Stupeur et tremblements (3/?)

Stupeur et tremblements

Chapitre 3


Se réveillant doucement, Tom se retourna dans le lit, bâillant. Il avait la bouche pâteuse et ses pensées étaient floues, mais en dehors de ça, il avait très bien dormi. Il soupira, laissant échapper un petit gémissement alors qu'il se recroquevillait confortablement dans les draps, à la recherche de la chaleur douillette dans laquelle il lui avait semblé passer la nuit. Où avait-il donc dormi d'ailleurs ?

Ouvrant enfin paresseusement un ½il, Tom observa ses alentours, ne les reconnaissant pas, et il entendit un bruit de douche lui parvenir de la salle de bains. Au bruissement familier de l'eau, il se réveilla tout à fait, écarquillant les yeux avec nervosité alors que les souvenirs confus et partiels de la veille lui revenaient en mémoire.

Il avait trop bu, beaucoup trop bu, mais il se rappelait les événements qui avaient eu lieu dans le bar, et vaguement de ceux à son retour à l'hôtel. Bill s'était occupé de lui, bien que le guitariste se soit mis totalement minable devant lui. Tom rougit. Il n'en était pas sûr à cent pour cent, mais il ne pensait pas que sa bouche traître et bavarde l'ait compromis, même s'il se rappelait avoir été tenté dans les toilettes du bar de tout déballer à son jumeau.

Fort heureusement, son esprit embrumé par l'alcool était tout de même parvenu à se raisonner. Il n'osait même pas imaginer la gêne et la honte qu'il ressentirait s'il avait osé tout lui dire. Il mourrait littéralement sur place si cela avait été le cas. Comment aurait réagi Bill s'il lui avait dit qu'il avait envie de lui et que par-dessus le marché, son frère était certainement amoureux de lui ?

Tom n'était pas sûr de ce dernier point, ou plutôt, il n'était pas sûr des implications de cet aveu de son c½ur. Tout ce qu'il savait, c'est que la tendresse et le désir qu'il avait pour Bill avaient très rapidement mué vers la réalisation qu'il y avait quelque chose derrière. Un amour qui n'était pas supposé exister entre frères.

Un sentiment magnifique, mais terriblement effrayant, qui lui était interdit et dont il ne savait que faire. Il ne s'attendait pas à ce que Bill lui saute au cou en l'embrassant et en lui susurrant des « je t'aime » énamourés. De toutes façons, Tom ne se donnait même pas le droit d'espérer, car n'était-ce pas être complètement fou que d'espérer que son jumeau l'aime de cette façon ? Baissant tristement la tête, Tom souffla ironiquement. Il se sentait horriblement pathétique.

Enfin, il ne se rappelait pas exactement la toute fin de la soirée, et il était légèrement inquiet de ce qu'il avait pu raconter dans son ivresse.

Se redressant, Tom se mit debout, trottinant dans ses seuls sous-vêtements jusqu'à la porte de la salle de bains, quand la porte s'ouvrit soudainement. Tom se trouva nez à nez avec son jumeau, ses cheveux bruns dégoulinant d'eau sur son torse nu et une simple serviette autour des reins. Auscultant malgré lui la quasi-nudité du brun, Tom rougit.

Ses paupières fermées, Bill se massait les tempes et ne l'avait pas vu. Rouvrant ses yeux en grand, il sursauta en voyant son frère si près de lui, et il geignit alors que son mal de tête le ramenait à l'ordre. Comme la veille, après s'être endormi d'épuisement à l'aube et avoir dormi une petite heure tout au plus, le chanteur avait récolté une migraine phénoménale. D'une voix groggy, il croassa.

- Bonjour.

Préoccupé, ledit Tom demanda doucement, fronçant les sourcils.

- Tu es sûr que ça va ?

Bill fit un geste pour écarter la question. Il avait de tout petits yeux.

- Ca peut aller, j'ai pas beaucoup dormi, c'est tout. C'est plutôt à toi que je devrais demander ça.

Tom haussa les épaules, et sans arrière-pensées, il sourit, pensant rassurer son frère.

- Ca va, j'ai pas la tête de bois, et j'ai super bien dormi.

Le regard de Bill se fixa sur Tom un instant, impassible, et le blond perdit son sourire quand le chanteur lui claqua la porte au nez deux secondes après, se renfermant dans la salle de bains. À travers l'épais matériau, Tom tenta timidement, inquiet.

- Bill ?

La réponse lui parvint, étouffée mais clairement agacée.

- Je te hais !

S'appuyant dos à la porte fermée, Bill humpffa, croisant les bras sur son ventre. Tom se soûlait à mort, l'obligeant à s'occuper de lui comme s'il était sa baby-sitter personnelle, puis le blond avait le culot de lui balancer des aveux en dormant, le perturbant au plus haut point et l'empêchant par là même de dormir, et il osait se réveiller frais et dispos, en lui disant d'un ton tout guilleret que lui n'avait pas de migraine ?

Tom colla son oreille sur la porte, entendant Bill marmonner.

- La vie est injuste.

Il entendit Tom rire doucement, et une envie de l'étrangler lui traversa l'esprit, fomentant jusqu'à ce qu'il entende Tom lui parler à nouveau, tout contre le matériau de la porte. Le jeune homme était hésitant.

- Désolé. J'ai été stupide de boire autant.

Bill resta silencieux un moment puis il se décida à rouvrir la porte. Ils tombèrent nez à nez, leurs yeux glissant malgré eux sur le corps à moitié dénudé de l'autre, et ils rougirent tous deux. Le brun murmura, très sérieux.

- Ne me fais plus jamais ça.

Tom acquiesça, se tortillant nerveusement sous son regard pendant quelques secondes.

- Promis.

Son souffle se coupa quand Bill s'approcha lentement de lui, l'enlaçant en entourant ses épaules de ses bras. Des gouttelettes d'eau tombèrent de ses cheveux mouillés pour glisser sur son cou du blond tandis que leurs torses rentraient en contact, la peau fraîche du brun venant électriser celle de plus en plus brûlante de Tom. Ce dernier le prit également dans ses bras, ses mains venant câlinement caresser le dos de Bill, et il ferma ses yeux.

Ils restèrent un moment silencieux, se berçant mutuellement et Tom priant pour que Bill ne trouve pas que le c½ur de son frère tambourinait étrangement fort contre sa poitrine, quand le guitariste sembla soudainement réaliser quelque chose. S'angoissant, il bégaya.

- Au fait... est-ce que j'ai fait ou dit quelque chose de bizarre hier soir ?

Pris d'un doute, Bill recula un peu pour voir le visage de son jumeau, cherchant à déterminer si Tom se rappelait de leur petite conversation. Après un examen minutieux des traits de son frère, il avait la confirmation que non. Il haussa les sourcils, amusé, sachant très bien qu'il avait toutes les cartes en main.

- Possible. Tu es du genre bavard quand tu es bourré.

Tom écarquilla les yeux, tentant de deviner avec une angoisse palpable si Bill disait vrai ou non, et si oui, ce qu'il avait bien pu lui raconter dans son état aviné.

- C'est-à-dire ?
- C'est un secret.
- Bill...

Ledit Bill eut un petit sourire en coin et lui donna l'estocade en se collant à nouveau tout contre lui, son bras enserrant encore plus fort son cou alors qu'il lui déposait une bise sonore sur la joue, ses lèvres s'y attardant un moment. Tom s'était figé sur place, et quand Bill recula encore, Tom chercha désespérément une réponse dans son expression. Le chanteur murmura, sa voix mutine mais tendre.

- Je ne peux pas te le dire, sinon ça ne serait plus un secret. Et celui-là, je tiens à le garder encore un peu. À moins que tu ne me le redises, toi-même.

Le souffle de Tom se coupa quand Bill se pencha dangereusement près de son visage. Le jeune homme grimaça comiquement, murmurant sur un faux ton de confidence.

- Et... de préférence, redis-le moi éveillé, ça m'arrangerait pour te répondre.

Souriant, il frotta tendrement son nez contre le sien, puis le relâcha. Il se détourna, cachant l'expression satisfaite de son visage après avoir constaté la couleur rouge écarlate sur les joues de son jumeau.

Alors qu'il s'éloignait de son frère, Tom avait les yeux rivés lui, son c½ur battant à ses actions et paroles. Il lui avait raconté quelque chose, mais quoi exactement ? Cela avait pu être tout et n'importe quoi. Des propos incohérents, très embarrassants mais anodins, comme le pire scénario imaginable, et malgré l'attitude extrêmement nonchalante de son jumeau, il n'était pas sûr de savoir s'il devait être rassuré ou pas. Il sursauta quand Bill parla, sans même tourner la tête vers lui.

- Tu devrais te dépêcher. On part dans une heure.

Tom hocha la tête et récupéra ses affaires posées sur une chaise tandis que Bill accroupi devant une valise choisissait ses vêtements et faisait un peu de rangement. Il avait remarqué que Tom lui jetait des coups d'½il inquiets à la dérobée tout en se rhabillant, mais Bill faisait comme si de rien n'était.

Ce ne fut que lorsque Tom sortit de sa chambre pour rejoindre la sienne, lui lançant un 'à tout à l'heure', que Bill tourna la tête vers la porte qui se refermait déjà.

Se perdant dans ses pensées, celles qui n'avaient cessé de le tourmenter la nuit passée, Bill soupira. Son frère était-il vraiment amoureux de lui ? Le plus perturbant, c'est que Bill s'étonnait de ne pas trouver cela plus anormal qu'autre chose.

En fait, il se surprenait même à espérer que cela fût vrai. Il avait envie que Tom lui dise face à face, qu'ils en parlent, qu'ils se crient ce qu'ils avaient sur le c½ur. Là, peut-être que Bill comprendrait enfin quel était ce sentiment inconnu dont le bourgeon avait éclos dans son c½ur, ses racines profondément ancrées faisant trembler son corps au simple contact de son jumeau.

Même s'il devait faire vivre l'enfer à Tom, il le ferait avouer, une seconde fois.

***

Une semaine après.

Levant enfin la tête, Bill rencontra tout de suite le regard de Tom, en face de lui, et ils se fixèrent, une lueur de provocation dans leurs prunelles.

À vrai dire, Tom tentait juste de faire bonne figure. La vérité était qu'il n'en menait pas large. Il n'arrivait toujours pas à décoder les pensées de Bill et il détestait cette sensation. Cela ne faisait que lui attirer des ennuis, car Bill finissait toujours par le manipuler à sa volonté.

Semblant satisfait de son effet, Bill plissa ses yeux non maquillés, son regard glissant vers sa gauche pour étudier les visages de Gustav et de David avant de se tourner vers sa droite, où Georg se trouvait. Tous s'observaient avec une extrême méfiance, cherchant à deviner les pensées des autres.

Finalement, Bill eut un sourire en coin et il annonça moqueusement, écartant ses cinq cartes avec adresse pour les aligner parfaitement.

- Prêts à mordre la poussière une nouvelle fois ?

À sa droite, Georg grogna alors que l'atmosphère tendue se dissipa un peu, faisant place à l'énervement.

- Bill, tu n'es pas supposé parler.

Le chanteur leva les yeux au ciel avant de répliquer, se tortillant sur le canapé avec un sourire effronté aux lèvres.

- À quoi bon laisser planer le suspense ? C'est moi qui vais gagner de toutes façons, vu les petits joueurs frileux que vous êtes...

Tous le fusillèrent du regard, et Bill n'en sourit que plus, son air narquois.

Ils avaient commencé une partie de poker il y a une demi-heure, et Bill avait gagné la plupart des donnes. Même si cela ne faisait que peu de temps qu'ils s'étaient mis au poker, la chance insolente de Bill ne pouvait être attribuée à celle, innocente et fortuite, des débutants. Ils se faisaient tous laminer par le jeune homme qui n'en était pas peu fier.

Pour agrémenter l'intérêt de la partie, ils avaient adapté l'enjeu à leur situation. Ce n'était pas de l'argent dont le gagnant bénéficierait, mais d'une nuit dans la suite royale de l'hôtel Hilton de Vienne où ils devaient exceptionnellement séjourner le lendemain. Un joli cadeau d'Universal, tous frais payés et aux dépens du chanteur.

En effet, comme en général, Bill avait droit à une suite un peu plus prestigieuse que ses acolytes, celui-ci avait décidé, un sourire outrageant aux lèvres, de la mettre en jeu. Nul besoin de dire que les quatre autres avaient immédiatement sauté sur l'occasion. Celui qui aurait le plus de jetons à la fin de la partie gagnerait le gros lot, et même s'ils ne jouaient pas avec grand sérieux, le piment du jeu était vraiment là, car ce soir, clairement, Bill était l'homme à abattre.

Bill gloussa et Georg s'impatienta.

- Bon, tu ouvres ou pas ?
- J'ouvre, j'ouvre.

Après avoir observé ses cartes d'un air satisfait Bill poussa un joli petit tas de jetons vers la mise de départ, sous les yeux éberlués de ses amis, puis il recula. Il haussa un sourcil vers Georg.

- Content ?

Georg grogna. Gustav intervint.

- Je suis sûr qu'il bluffe. Je suis.

Il posa immédiatement le même nombre de jetons sur la table, la petite pile vibrant très légèrement sous le roulis des roues du bus.

David regarda Gustav un instant, puis le chanteur qui le fixait à présent d'un air totalement provocateur, et il sourit.

- Je suis aussi.

Les regards se tournèrent vers Tom, et les yeux des jumeaux se bloquèrent sur l'autre. Tom sentit son c½ur s'agiter alors que Bill l'observait, son menton posé sur une main tandis que l'autre plaquait ses cartes sur sa poitrine. Ses yeux étaient doux mais légèrement taquins, étrangement semblables à l'attitude du brun envers lui depuis une semaine, lui donnant l'impression d'être en permanence testé.

À quel sujet ? Il ne le savait pas. Mais il avait l'impression que ses secrets étaient mis à l'épreuve, et que Bill les découvrait un à un, lisant en lui tel un livre ouvert. Cependant, Tom ne savait pas comment réagir, ne sachant pas ce que Bill attendait de sa part... ne sachant pas ce que le jeune homme savait exactement.

Tom baissa le regard vers ces cartes. Il avait un brelan. C'était peu, mais s'il jetait ses deux cartes restantes, il pouvait espérer faire mieux. Il leva à nouveau les yeux vers Bill cherchant à déterminer s'il les manipulait ou pas. Il n'y arrivait pas. Georg l'interpella.

- Alors ?

Tom hésita, regardant encore Bill qui battait des cils. Le blond détourna la tête pour ne pas rougir et se trahir. Georg insista, ses yeux se plissant alors qu'il jetait un coup d'½il vers Bill, le chanteur faisant de même, son expression amusée et joueuse.

- C'est ton jumeau, et vous dites toujours que vous savez en permanence ce à quoi l'autre pense, alors s'il y a bien un moment pour faire de la télépathie et nous dire si ce faux jeton a une quinte flush, c'est maintenant Tom.

Gustav et David eurent un petit rire, et même Bill gloussa, ses yeux rencontrant ceux de Tom. Rougissant pour de bon cette fois-ci, le dreadé soupira.

- Ce n'est pas aussi simple. Mais je suis, il bluffe.

Il posa un petit tas de même importance, et le petit sourire de Bill disparut, le chanteur semblant soudainement un peu moins sûr de lui. Georg jubila.

- AH ! Je le savais. Je suis aussi ! Jetez vos cartes.

Bill regarda brièvement Tom, ses yeux cherchant à deviner ses intentions.

Cela faisait une semaine que Bill tentait d'amener Tom à se livrer à lui. Il n'avait cessé de l'effleurer, de le toucher, de le regarder et de trouver tous les moyens pour se retrouver seul avec lui. Mais Tom était resté muet comme une tombe, cherchant nerveusement à se dérober. Un nuage de non-dits flottait ainsi, sans que Bill ne sache comment le dissiper.

Ils baissèrent les yeux en même temps, et Bill observa ses cartes. Il ne réfléchit pas longtemps et jeta une carte, tandis que de son côté, Tom en jetait deux. Les trois autres jetèrent également stratégiquement les cartes dont ils n'avaient pas besoin, et Georg qui était le brasseur de ce tour, distribua à chacun le nombre de cartes manquantes pour arriver au nombre de cinq. Tom se retint de sourire en voyant ses deux nouvelles cartes.

Jetant un coup d'½il à Bill, Georg prit un ton moqueur.

- Bon, au moins on sait que tu n'as pas une quinte flush, et encore moins une quinte flush royale.

Il était vrai qu'en ayant jeté une de ses cartes, il paraissait improbable que Bill ait une suite de cinq cartes de la même famille, comme il venait de le faire deux fois de suite avec une chance insolente lors des précédents tours. Néanmoins, alors qu'il récupérait la carte que Georg venait de lui donner et l'intégrait dans son jeu, le sourire en coin de Bill revint, narquois.

- Mais qui te dit que je ne l'ai pas maintenant ?
- À d'autres !
- Tu es tout simplement jaloux.
- Pfff ! On verra qui sera jaloux quand je serai dans la suite royale.
- C'est bizarre, tu es plutôt bavard pour un rabat-joie qui dit tout le temps qu'il faut se la fermer quand on joue au poker, tu ne trouves pas ?

Les trois autres s'esclaffèrent et vexé, Georg tenta de chatouiller le chanteur au niveau de la taille, s'attirant un couinement aigu de celui-ci. Gustav intervint.

- Allez, joue.
- Ok, ok.

Bill observa ses cartes, puis il jeta un coup d'½il circulaire aux quatre autres. Après avoir inspecté ses trois amis, ses yeux s'arrêtèrent sur ceux de Tom qui le fixaient. Il fallait que ça marche, tant pis pour les risques. L'air sérieux et assuré, Bill prit entre ses doigts une pile plus importante de jetons qu'il avança sur la table, faisant semblant d'ignorer les yeux écarquillés des autres. Il jouait gros.

- Je monte la mise.

Il se retint de se mordre les lèvres, fixant sans le vouloir Tom. Si les autres suivaient, ils devraient utiliser beaucoup des jetons leur restant, et s'ils perdaient, ils n'en auraient que peu pour espérer se refaire lors des tours suivants. Si Bill gagnait, il était quasiment assuré de finir premier. Si lui perdait ce tour, il se retrouverait sans sa confortable avance, et la bataille serait très âpre pour gagner. C'était quitte ou double.

Gustav hésita un moment, ses yeux alternant entre ses cartes, ses maigres jetons et le centre de la table où se trouvait l'énorme mise. Finalement, il soupira.

- J'abandonne.

David fit de même.

- J'abandonne aussi.

Les yeux se tournèrent une nouvelle fois vers Tom qui n'avait pas cessé de regarder Bill, les deux se défiant du regard, leurs yeux doux mais pénétrants, cherchant à deviner les secrets de l'autre. Bill réfléchissait intensément, et il n'était pas le seul, sauf que les pensées de Tom étaient bien loin du jeu, ses rêveries érotiques au sujet de son frère s'infiltrant insidieusement dans ses pensées.

Rougissant, Tom rompit finalement leur contact visuel pour se pencher sur ses cartes. Il avait un brelan de 7 et une paire de dames, ce qui formait un full. C'était une très bonne main et il y avait peu de chances que Bill ait mieux. Mais alors que Tom allait ouvrir la bouche, tendant la main pour pousser une pile de ses jetons vers le centre de la table, la voix de Bill se fit entendre.

- Je monte la mise. Celui qui gagne cette manche devra rendre un service à l'autre.

Tous le regardèrent, étonné, puis la bouche de Georg s'ouvrit.

- Ok, j'abandonne aussi !

Gustav l'interrompit, haussant un sourcil avec amusement.

- Ce n'est pas encore à ton tour de parler.
- Je m'en fous ! Je n'ai aucune envie d'avoir un service tordu à rendre à ce psychopathe.

Georg, David et Gustav explosèrent de rire alors que Bill fronçait les sourcils, balançant un jeton en direction du bassiste pour le faire taire.

- Je relance.

Les rires se turent immédiatement, et Bill écarquilla les yeux. Tom augmentait la mise ? C'était un euphémisme, vu que Tom poussait déjà tous ses jetons vers le centre de la table. Pourtant il semblait imperturbable. Georg déglutit.

- Ok, là j'abandonne vraiment.

Bill fixa Tom. Le défi était plus que jamais présent dans leurs regards. Tom parla calmement.

- Je sais ce que tu as.

Bill le regarda avec une étrange douceur, sourire aux lèvres, et il murmura presque.

- Non, il n'y a que moi qui connais tes secrets. Je ne dévoile les miens que si on me le demande.

Sa voix fit frissonner Tom, et sans pouvoir se l'expliquer, il sut tout de suite que son frère ne parlait pas du poker. Néanmoins, leurs amis ne le remarquèrent pas, ne voyant là qu'une provocation sur le dévoilement final des cartes.

David donna un petit coup de coude à Tom.

- Allez, rabats-lui son caquet.

Sous les yeux intéressés de ses amis, il montra son jeu, et tous les trois sifflèrent, impressionnés. Seul Bill resta de marbre, son visage impassible quand les quatre paires d'yeux se tournèrent vers lui.

Fixant Tom qui commençait à transpirer sous la pression, Bill tendit son bras, laissant tomber ses cartes à plat sur la table. Alors que David et Gustav explosaient à nouveau de rire, Georg s'exclama.

- L'enfoiré !

Esquissant un sourire taquin mais surtout mystérieusement pensif, Bill ne détourna pas son regard de Tom, et le blond frémit, se demandant avec angoisse bien en quoi consisterait le gage que Bill lui donnerait. L'étrange sourire de Bill n'annonçait rien de bon pour lui et ses secrets. Il baissa les yeux.

Sur la table, un carré de rois semblait lui rire au nez.

***

Bill s'étira, bâillant aux corneilles, son pull et son T-shirt se levant légèrement et faisant apparaître son étoile tatouée, l'exposant à l'air frais de la nuit. Baissant les bras, Bill frissonna.

Il était déjà une heure du matin. Le bus s'était arrêté sur une aire d'autoroute au même moment où ils venaient de terminer leur partie de poker, leur permettant de se dégourdir les jambes et de se rafraîchir avant de regagner leurs bus. En effet, depuis quelques mois, Bill et Tom avaient tout comme Georg et Gustav leur bus personnel, tandis que David dormait encore dans un autre, avec d'autres personnes du staff.

Depuis les escaliers du bus où il était assis, il jeta un coup d'½il à travers la porte coulissante ouverte pour voir à quelques dizaines de mètres de là Georg et Tom, discutant à voix haute et terminant leur cigarette.

Pensivement, il observa la silhouette de son jumeau, laissant sa propre cigarette se consumer sans y toucher. Leurs regards se rencontrèrent, et ils s'observèrent l'espace d'un court instant. Sentant son c½ur s'accélérer un peu plus, Bill détourna les yeux, rougissant dans la pénombre et se demandant nerveusement si Tom avait remarqué sa gêne.

Il n'eut pas plus de temps pour s'en inquiéter cependant, car David venait subitement de surgir devant lui, le manager s'appuyant contre la paroi métallique du bus, manquant de faire sursauter le chanteur. Il lui tendit directement un papier.

- J'ai oublié de te donner ça tout à l'heure.

Bill fronça les sourcils, le prenant dans entre ses doigts et le retournant pour le lire.

- Ce sont les coordonnées de Matthias.
- Matthias ?
- Tu sais, le gars avec qui tu as parlé, lors de la soirée au bar, il y a une semaine. Tu te rappelles de lui ?

Bill cligna des yeux et il sourit, hochant la tête. Il jeta sa cigarette consumée sur le bitume et l'y écrasa, tendant la jambe pour l'atteindre de son pied.

- Ah oui, ton ami, le musicien ? Il était très sympa.
- Eh ben, il a absolument tenu à ce que je te passe son adresse, histoire de pouvoir rester en contact. Voilà, mission accomplie. Bonne nuit !
- Bonne nuit !

David lui sourit, et Bill le regarda s'éloigner avant de reposer ses yeux sur le papier. Si David semblait visiblement n'avoir eu aucune arrière-pensée en lui donnant les coordonnées du blond dont Bill avait fait la connaissance, le chanteur n'était pas aussi sûr que lui des innocentes intentions de ce Matthias.

Maintenant qu'il se savait homosexuel, son radar à gay commençait tout doucement à se mettre en place, et il était convaincu que Matthias l'était, et qu'il lui avait tapé dans l'½il. Bill sourit au papier, relisant les mots manuscrits. Ce gars était mignon. Plus âgé certes, mais il avait eu l'air très gentil. Dommage que Bill ne soit pas intéressé.

- Quelqu'un aurait-il un ticket ?

Froissant le papier dans sa main pour le cacher, Bill leva fébrilement la tête. Gustav le regardait, un infime sourire taquin aux lèvres. Il avait oublié que le batteur était en train de prendre l'air à deux mètres à peine de lui, dos appuyé contre le bus. Bill devint écarlate.

- Quoi ? Non ! C'est juste un ami.

Gustav haussa un sourcil.

- Hey, t'inquiète, je sais que tu n'es pas gay. Mais tu devrais te méfier de ce genre de type. Tu avais l'air de lui plaire.

Bill rougit un peu plus, à la fois parce qu'il avait soudainement peur que Gustav ait des doutes sur lui, et parce qu'il ne pensait pas que quelqu'un avait pu remarquer ce léger flirt. Il secoua la tête, sentant le besoin de le défendre.

- Non, je ne pense pas. Et puis, je ne vois pas ce qu'il y aurait de mal à le revoir, il est très sympa.

Surpris, Gustav fronça les sourcils.

- Tu comptes le revoir ?

Bill se sentit piqué. Ses joues rosirent et il ramena ses genoux à lui, les entourant de ses bras.

- Possible. Après tout, il n'est peut-être même pas gay. Les apparences ne veulent rien dire, il y a des mecs qui ont l'air gay et qui ne le sont pas, et d'autres qu'on jurerait hétéros et qui ne le sont pas.

Gustav détourna le regard, semblant inexplicablement embarrassé et pensif, et il toussota, répétant tout bas.

- Oui, possible.

Sans avoir le temps d'en dire plus, Georg et Tom revinrent vers eux, et l'atmosphère devient soudainement plus légère. Quelques minutes plus tard, les quatre amis se disaient bonsoir remontaient chacun dans leur bus. Les véhicules redémarrèrent les uns après les autres, se suivant à la queue leu leu pour sortir de l'aire.

Tom finit de monter les escaliers, et chercha du regard Bill, celui-ci venant de disparaître dans la pièce où se trouvaient leurs couchettes. Sentant la nervosité le regagner, sa cigarette apaisante déjà loin pour ses pauvres nerfs mis à rude épreuve ce soir, Tom expira profondément pour calmer son c½ur avant de s'avancer dans la pièce en question. Une fois à l'intérieur, il vit Bill ouvrir un de ses sacs de voyage pour y ranger à la dérobée un petit bout de papier déchiré.

Bill sursauta presque quand il l'entendit arriver, se retournant assez brusquement vers lui. Tom fronça les sourcils, sentant que Bill lui cachait là quelque chose, mais cette idée saugrenue s'évapora de son esprit quand il entra un peu plus dans la pièce et rougit, voyant à l'image des jours précédents Bill se déshabiller jusqu'à rester comme à son accoutumée dans ses sous-vêtements avant de se glisser dans le lit de Tom comme si c'était la chose la plus naturelle au monde.

Enlevant son sweat et son T-shirt et éteignant la lumière, il alla à son tour se glisser dans le lit. Il ne fut pas surpris de voir très vite Bill venir se pelotonner contre lui, et Tom remercia mentalement l'obscurité pour cacher sa gêne.

Frottant son nez contre le torse du jeune homme avant d'y appuyer sa joue, Bill entoura son frère de ses bras et soupira de contentement, fermant les yeux alors qu'il caressait câlinement du bout des doigts le dos de Tom.

Contre son oreille, il pouvait entendre les battements rapides du c½ur de Tom, et comme tous les soirs depuis une semaine, il prit son temps pour les comparer avec les siens avant de se laisser sombrer dans le sommeil.

Ils étaient identiques.

Inconscient de cet examen, Tom embrassa tendrement le front de son frère.

Dans le noir, Bill sourit. Maintenant, il en était sûr.

Il était amoureux.

***

Une semaine plus tard...

Assis à une petite table du bar de l'hôtel, Bill sirotait son café alors que Tom était en train de trafiquer son iPod devant un coca. Ils étaient tranquillement et confortablement installés dans un doux silence.

Mine de rien, Bill observait attentivement son jumeau. Il savait que les quinze derniers jours avaient été rudes pour Tom. Ne sachant pas qu'il était au courant, il avait dû en effet subir la proximité collée-serrée de son frère qui avait cherché à le tester.

Or, l'essai avait été concluant. Il était maintenant sûr que Tom était bel et bien amoureux de lui. Mais ce qu'il n'avait prévu, c'est que le test aurait aussi été concluant pour ce qu'il ressentait lui.

Il se demandait encore comment cela pouvait être possible. L'amour platonique fraternel s'était changé si vite en sentiment amoureux que cela en était presque effrayant. Pourtant, les faits étaient là, même si Bill ne savait pas encore quoi en faire. Etait-ce vraiment de l'amour d'ailleurs ? Est-ce que Tom et lui ne confondaient pas l'amour avec l'affection fusionnelle qui avait toujours existé entre eux ? Après tout, le chanteur n'avait jamais été amoureux auparavant.

Bill était conscient à présent qu'ils étaient tous les deux sexuellement attirés l'un par l'autre, mais était-ce là une preuve supplémentaire de ce sentiment étrange ou bien seulement la preuve de leur degré de folie ?

Il soupira et jouant du bout de ses doigts à tourner la tasse de café vide dans sa soucoupe, il posa sa tête sur sa main, son coude appuyé sur la table la soutenant. Ce petit jeu de chat et de souris devait cesser, il fallait que Tom et lui discutent de ça, tous les deux. Mais comment amener ça dans la conversation ?

Il réfléchit un moment, puis il eut une idée. Il leva soudainement les yeux vers son frère.

- Tom, je peux te poser une question ?

Le blond ne releva pas tout de suite sa tête de son iPod. Il n'arrivait plus à retrouver cette foutue chanson qu'il avait pourtant téléchargée pas moins de trois fois.

- Hm ?
- À ton avis, à quoi on reconnaît qu'on est amoureux ?

Tom releva brusquement la tête à sa question et il rougit. Bill se tut, attendant sa réponse en restant impassible devant l'agitation de son jumeau bien qu'il fût tenté d'en sourire. Tom baissa un peu les yeux, mais il répondit quand même, bégayant.

- J'imagine... qu'on l'est quand on pense nuit et jour à une personne, qu'on a envie d'être avec elle tout le temps, qu'elle nous manque dès qu'on s'éloigne d'elle... On a envie de la toucher et ce n'est jamais assez. Bref, on a toujours un petit peu mal au c½ur mais on est heureux.

Il s'arrêta. Il racontait vraiment n'importe quoi. Qu'est-ce que Bill allait penser de ses propos incohérents ? Il leva des yeux hésitants vers Bill qui le scrutait avec un air doux et rêveur. Ce dernier l'encouragea d'une petite voix.

- Continue.

Tom haussa les épaules, embarrassé.

- Je ne sais pas. Pourquoi est-ce que tu me poses cette question au fait ?

Pris au dépourvu, Bill prit quelques secondes pour réfléchir à une excuse, ses joues rosissant alors qu'il baissait les yeux vers son café, puis il releva sa tête quand il eut trouvé son mensonge, ses pupilles fixant avec intensité Tom.

- J'ai rencontré quelqu'un.

Bill aurait pu jurer avoir entendu le c½ur de Tom tomber à terre et se briser comme du cristal. Sa voix était ténue quand il parla.

- Ah... c'est bien. Quand ça ? Je la connais ?

Bill secoua la tête.

- Tu te souviens, la soirée au bar il y a deux semaines ? Ben, avant que je vienne te récupérer, je parlais avec quelqu'un.

Il hésita avant de continuer, se demandant si Tom comprendrait l'allusion métaphorique. En tout cas, Tom avait les yeux rivés sur lui et Bill ressentait la douleur coulant dans les veines de son double à cet instant précis. Bill sourit légèrement néanmoins, et il détourna le regard pour ne pas se trahir.

- Elle était blonde, plus petite que moi, jolie. On s'était croisés avant, mais on ne s'était jamais réellement parlé. Là on a pas mal discuté, et... elle m'a dit qu'elle était tombée amoureuse de moi.
- Elle te plaît ?

Les yeux de Bill retombèrent sur le visage de Tom. Le ton de son frère était hésitant, et le brun savait qu'il espérait une réponse négative. Bill eut un petit sourire tendre, et il répondit sincèrement, son ventre se tordant de nervosité.

- Oui, beaucoup.

Il se redressa sur sa chaise, croisant ses jambes sous la table, évitant le regard de son jumeau, et il rajouta.

- Mais...
- Mais ?
- Elle m'a dit un truc bizarre. Comme quoi elle aurait des fantasmes sur moi.

Fronçant les sourcils, Tom répéta.

- Des fantasmes ? Elle t'a avoué ça ?

Bill acquiesça, se remettant à tripoter sa tasse de café. Il rougit.

- Oui, c'était plutôt hot d'ailleurs, je dirais même tordu. Tu trouves que c'est normal qu'une personne qui se dit amoureuse de toi ait ce genre de fantasmes ?

Tom hésita avant de poser sa question, et Bill sut que son frère n'avait aucune envie d'en connaître la réponse. Il la posa tout de même.

- Ca dépend, ils étaient de quel ordre ?

Bill se gratta nerveusement la nuque, ses yeux fuyants ceux de Tom.

- D'ordre homosexuel.

Il sentit Tom se raidir. Le blond finit tout de même par répondre.

- Elle est cinglée. Mais...
- Quoi ?

Se calmant, Tom arborait à présent un air étrangement pensif et triste, et quand leurs yeux se rencontrèrent, Bill frémit, sentant la chaleur l'envahir. Tom murmura.

- J'imagine que quand tu es amoureux de quelqu'un que tu ne peux avoir, ça doit arriver d'avoir ce genre de fantasmes.

Bill l'observa un moment, puis il sourit.

- Je comprends.

Il hésita un peu, puis il rajouta, aussi rouge qu'une pivoine.

- Au départ, ça m'a un peu choqué moi aussi, mais au final... pas tellement.

Bill rougit. Il avait failli dire qu'au final il trouvait cela plutôt excitant. Mais Tom ne s'était pas rendu compte de son hésitation, se contentant d'hocher tristement la tête, et Bill eut envie de le réconforter. Il espérait que Tom finirait bien par comprendre tôt ou tard. De toute façon, ils avaient le temps. Bill sourit.

Ils restèrent silencieux un moment, puis Tom se pencha un peu sur la table, croisant ses doigts.

- Tu as donc envie d'elle ?

Repensant à divers moments passés des quinze derniers jours, Bill finit par acquiescer, souriant un peu plus.

Tom avait l'air livide.

- Et... tu l'aimes ?

Alors qu'il balançait ses jambes sous la table, le sourire de Bill s'élargit encore, découvrant ses dents. Il repensa à ce qu'il avait répondu le lendemain de la soirée au bar à Tom quand celui-ci lui avait demandé s'il avait dit quelque chose d'embarrassant sous l'effet de l'alcool.

- Possible.

Tom ne put s'empêcher de répondre avec agacement.

- Si tu l'étais, tu en serais certain.

Le regard de Bill s'adoucit, et il se fit taquin.

- Pour quelqu'un qui est sûr qu'il ne tombera jamais amoureux, tu as l'air de bien t'y connaître.

Les yeux de Tom se fixèrent sur lui, montrant toujours plus d'agacement. Il répliqua sur un ton défensif et provocateur à la fois.

- Qui te dit que je ne suis pas amoureux de quelqu'un ?

Bill le fixa, et souriant toujours, il murmura.

- Oui, qui sait ?

Sur ces mots, il lui fit un clin d'½il et se leva, quittant la pièce non sans avoir laissé traîner une caresse sur la tête de Tom au passage, la frottant tendrement.

Tom n'osa pas le regarder s'éloigner. Ses yeux étaient plongés dans le vide. Il avait tellement mal. Le jeune homme trembla de rage.

Qui osait lui voler le c½ur de son petit frère ?

***

Quelques heures plus tard...

Cherchant Gustav à travers tout le studio qui n'était pourtant pas bien grand, Tom manqua de faire tomber le batteur qui marchait tranquillement dans un couloir, revenant vers la salle d'enregistrement avec un café en main. Les trois musiciens faisaient une pause alors que Bill enregistrait encore la partie vocale d'une nouvelle chanson qui serait bientôt sur leur troisième album. Gustav sursauta.

- Merde Tom ! Tu as failli me faire faire une crise cardiaque !

L'entraînant vers un coin du studio tout en regardant fébrilement autour de lui pour s'assurer que personne n'était dans les parages, Tom ignora l'air interloqué du batteur.

- J'ai une question à te poser. Ca ne te dira peut-être rien du tout, mais tu te souviens la soirée il y a deux semaines ?

Gustav fronça les sourcils.

- Celle où tu as fini complètement déchiré ?

Tom leva les yeux au ciel et il serra les dents.

- Oui, celle-là. Est-ce que tu te rappelles y avoir vu Bill discutant avec une fille, une blonde ?

Le batteur prit un temps pour rassembler ses souvenirs et il secoua la tête.

- Non, par contre il a passé toute la soirée à faire les yeux doux à un type qui a certainement pensé qu'il avait un ticket avec lui. C'était un blond, la vingtaine bien passée, dans les 1m70. Le mec lui a tapé la conversation toute la soirée. T'aurais dû voir comment il l'a collé, c'était hilarant.

Tom avait blêmi.

Un... mec ?

À côté de lui, Gustav paraissait plus qu'amusé, ne remarquant pas la réaction du blond.

- Quelques jours après j'ai même vu David donner un papier à Bill en lui disant que le type avait tenu à lui faire passer ses coordonnées, au cas où il serait intéressé ou je ne sais quoi. Apparemment, le gars voulait à tout prix le revoir. À croire qu'il est amoureux. Le pauvre, il a dû s'imaginer que Bill était gay. Mais le pire dans tout ça, c'est que Bill m'a dit qu'il comptait certainement le revoir ! T'imagines ? Le pauvre mec va se faire des idées !

Gustav eut encore un petit rire à cette pensée, mais Tom ne l'écoutait plus. Il était anesthésié.

Bill était amoureux d'un autre homme.

À suivre...

Donnez une note à ce chapitre : * ** *** **** *****

Vous pouvez aussi voter pour cette histoire ici, sur le blog de Tom-is-so-Naive, blog regroupant toutes les fics où Tom passe à la casserole.


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Comments :

  • lollipopthetop

    25/12/2010

    C'est pas pour dire mais Bill s'y est pris comme un pied !
    Déjà qu'il le fait poireauté deux semaines et maintenant il lui sort ça !
    Pauvre Tom !

  • TH-Er-iSt-Sie

    23/06/2009

    MDR la scène du poker avec Georg et ses " J'abandonne " =P.
    N'empêche, je trouve que Bill est quand même salaud. Comment il joue avec les sentiments de son frère quoi... C'est limite sadique xD

  • obscur-yaoi-night

    18/04/2009

    Graaaaa ><" ! Pauvr'Tom X'D ! nan mais, on dirait pas comme ça, mais c'est cro un sadique là Bill --" ! ='D !

  • Elodie

    09/02/2009

    Oh le suspens ! C'est super bien écrit !

  • carpe-diem--x

    07/06/2008

    quel cruchon ce gars!!! XD! enfin d'un côté c'est assez normal qu'il comprenne pas mais bon...
    et pour répondre à sa question: qui a osé me volerle coeur de mon ptit frère?: ben tooi banane!lol!

  • Lillou483

    18/05/2008

    Han cette fin!
    Pétard heureusement que j'ai la suite!
    Le pauvre Tom!
    Maintenant Il croit que Bill s'en fou de lui alors que ce vilain lui tend un piège! loOl!
    J''adore! ^^
    Je fini la suite alors!
    ;)

  • Sosso

    18/05/2008

    roooh, mais Bill quoi, l'est méchant de laisser Tomichou dans le désarroi comme ça!!

    gaah, faut que je lise le chapitre 4!!

    ><

    encore bravo, c'est toujours géniallissime <33

  • th-rainbowtatoo-fic

    15/05/2008

    tu pourrais même en faire une grande fiction =)

  • th-rainbowtatoo-fic

    15/05/2008

    enfin finit de tout lire lol^^
    me langui la suite =)

  • 24H

    15/05/2008

    YAHOOOOOU.

    24H est dans la place :DD (ou pas)

    Ca fait pas mal de temps que j'étais pas venue..
    (En fait si je venais mais à chaque fois j'avais pas le temps de laisser un commentaire BIEN LONG et BIEN CHIANT comme j'aime les faire (LL))

    Mais dis moi, Bill a des tendance limite sadiques dans cette dernière fic !
    Le petit coquinou !

    (Ndlr: Je ne suis pas sous ecsta, don't worry.)

    Sérieux là sur la dernière phrase du dernier chapitre j'étais limite là devant mon PC à crier "MAIS NOOOOOOOOOOOOOOOON D:" avec une soudaine envie de secouer leTomdetaFic comme un prunier.

    ("Secouer comme un prunier" J'ai jamais vraiment compris cette expression, j'ai déjà essayer de secouer un prunier sérieux c'est chaud quoi..)

    BREF.

    Sinon pour Parfum de Scandale, vous nous laissez en stress là :D (Enfin bon, c'est un stress qui vaut le coup !)

    Pour en revenir à Stupeur et Tremblements, encore une fois bravo, parce que c'est vraiment bien tourné !
    J'le dis franchement, parfois, quand je lis une fic y'a des passages ou j'me fais suer, mais avec toi sérieux, C'EST PAS DU TOUT LE CAS :D
    C'est tellement captivant ce que tu fais (L)

    (Je sais, je commence à me répéter !)

    Puis pour finir, j'ai vraiment hâte de lire la suite (LL) (De 'Stupeur et Tremblements' ET de 'Parfum de Scandale' :DD)

    Voili Voilouuuu ...

    Sur ce, A LA PROCHAIIIIIINE

    (Mon commentaire n'aura pas été si long que ça, Sniff, je manque d'inspi aujourd'hui. Forgive Me)

    (L)

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