zazounette-8-bubulle-83

    11/02/2009

    J'avais presque oublier que t'était la miss bisounours du fow par exellence x)
    Cette fic est vraiment trop mignonne,je risuqe de ne jamais m'en remettre xD

    mouarf X3

    Moi qui croyait que t'avais arrêtter d'écrire ._.

    *s'auto-baffe comme punition*

    tchuuuuss ^3^

  • crazy-about-Kaulitz

    02/02/2009

    c'était beau =)

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