Stupeur et tremblements (6/6, partie 2/2)

Tom s'immobilisa, ses yeux écarquillés, et se laissa faire sous la surprise quand Bill glissa un bras autour de lui et un autre autour de son cou, emprisonnant ses dreadlocks avec. Par automatisme, Tom posa ses mains sur la taille du chanteur, frémissant et rosissant au contact de sa peau nue après tout ce qu'ils venaient de se dire.

Après ce qu'il venait de lui dire.

À ce souvenir récent qui lui paraissait si irréel, Tom sentit ses joues brûler les quelques traces de larmes restantes et son c½ur s'accéléra quand Bill commença à le bercer. Et lorsque les lèvres du brun touchèrent sa joue, les mots de celui-ci lui revinrent en mémoire.

Lui montrer ?

Lentement, les lèvres de Bill déposèrent de tendres baisers errant de plus en plus près de sa bouche, et Tom retint sa respiration, ses yeux mi-clos quand Bill chuchota timidement, effleurant le coin de sa bouche avant de reculer de quelques centimètres.

- Je peux t'embrasser ?

Tom le fixa pendant un petit moment, cherchant à lire ses pensées, puis il lui répondit avec hésitation et espoir, intrigué par son attitude.

- Seulement si tu le veux vraiment.

Bill sourit et ses mains vinrent se reposer sur les joues du blond, les caressant de ses pouces.

- Bien.

Leurs yeux fixés sur l'autre, ils commencèrent à se rapprocher l'un de l'autre, penchant légèrement la tête vers la droite tout deux et guettant les réactions de l'autre.

Contrairement à leur premier baiser, ce ne fut qu'après de longues secondes d'effleurement que leurs lèvres entrouvertes se rencontrèrent, se caressant expérimentalement et s'embrassant lentement de petits bisous humides. Tom trembla et se rapprocha pour rechercher désespérément plus de contact, et les mains de Bill délaissèrent ses joues pour le prendre dans ses bras.

Leurs lèvres toujours collées à celles de l'autre, ils approfondirent leur échange, leurs langues se caressant langoureusement, et Bill gémit quand Tom osa laisser ses mains s'aventurer sur sa taille, glissant le long de ses côtes avec douceur.

Bill le laissa faire un moment, puis glissa ses mains sous le tee-shirt extra large de Tom pour toucher directement sa peau. Le souffle du blond s'accéléra contre sa joue et bientôt n'y tenant plus, Bill détacha soudainement leurs bouches.

Rouvrant ses yeux, Tom le regarda fébrilement, ses lèvres rougies toujours entrouvertes. Ses yeux drogués par leur baiser semblaient soudainement inquiets. Bill sourit. En un quart de tour, il avait agrippé le bas du tee-shirt de son frère et l'avait tiré vers le haut pour lui enlever, Tom suivant machinalement ses gestes et s'y pliant volontiers.

À demi-nu, il observa cependant avec surprise son frère, juste avant que les lèvres de Bill ne retouchent avidement les siennes, si vite que Tom recula légèrement, les déséquilibrant tous deux. Ils se retrouvèrent allongés sur le lit, Bill entre les cuisses du blond, ses bras le maintenant juste au-dessus de son jumeau. Il était parvenu à garder leurs lèvres connectées lors de leur chute, mais c'était à présent Tom qui luttait pour se libérer de leur emprise.

Quand il y parvint, détournant la tête, son souffle court se fit entendre dans le calme de la pièce et il aurait pu jurer que quiconque autour aurait pu entendre son c½ur battre comme un fou dans sa poitrine. Contre la hanche de Bill qui frottait son entrejambe, il pouvait sentir son excitation fièrement dressée, mourrant de honte en se demandant anxieusement si Bill s'en était aperçu.

S'il l'avait remarqué, son frère ne semblait pas trop s'en préoccuper, s'affairant à mordiller la peau de son cou et frottant leurs torses ensemble. S'agrippant à son dos, yeux fermés, Tom haleta, oubliant pour un temps son embarras. De toutes façons, il n'avait pas la moindre envie de repousser son frère. Ce dernier lui caressait à présent délicieusement les hanches et sa bouche déposait des baisers mouillés sur son torse, descendant jusqu'à son ventre. C'était trop bon pour être vrai.

Mais quand Bill se releva un peu, sa main glissant sur son jeans, juste au-dessus de son membre gonflé et effleurant involontairement celui-ci, Tom hoqueta.

En moins d'une seconde, il avait reculé et tendu la main avec panique vers l'interrupteur pour éteindre la lumière.

L'instant d'après, ils étaient plongés dans le noir complet. Ils écoutèrent pendant quelques secondes le bruit du moteur du véhicule et observèrent le léger balancement de la route dans l'espace confiné, restant parfaitement immobiles.

Tom se redressa légèrement, prenant appui sur ses bras. Bill se trouvait toujours assis de côté sur ses genoux entre les cuisses du blond, et le chanteur finit par rire doucement. Il agrippa en passant un bras dessous le genou que Tom venait de replier et il appuya son visage contre pendant un moment, regardant en souriant avec amusement dans la direction de son frère, même s'il ne pouvait pas le voir.

Tom bégaya.

- On devrait arrêter.
- Tomi, je sais très bien que tu bandes.
- Et toi, non.
- Qu'est-ce que tu en sais ?
- Tu n'as pas envie de faire ça.
- J'ai l'air de me forcer ?

Tom se mordit la lèvre intérieure, réfléchissant à sa question, puis il tenta sa dernière carte.

- On n'a pas le droit, on est frères.
- Si tu savais à quel point je m'en fous, Tom.

Ledit Tom resta silencieux. Bill eut encore un petit rire doux et amusé qu'il étouffa contre le jeans de son jumeau, son nez contre le genou de celui-ci, respirant l'odeur de son frère sur ses vêtements tandis qu'il caressait sa jambe. Puis il le lâcha, semblant chercher quelque chose à tâtons sur le lit, et le silence se fit. Tom entendit un bruit de bouchon qu'on dévissait et revissait, et l'instant d'après, il sentait Bill se rapprocher à nouveau de lui, avançant à genoux entre ses jambes.

Se crispant, Tom tenta de se redresser un peu plus, mais il se stoppa net à mi-chemin en sentant deux mains huileuses se poser sur son torse et entamer de lents mouvements de massage. Une plus qu'agréable odeur de musc envahit l'air, et Tom rougit dans la pénombre. Bill était vraiment doué avec ses doigts. Toute volonté de le repousser le quitta, et il sursauta presque quand le brun lui parla, sa voix douce et apaisante.

- Tu crois vraiment que je pourrais jouer avec tes sentiments comme ça ? La seule raison pour laquelle je ne t'ai rien dit avant, c'est que je voulais que tu te confies à moi.

Ses mains ralentirent alors qu'elles atteignaient le ventre de Tom, et ce dernier frissonna quand Bill poursuivit. On pouvait deviner qu'il tremblait un peu.

- J'ai peut-être joué au con, mais qu'est-ce qui se serait passé si je ne t'avais pas vu ?

Il continua à tracer de petits cercles sur sa peau, et il changea de sujet.

- Tu sais Tom, je ne suis même pas désolé de t'avoir surpris à te toucher à ton insu. Je ne dis pas que je n'ai pas été choqué sur le coup, mais maintenant, je regrette juste de ne pas être intervenu pour t'aider.

Ses doigts effleurèrent joueusement son nombril et glissèrent sur sa peau jusqu'à toucher sa ceinture, et Tom se tendit quand ils commencèrent à la défaire, attentif au moindre de ses mots et de ses gestes, même s'il ne voyait pas ces derniers. Cela n'empêchait pas son membre de réagir au quart de tour. Bill poursuivit.

- Au final, si tu ne t'étais pas trahi, on se serait juste éloignés l'un de l'autre, comme deux cons.

Ayant ouvert la boucle, Bill tira doucement sur la ceinture ouverte, la faisant glisser telle un serpent tout autour de la taille du blond. Quand il l'eut retirée, il leva la main au-dessus du petit couloir entre les deux couchettes et il la laissa tomber, venant rejoindre en un bruit sourd le tee-shirt de Tom qui avait glissé à terre. Il tira ensuite sur son pantalon, Tom ne faisant aucun geste pour l'en empêcher, et bientôt, le blond se retrouva en sous-vêtements.

Cherchant les mains de Tom des siennes, Bill changea encore de sujet comme si de rien n'était, gardant la même douce voix.

- Tu voulais savoir si je bandais, vérifie toi-même.

Les ayant trouvées, il les posa sur sa propre ceinture. Pour la première fois de la soirée, Tom n'hésita pas, bien que ses mains fussent tremblantes quand il commença à trafiquer lentement la boucle récalcitrante. Il chercha en bégayant une explication aux mots de son frère.

- Comme 'deux cons' ?

Sentant qu'il galérait pour l'ouvrir, Bill posa ses mains par-dessus les siennes, guidant ses doigts avec délicatesse et sentant le souffle de Tom sur les siens. Bill frémit.

- Comment t'appelles deux mecs amoureux et ayant envie l'un de l'autre qui s'évitent, toi ?

La boucle céda et Tom lui enleva sa ceinture avant d'aider Bill à enlever son jeans, effleurant ses fines jambes des siennes, leurs peaux se caressant. Puis à travers le tissu de son boxer, la main de Tom se posa à tâtons sur la bosse proéminente. Se redressant un peu plus, le blond passa un bras autour de la taille du brun, et il appuya sa tête contre son torse alors que Bill entourait son cou de ses bras. Ils restèrent un moment sans rien dire, puis Tom murmura enfin une réponse, pensif.

- Deux frères.

Bill eut un petit rire et s'assit sur ses genoux, se retrouvant nez à nez avec Tom. Lui souriant dans le noir, il s'accrocha un peu plus à son cou et Tom resserra son emprise autour du frêle corps contre lui. Il pouvait sentir leurs visages se frôler quand Bill susurra enfin, lui répondant à contrecoup.

- Je t'aime aussi, Tom.

Cette fois-ci, Tom ne contesta pas, se mordant seulement les lèvres pour que cette fichue flotte d'origine obscure ne revienne pas dans ses yeux.

- T'es con.
- Toi aussi.

Ils éclatèrent de rire tous les deux, puis leurs lèvres se frôlèrent un moment, se cherchant et se titillant avant de rejoindre pour s'embrasser fiévreusement. Le baiser s'enflamma vite et bientôt ils se caressaient comme s'il n'y avait pas de lendemain, leurs mains parcourant fervemment le corps de l'autre.

Leurs sous-vêtements avaient été éjectés du passage par quelques gestes impatients, glissant sans difficulté le long de leurs fines jambes avant de choir au sol avec le reste de leurs vêtements, et ils s'étaient glissés en quelques secondes dans le lit, se câlinant un long moment tendrement sous les draps qui leur chatouillaient la peau.

Sous le brun, Tom gémit. Le plaisir qu'il ressentait à l'embrasement de leurs corps qui se frottaient l'un contre l'autre était à peine supportable. De plus, la chaleur sous les draps grandissait de plus en plus dans l'espace clos, et leur enveloppe protectrice semblait les rendre plus audacieux.

Dans le noir, tout n'était que sensations et sentiments, leurs corps et leurs gémissements se confondant.

Et quand Bill grogna timidement à son oreille entre deux baisers, Tom crut que son bas-ventre allait imploser.

- Tomi, tu étais sérieux tout à l'heure ?
- À quel sujet ?

Leurs membres se frôlèrent et ils gémirent à nouveau ensemble avant de s'embrasser longuement. Et quand Bill susurra à nouveau suavement contre son oreille, se mouvant sensuellement contre lui, Tom manqua de défaillir. Bien que peu assurée, la voix du brun était emplie d'un désir évident.

- Je veux faire l'amour avec toi, maintenant.

Il posa une main sur la joue de Tom et l'embrassa avec force et tendresse tout en continuant à se frotter contre lui. Leurs membres douloureusement tendus se frictionnaient divinement l'un contre l'autre et Tom gémit une nouvelle de fois de plaisir, tout en comprenant enfin ce qui clochait.

Depuis tout à l'heure, c'était Bill qui bougeait contre lui, entre ses jambes écartées, et Tom était clairement en position de dominé. Ce qui était bizarre, c'était que cette situation était terriblement excitante et tendre à la fois. Le contact de leurs peaux douces, chaudes et huileuses était enivrant, et Tom en voulait plus lui aussi. Après tout, ils n'avaient que trop attendu à se tourner autour. Et puis...

Il voulait que Bill lui prouve enfin ce que Tom avait eu du mal à admettre.

Pourtant c'était vrai.

Bill l'aimait. Il l'aimait réellement.

Sentant les papillons virevolter dans son ventre, Tom agrippa le bras de Bill, obligeant celui-ci à s'immobiliser. Se redressant un peu, il repoussa les draps sous lesquels ils étaient et tâtonna fébrilement sur le dessus de lit à la recherche de la petite bouteille d'huile tandis que Bill attaquait son torse de bisous, l'air plus frais bien que tout aussi lourd de la pièce leur donnant à tous deux la chair de poule.

Tom poussa un petit cri aigu quand sa main se referma sur le flacon en même temps que les lèvres et la langue de son frère se mirent à martyriser un de ses tétons, les cheveux du brun lui chatouillant la peau, et Tom gloussa, essayant faiblement de le repousser, en vain.

Se rallongeant un peu sur le lit, il les recouvrit à nouveau avec les draps et gloussant encore, le laissa alors faire à sa guise. La sueur commençant déjà à perler sur le front du blond, Tom en profita pour ouvrir en tremblant la fiole, versant maladroitement de l'huile dans une de ses paumes, quelques gouttes tombant directement sur les draps.

Sentant l'odeur connue, Bill releva la tête, délaissant le petit mamelon rougi et arborant une expression de curiosité que Tom devina sans mal malgré l'obscurité totale qui régnait.

- Qu'est-ce que tu fais avec ça ?
- Je termine le massage que je te dois. Tu ne voudrais pas que je bâcle mon gage, si ?
- C'est pas grave, j'avais l'intention de t'en redonner un plus tard.
- Tortionnaire esclavagiste.
- Comme si tu ne m'aimais pas comme ça.

Ils gloussèrent et Tom l'embrassa, un sourire nerveux aux lèvres. Sa main disparut lentement entre eux et il sourit un peu plus en sentant Bill hoqueter de surprise dans sa bouche quand ses doigts s'enroulèrent autour de son membre durci pour l'enduire consciencieusement du liquide lubrifiant.

Bill haleta spasmodiquement contre ses lèvres, gémissant à la caresse brûlante alors que Tom engouffrait son autre main dans les cheveux du brun, malaxant tendrement son cuir chevelu. Puis soudainement, il lâcha son membre et se mit à embrasser et mordiller nerveusement l'épaule de Bill, le serrant contre lui. Il déglutit finalement, entièrement rouge pivoine.

- Fais-le.

Bill tourna avec étonnement la tête vers lui, son nez venant frotter contre les cheveux et le bandeau que Tom portait encore. Incrédule, il demanda.

- Moi ?

Tom couina d'impatience, rougissant un peu plus, si c'était possible. Si Bill continuait son interrogatoire innocent mais ô combien embarrassant pour sa fierté, le blond allait littéralement mourir de honte.

- Oui, toi, qui d'autre ?

Bill cligna des yeux, sa bouche ouverte d'étonnement dans le noir. Il n'avait jamais imaginé leur première fois, sa première fois ainsi. C'était presque trop beau pour être vrai.

- Mais... tu en es sûr ?

Quelques secondes de silence passèrent, et Tom souffla, soudainement très sérieux.

- Entièrement sûr.

Malgré sa réponse d'un ton assuré et posé, son frère semblait très crispé et angoissé contre lui, le jeune homme s'étant soudainement raidi par anticipation. Pourtant Bill n'hésita plus en l'entendant, sa propre envie de leur donner à tous deux plaisir et tendresse surpassant de loin ses craintes et sa nervosité.

Une pensée traversa néanmoins son esprit, et il gloussa contre son cou. Sentant Tom l'interroger silencieusement, il l'embrassa câlinement, l'enserrant dans ses bras, et plaisanta.

- Putain, Tom. Tu mets dix plombes pour me dire que tu m'aimes et même pas dix minutes pour te donner à moi ? Tu veux ma mort ou quoi ?

Il devina le rougissement sur les joues de Tom, mais il fut étonné de ses paroles qui mirent quelques secondes à arriver, doucement prononcées contre son oreille, les lèvres du guitariste caressant les méandres de son pavillon.

- J'ai juste besoin de toi. Besoin de sentir que tu m'aimes.

Il marqua une pause, et reprit, sa voix tremblant un peu à présent.

- J'ai besoin de te sentir. En moi.

Bill sentit les doigts de Tom glisser très lentement le long de son bras, caressant l'intérieur de son coude, et les frissons l'envahirent. Tom tourna un peu plus la tête vers lui, anxieux, et leurs nez se touchèrent. Bill se sentit fondre et se redressant légèrement, il surplomba le jeune homme, leurs bouches s'effleurant.

- Oh mon dieu, Tom.

Leurs langues se touchèrent et léchèrent leurs lèvres, et le baiser s'approfondit, Bill cherchant à le rassurer avec le plus de tendresse possible.

Tom écarta un peu plus ses jambes entre lesquelles Bill était resté depuis de longues minutes déjà, et se collant un peu plus à lui, le brun se dirigea en tâtonnant jusqu'à venir cogner doucement et à plusieurs reprises de manière imprécise contre son intimité, l'extrémité de son membre glissant malgré lui contre l'orifice sans jamais parvenir à le pénétrer.

Ils transpiraient de plus en plus, et leur baiser devenait maladroit, quand Bill parvint enfin à commencer à s'introduire en lui. Leurs souffles se coupèrent simultanément, et le brun se mordit les lèvres quand ses mains prirent appui sur les hanches de Tom pour pousser.

Son frère se crispa, grimaçant, et Bill interrompit sa progression.

- Shhh, Tom, Tomi.

Dans son angoisse, Tom avait resserré ses cuisses sur sa taille, et ses doigts lui griffaient presque le dos. Bill souffla nerveusement contre son cou après l'avoir embrassé, ses yeux fermés, et quand Tom eut inspiré et expiré quelques fois, il le pénétra totalement et avec un peu plus de facilité, le blond s'étant un peu détendu au fur et à mesure.

Tremblant sous l'émotion, Bill embrassa à nouveau son cou, n'osant pas encore bouger pour ne pas lui faire mal.

- Mon Dieu, Tom, tu es brûlant.

En effet, Bill ressentait de la chaleur dans tous les sens du terme. Elle était omniprésente. Dans l'air, sur son épiderme, à l'intérieur de Tom, sur sa peau. Le c½ur de Bill lui aussi s'était embrasé d'un feu ardent étrangement similaire à celui qui irradiait de la poitrine de son frère.

Yeux fermés et souffle court, Tom lui répliqua dans une vaine tentative de plaisanter pour se détendre et chasser la douleur.

- Je ne dirai plus que tu en as une petite, juré.

Bill eut un petit rire et il l'embrassa sur la bouche, jusqu'à ce que Tom parvienne à se concentrer sur ses lèvres plutôt que sur la douleur, et après quelques câlins et bisous échangés, les deux jeunes hommes se caressant tendrement, le blond lui murmura avec hésitation.

- Tu peux bouger, mais doucement.

Bill ne se le fit pas redire deux fois, et se retira avec concentration, un tout petit peu, avant de se renfoncer, le passage se faisant difficilement. La sensation d'étroitesse pour lui était divine mais il devinait bien que c'était encore loin d'être le cas pour Tom, et il continua donc à faire de lents va-et-vient de faible amplitude.

Bientôt, Tom se détendit un peu, même si contre sa bouche, Bill le sentit se mordre encore la lèvre inférieure. Il s'inquiéta.

- Tomi ?
- Continue.
- Tu as mal ?
- Un peu. Mais c'est bon aussi.

Bill accéléra légèrement ses mouvements à ces mots, et Tom gémit, entre plaisir et douleur, leur mélange indissociable, et s'agrippa un peu plus fort au brun pour qu'il continue sa douce torture, emprisonnant même son bassin avec ses jambes.

Le brun savait très bien qu'ils n'allaient pas tenir longtemps vu leur état d'excitation. Tom était si dur contre son ventre. Les va-et-vient de Bill étaient devenus faciles et avec une ultime précaution, il accéléra encore, voyant plein de petites étoiles derrière ses paupières. Mais quand Tom poussa un cri surpris, se tendant sous lui, il s'immobilisa sur-le-champ, alarmé.

- Désolé !

Tom haleta prestement, couinant de frustration à son arrêt.

- Recommence.
- ... Pardon ?
- Ne m'oblige pas à te le redemander.

Bill eut un petit rire au ton embarrassé de son jumeau, et il s'exécuta. Tom soupira de plaisir et gémit quand le brun toucha à nouveau un endroit bien précis, s'y frottant délicieusement. Le blond écarta un peu plus les jambes pour lui donner un meilleur accès et l'encouragea à continuer en lui caressant le dos. Bill haleta lourdement, poussant de petits cris. Il sentait le plaisir le submerger peu à peu en voyant Tom en prendre tout autant, et il plongea avec encore plus de vigueur dans le corps offert de son jumeau.

Bientôt, c'étaient tous deux qui gémissaient, s'embrassant éperdument alors que leurs corps enlacés se désunissaient pour mieux s'unir avec l'impétuosité effrontée et effrénée de leur passion amoureuse jusqu'à ce que quelques mots répétés telle une litanie ne les libèrent en un cri à l'unisson, leur plaisir répandant dans leur corps et sur leur chair la semence identique de leur essence commune.

Ils s'immobilisèrent, tremblants et recouverts de sueur. Bill était encastré au plus profond de son jumeau, déversant ses dernières gouttes de jouissance à l'intérieur de lui alors que Tom l'enserrait avec possessivité, et le brun se laissa aller sur lui, les deux jeunes hommes relâchant peu à peu la pression dans leurs muscles.

Pantelant et le c½ur palpitant, Bill colla son nez contre la joue de son jumeau, un sourire béat sur les lèvres alors qu'il soufflait un air brûlant sur sa peau, ses yeux fermés. Puis il rouvrit ses paupières dans le noir, écoutant attentivement les inspirations et expirations rapides et difficiles de son frère sous son poids.

À contrec½ur, il se retira de lui et bascula sur le côté. Essoufflé, Tom paniqua directement à la séparation et se tourna brusquement vers lui, sentant un peu de l'étrange fluide humide couler au creux de ses cuisses dans le processus. Il se recolla à lui et ils s'enserrèrent, emprisonnant mutuellement la taille de l'autre, leur bras glissant sur leur peau en nage.

Les draps qui les enveloppaient étaient imbibés d'huile, de sueur et de sperme, seuls témoins de leur péché de luxure.

Pire, de leur péché d'amour.

Souriant d'un bonheur qu'il n'aurait jamais soupçonné quelques semaines avant ça, Bill fourra son visage contre le cou de son frère. Il y déposa pleins de petits baisers câlins, léchant et embrassant sa peau moite et salée, puis doucement, très doucement, se mit à chantonner de tendres paroles à son oreille, pour lui et lui seul.

Bill descendit les draps qui leur recouvraient encore la tête jusqu'à leur taille, et l'air légèrement plus frais de la pièce qui portait elle aussi l'odeur de leurs ébats les fit délicieusement frissonner, les apaisant.

Bill chantait toujours, sa voix douce et basse, et ils fermèrent tous deux les yeux, se laissant bercer par le balancement du bus et le ronronnement du moteur.

Peu à peu, la respiration de Tom se calma, et leurs c½urs battant à l'unisson, ils sombrèrent dans le sommeil, toujours enlacés.

***

Deux jours après, dans un huppé café berlinois.

Assis à une table dans un coin isolé, Bill triturait son café, osant à peine lever les yeux vers le jeune homme en face de lui. Il se sentait mal après tout ce que celui-ci lui avait dit. Il se frotta la nuque, embarrassé, puis soufflant profondément pour se donner du courage, il commença, le regardant droit dans les yeux. Après tout, il lui devait bien ça.

- Je suis désolé. Je crois que je t'ai donné trop d'espoir sans le vouloir.
- Mais je pensais que tu...
- Non, je ne suis pas amoureux de toi.

Le blond le regarda avec des yeux suppliants, apparemment très bouleversé. Ses illusions tombaient les unes après les autres après s'être mises à nu devant le chanteur.

- Il y a quelqu'un d'autre, c'est ça ?

Bill rougit et acquiesça lentement.

- Je suis désolé. Je n'ai jamais voulu te faire croire quoi que ce soit.

Il sourit un peu plus, et rajouta avec douceur.

- J'ai appris récemment qu'on ne devait pas jouer avec les sentiments d'autrui. On peut faire tellement de mal sans même le vouloir.

Matthias détourna le regard, observant la pluie tomber dehors, ses grosses gouttes glissant sur les immenses vitres, puis il demanda tristement.

- C'est... un homme ?

Bill ne se départit pas de son sourire, et posant sa tête sur sa main, coude sur la table, il répondit évasivement.

- Est-ce que c'est vraiment important ?

Matthias le regarda à nouveau, et il eut un petit rire sincère, secouant la tête.

- J'imagine que non. Tant qu'on est heureux, homme, femme, ça n'a aucune espèce d'importance.

Ils se regardèrent en souriant, et Bill demanda avec une légère hésitation.

- Alors, on reste amis ?

Matthias acquiesça, répondant silencieusement mais sincèrement, bien qu'un peu mélancoliquement, puis il regarda sa montre.

- Je vais devoir filer. Tu passeras le bonjour à David de ma part ?
- Oui, bien sûr.

Puis soudainement, Bill fronça les sourcils, une pensée lui traversant l'esprit.

- Tu connais David depuis longtemps ?
- Oui, on est amis depuis dix ans, au moins.

Matthias eut un sourire étrange et Bill l'observa attentivement, sentant que quelque chose lui échappait. Puis soudainement, tout s'éclaira, et il murmura.

- Tu ne lui as jamais dit ?
- Quoi donc ?
- Que tu l'avais aimé ?

Matthias se figea de stupeur. Comment le jeune chanteur avait-il pu deviner en quelques secondes que...

Ils restèrent un moment silencieux, se fixant, puis le blond eut un petit rire gêné.

- Je n'ai jamais eu le courage, même si j'ai toujours voulu lui dire. De toutes façons, David n'est pas... homosexuel. Il n'aurait même jamais pu imaginer que je puisse avoir ce genre de sentiments pour lui.
- Personne ne peut deviner ce genre de choses, surtout quand on est le principal intéressé.

Ils se regardèrent encore, pensivement, puis Bill rajouta.

- Tu devrais lui dire, même s'il n'est pas gay. Tu le connais comme moi, je suis certain qu'il comprendra.

Matthias hocha légèrement la tête, et Bill sourit. Au bout d'un moment, il soupira.

- Il suffit de si peu de choses pour passer à côté du véritable amour.
- Tu parles comme si tu l'avais trouvé. Toutes les filles vont être désespérées si elles apprennent que le c½ur de Bill Kaulitz est définitivement pris.

Bill rit.

- C'est pour ça qu'elles ne le sauront pas. Pour vivre heureux, vivons cachés, n'est-ce pas ?

Matthias acquiesça, riant aussi, puis il commença à se lever.

- Tout compte fait, j'irai moi-même dire bonjour à David. À bientôt alors, Bill ?
- Oui, à bientôt Matthias.

Ce dernier lui fit un clin d'½il et Bill le regarda s'éloigner en souriant.

Arrivé à l'embrasure de l'entrée du bar, le blond en croisa un autre, le saluant brièvement bien que le nouveau venu ne le reconnaisse pas.

Clignant des yeux et enlevant son capuchon, Tom regarda l'inconnu partir, celui-ci ouvrant son parapluie pour affronter la tempête, puis le guitariste entra dans le café. Il sourit en voyant Bill, celui-ci lui renvoyant le même sourire, et il se dirigea vers lui pour aller s'asseoir à sa table.

Quelques minutes plus tard, ils parlaient devant un café, échangeant sourires, mots doux, joyeux et secrets dans un de leurs maints moments d'intimité, s'isolant un peu avant de rejoindre leurs amis pour leur prochain concert.

La stupeur et les tremblements s'en étaient allés.

Mais les frissons d'amour étaient restés.

Fin

Donnez une note à cette mini-fic : * ** *** **** *****

Vous pouvez aussi voter pour cette histoire ici, sur le blog de Tom-is-so-Naive, blog regroupant toutes les fics où Tom passe à la casserole.

Leave a comment

We need to verify that you are not a robot generating spam.

See legal mentions

Don't forget that insults, racism, etc. are forbidden by Skyrock's 'General Terms of Use' and that you can be identified by your IP address (54.81.105.205) if someone makes a complaint.

Comments :

  • jesuis-personne

    18/07/2011

    Coucou !
    Je suis tombée sur cette fiction grâce à l'annuaire sur lequel elle est inscrite alors que j'étais en train de me dire que j'avais rien à lire pour les vacances ^^ et en la lisant je me suis rendue compte que je l'avais déjà lue mais je ne m'en lasse pas !
    Mais apparemment je ne t'avais pas laissé de commentaire donc je vais remédier à ça :)

    Alors de manière générale, ta fiction est juste géniaaaaaaaaaaale ! J'ai adoré :)

    Les premiers chapitres on ressent toutes les interrogations et doutes de Bill puis petit à petit le mal-être de Tom.
    Enfin Bill veut que Tom se confie en étant sobre, mais pour moi les raisons qu'il donne ne sont pas bonnes, je pense que s'il le laisse mariner c'est aussi parce qu'il a la trouille, il veut sentir qu'il a le pouvoir mais dès que Tom se rapproche de la vérité, on sent qu'il perd son self control, et du coup c'est un peu un manque de courage de pousser Tom à se livrer.
    Les dialogues son terriblement bien développés, structurés, et on remarque toute l'ambiguïté de Bill et de leur lien quand il passe du coq à l'âne, on sent que Bill a un désir de connaître entièrement Tom, comme pour être sûr de pouvoir se lancer dans cette aventure à corps perdus !
    ET ce lemon, il est juste tendre, doux, touchant, leur amour est intense, ils sont tellement attentif aux besoins de l'autre..
    Comme tu l'auras compris, ta fiction m'a vraiment fait rêver :D

    Bonne continuation !

  • haute-tense-iOn

    19/03/2011

    Fiction juste genial !!! J'ai adoré ! continue de nous faire rever avec tes fictions et OS, c'est un pur bonheur !

  • lollipopthetop

    25/12/2010

    Vers la fin les premières lignes j'ai eu peur mais j'ai tilté Blond=Mathias !

  • sanggreen

    15/12/2009

    Merci! C'est gentil d'être passée me laisser un com'! :D

  • OS-stich-ins-gluck

    15/12/2009

    Salut =)
    J'ai trouvé ta fiction sur tom-is-so-naive et j'ai décidé de venir la lire.
    Juste BRAVO! Elle est géniale, j'ai adoré! Tu écris vraiment bien et l'histoire est vraiment belle *-*
    Ce que j'ai vraiment aimé c'est que c'est pas rapide et en même temps, on ne s'ennuie pas ^^
    Vraiment bravo!

  • xTechnicolor-life

    24/06/2009

    Elle était vraiment géniale cette mini-fic =). J'ai l'impression d'avoir été tout aussi embarrassée que Tommi tout au long du lemon *__*. =)

  • sanggreen

    22/06/2009

    C'est gentil! ^^
    <33333333

  • 26JUIN1992

    22/06/2009

    J'ai adoré, vraiment <3

  • Soooo-Cute

    17/03/2009

    Je n'ai qu'un truc à dire : sublime.
    Sincèrement, quand je lis tes écrits, toute la tendresse, l'amour & la douceur que tu y mets me fous automatiquement des papillons dans le ventre. Je retrouve des sentiments très forts même si ça reste du Twincest, & mon Dieu, c'est juste magnifique.
    Alors s'il-te-plaît, continue à nous faire rêver, nous qui te lisons, parce que toute cette tendresse que tu mets dans tes mots illumine mes journées <3'.
    MERCI.

  • sanggreen

    16/03/2009

    Merci! :')

Report abuse