Parfum de scandale (3/?)

Parfum de scandale

Chapitre 3

Suivi de Georg et Gustav, Bill et Tom sortirent de la petite salle où venait d'avoir lieu la conférence officielle de démenti. Leurs managers, David et Benjamin les suivaient aussi, ayant attentivement supervisé et dirigé l'interview, jouant le rôle d'arbitres entre les journalistes et le groupe, contrôlant la moindre question posée à leurs protégés.

Aucun dérapage n'avait été à noter. Ils avaient discrédité sans mal la photo et les nombreux montages, comme prévu, répondant aux questions comme David le leur avait indiqué, et les journalistes avaient eu l'air pour la plupart convaincus. Tout le monde était donc rassuré... ou presque.

Entrant dans une autre pièce adjacente qui servait habituellement de salle de réception de l'hôtel et où on leur avait préparé une petite collation, Bill jeta un coup d'½il nerveux et discret aux gens présents. Leur équipe technique était bien entendu absente puisqu'il n'y avait pas de show, mais Silke et Nathalie étaient là, discutant fébrilement dans un coin de la pièce, semblant partager quelques confidences, ainsi que tous leurs gardes du corps. En effet, Saki, Tobias, et quelques autres gars embauchés occasionnellement par Universal comme Sven et Dirk, mais qu'il connaissait moins au fond, étaient présents.

Car devant l'hôtel assiégé, c'étaient à présent des centaines de fans désespérés ou exaltés qui attendaient d'en savoir plus sur l'article qu'ils avaient lu, les gros titres flashant dans les kiosques annonçant en grosses lettres rouges « Les jumeaux Kaulitz entretiennent une relation incestueuse ! », pour écrire plus loin et en plus petit, d'un ton légèrement moins sûr : « un mystérieux informateur affirme avoir des preuves irréfutables ».

Bill sentit un tremblement l'envahir, et il le réprima comme il le put. Les regards de tous tombèrent sur lui, compatissants, et il tenta avec peine de ne pas détourner ses yeux, ses nerfs se tordant et son c½ur s'accélérant d'une manière désagréable. Il y avait peut-être là, parmi tous ces gens, ces amis, le maître chanteur qui leur avait envoyé ce film très privé que Tom et lui avaient consciencieusement détruit.

Bill tourna la tête vers David quand celui-ci vint soudainement se placer devant lui, commençant à lui parler tout bas des différentes réactions qu'il semblait juger positives des journalistes venus à la conférence de presse. Le chanteur acquiesçait à ses propos sans en écouter un traître mot et ses yeux tombèrent sur ceux de Tom, plongé malgré lui dans une grande conversation avec le président de la succursale allemande d'Universal.

Leurs yeux inquiets se fixèrent pour se rassurer. A ce moment précis, Bill n'aurait souhaité qu'une chose, trouver un endroit tranquille loin des yeux indiscrets pour se réfugier auprès de Tom et s'enlacer avec lui pour échanger de doux et apaisants câlins. Tout ce dont Bill avait besoin en ce moment précis. Nerveux, le chanteur croisa les bras, serrant ses poings d'anxiété.

Sans écouter ce que David racontait, Bill continua à hocher la tête à ses dires jusqu'à ce que l'homme ne s'arrête, remarquant sous la bruine la foule compacte de fans que l'on apercevait depuis l'immense vitre. Il entendit David murmurer un 'bon dieu' énervé, et celui-ci s'excusa auprès de lui, probablement pour aller discuter avec la sécurité aux moyens de chasser toutes ces jeunes filles qui se faisaient interviewer par les journalistes people qui tardaient à partir des lieux, essayant de recueillir le plus de réactions possibles des fans face à l'article.

Bill s'approcha de la vitre, regardant la fine pluie tomber plus que la masse criarde et mouvante qui se répandait devant les locaux de la firme musicale.

Dans l'interview donnée par l'informateur, une vague allusion à l'existence d'autres preuves avait été faite, les tourmentant, son frère et lui. Heureusement, elle était passée inaperçue aux yeux des gens, semblant tellement peu crédible au vu des photos sans poids que l'article contenait et le démenti efficace qu'ils avaient fait.

Seuls Tom et lui savaient qu'elles existaient pour de vrai.

Bill vit un verre en plastique être tendu vers lui, et il regarda sans surprise aucune la personne qui venait lui apporter sa drogue habituelle. Tom parla doucement.

- C'est du déca.
- Merci.

Bill lui sourit, et baissant les yeux vers le verre, il s'en saisit, ses longs doigts fins et manucurés venant brièvement glisser sur ceux de Tom. Il avait tellement besoin de son contact, et le craignait tout autant, vu l'audience attentive qui les détaillait de temps à autre du coin de l'½il, comme cherchant à se faire une opinion personnelle sur la rumeur. S'appuyant contre la vitre, Tom se rapprocha un peu et ils regardèrent d'un ½il circulaire les gens dans la salle. Tom murmura doucement pour être certain que seul Bill puisse l'entendre.

- Je suis sûr qu'il est ici.

S'ils avaient à présent tous deux dépassé le premier stade de la paranoïa complète, Bill et Tom ne pouvaient pas s'empêcher à présent de recommencer à soupçonner leur entourage, de façon plus rationnelle. Même Gustav et Georg n'étaient pas épargnés par leurs discrètes observations, même s'ils étaient convaincus qu'ils n'y étaient pour rien. S'il y avait bien deux personnes qui n'avaient aucun intérêt à les faire chanter, c'était bien eux, après tout.

Pourtant, tout le monde était encore suspect pour Tom, même eux. Ses yeux se plissèrent légèrement, à la recherche d'un indice quelconque. Il leur fallait des preuves. A côté de lui, Bill faisait de même.

Les observants se sentant sûrement observés, le regard des personnes se fit fuyant et les conversations redoublèrent. Soulagé par le bruit ambiant, Bill murmura, sa voix presque inaudible.

- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

Scrutant les visages des présents, Tom allait lui répondre quand ses yeux s'arrêtèrent sur Silke et Nathalie, qui se tenaient tout près d'eux. Il sentit les yeux de l'une le fixer étrangement, un relent de ressentiment dans ses pupilles le faisant tiquer avant qu'elle ne détourne les yeux.

Tom se figea à sa réaction, cherchant à décrypter l'expression mystérieuse de la jeune femme quand quelqu'un entra dans la pièce, attirant tous les regards et faisant naître le silence.

Ecarquillant les yeux, Bill manqua de bégayer sous la surprise.

- Maman ?

Cette dernière se précipita vers lui, ses bras grands ouverts. En moins de deux, elle serrait son fils dans ses bras, et il était évident qu'elle se retenait de pleurer. Quelques secondes après, c'était Tom que leur mère enserrait. Mal à l'aise, Bill secoua un peu la tête.

- Maman, ce n'était pas la peine...

Simone libéra un peu son fils pour essuyer ses yeux.

- Je sais, mais je voulais être là. Je ne pouvais pas laisser mes deux fils supporter ça tout seuls. C'est horrible, comment des gens peuvent-ils insinuer que...

Elle porta la main à sa bouche sous le choc, les images de l'article, de la foule dehors et la voix de la radio qu'elle avait écoutée dans sa voiture se mélangeant dans son esprit. Elle éclata en sanglots, serrant à nouveau Bill, et les jumeaux échangèrent un regard gêné malgré eux sous l'attention dont ils faisaient l'objet par l'assistance autour, leurs c½urs s'accélérant et semblant près d'imploser.

Bill eut un léger vertige, un frisson glacé parcourant son échine. Il y avait probablement quelqu'un qui connaissait leur secret, et qui se tenait dans la même pièce qu'eux, à quelques mètres à peine de leur mère, et qui pouvait à tout moment parler. Ils devaient sortir de là, de cette pièce qui les étouffait, maintenant. Mais déjà, le président d'Universal s'approchait de leur mère, lui assurant que les choses allaient s'arranger très vite.

Tandis qu'il parlait et que Simone se calmait peu à peu, Bill et Tom frottant chacun bras et dos de leur mère pour la réconforter tout en échangeant entre eux des coups d'½il discrets et inquiets, un bruit de verre brisé se fit entendre. Tout le monde se retourna vers celle qui venait malencontreusement de faire tomber au sol le verre qu'elle tenait. Les yeux de Tom se fixèrent sur elle, et il fronça les sourcils. Nathalie rougit et bégaya, confuse.

- Désolée, il m'a échappé des mains.

Elle se baissa immédiatement pour ramasser les morceaux éparpillés et sursauta quand elle vit la mère des jumeaux se baisser elle aussi. Simone essuya le recoin de ses yeux humides et lui sourit, commençant elle aussi à récupérer les éclats avec précaution.

- Ce n'est pas grave, ça arrive.

La jeune fille se figea, muette, puis soudainement elle poussa un cri de douleur.

- Aïe !

Un filet de sang s'échappa de l'entaille qu'elle venait de se faire en prenant maladroitement un gros éclat, et quelques gouttes d'un rouge profond tombèrent sur le carrelage froid. Elle s'était assez profondément entaillée.

En moins d'une seconde, Dirk, un de leurs gardes du corps, s'était précipité pour la relever et envelopper sa main avec une serviette de papier propre que Sven venait de lui tendre, laquelle devint rapidement pourpre. Dirk prit Nathalie par la main avant qu'elle n'ait pu protester.

- Je l'emmène à l'infirmerie du bâtiment.

Ils sortirent de la pièce et lentement, les conversations reprirent et pour la première fois depuis le début de la journée, Tom eut l'impression qu'on ne faisait plus attention à Bill et lui. Il baissa la tête et vit que Bill s'était accroupi, ramassant les bouts de verre avec Sven tout en discutant avec leur mère qui souriait un peu à présent, semblant se ressaisir. Tom s'inquiéta.

- Vous devriez laisser ces...
- Aïe !

Un soupçon de panique s'empara du guitariste quand Bill poussa un petit cri aigu, portant ensuite immédiatement son index à sa bouche. En deux secondes, Tom était à ses côtés, affolé, écartant Sven qui lui aussi s'était penché vers le chanteur avec inquiétude.

- Ca va ?

Suçant toujours la plaie, Bill leva les yeux au ciel avant de retirer son doigt. Comment une si petite égratignure pouvait saigner autant ? Il eut une moue adorable.

- Je devrais pouvoir y survivre, enfin peut-être.

Simone eut un petit rire, mais elle fronça quand même un peu les sourcils.

- Tu devrais y mettre de l'alcool.
- Bah, de l'eau suffira.

Ce fut au tour de Tom de froncer les sourcils. Le blond semblait mécontent de l'insouciance de son petit frère. Surtout qu'en tant que guitariste, Tom faisait lui-même très attention à ses doigts. Il grommela, lui intimant de se lever en tirant fermement sur son bras.

- Tu es irrécupérable comme gars.
- Quoi ?

Tom l'ignora, et une fois que Bill fut debout, il le poussa doucement mais fermement d'une main dans le dos vers la porte, direction la salle de bains, sous les protestations relevées de Bill dont la moue s'était accentuée.

Quand la porte se fut refermée, Simone secoua la tête, souriant avec amusement.

C'étaient ses garçons. Deux frères qui s'adoraient. Mais où allait le monde pour penser qu'ils s'aimaient au-delà de la limite respectable ? Cette affaire absurde se calmerait d'elle-même, d'une façon ou d'une autre, c'était une évidence.

Rassurée par ces pensées, elle se releva et sourit à Georg et Gustav qui venaient la saluer.

***

Alors qu'il entrait dans les toilettes pour hommes du bar de l'hôtel, suivi de Tom qui referma la porte derrière eux, Bill boudait encore. Ouvrant le robinet d'eau froide, il mit son index qui saignait encore sous le jet, et jetant un ½il vers Tom, il soupira.

- Voilà, content ?

Après avoir constaté qu'il n'y avait personne dans aucun des box, Tom vint s'appuyer dos aux éviers et le regarda sérieusement.

- Très.

Bill lui tira la langue mais sourit un peu. Il aimait la douce chaleur qui se diffusait agréablement en lui quand son jumeau prenait à coeur son rôle de grand frère protecteur. Il continua à jouer avec l'eau, son index venant couper le filet continu qui sortait du robinet, et Tom murmura.

- Je la sens pas cette Nathalie. Je suis sûr qu'elle est dans le coup.

Bill tourna ses yeux vers lui, paraissant surpris, et il fronça immédiatement les sourcils.

- Non, je lui fais entièrement confiance. Ce n'est pas elle.
- Tu ne trouves pas qu'elle agit bizarrement ?

Bill fixa à nouveau le robinet et secoua la tête.

- Pas plus que les autres. Et je suis certain qu'elle serait la dernière à nous faire du chantage.

Ce fut au tour de Tom d'être étonné. Il savait que Bill s'entendait bien avec la jeune femme, mais il ne pensait pas qu'il la défendrait ainsi aveuglément. Il grinça un peu des dents, espérant mettre un peu de plomb dans la cervelle parfois trop innocente de son petit frère.

- Pour du fric, elle n'hésiterait pas, comme n'importe quel autre. Ce n'est pas parce qu'elle est gentille par devant...

Bill le coupa.

- Ce n'est pas pour cette raison que j'ai dit ça. Je sais que ça ne peut pas être elle, c'est tout.

Tom se tut à ces mots étranges et fut encore plus surpris quand Bill rougit légèrement. Le blond fronça les sourcils, sentant une inexplicable pointe de jalousie lui tordre le ventre.

- Qu'est-ce que tu ne me dis pas ?

Bill tourna la tête vers lui une nouvelle fois, haussant les sourcils. Il ne semblait pas avoir compris, ou faisait tout comme.

- Mh ?

Tom croisa les bras, agacé.

- Ne fais pas celui qui ne comprend pas. Tu me caches quelque chose.

Bill cligna des yeux puis eut un petit rire étouffé. Un large sourire apparut sur son visage et sa voix se fit un peu plus aiguë sous son amusement.

- Je rêve ou quelqu'un serait-il jaloux ?

Les joues de Tom rosirent alors qu'il s'énervait un peu plus, à la fois à cause d'avoir été démasqué et de voir que Bill semblait avoir oublié la délicate situation dans laquelle ils se trouvaient. Il tenta de se maîtriser. Ce n'était pas le moment de se disputer et encore moins de faire un esclandre. Il siffla rageusement.

- Bill, on a un problème sérieux je te rappelle.

Ils se fixèrent, et quelques secondes tendues et silencieuses passèrent. Les yeux du brun devinrent légèrement brillants et il murmura, l'air soudainement triste.

- Inutile de me le rappeler. Tout ce que je dis, c'est que ce n'est pas Nathalie.

Détournant encore les yeux vers l'eau qui continuait à couler régulièrement, Bill se mordit les lèvres pour lutter contre les picotements involontaires dans ses yeux, et Tom bougea nerveusement à côté de lui, se sentant honteux. Retirant son doigt de l'eau et pressant le bout de son index avec son propre pouce, Bill eut un faux éclat de rire.

- Ca ne veut pas s'arrêter. Je crois que je suis condamné à me vider de mon sang.

Baissant les yeux vers sa main, Tom parla doucement.

- Laisse-moi voir.

Sans lui laisser le temps de répondre il prit sa main dans la sienne, examinant la petite plaie sous l'½il intrigué de son jumeau. Quelques secondes plus tard, Bill hoqueta quand Tom livra finalement son diagnostic en happant le bout de son index dans sa bouche, le suçant et léchant tendrement, sa langue glissant doucement autour du doigt.

Bill jeta un coup d'½il nerveux vers la porte qui demeurait fermée, et il protesta en murmurant un petit 'Tom' d'un ton choqué et en tentant de retirer sa main. Mais Tom tenait fermement son poignet. Bill rougit en le voyant sucer avec application son index. Le geste de son frère était à la fois innocent et sensuel, et Bill se sentait de plus en plus embarrassé. Si quelqu'un entrait soudainement là, que penserait-il en les voyant ?

Inconscient des pensées angoissées du brun, le blond continuait consciencieusement sa tâche, ses yeux mi-clos tandis qu'il se concentrait, et quand il recula enfin, il se lécha les lèvres, avant de sourire d'un air satisfait en voyant le résultat.

- Voilà ! C'est fini.

Clignant des yeux, Bill observa son index. Tom avait raison, le sang s'était arrêté de couler. Le brun rougit, baissant la tête sans répondre, et le blond s'inquiéta, s'approchant avec précaution de lui, mais Bill finit par relever la tête. Il le fixant en souriant timidement.

- Merci. Tu sais, tu peux vraiment être mignon parfois, pour un grand frère.

Tom sourit fièrement, puis il réfléchit à l'étrange formulation de son jumeau. Il demanda d'une petite voix soupçonneuse :

- Comment ça, « pour un grand frère » ?

Bill eut un petit rire puis il leva une main, et les doigts de celle-ci venant effleurer la mâchoire de Tom, en caressant doucement les contours. Se penchant un peu vers lui, tout en restant à une distance raisonnable, le chanteur chuchota le plus bas possible, tel un secret.

- Tom, ne le prend pas mal mais... mon amant est encore plus mignon que toi.

Bill se pencha encore un peu plus, et rajouta.

- Adorable, sexy, et hyper hot au lit, si tu vois ce que je veux dire.

Bill lui fit un clin d'½il et gloussa. Tom rougit à ses mots, de nombreux souvenirs, tous plus tendres, excitants et assurément indécents revenant inopportunément à sa mémoire. Souvenirs qui ne l'aidaient pas à se retenir de sauter sur son petit frère, là, tout de suite. Bill rit encore un peu, et finit par se pencher totalement vers lui, ses mains derrière le dos, pour déposer une énorme bise sur sa joue en guise de lot de consolation. Reculant, il murmura encore, tendrement.

- Mais tu es le meilleur grand frère dont on puisse rêver.

A ces mots, Tom lui sourit en coin.

- Je sais.

Ils se fixèrent pendant quelques secondes qui passèrent dans un calme religieux, Bill semblant attendre quelque chose. Tom le remarqua et il secoua la tête, le regardant toujours.

- Ben quoi ?

Bill humpffa, faisant la moue. Il donna un petit coup inoffensif mais incisif dans le ventre du guitariste, s'attirant un couinement plaintif de celui-ci, puis il recula, croisant les bras et fronçant les sourcils, totalement vexé.

- Tu n'as rien à me dire de mieux que « je sais », espèce de mufle ?

Rougissant, Tom s'énerva un peu à ses mots. Il leva les yeux au ciel. Ce n'était pas comme si Bill ne savait pas qu'il n'était pas toujours aussi facile pour lui d'exprimer ce qu'il ressentait envers son jumeau. La frustration de leur précédente conversation lui revint aussitôt à l'esprit, et la bouche de Tom s'ouvrit toute seule pour lui répliquer ironiquement.

- Et toi tu penses que tu n'as rien de plus à me dire au sujet de Nathalie ?

Tom le regretta tout de suite. Bill s'immobilisa pendant quelques secondes, le regardant avec des yeux écarquillés. Grognant, Tom se maudit intérieurement quand il vit un sourire effrontément et odieusement amusé faire lentement son apparition sur le visage de son jumeau.

- Mais ma parole, tu es donc réellement jaloux d'elle ?

Tom se sentit immédiatement piqué.

- Non, je veux juste comprendre.

Bill observa à nouveau son index, examinant la plaie à présent refermée, faisant semblant de se désintéresser de la conversation. Il haussa les épaules.

- C'est un petit secret entre elle et moi.

Levant la tête, Bill lui fit à nouveau un clin d'½il taquin, reculant, et Tom rougit un peu plus, fronçant les sourcils. Comment ça, un petit secret ? Depuis quand Bill avait des secrets avec cette Nathalie, d'abord ?

Bill fit mine de vouloir sortir de la salle de bains, et Tom tenta d'agripper les mains de son frère pour l'en empêcher, mais celui-ci les mit derrière son dos et recula, marchant en arrière. Bill pencha la tête sur le côté, souriant et le titillant.

- Enfin, peut-être que je te le dirai, si tu es gentil avec moi.

Tom s'avança encore vers lui, et Bill finit par être acculé dans le coin juste derrière la porte. Si quelqu'un tentait d'entrer, il ne les verrait pas, mais il les écraserait certainement. Mais Tom s'en fichait pour l'instant. Bill ne l'avait que trop provoqué sans en mesurer les conséquences. Posant enfin une main sur la taille de Bill, il se colla à lui et murmura avec possessivité contre ses lèvres.

- Tu es à moi, ne l'oublie pas.

Leurs visages se frôlèrent et se caressèrent, et Bill ferma extatiquement les yeux à ses mots, souriant alors que Tom s'appuyait un peu plus sur lui, l'écrasant presque contre le mur. Les bras de Bill se refermèrent autour de ses épaules et sa voix se fit basse et rauque contre sa bouche. Leurs souffles devenaient de plus en plus courts.

- Putain, Tom. Embrasse-moi.
- Dis-le d'abord.
- Dire quoi ?

Bill jouait l'innocent. Il adorait faire ça, parce qu'il savait que ça faisait enrager Tom, ce dont il semblait se complaire à faire depuis déjà de longues minutes. Avec succès.

Mais le blond savait aussi comment impatienter son petit frère. Se frottant contre lui, sa main glissa sur ses hanches, mettant leurs bassins en contact, tandis que l'autre agrippa sa nuque. Bill miaula presque contre ses lèvres, et il le supplia encore, entrouvrant ses lèvres contre les siennes en espérant que Tom cède. Il voulait qu'il l'embrasse. Il fixa ses lèvres.

- Tom...

Tom grogna. Il n'avait aucune envie qu'on les entende, qu'on les surprenne. Il en mourrait si on les découvrait et si on les séparait. Mais en même temps, il avait besoin de ce contact intime, là, maintenant. Ces lèvres étaient trop tentantes.

Il serra un peu plus Bill, faisant couiner doucement celui-ci. Leurs yeux se plongèrent dans ceux de l'autre, et Tom continua leur petit jeu de provocation en susurrant.

- Pas avant que tu le dises.
- Comme si tu ne le savais pas.
- Comment je peux en être sûr alors que tu as des petits secrets avec... comment elle s'appelle déjà ?

Bill étouffa un petit rire devant la mauvaise foi évidente de son frère et il sourit contre ses lèvres, amusé.

- Nathalie, elle s'appelle Nathalie.
- Mouais, possible, de toutes façons je m'en fous.
- J'aime quand tu es jaloux.
- Dans tes rêves.

Bill rit encore, plus franchement cette fois-ci, et il prit quelques temps avant de répondre, fermant les yeux tandis que Tom caressait toujours sa nuque, ses doigts tellement doux qu'ils en étaient presque chatouilleux. Bill murmura en frémissant.

- Dans mes rêves, je suis à toi.

Il rouvrit les yeux, et Tom faillit s'y perdre. A cet instant, le monde semblait s'être suspendu à ces douces et délicieuses lèvres qui l'envoûtaient. Bill murmura encore, plus bas, ses mots pleins de sous-entendus, à la fois doux et sensuels.

- Entièrement à toi.

Sitôt il avait terminé de parler, sitôt les lèvres de Tom étaient sur les siennes, l'embrassant avec passion et avidité de baisers mouillés et étourdissants, leurs langues s'engageant dans un tumultueux mais tendre ballet.

La cuisse de Bill vint caresser la hanche de Tom et ce dernier gémit, les faisant légèrement glisser tous deux pour plaquer Bill dans le coin de la pièce, le soulevant légèrement. Tom frotta leurs bassins et glissant sa main dans les cheveux de Bill, il approfondit leur baiser. Il soupira de plaisir. C'était tellement bon.

Bill gémit à son tour dans le baiser, une de ses mains glissant sous le T-shirt de Tom pour toucher directement sa peau tandis que son autre bras allait se plaquer contre la porte dans une tape sonore, comme s'il voulait s'assurer que personne ne pourrait rentrer.

S'il n'y avait pas là de caméra pour les espionner, ils risquaient néanmoins de se faire prendre. Ils n'étaient pas si audacieux d'habitude, mais la tension était devenue tellement grande en deux jours à peine que le besoin de se rassurer en devenait irrépressible.

Tom recula légèrement, et murmura tout bas, continuant à caresser les cheveux du brun.

- Tu sais, je pourrais te prendre là, tout de suite, si tu le voulais.

Bill gloussa.

- Dépravé.
- Tu n'es pas mal non plus dans ton genre, en matière de dépravation.

Tom haussa moqueusement les sourcils, faisant remonter à la mémoire de son jumeau les événements de la veille. Rougissant, Bill émit un petit cri outré. Tom rit légèrement, le chatouillant au niveau de la taille. Bill se tortilla et recolla ses lèvres sur les siennes pour le déconcentrer, avec un certain succès. Le baiser était à présent plus doux, plus lent.

Quand ils se séparèrent au bout d'un moment, ils étaient tous les deux pantelants, les yeux fermés, front contre front. Finalement, Tom parla.

- On devrait y retourner. Maman doit nous attendre.

Bill acquiesça, soupirant de contentement en s'émerveillant intérieurement de sentir combien le contact de son jumeau et ses baisers parvenaient autant à le rassurer et à le calmer.

Tout allait s'arranger. Ils allaient trouver celui ou celle qui les faisait chanter, et tout redeviendrait comme avant. Ils pourraient s'aimer sans crainte, pour toujours.

Bill frémit, et alors que Tom reculait déjà, une main sur la poignée de la porte, le brun réclama encore ses lèvres pour un dernier baiser, le blond y répondant sans hésiter... quand deux voix les firent tous deux sursauter.

Non loin de là, deux personnes semblaient se disputer, des éclats de voix à peine étouffés arrivant à leurs oreilles. Un homme et une femme. Les mots étaient indistincts malgré le fait que le bruit ne cessait de grandir.

Bill et Tom s'interrompirent, se regardant d'un air interrogateur, et écoutèrent. Un éclat de voix masculin retentit encore, inintelligible, puis quelques secondes passèrent dans le silence le plus complet, si bien qu'ils pensèrent la dispute terminée. Pourtant, quelque chose sembla se renverser dans un vacarme épouvantable, un bruit de casse se faisant entendre, étrangement semblable à celui du verre brisé.

Ecarquillant les yeux, ils sortirent tous deux des toilettes et cherchèrent ce qui en était à l'origine, et ce n'est que plusieurs secondes plus tard qu'ils virent au détour d'un des couloirs de l'hôtel le capharnaüm.

En plein milieu de l'allée, obstruant presque totalement son passage, un gigantesque vase d'un verre rouge très épais et translucide, certainement une ½uvre d'art moderne d'une très grande valeur, s'était brisé en mille morceaux.

Et au milieu de ce bazar sans nom, Nathalie recherchait confusément, presque avec panique, les affaires de son sac qui étaient éparpillées au milieu des éclats de verre. Le contraste était étrange, et on se demandait bien comment telle situation avait pu arriver. A côté d'elle, David essayait tant bien que mal de la calmer, l'aidant à ramasser ce qui était tombé de son sac.

Bill et Tom échangèrent un regard et se rapprochèrent rapidement d'eux. Bill les interpella, un peu inquiet.

- Tout va bien ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

David secoua la tête.

- Rien, ce n'est pas grave.

Nathalie s'excusa immédiatement, embarrassée.

- C'est de ma faute, c'est moi qui ai fait tomber le vase.

Bill hésita, mais demanda quand même.

- On a entendu comme une dispute et on a pensé que...

Nathalie l'interrompit, le regardant droit dans les yeux et cherchant visiblement à se montrer rassurante. Elle rougit un peu plus.

- Oh, ce n'est rien. En fait, quelqu'un m'a bousculée et déséquilibrée. C'est pour ça que j'ai renversé le vase. Il ne s'est pas vraiment excusé et on a échangé... quelques incivilités.

David la fixa un temps sans rien dire, puis déclara, continuant à ramasser les affaires de la jeune femme.

- Universal paiera la note, ne vous inquiétez pas.

Nathalie rougit et s'excusa encore auprès du manager, ne remarquant pas que Tom venait de s'agenouiller à côté d'eux. Il regarda le foutoir éparpillé au sol d'un rapide coup d'½il. C'était fou tout ce qu'un sac de femme pouvait contenir, surtout qu'en plus de tous les bidules inutiles qu'elles trimballaient, Nathalie transportait avec elle une énorme mallette de maquillage, laquelle s'était à moitié ouverte.

Voulant redresser la boîte qui menaçait de se déverser totalement sur la moquette de l'hôtel, Tom la souleva légèrement, et il se figea.

En dessous, se trouvait un DVD sans boîte, sans inscription aucune, en tout point similaire à celui qu'ils avaient visionné deux jours auparavant.

Toujours paralysé, il ne sentit pas le regard de Nathalie sur lui, suivant l'axe de sa vision jusqu'à noter le DVD. Mais un quart de seconde plus tard, celle-ci s'était penchée précipitamment vers lui, ses cheveux blonds effleurant son genou alors que d'un mouvement fluide et agile, elle avait déjà subtilisé le DVD à sa vue.

Sentant l'odeur de son parfum, Tom se figea un peu plus, des sueurs froides lui parcourant le dos. C'était la même que celle qu'il avait sentie sur l'enveloppe.

Immobile, il n'osa pas la regarder. Elle savait. Elle devait savoir. Il en était sûr.

Bill n'avait rien vu, parlant avec David pendant que la courte action avait eu lieu, et déjà, plusieurs personnes de leur staff, ainsi que leur mère, arrivaient, attirés par le bruit qu'il y avait eu.

***

Quelques minutes plus tard, après que David et Nathalie aient répété inlassablement l'histoire de l'incident à tout le monde (rajoutant néanmoins suspicieusement et étrangement un peu plus de détails à chaque fois), chacun eut enfin quartier libre, et en quelques secondes, les jumeaux s'étaient retrouvés seuls avec leur mère dans le couloir de l'hôtel tandis qu'à quelques mètres d'eux, le personnel de l'hôtel s'activaient à récupérer les débris de verre que Tom ne pouvait s'empêcher de fixer.

Que s'était-il réellement passé ? Nathalie avait menti, il n'y avait aucun doute là-dessus.

Quant à Bill, celui-ci était plongé en grande discussion avec leur mère. Il était vraiment heureux, bien qu'agité également, de la savoir ici. Ils n'avaient pas tellement l'occasion de se voir quand ils étaient en pleine promo comme c'était le cas à présent, et vu les circonstances, il était content de pouvoir lui parler face à face.

Ils commencèrent à se diriger tous les trois vers la chambre de Bill, le chanteur et sa mère commentant vivement les événements mouvementés de la journée tandis que Tom restait silencieux, quand Simone s'arrêta, semblant penser soudainement à quelque chose.

- Je devais téléphoner à Gordon en arrivant. Même s'il ne pouvait pas venir, il s'est beaucoup inquiété pour vous.

Bill sourit. Il avait vraiment de la chance d'avoir des parents comme eux, et il n'était pas sûr de les mériter. Il se mordit les lèvres brièvement puis il sourit encore, bien que cette fois-ci ses yeux fussent fuyants. Il lui proposa.

- Téléphone avec mon portable. Il est dans ma chambre.

Mais Simone secoua la tête.

- C'est gentil mais ce n'est pas la peine. Je vais en profiter pour défaire ma valise, je reviendrai embêter mes fils préférés après.

Bill leva les yeux au ciel et il serra sa mère dans ses bras.

- Tu ne nous embêtes jamais.

Ils restèrent un moment immobiles, et Bill murmura encore.

- Merci d'être là.

Elle caressa le dos de son fils de manière rassurante et l'embrassa sur la joue avant de faire de même avec Tom, puis elle s'éloigna, leur souriant en leur promettant de venir les rejoindre dans la chambre de Bill d'ici une demi-heure.

Ils la regardèrent faire, et dès que celle-ci eut disparu de leur vue, ils se retrouvèrent entièrement seuls. Le couloir, l'hôtel même semblait désert. Dans le silence religieux qui régnait, Tom murmura, étrangement calme, attirant le regard de Bill.

- Nathalie sait.

Voyant que Bill ne comprenait pas, il lui raconta, chuchotant toujours plus bas appuyé face à face avec son frère devant la chambre de celui-ci.

Le DVD. L'odeur. L'embarras de la jeune maquilleuse. Le mensonge.

Ok, on ne pouvait savoir ce que contenait exactement ce DVD, l'odeur du parfum était plutôt assez commune et la gêne de la maquilleuse était compréhensible vu la casse qui s'élevait à plusieurs milliers d'euros, mais Bill ne pouvait nier qu'elle avait menti. Tom chuchota un peu plus fort pour accentuer ce dernier point, s'énervant face à l'hésitation de son jumeau à reconnaître que l'attitude de Nathalie était suspecte.

- Je croyais qu'on avait dit qu'on se baserait sur des faits, pas sur des impressions. Et là, on en a justement, des preuves.

- J'appelle pas ça des preuves.

- Voyons Bill, son histoire ne tient pas debout ! Elle serait tombée et aurait fait basculer un vase qui est plus lourd qu'elle parce qu'un type l'aurait bousculée? Même le directeur de l'hôtel n'a pas semblé en croire un mot !

Bill tenta d'argumenter, agitant la clé de sa chambre entortillée autour de ses doigts en levant son bras droit.

- David était là.

- Et il n'a pas vu ce fameux type.

- Mais on a entendu la voix d'un mec !

- Se disputant avec elle avant que le vase se brise, alors qu'elle soutient qu'elle s'est engueulée avec lui après. Bill, elle ment.

Bill hésita un moment puis finit par secouer la tête.

- Peut-être, mais je suis sûr qu'elle n'y est pour rien.

Tom s'énerva. Comment Bill pouvait encore faire confiance à cette fille ?

- Qu'est-ce qu'il te faut de plus comme preuve ?

Bill haussa les épaules.

- Ce n'est pas une question de preuves, je me fie à mon intuition, c'est tout.

Tom le fixa un moment, semblant prêt à exploser de colère. Ils avaient des faits, et Bill faisait maintenant confiance à son intuition alors qu'ils avaient été d'accord la veille pour se baser sur des preuves bien concrètes. Néanmoins, Tom soupira finalement, vaincu par le petit sourire que Bill arborait à présent. Le brun utilisait son charme pour le calmer, et le blond ne pouvait y résister, une fois de plus. C'était de la triche pure et simple. Pour se venger, il tendit une main pour le chatouiller, Bill s'y dérobant lestement, gloussant. Tom se moqua gentiment.

- C'est vrai, j'avais oublié ton intuition féminine.

Bill lui lança un regard faussement noir, plissant des yeux, puis il lui tira la langue, faisant rire Tom.

- Tu ne sais même pas ce que c'est, de toute façon.

Bill se mit à farfouiller avec la clé pour ouvrir la porte. Oubliant leur conversation précédente, Tom sourit étrangement, parlant nonchalamment. Il n'avait peut-être pas d'intuition, mais il savait viser juste.

- N'en sois pas si sûr. La jolie jeune fille avec laquelle je suis sorti il y a quinze jours de ça me l'a très bien expliqué.

A ces mots, Bill se figea un instant, et bien que Tom ne pouvait pas voir l'expression sur son visage, il la devina sans mal. Bill ouvrit la porte sans dire un mot, et Tom le suivit à l'intérieur. Après tout, il le pouvait bien, maintenant qu'ils avaient nettoyé leurs chambres de toutes les caméras. Une fois rentrés à l'intérieur, dans le petit couloir de la suite, Bill enleva sa veste en cuir, l'accrochant au portemanteau. Il faisait plutôt sombre malgré le fait qu'il n'était que 17h, vu le sale temps qu'il faisait dehors. Le brun toussa pour s'éclaircir la voix.

- Je croyais qu'on avait dit qu'on ne reparlerait plus de ça.

Tom s'appuya de l'autre côté du couloir, l'observant attentivement, l'air sérieux. Il le provoqua.

- Elle était canon.

Une fois de plus, Bill détourna la tête et Tom observa avec de doux yeux la silhouette gracile aux longs cheveux bruns méchés de blancs qui tombaient gracieusement sur les frêles épaules. Il observa les traits fins du visage de Bill se crisper et il jubila intérieurement sans la moindre honte, content d'obtenir l'effet escompté.

En effet, deux secondes plus tard, Bill se tournait vers lui pour plaquer ses deux mains à plat sur le mur derrière Tom. Il le fixa, les yeux dans les yeux, quasiment nez à nez. Sa voix et son sourire se firent étrangement dangereux et menaçant, et Tom déglutit quand Bill murmura, haussant les sourcils.

- Plus que canon que moi ?

Tom ouvrit la bouche pour répondre, mais Bill le devança, se rapprochant encore plus près, si cela était possible.

- Je te préviens que si tu réponds mal à cette question, c'est une semaine entière d'abstinence qui t'attend.

Les yeux de Bill lançaient des éclairs et Tom regarda le plafond pour leur échapper, faisant mine de réfléchir sérieusement à la question pendant un moment, puis il reposa les yeux sur lui. Il soupira, souriant sincèrement.

- Tu aurais dû la voir. Le genre grande, belle et sexy... La fille de mes rêves quoi. Mais elle n'était pas aussi canon que toi, si ça peut te rassurer. Après tout, ce n'était qu'une aventure d'un soir, tu le sais bien. Il n'y a que toi qui comptes.

Ses derniers mots avaient été prononcés très doucement, et Tom le regardait à présent en souriant tendrement, ses yeux brillants attendant visiblement la réaction de son frère. Bill le fixa un temps, puis secoua la tête, résigné. Il soupira, étouffant un petit rire. Un jour, son frère allait le rendre complètement dingue, si ce n'était pas déjà fait.

Bill sourit, rougissant légèrement, puis fermant à moitié ses yeux, il se pencha jusqu'à déposer un petit bisou sur ses lèvres, apparemment satisfait de sa réponse.

- Bien.

Ils fermèrent entièrement les yeux, et Bill reposa encore ses lèvres sur les siennes, s'y attardant un peu plus, avant de recommencer, encore et encore, toujours plus tendrement et goulûment, leurs salives se mélangeant. Bill menait la danse, et Tom semblait adorer, se laissant emporter par le nouveau ballet de leurs langues que son frère dirigeait.

Les mains de Tom glissèrent autour de la taille de Bill pour l'attirer plus près, le serrant fort jusqu'à le faire couiner délicieusement dans sa bouche. Le chanteur prit délicatement le visage de Tom dans ses mains, continuant à l'embrasser, de manière toujours plus douce et gourmande.

Tom finit par se dégager, haletant. Il observa l'attrayant maquillage autour des yeux de Bill, ces derniers le regardant d'un air hagard, le brun étant encore complètement drogué par leur baiser. Le blond murmura avec hésitation, semblant apporter un bémol à sa réponse.

- Cependant, il y a quelque chose que je ne t'ai pas dit. La soirée que j'ai passée avec cette fille...

Il s'arrêta et Bill murmura timidement pour l'encourager.

- Quoi ?

Tom rougit un peu et il caressa du revers de ses doigts la mâchoire de Bill, penchant un peu la tête, pensif.

- Je pense que c'était l'une des soirées les plus romantiques que j'aie pu passer de toute ma vie.

Bill murmurant encore doucement, le fixant.

- Vraiment ?

Tom acquiesça lentement, continuant ses caresses. Il rougissait et commençait à avoir vraiment chaud. Les papillons s'agitant dans son ventre le faisaient frissonner pourtant.

- J'ai adoré le resto, la balade dans le parc enneigé,...
- ... la fin de la soirée aux chandelles à faire l'amour sous une énorme couette jusqu'à 4 heures du mat' ?

Tom fronça volontairement les sourcils.

- Comment tu sais ça toi ?

Bill étouffa un petit rire et répliqua.

- Hm, intuition féminine ?

Ils gloussèrent tous les deux et s'embrassèrent encore de quelques doux baisers avant de s'observer pensivement. Finalement, Bill soupira, souriant avec hésitation.

- J'espère quand même que tu préfères ton petit frère.

A ces mots, Tom sourit et le serra dans ses bras. Il embrassa son cou avant de murmurer contre sa peau, respirant profondément son odeur.

- Bien évidemment.

Bill ferma les yeux, mais les rouvrit vite quand son jumeau ajouta, lui faisant une petite moue.

- Cependant...
- Quoi ?
- Je ne serais pas contre la revoir. Elle était vraiment hyper sexy après tout.

Tom gloussa en voyant Bill froncer soudainement les sourcils, le brun luttant pour se retenir de rougir, en vain. Le guitariste rigola moins cependant à ses prochains mots, le chanteur penchant sa tête sur le côté en battant des cils et parlant d'une voix doucereuse.

- Tomi ?
- Oui, Bill ?
- Ca sera deux semaines d'abstinence...

Tom protesta immédiatement d'un cri aigu révolté mais Bill se détournait déjà, un petit sourire narquois et impitoyable sur les lèvres. Tom essaya de l'attraper par la taille, les deux jeunes hommes éclatant de rire à la fin de leur petit jeu de rôle. Ils entrèrent ainsi un peu plus dans la chambre assombrie par l'éclairage naturel peu généreux donné par le temps maussade allemand.

Bill essayait faiblement de se défaire de son emprise, gloussant un peu plus quand Tom parvint à lui faire faire volte-face et à déposer ses lèvres rieuses sur les siennes, enlaçant leurs corps.

Mais lorsque ses chaussures heurtèrent ce qui semblait ressembler à du papier, le froissant en le foulant de ses pieds, Bill jeta un coup d'½il curieux vers le sol. Détachant un peu ses lèvres de celles de Tom, il fronça les sourcils alors que son frère s'attaquait déjà à son cou.

Il frémit en distinguant ce dont il s'agissait.

- Tom.
- Mh ?

Le repoussant doucement mais fermement, Bill se précipita vers la lumière, suivi des yeux par Tom. Quand il l'alluma, Bill se paralysa devant la scène, son air pétrifié obligeant Tom à se tourner lentement pour regarder lui aussi la chambre. Quand il vit la scène, il se glaça.

Table, lit et sol étaient entièrement recouverts de photos, loin d'être anodines.

Ci et là, on pouvait voir les jumeaux dans des situations plus ou moins compromettantes, plus ou moins dénudés, mais toujours explicites.

Déchirant le silence, Bill marcha sur le sol jonché de papier numérique, écrasant sans même y songer une dizaine de photos. De toutes façons, il y en avait certainement là quelques centaines, et si cela était encore possible, Bill se sentit encore plus violé qu'il ne l'avait été en voyant la vidéo, pourtant bien plus explicite que la plupart de ces images.

Bill se figea encore en pensant que quelques minutes auparavant, il avait invité leur mère à téléphoner à leur beau-père dans cette même pièce où il se tenait, entouré de preuves plus qu'explicites sur la rumeur... non... la vérité de la relation entre son frère et lui.

Mais ce fut quand Bill aperçut quelques photos en particuliers, posées devant lui sur le rebord du lit parmi tant d'autres, qu'il sentit les larmes lui monter aux yeux.

Sur l'une, on pouvait les voir, à travers une fenêtre, dînant dans un chic restaurant canadien, leurs mains sur la table entrelacées, tandis que sur l'autre, on pouvait les voir d'assez près, main dans la main, dans un parc canadien recouvert de neige, marchant le long d'un lac gelé que les lumières du parc illuminaient magiquement. Bill portait un manteau très élégant de haute couture femme et un maquillage si féminin que n'importe qui aurait juré sans hésitation qu'il s'agissait d'une fille.

Bill frissonna en voyant d'autres photos, de moindre qualité, à côté, visiblement capturées à partir d'une vidéo. Au milieu de flammes dansantes de quelques bougies, deux corps nus enlacés sous une immense couette d'un blanc immaculé ne laissaient pas de doutes sur leurs activités.

Ce jour-là, de passage au Canada, ils avaient cherché à sortir incognitos, et malgré un embarras certain, Bill avait accepté bon gré mal gré de se déguiser, sous la suggestion amusée de son jumeau qui avait adoré ce petit jeu. Et personne ne s'était rendu compte de rien. Pourtant, une personne au moins, leur maître chanteur, n'avait pas été dupe une seule seconde.

Bill porta une main devant son visage, sanglotant de larmes silencieuses, tandis que son jumeau s'approcha de lui glissant une main hésitante sur son dos, Tom regardant avec une anxiété inégalée la pièce autour d'eux, se demandant si le maître chanteur avait remis des caméras.

Mais Bill s'en foutait bien à présent, des caméras. Il avait compris.

Qui que soit la personne qui les faisait chanter, celle-ci avait assez de photos et vidéos pour les faire tomber.

Une seule chose importait à présent. La trouver et savoir ce qu'elle voulait. Savoir pourquoi elle les torturait. Pourquoi elle détruisait leurs vies et ce qu'il y avait de plus beau à l'intérieur. Leur amour.

A côté de lui, Tom jura, et Bill comprit vite pourquoi en le regardant fixer avec terreur l'heure. D'ici quelques minutes à peine, leur mère serait là, frappant à leur porte. Il fallait qu'ils se dépêchent de cacher tout ça, vite, très vite.

Mais alors que Bill se jetait dans ses bras, des sanglots déchirants s'étouffant contre son épaule, Tom accorda à son jumeau et à lui-même un moment de répit, s'accrochant éperdument à lui en espérant que le temps s'arrête.

À suivre...

Donnez une note à ce chapitre : * ** *** **** *****

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Comments :

  • lollipopthetop

    24/12/2010

    Bon ba la je vois pas trop comment ils vont s'en sortir ...

  • protection-witness

    28/07/2009

    Je suis vraiment perplexe.
    Qui peut bien leur faire sa ?

  • Lillou483

    06/07/2008

    Hanlala ce chapitre de fou! Oo"
    Nan mais c'est vrai qu'on dirait que c'est Nathalie mais en fait c'est peut-être David aprés tout...Nathalie est peut-être au courant mais est gentille et essaye de cacher les preuves...breff" je vais lire les suites...

  • carpe-diem--x

    10/06/2008

    et ben!! y a un (ou une) qui s'est bien amusé à prendre toutes ces photos!!! c'est un truc de fou quand même!! j'ai écrit un OS la dessus mais le gars n'avait que quelques photos et pas de vidéo.... à croire que c'est un fantasme que tout soit révélé par la presse! lol! mais j'espère pas!! franchement je préfère ne rien savoir que de l'apprendre comme ça!!

  • thlovefiction

    25/05/2008

    putain elle me fou trop les chtons cette fic bordel !!
    serieux je deviens parano moi aussi
    xd
    J'espere qu'y aura vite la suite xd
    Vous ecrivez super bien bisoux

  • th-rainbowtatoo-fic

    14/05/2008

    plus ça avance et plus je suis sure que c'est nathalie parce que ya l'histoire de quan elle parlé des visages de tom et bill et qu'elle disait qu'il été différent et vu kel les voi tout le tmep de très près elle sait facilement faire la différence et pui selle doit etre follement amoureuse du porc-épic =)

  • MackyxReden

    05/05/2008

    Tu écris vraiment bien, tes hsitoires sont extra !

  • MackyxReden

    05/05/2008

    & aussi cette page 9 ! Il me tarde de lire ta nouvelle fic !

  • MackyxReden

    05/05/2008

    Il me tarde vraiment cette suite :D

  • Po

    04/05/2008

    Waaaa O_o
    Euh.....Waaaaa quoi XD
    Super suite....Merci beaucoup
    Tu as un réel talent pour faire passer les émotions c'est...Waaaa

    Bon jcrois que jme repete --'
    Vivement la suite
    Bye :)

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