Parfum de scandale (2/?)

Suite écrite en collaboration avec Winry! ^o^
Ce chapitre est d'ailleurs son oeuvre! La fic sera postée à la fois ici et sur son blog dans son intégralité.
Illustration à l'intérieur faite par Winry. :D

Très bonne lecture!

***

Parfum de scandale

Chapitre 2

Le visionnage de cette vidéo affectait profondément les jumeaux. Ils restèrent un long moment comme figés devant l'écran de l'ordinateur portable qui affichait toujours l'image immobilisée de leurs deux corps tendrement enlacés sur le lit de cette chambre d'hôtel. Leurs visages étaient tellement détendus à ce moment là, ils étaient tellement heureux, souriants. Et cela ne s'était passé qu'un mois auparavant. A présent ils avaient l'impression que leur paradis s'était changé en enfer.

L'enfer, c'est les autres.

Cette phrase de Jean-Paul Sartre ne leur avait jamais semblée plus vraie. Ils pourraient être tellement heureux sans le regard des autres, sans leur jugement, sans leur dégoût. Et heureux, ils l'avaient été, oui, tant qu'ils avaient été dans leur bulle. Mais voilà qu'un intrus avait violé leur intimité, sali leur amour, souillé leur bonheur.

Après quelques minutes passées comme en état de choc, Tom referma plutôt brusquement le portable et le déposa au sol. Il voulut prendre Bill dans ses bras, à la fois pour lui apporter du réconfort, mais également parce qu'il avait besoin de son contact, cependant Bill s'écarta et se leva du lit, mettant une certaine distance entre eux. Tom eut peur un instant que son frère le déteste vraiment finalement, qu'il le déteste de leur avoir causé tous ces ennuis en l'embrassant par mégarde. Puis il se rappela les paroles de Bill et cela le rassura un peu : Ce n'est pas ta faute. S'il y a quelqu'un qui est fautif ici, c'est moi, tu le sais bien... parce que je t'aime.

Non, son frère n'allait pas le rejeter, il en était certain. Ils s'aimaient trop pour ça. Il se leva du lit à son tour et s'approcha un peu de Bill en tendant le bras vers lui, mais Bill recula encore.

- Bill...

- Non, ne t'approche pas trop près.

- Mais enfin pourquoi? demanda Tom avec une pointe de frayeur dans la voix.

- Si ça se trouve... si ça se trouve, on nous regarde en ce moment même. Si tu t'approches trop je vais...

Bill reculait encore en secouant doucement la tête. Tom avait compris son frère à demi-mot. Bill avait peur de ne pas pouvoir se retenir de se serrer contre lui, de l'embrasser comme un frère ne devrait pas le faire et qu'une fois de plus, leurs faits et gestes soient enregistrés quelque part.

- Bill, personne ne nous regarde, on est seuls.

- AH OUI? Et c'était quoi ÇA ?! cria Bill en pointant le doigt sur l'ordinateur abandonné au sol.

Il est vrai que la façon dont cette vidéo avait pu être prise restait un mystère. Comment était-il possible qu'une caméra ait pu filmer l'intérieur de la chambre? Ce n'était pas filmé depuis une fenêtre car sur le film, on voyait bien la lumière provenir de la gauche, depuis la fenêtre en question. Cela voulait donc dire que la caméra se trouvait dans la chambre. Il était peu probable que ça soit une caméra propre à l'hôtel, pour la surveillance. Ils n'avaient pas le droit de filmer ainsi la vie privée des gens. Cela voulait donc dire que quelqu'un avait placé cette caméra à cet endroit.

Tom baissa la tête, il ne savait pas quoi répondre à son frère et il avait besoin de lui, besoin de le serrer contre lui. Ses mains le picotaient tant il avait envie d'atteindre Bill, de le toucher. Quand il vit Bill se mettre à trembler, il comprit que lui aussi en avait envie, en avait besoin. Plus que de son amant, il avait besoin de son frère. Il referma la distance entre eux de quelques pas et entoura Bill de ses bras, posant sa tête sur son épaule. Il sentit Bill se tendre un peu dans son étreinte, comme s'il voulait y résister. Il lui caressa doucement le dos en faisant de petits cercles réconfortants et finalement, Bill se relâcha et l'entoura à son tour de ses bras.

- J'ai peur, Tom, qu'est-ce qu'on va faire? dit Bill en tremblant toujours.

Tom colla la joue de Bill contre la sienne et lui caressa les cheveux tout en lui murmurant quelques mots.

- Ecoute, il faut voir le bon côté des choses. Si cette personne a pris la peine de nous envoyer ce CD, c'est certainement qu'elle attend quelque chose de notre part. De l'argent, je sais pas... Mais en tout cas, on a peut-être moyen d'éviter qu'elle rende tout ça public, même si ça veut dire qu'on devra céder à son chantage.

Il acheva sa phrase en embrassant tendrement la tempe de Bill.

- Oui, tu as raison... on peut sûrement arranger les choses.

Ils restèrent encore quelques instants enlacés, profitant de la proximité rassurante de l'autre, puis finalement, Bill se détacha doucement et plongea son regard dans celui de Tom.

- Je crois... qu'il serait plus prudent que tu rejoignes ta chambre maintenant, murmura-t-il à quelques centimètres de la bouche de son frère.

Tom leva un sourcil interrogateur vers lui. Ils avaient la chance de passer la nuit dans un hôtel, ce soir. En général, cela voulait dire qu'ils pouvaient dormir ensemble, dans le même lit, sans éveiller les soupçons, chose impossible dans le tourbus. Ils profitaient de chaque occasion qui se présentait et en refuser une n'était qu'exceptionnel.

- J'ai pas confiance, quelqu'un nous surveille. J'arriverai pas à dormir si je m'imagine qu'on puisse nous surprendre.

Tom souffla un peu de déception, mais il comprenait la réaction de Bill. Ils étaient tous les deux secoués, à vrai dire.

- Bon d'accord, mais...

Il se pencha pour lui chuchoter la suite au creux de l'oreille, au cas où on pourrait l'entendre.

- ...mais il me faut mon bisou de bonne nuit, acheva-t-il en pinçant le lobe de l'oreille de Bill entre ses lèvres.

- Tom! s'exclama le chanteur en regardant de gauche à droite. Arrête ça, tu sais très bien que ça peut vite dégénérer. On n'a pas besoin de plus de preuves contre nous.

Tom tendit alors le bras derrière Bill et atteignit l'interrupteur placé à côté de la porte. La pièce plongea dans un noir d'encre.

- Voilà, plus de preuves, souffla Tom avant de s'emparer des lèvres de Bill.

Il l'embrassa doucement, capturant ses lèvres entre les siennes, les relâchant pour mieux venir les rechercher un instant plus tard. Il les humidifiait occasionnellement de sa langue et quand celle de Bill vint à sa rencontre, le baiser se fit beaucoup moins chaste. Il enfonça enfin sa langue dans la bouche de son frère et le baiser s'approfondit rapidement. La langue de Tom vint s'enrouler autour de celle de Bill et il lui tint la tête de ses deux mains pour empêcher de s'enfuir son frère qui n'en avait de toute façon aucune envie. Ils s'embrassèrent longtemps, s'accrochant désespérément l'un à l'autre. La chaleur commençait à monter entre leurs deux corps et quand Bill ne put réprimer un gémissement qui vint se perdre entre leurs deux bouches, il rassembla toute sa volonté et s'écarta de Tom, à bout de souffle.

- Pars. Maintenant.

- Ou sinon quoi? demanda Tom lui aussi haletant.

- Tu sais très bien quoi, dit Bill en plaçant une main sur l'entrejambe plus qu'éveillé du guitariste. On peut pas dans ces circonstances, reprit-il en s'écartant de nouveau.

Tom souffla par le nez avec défaitisme et ralluma la lumière. Il serra brièvement la main de Bill dans la sienne et sortit de la chambre. Il traversa le couloir et rejoignit sa propre chambre en se félicitant de porter des vêtements aussi larges. Il est vrai qu'il ne pouvait pas vraiment se permettre d'être vu sortant de la chambre de Bill avec une érection lui déformant le pantalon.

Il se dévêtit rapidement et se glissa dans son lit. Il restait étendu là, les bras en croix et les yeux grands ouverts. Les événements de la journée défilaient dans sa tête et il ne parvenait pas à trouver le sommeil, bien qu'il se sente épuisé. Il tournait et retournait dans son lit. Près de Bill, peut-être serait-il parvenu à se détendre suffisamment pour grappiller quelques heures de sommeil. Là cependant, il sentait venir la nuit blanche. N'étant pas jumeaux pour rien, Bill, à quelques mètres de lui, se trouvait dans une situation parfaitement similaire.

***

Le lendemain, Bill fut réveillé par la sonnerie de son réveil alors qu'il avait l'impression d'avoir tout juste réussi à s'endormir. Il grogna et remonta les couvertures par-dessus sa tête, voulant oublier le reste du monde pour encore quelques heures. Lentement, la raison pour laquelle il avait mal dormi cette nuit là lui revint en mémoire et il sentit le rythme de son c½ur s'accélérer. Il n'avait plus du tout sommeil à présent mais il regrettait d'avoir chassé Tom la veille. Il aurait aimé pouvoir se blottir contre lui à cet instant, enfouir son visage dans le creux de son cou et nier les problèmes qui pesaient sur leurs épaules.

Il repoussa les couvertures et l'air frais de la chambre frappa sa peau dénudée. Il se leva difficilement, se sentant courbaturé par le manque de sommeil et se dirigea vers la salle de bain. Il était certain qu'une bonne douche chaude améliorerait considérablement les choses.

Il alluma l'eau et observa ses traits tirés dans le miroir en la laissant se réchauffer. Quand l'eau fut à la bonne température, il entreprit de retirer son caleçon. C'est alors que lui vint l'idée saugrenue que peut-être, en cet instant même, il pouvait être observé. Peut-être que ce miroir était une vitre sans teint et que derrière se trouvait la personne qui lui pourrissait l'existence depuis la veille. Il savait bien que c'était stupide d'imaginer ça mais il se hâta tout de même de se déshabiller et de se glisser sous le jet. Il ne put s'empêcher de se sentir soulagé quand la vapeur l'entoura, le cachant de ces regards imaginaires.

En se douchant, il se traita d'idiot de se laisser aller à imaginer des choses aussi stupides. C'est pourquoi, une fois qu'il eut terminé de se doucher, il prit son temps pour sortir, prendre une serviette et l'enrouler autour de ses reins. Une façon de se prouver qu'il ne se laissait pas gâcher la vie par des peurs idiotes, qu'il n'avait aucune raison de "se cacher" alors qu'il était seul. Il retourna dans sa chambre, mais une fois de plus, son esprit tournait à mille à l'heure. Ils avaient été filmés dans leur propre chambre d'hôtel, qu'est-ce qui lui prouvait qu'il n'était pas filmé à l'instant?

Alors qu'il avait l'habitude de s'habiller près de ses valises, sélectionnant les vêtement au fur et à mesure qu'il les enfilait, cette fois ci, il prit tout ce dont il avait besoin et retourna s'habiller dans la salle de bain. Il se maudissait d'agir ainsi alors que quelques minutes auparavant il cherchait un moyen de ne pas se laisser gâcher la vie par tout ça, mais il ne pouvait vraiment pas se résoudre à se retrouver entièrement nu dans cette chambre. Même une fois dans la salle de bain, il enfila son boxer sans retirer sa serviette, en guise de précaution.

Il termina de s'habiller et de se préparer tout en se disant que la situation ne pourrait pas durer éternellement car il finirait par perdre la raison avant. Il repensait aux paroles de Gustav la veille. La personne qui avait pris la photo faisait partie de leur équipe. Bill essayait de se passer en tête la liste des personnes qu'il côtoyait tous les jours et cela lui semblait invraisemblable. Jamais il n'aurait imaginé que l'un d'entre eux en arriverait à leur faire ça.

Une fois prêt, il regagna la chambre et au même moment, quelques coups furent frappés à la porte. Sans qu'il n'ait le temps de répondre, Tom ouvrit la porte et entra avant de la refermer derrière lui.

- Alors? Comment tu te sens ce matin? demanda Tom d'une voix soucieuse.

- Pas terrible, j'ai à peine dormi. Et toi?

- Pareil. J'ai stressé toute la nuit sur la journée d'hier et là je stresse encore parce que le Bild doit être en vente en ce moment même.

Bill posa une main sur sa bouche grande ouverte et ses yeux écarquillés reflétaient parfaitement sa surprise.

- Oh, putain de merde. Avec le coup du DVD, j'avais complètement oublié que ce torchon devait paraître.

Ils n'eurent pas le temps d'en parler plus longuement qu'une nouvelle fois, des coups furent frappés à la porte. Cette fois-ci cependant, la personne attendit le feu vert de Bill avant d'entrer. C'était David et dans ses mains se trouvait un exemplaire du magazine dont ils parlaient à l'instant.

- Bon les gars, désolé de vous mettre ça sous le nez de si bon matin, mais je suppose que vous voulez savoir de toute façon.

David présenta le magazine ouvert à la bonne page aux jumeaux. Les clichés que David leur avait montrés la veille se trouvaient bien évidemment étalés sur toute la double page, mais ce n'était pas ce qui les intéressait le plus. Ils étaient curieux de savoir ce que le fameux informateur avait à raconter. Ils parcoururent rapidement l'article des yeux.

Les jumeaux Kaulitz entretiennent
une relation incestueuse depuis
de nombreuses années.

Je les ai surpris plusieurs fois
à s'embrasser quand ils pensaient
que personne ne les voyait.

Ils se rejoignent le soir
dans leurs chambres d'hôtel.



Toutes ces choses étaient vraies, mais une personne ayant inventé toute cette histoire aurait pu en dire autant. Il n'y avait pas de détail déterminant prouvant la véracité de ces propos, et ça, c'était leur seule chance de démentir toutes ces accusations.

- Nos avocats sont déjà sur le coup, la plainte sera déposée ce matin.

- Ok, acquiescèrent les jumeaux d'une même voix.

- Bon j'ai déprogrammé les interviews prévues aujourd'hui, histoire qu'on ait le temps de mettre au point ce que l'on va répondre à toutes les questions que les journalistes auront certainement à vous poser. Mais il faut que l'on contre-attaque assez rapidement, donc demain, conférence de presse, ça vous va?

- Oui, si on tarde trop, ça paraîtra suspect, répondit Bill.

- Exactement, enchaîna David. Donc aujourd'hui, votre emploi du temps se retrouve plutôt allégé. Il ne reste plus que le photo shoot à onze heures et la séance de dédicace à quinze heures.

- D'accord, merci David.

- De rien les gars.

David se leva et se dirigea vers la porte, il posa la main sur la poignée mais se tourna vers les jumeaux avant d'ouvrir.

- Si je peux me permettre... ouvrez l'½il aujourd'hui. Essayez de voir si on vous prend en photo. Si la taupe se trouve effectivement parmi nous, elle va peut-être continuer à essayer de prendre des clichés.

Et sur ces quelques mots, David ressortit de la chambre. Bill poussa un grand soupir et se laissa tomber sur le dos sur le lit.

- Quand je pense que quelqu'un a qui on fait confiance nous a trahis comme ça... ça me rend malade, dit Bill.

- Oui, et le pire, c'est que tout le monde est suspect, répondit Tom en s'allongeant sur le côté, près de Bill.

Il observa le visage de son frère un moment. Son profil se découpait sur le mur blanc de la chambre qu'il voyait derrière lui. Il admira la courbe de son nez, de ses lèvres, ses yeux maquillés de noir qui papillonnaient. Il ne put s'empêcher de tendre la main et de lui caresser doucement la joue. Bill soupira et pressa un peu plus son visage contre la main chaude de Tom.

- Ne t'inquiète pas, Bill, je suis sûr qu'on finira par savoir qui c'est.

***

Dix heures trente. Le groupe sortit de l'hôtel, entouré de leurs gardes du corps et se dirigea vers le van. Alors qu'ils grimpaient à l'intérieur, Bill remarqua que le chauffeur pianotait sur son portable. Les paroles de David lui revinrent en mémoire.

Elles ont sûrement été prises avec un de ces foutus portables.

Il regarda le chauffeur avec suspicion tandis que celui-ci continuait de taper son SMS ou de faire dieu sait quoi d'autre avec l'appareil, inconscient du regard insistant du chanteur sur lui. David monta à son tour dans le van, côté passager et fit signe au chauffeur qu'ils pouvaient partir. Celui-ci rangea son téléphone dans sa poche et démarra. Bill ne cessa pas de le fixer. Cette personne était-elle vraiment de confiance? C'était leur chauffeur depuis des années et ils s'entendaient tous très bien avec lui, mais au fond, le connaissaient-ils vraiment?

Voyant l'attitude de son frère, Tom lui tapota le bras et leva vers lui un sourcil interrogateur. Bill décrocha enfin les yeux du chauffeur et se renfonça dans son siège en secouant la tête. S'il en venait à soupçonner toutes les personnes possédant un téléphone portable qui a un appareil photo, il n'en aurait jamais fini car c'était le cas de presque tout le monde.

Ils arrivèrent au studio photo environ un quart d'heure plus tard et descendirent du véhicule, toujours entourés de leurs gardes du corps. Bill les détailla un à un. Ils étaient cinq ce jour là. Bien sûr, Saki et Tobias étaient toujours à leurs côtés. Les trois autres changeaient parfois, mais ils les connaissaient tous assez bien. Bill se demanda si l'un d'entre eux était la personne qui leur avait envoyé le DVD. Ça serait vraiment ironique si l'une de ces personnes sensées les protéger était celle qui les attaquait. Et pourtant, leur travail ne devait pas être drôle tous les jours et les gens seraient capables du pire pour de l'argent.

Il entrèrent dans le bâtiment et allèrent directement dans les loges pour se faire maquiller. Georg, Gustav et Tom passèrent en premier, étant donné qu'ils étaient ceux qui demandaient le moins de travail. Bill observa faire Nathalie. Elle aussi cela faisait des années qu'elle les suivait. Elle était toujours extrêmement sympathique avec eux. Peut-être même un peu trop sympathique, mais peut-être qu'elle n'agissait comme ça que pour brouiller les pistes. Evidemment, qui irait soupçonner une personne aussi adorable que Nathalie de faire une chose aussi horrible? Et pourtant, bien souvent les apparences son trompeuses.

- Bill, c'est à toi, dit justement la maquilleuse.

Bill se leva et alla s'installer dans la chaise en face de celle de Nathalie. Celle-ci sortit ses poudres, ses fards à paupière et ses pinceaux et entreprit de faire un raccord maquillage au chanteur.

- Bill arrête de me regarder en plissant les yeux, comment veux-tu que je te maquille correctement?

Bill ne s'était même pas rendu compte qu'il la regardait ainsi. Vraiment, il allait finir paranoïaque s'il continuait à chercher quelque chose de suspect chez tout le monde. Il se força à détendre son visage et à laisser Nathalie travailler tranquillement.

Alors que Nathalie faisait courir ses pinceaux sur sa peau, il laissa ses pensées vagabonder. Il pensait à la jeune femme qui s'occupait de lui en ce moment même. Il se traita d'idiot de l'avoir soupçonnée, alors qu'elle, plus que les autres, n'aurait jamais cherché à lui faire du mal. Il le savait car Nathalie lui avait fait quelques révélations, près de deux ans auparavant, peu de temps après son dix-huitième anniversaire.

C'était juste avant un concert qu'il devait jouer durant la tournée française. Il ne se rappelait plus la ville exactement, mais ce n'était pas le plus important. Les autres membres du groupe étaient déjà passés au maquillage et ils étaient partis régler leurs instruments pendant que Nathalie s'occupait de Bill, comme à cet instant. Ils étaient seuls dans la petite loge.

Flashback

- Tu sais, Bill, tu as vraiment un beau visage. C'est un vrai plaisir de travailler sur toi.

- Oh merci. Mais j'imagine que ça doit être la même chose sur Tom, alors, répondit le chanteur.

Nathalie posa son pinceau et regarda Bill dans les yeux. Celui-ci se demanda pourquoi elle s'était interrompue, mais il attendit qu'elle reprenne la parole.

- Non, vous avec beau être jumeaux, c'est complètement différent avec toi.

Bill remarqua que les joues de la jeune femme commençaient à rosir, mais il la laissa continuer.

- C'est peut-être parce qu'avec toi je peux faire un maquillage plus élaboré, je sais pas, mais en tout cas j'apprécie vraiment de travailler avec toi. Et je...

- Oui?

- C'est aussi la raison pour laquelle je te maquille toujours en dernier. J'aime prendre mon temps.

- Tu gardes le meilleur pour la fin? plaisanta le chanteur.

- Exactement, répondit la maquilleuse en reprenant son travail.

Elle resta silencieuse quelques instants puis reprit la parole.

- J'ai toujours trouvé que tu avais un visage agréable, mais tu as mûri ces derniers temps. Tu es devenu vraiment beau, Bill.

- Oh, souffle le chanteur un peu à court de mots. C'est gentil.

- Non, c'est juste vrai. En plus tu es vraiment quelqu'un d'attachant. Toujours de bonne humeur, toujours agréable...

- C'est un plan drague que tu me fais là, Nath? demanda le chanteur avec un large sourire.

Il ne prenait pas la chose au sérieux. Nathalie stoppa de nouveau ces mouvements pour regarder Bill dans les yeux.

- Et qu'est ce que tu dirais si c'en était un?

- Oh, je... hum...

- Tu ne devrais plus être étonné de voir l'effet que tu as sur la gente féminine. Je pense que tu en reçois suffisamment de preuves chaque jour. Et puis moi aussi, je ne suis pas de marbre.

- Oh, Nath, je...

- Je sais bien que je suis plus vieille que toi et tout ça, mais tu sais, parfois je me dis que ça pourrait marcher. On s'entend plutôt bien toi et moi. Je vous suis partout. Je connais tout l'arrière du décor de tout ce succès et je suis bien consciente de tes priorités...

- Nath, je suis désolé mais...

- Mais tu me prends pour une idiote d'avoir imaginé que j'aurais pu peut-être t'intéresser...

La maquilleuse baissa la tête, elle était plus rouge que jamais.

- Non, c'est pas ça du tout. Tu es vraiment quelqu'un d'adorable, Nath. C'est juste que... il y a quelqu'un d'autre...

- Ah! Alors celle là je ne m'y attendais vraiment pas. Tu as bien caché ton jeu.

- Oui, je tiens à rester discret. D'ailleurs j'apprécierais que tu n'en parles à personne...

- Oui, ne t'inquiète pas.

Nath releva la tête et passa le revers de ses doigts sur la joue de Bill.

- Je suis contente pour toi. Si cette personne te rend heureux, je n'en demande pas plus.

- Oui, elle me rend très heureux, murmura Bill.

- Alors c'est parfait.

Un silence.

- Bon aller, au boulot, c'est pas tout ça, mais tu as des milliers de fans à éblouir ce soir, et une partie du mérite m'en reviens! dit Nathalie en riant un peu.

Elle acheva de le maquiller et il sortit de la loge en lançant un dernier regard à Nathalie. Il savait qu'il pouvait lui faire confiance et qu'elle ne dirait à personne qu'il aimait quelqu'un. C'était vraiment une personne formidable, une personne de confiance. Il partit sur scène pour faire les tests micro et rejoindre son véritable amour.

Fin flashback.

Bill soupira en se remémorant la scène et se relaxa dans son siège tandis que Nathalie achevait de le maquiller. Il n'en revenait toujours pas d'avoir pu douter d'elle alors qu'elle avait si bien gardé son secret jusqu'à présent, malgré la déception qu'il avait dû lui causer. Une fois le maquillage terminé, il rejoignit le studio et alla se placer devant l'objectif du photographe. Voilà quelque chose qu'il maîtrisait. Ça le rassurait alors qu'il avait l'impression que tant de choses échappaient à son contrôle en ce moment.

Le photo shoot se passa bien et une heure et demi plus tard, ils partaient du studio pour aller manger dans un restaurant, étant donné qu'ils en avaient le temps. Le repas traîna un peu et quand ils eurent fini, il était temps de se rendre à l'endroit où la séance de dédicace devait avoir lieu. Le van se gara derrière le bâtiment et tout le monde alla se rassembler dans une salle avant d'aller s'installer aux tables. David prit la parole.

- Bon, les mecs... Vous vous contentez de sourire, le signer, de vous faire prendre en photo, mais vous ne répondez à aucune question que l'on pourrait vous poser. Il est possible que des journalistes se glissent parmi les fans pour essayer de vous soutirer des informations avant la conférence de demain.

C'est alors que Silke, l'assistante qui gérait un peu l'organisation autour du groupe en profita pour se mêler à la conversation. Elle parlait d'une voix douce et grave.

- D'ailleurs à propos de cette conférence, on a reçu la réponse des magazines et des chaînes de télévision qui devraient y participer. Certains nous ont fourni quelques questions qui seraient posées demain. Tiens, je t'ai fait la liste, dit-elle en tendant une liasse de feuilles à David.

- Ok, Merci Silke, répondit David.

Elle se contenta de hocher la tête et de sortir discrètement. Silke faisait toujours les choses discrètement. Elle était assez timide de nature et n'élevait jamais la voix. Elle était efficace mais effacée, à tel point qu'on en oubliait parfois sa présence. David plaisantait souvent en disant que c'était une grande qualité chez une assistante. Bill se dit qu'elle était son parfait opposé. Lui on le remarquait toujours, même quand il essayait de se faire discret alors qu'elle, elle savait mieux que personne se fondre dans le décor. Voilà un atout indéniable pour une personne qui cherche à espionner les autres afin de récolter des preuves pour les faire chanter, pensa Bill.

Voilà qu'une fois encore, il cherchait des motivations mauvaises chez des personnes qui jusque là avait son entière confiance. Il en avait assez de voir des possibilités de faire le mal partout, d'imaginer de l'hypocrisie et des faux-semblants chez toutes les personnes qui les entouraient. Ça commençait à le rendre dingue et la fatigue due à sa nuit blanche commençait à lui peser. Il sentait poindre un mal de tête mais malgré tout, il devait garder le sourire, maintenant plus que jamais. S'il montrait une attitude renfermée aux fans, elles se poseraient des questions. Elles penseraient que les derniers événements les affectaient vraiment, ce qui était le cas bien sûr, mais eux devaient tout faire pour donner l'illusion que ça ne les touchait pas, que cette histoire était tellement ridicule qu'elle ne méritait pas qu'ils se prennent la tête avec.

Quand le moment fut venu, accrochant son plus beau sourire à ses lèvres, Bill sortit à son tour de la pièce suivi de ses acolytes et alla prendre place derrière la table ou défileraient bientôt des centaines de fans. La séance de dédicaces dura deux heures et demi au lieu des deux heures initialement prévues. En effet, comme leur planning avait été allégé, ils avaient plus de temps et les fans s'étaient déplacées en masse pour les voir. Certaines avaient même en main un exemplaire du Bild qu'elles espéraient faire signer.

'Certainement des fans de twincest, ça doit être le plus beau jour de leur vie' pensa Bill avec amusement. Il leur arrivait fréquemment de signer des montages de lui et Tom, mais signer cet article lui semblait différent étrangement. Alors pour ne pas décevoir les fans, il tournait la page et signait à l'arrière, sur un article qui parlait des derniers déboires de Britney Spears. Certaines semblaient un peu déçues de le voir refuser de signer l'article, mais Bill ne put s'empêcher de sourire quand l'une d'entre elle dit à sa copine à côté d'elle :

"En fait ces photos sont tellement géniales qu'il ne faut pas les gâcher en gribouillant dessus, même si le gribouillage c'est un autographe de Bill!"

Quand la séance d'autographe s'acheva, Bill était carrément sur les rotules. En voyant les traits tirés et les cernes de son frère, il conclut que c'était également le cas de Tom. Quand ils s'installèrent dans le van pour rentrer à leur hôtel, Bill ne put s'empêcher de poser la tête sur l'épaule de Tom pour faire une petite sieste durant le trajet. Il était épuisé et il savait que les autres personnes présentes dans le véhicule ne s'en formaliseraient pas. En plus, le contact de Tom lui avait manqué durant cette journée. Même si d'habitude ils n'étaient constamment l'un sur l'autre, ils se touchaient sans gêne. Une main dans le dos avant de monter dans le van ou sur le poignet pour attirer l'attention, un petit coup dans l'épaule quand l'autre sortait une connerie étaient autant de gestes banals mais qui les maintenaient en contact. Cette journée là, cependant, ils s'étaient empêchés de toucher l'autre même aussi innocemment que ce soit, de peur qu'une fois de plus ça soit interprété à leurs dépends.

Ils arrivèrent à l'hôtel et David les réunit dans une salle de réunion pour leur exposer les questions auxquelles ils devaient s'attendre le lendemain et quelles réponses semblaient les plus appropriées. Cela dura un bon moment et quand ils eurent terminé, ils se rendirent directement dans la salle de restaurant de l'hôtel. Les jumeaux n'ayant pas vraiment d'appétit après avoir parlé de la conférence du lendemain s'excusèrent rapidement et décidèrent de monter directement dans leurs chambres. Alors qu'ils se levaient de table, David les interpella.

- Je sais que vous avez plein de choses en tête, mais essayez de prendre du repos quand même, vous avez vraiment pas bonne mine.

- Ok, merci David, ça fait toujours plaisir. Bon moi je crois que je vais aller directement me coucher, je suis mort, dit Tom.

- Moi aussi. Heureusement que c'était censé être une journée allégée parce que rien que ce qu'on a fait m'a déjà épuisé. A demain tout le monde, dit Bill.

- A demain, les gars, bonne nuit. Soyez prêts à neuf heures, répondit David

- Ok, à demain.

- Bonne nuit, dirent en même temps Georg et Gustav.

Alors qu'ils s'éloignaient en direction des ascenseurs, Bill et Tom entendirent David dire aux G's quelque chose à propos du fait qu'il était déjà assez effrayant d'avoir des jumeaux qui jouent les échos l'un de l'autre sans que eux-mêmes s'y mettent. Ils sourirent en entendant ces propos et montèrent jusqu'à leur étage.

Alors qu'ils arrivaient devant la porte de Bill, Tom s'arrêta et se tourna vers son frère.

- Bon, et bien bonne nuit. Essaye de dormir un peu cette fois.

- Non mais où tu crois aller? demanda Bill.

Il ouvrit sa porte et tira un Tom un peu abasourdi à l'intérieur.

- Mais je croyais que...

- Si j'ai pas réussi à dormir la nuit dernière, c'est aussi parce que tu n'étais pas là, répondit Bill.

- Alors tu n'as plus peur qu'il y ait des caméras dans la chambre? demanda Tom.

- S'il y en a, je les trouverai.

Et Bill se mit à fouiller la chambre. Il regardait partout, retournait tous les objets et plus sa recherche avançait, plus ses gestes se faisaient fébriles. Tom le regardait faire et s'inquiétait un peu de le voir s'énerver.

- Mais où es-tu saloperie de caméra de merde. Je vais te trouver et je vais t'écrabouiller contre le sol. Je vais te réduire en miettes!

Bill continuait de fouiller partout, balançant des choses au sol dans sa précipitation. Il devenait un peu effrayant.

- Bill, calme toi. Il n'y a sûrement rien.

- Et moi je te dis qu'il y a sûrement quelque chose. On doit rester plusieurs jours dans cet hôtel. Ça m'étonnerait que ce connard n'en profite pas pour foutre une putain de caméra ici. L'occasion est trop belle. D'ailleurs, la chambre d'Espagne, c'était aussi un hôtel où on était restés plusieurs jours.

Tout en disant ces mots, Bill continuait sa fouille minutieuse de la chambre. Tom dut se rendre à l'évidence que les arguments de Bill se tenaient. En effet, il devait être moins facile à la taupe de venir dans leurs chambres s'ils n'y restaient qu'une nuit. Tandis que là, il ou elle avait tout le temps de venir dissimuler une caméra.

Il en était là de ses réflexions quand Bill poussa un grand cri.

- AHAAA! Je t'ai trouvée saloperie!

En effet, Bill tenait dans sa main une caméra miniature.

- T'as trouvé ça où? demanda Tom en ouvrant de grands yeux.

- Tu vois le miroir là? C'était coincé dans l'une des arabesques du cadre.

- Montre.

Bill tendit l'objet à Tom qui l'observa un instant.

- C'est vraiment petit, je me demande où l'on peut trouver des caméras aussi petites. Sûrement pas dans n'importe quel magasin. Il faut certainement avoir des contacts.

- Ouais, enfin je suis sûr qu'avec Internet, n'importe qui peut en avoir de ces machins là.

Bill reprit la caméra des mains de Tom et la laissa tomber au sol.

- J'en ai marre.

Il leva ensuite le pied et l'écrasa brutalement sous sa santiag.

- J'en ai marre, marre, marre, MARRE.

Il donna plusieurs coups de talon dessus, accentuant chaque coup d'un nouveau 'marre', hurlant le dernier mot avant de fondre en sanglots. Tom s'approcha immédiatement et le prit dans ses bras.

- Shh, shh, murmura-t-il en le berçant. Calme toi, c'est bon. Tu l'as détruite, il n'y a plus de caméra.

Les sanglots de Bill ne se calmaient pas alors Tom le dirigea vers le lit où il le fit s'allonger. Il lui retira ses santiags, se débarrassa rapidement de ses propres chaussures et vint s'allonger contre lui, le reprenant dans ses bras et l'enlaçant étroitement. Bill enfouit son visage dans le cou de Tom qui plaça une main sur l'arrière de sa tête. Il lui caressa tendrement les cheveux, cela avait toujours eu le don de l'apaiser.

- Aller, respire, tout va bien là. On est seul, on est tranquille, personne pour nous regarder et nous juger.

- Si tu savais, j'en peux plus. J'ai passé toute la journée à soupçonner tout le monde. Chaque geste qu'ils faisaient, chaque mot qu'ils prononçaient... A chaque fois je me demandais si les personnes qui nous entouraient étaient honnêtes et franches. Ce matin en voyant Marc, le chauffeur, avec son portable, je me suis demandé s'il avait pu prendre des photos avec. Les gardes su corps, pareil. Je me demandais si l'un d'eux pouvait nous trahir. Même Nathalie et Silke qui sont adorables, je me suis posé des questions, tu te rends compte!

Tom recula sa tête et lui embrassa tendrement le front à plusieurs reprises.

- C'est normal de réagir comme ça Bill, moi aussi j'ai pas été tranquille aujourd'hui.

Tom entreprit de descendre ses baisers sur le nez de Bill, puis sur chacune de ses paupières avant de lui embrasser doucement les joues. Il sentait Bill se détendre peu à peu, mais ses angoisses étaient toujours vivaces.

- Non mais moi c'était carrément de la parano! Même là en sortant de table, j'ai trouvé que Georg et Gustav nous regardaient bizarrement. Tu imagines! Si j'en viens à douter d'eux, je suis vraiment fichu, s'exclama Bill.

Tom interrompit ses baisers et ancra son regard dans celui de son frère.

- T'es pas fichu, Bill. Moi je serai toujours là, avec toi. Tant qu'on sera ensemble, on sera plus fort. Le truc, c'est que maintenant, il faut qu'on se baser sur des faits et pas seulement sur des impressions, sinon c'est sûr qu'on va finir par perdre la boule... Et je te jure qu'on va retrouver le salaud qui fait ça.

- On est même pas sûrs que c'est un homme, soupira Bill.

- C'est vrai. Mais l'important, c'est que je te laisserai jamais tomber, ok?

- Oui, je sais merci, Tom. Je sais pas ce que je ferais sans toi.

- Et moi sans toi, répondit Tom en l'embrassant sur les lèvres.

Leur baiser s'intensifia et leurs langues s'entremêlèrent. Cela ne faisait qu'environ vingt-quatre heures qu'ils ne s'étaient pas embrassés de la sorte, et pourtant cela leur semblait une éternité, avec tous ces événements. Ils s'écartèrent au bout d'un moment pour reprendre leur souffle

- Ce qui est sûr, haleta Bill, c'est que tu serais pas en train d'essayer de dépraver ton petit frère.

Il avait dit ça d'un ton taquin, essayant certainement d'alléger l'ambiance.

- C'est vrai... ma vie serait d'un banal et d'un ennui... Voyons jusqu'à quel point je peux te débaucher, répondit malicieusement Tom.

Il roula sur son frère et se réempara de ses lèvres. Bill gémit dans le baiser et remonta son corps vers le haut, essayant de le coller encore plus à celui de Tom. Tom passa ses mains sous son T-shirt et le remonta lentement, caressant le ventre et les côtes de Bill au passage. Il le tira enfin par-dessus sa tête et le jeta au sol.

- Pas mal, souffla Bill, mais je pense que tu peux faire mieux que ça.

Il ponctua sa phrase d'un coup de bassin qui fit gémir Tom à son tour. Il attrapa le T-shirt de Tom et l'envoya rejoindre le sien sur le tapis. Leurs peaux nues entrèrent en contact et ils soupirèrent tous les deux de contentement. Enfin ils se retrouvaient. La bouche de Tom alla s'égarer sur la gorge de Bill qui rejeta la tête en arrière pour lui laisser un meilleur accès. Bill passa ses mains dans le dos de Tom, le caressant en de grands mouvements. Il avait besoin de le toucher partout, de le sentir. Son contact lui avait vraiment beaucoup manqué. La bouche de Tom descendit sur son torse, allant agacer ses tétons l'un après l'autre, puis il descendit encore, sur son ventre. Il traça une ligne avec sa langue jusqu'à son boxer qui dépassait légèrement de son jean. Alors que Bill frissonnait déjà sous lui, il releva la tête et le regarda.

- Oui, je peux faire mieux, dit-il simplement. Beaucoup mieux.

Il entreprit alors de déboucler la ceinture de Bill et d'ouvrir son pantalon. L'érection de Bill était visible dans l'ouverture de sa braguette. Tom colla sa bouche sur le tissu du boxer alors qu'il descendait le pantalon de Bill le long de ses jambes. Bill gémit en sentant ça.

- Enlève... enlève le, dit Bill en gémissant.

- De quoi tu parles? demanda innocemment Tom.

- Tooom ! geignit Bill.

- Tu n'as qu'à demander Bill, qu'est-ce que tu veux?

- Enlève moi ce putain de boxer, bordel. Je veux sentir ta bouche sur moi.

- Voilà, répondit Tom l'air fier de lui. Là tu commences à vraiment te débaucher.

Sans se faire plus prier, Tom descendit le boxer de Bill à ses genoux et passa sa langue sur toute la longueur de son sexe. Les doigts de Bill s'agrippèrent aux draps et son corps se cambra tandis qu'un nouveau gémissement lui échappait. Tom plaça sa main à la base du pénis de Bill et entama un va-et-vient rapide accompagnant celui de sa bouche. Le sexe de Bill entrait loin dans sa gorge, mais il ne ralentit pas le rythme. De sa main libre, il caressa l'intérieur des cuisses de Bill tout en remontant lentement. Instinctivement, Bill écartait les cuisses au fur et à mesure, mais son boxer coincé à ses genoux entravait un peu ses mouvements. Sentant le problème de son frère, Tom acheva de descendre le boxer, sans cesser les mouvements de sa bouche.

Enfin libéré, Bill écarta un peu les cuisses et Tom reprit ses caresses sur elles. Ses doigts frôlaient la peau, faisant apparaître de la chair de poule sous eux. Il remonta un peu plus et sa main atteignit les testicules de Bill qu'il massa doucement. Puis il glissa derrière elles et ses doigts vinrent tâter un endroit beaucoup plus intime. Lentement, il enfonça un doigt en son frère et celui-ci se tendit légèrement. Cependant, le plaisir apporté par la langue de Tom le long de son érection le fit rapidement se relaxer et Tom put rajouter un second doigt. Il les fit entrer et sortir plusieurs fois, les muscles de Bill se relâchant progressivement autour d'eux. Quand Tom plia ses doigts et qu'il toucha la prostate de Bill, celui-ci ne put retenir un cri de plaisir. Tom répéta l'opération plusieurs fois, provoquant des gémissements plaintifs chez son jumeau. Son sexe palpitait dans sa bouche, ce qui était un signe que le plaisir devenait presque insoutenable.

- Je pense que tu es prêt.

Tom venait de souffler ces quelques mots tout près du sexe humide de salive de Bill, le faisant frissonner.

- Ah oui? J'ai l'air suffisamment débauché à ton goût cette fois? demanda Bill, le souffle court.

- Hmm, pas mal, répondit Tom en remontant sur le corps de Bill pour se rallonger sur lui. Mais on peut encore faire mieux.

Tom attrapa alors les genoux de Bill et les remonta sur ses propres épaules. Bill était complètement exposé, offert. Tom se pencha en avant, pliant Bill encore davantage, et l'embrassa profondément.

- Tu n'auras jamais l'air aussi débauché que quand je te fais l'amour, dit-il en s'enfonçant profondément en son frère.

Bill se mordit la lèvre et rejeta la tête en arrière sur l'oreiller.

- Oui, voilà, c'est cette expression là que je voulais voir, continua Tom en redonnant un coup de rein.

Ils n'avaient pas utilisé de lubrifiant cette fois-ci et les mouvements étaient un peu moins aisés, mais les sensations n'en étaient que plus fortes. Tom allait lentement, laissant le temps à Bill de s'habituer. Petit à petit, il accéléra et leurs yeux se fermèrent sous l'intensité du plaisir qu'ils ressentaient. Faire l'amour avec leur jumeau était à chaque fois une expérience unique. Ils se sentaient tellement connectés dans ces instants là. Seul l'autre comptait. Le reste du monde pourrait disparaître qu'ils ne le remarqueraient même pas, puisque leur monde, c'était l'autre.

Bill descendit ses jambes des épaules de Tom et posa ses pieds à plat sur le matelas. Il se mit à onduler sous Tom, faisant frotter son sexe gonflé de sang contre le ventre de son frère. Ses mains s'accrochèrent à ses épaules et il attira encore plus Tom contre lui. Sa bouche alla se perdre dans son cou et il goûta la peau tout en s'enivrant de l'odeur de son jumeau. Les mains de Tom, elles, allèrent se perdre dans les cheveux de Bill. Soudain, il tira dessus, délogeant la tête de Bill de son cou et le plaça en face de lui. Sa bouche alla s'écraser sur la sienne alors que le mouvement de ses hanches se faisait plus rapide, plus fort.

Bill sentit son ventre se contracter et une douce chaleur s'y concentrer. Le baiser de Tom ne faisait qu'intensifier cette chaleur et il sentit ses orteils se crisper. L'orgasme le prit un peu par surprise et le laissa ramolli et pantelant dans l'étreinte de Tom. Celui-ci continua quelques mouvements et atteint l'extase à son tour. Il retomba lourdement sur le corps de Bill et enfouit son nez dans ses cheveux pour reprendre sa respiration. Il déposa quelques baisers dans son cou alors que les bras de Bill se refermaient possessivement autour de lui. Ils restèrent ainsi un moment puis Tom se retira et retomba sur le matelas à côté de Bill qu'il prit immédiatement dans ses bras.

Bill se blottit contre lui et ses paupières s'alourdirent. Après un orgasme il se sentait toujours prêt à dormir, mais là, la fatigue de la journée commençait à se faire aussi cruellement ressentir. C'est un petit rire discret de Tom qui le sortit un peu de sa torpeur.

- Qu'est-ce qui te fait rire?

- Non, rien, une bêtise, répondit Tom d'une voix ensommeillée.

- Non mais dis moi sinon ça va m'énerver encore.

- Bon, tu vas encore me traiter d'idiot, mais je me suis dit que j'avais réussi ma MDPF : mission de dépravation de petit frère.

- Ah ouais, en effet, c'est... très con.

- Ouais mais c'est pas de ma faute. En fait c'est la tienne.

- Alors là j'aimerais bien savoir comment t'en es arrivé à cette conclusion.

- Ben si je ne faisais pas l'amour avec toi, j'aurais pas autant de neurones qui crament à chaque fois.

- Ouais, alors pour ta santé mentale, faut qu'on arrête?

- Au contraire. C'est si on arrête que je deviendrai fou. Je pourrai jamais me passer de toi.

Tom resserra ses bras autour de Bill qui sourit en blottissant sa tête contre lui.

- Moi non plus Tom, moi non plus.

Ils s'endormirent ainsi, enlacés, enfin détendus pour la première fois depuis près de deux jours.

À suivre...

Donnez une note à ce chapitre : * ** *** **** *****

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Comments :

  • lollipopthetop

    24/12/2010

    Ok à leur place je serai méga en stress !

  • protection-witness

    28/07/2009

    Je suis tellement à fond dedans j' ai le coeur qui bat à 100 à l'heure xD

  • carpe-diem--x

    10/06/2008

    lemon!!!!! j'aime de trop!!!!! je vais tout de suite lire le prochain chapitre!! je veux savoir ce qu'il va se passer!!!

  • Lillou483

    06/06/2008

    Hanlala c'est de mieux en mieux!
    J'adore quand il trouve la caméra!
    J'aime beaucoup le lemon! XD!
    Poutoux!
    ;)

  • Sosso

    15/05/2008

    aaaah, faut que je lise le 3eme chap' j suis trooop en retard >.<

    mais c'est trop génial comme idée de fic ça, c'est la 1ere fois que je lis un 'thriller' Tokio Hotel^

    je suis trop a fond dans l'histoire là, quand ils reçoivent le dvd, j'avais trop le cœur qui battait vite, j'ét'ais trop stressée ^'fin bref,
    trop génial *_*

    en plus, association de mes auteurs favoris *__* trop bien
    alala, faut absolument que je m'y remette, je lis le 3eme chapitre ce soir, et je commence dès que possible ta nouvelle fic, j'ai hâte j'ai hâte!! xD

    bisouus

  • chouu----16

    30/04/2008

    Je vous aiiiime les filles *o*
    Dire que je devrais faire mes devoirs au lieu de lire . Mais boudiou' c'est merveilleux c'que vous nous faites là :D
    Bon j'avoue que cette histoire de caméra et tout et tout ça fou froitd dans l'dos mais bon . D'ailleurs je soupçonne le coupable .. CEST NATHALIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIE ! J'en suiiiiiiis suuuuuuuuuuuur ! XD
    Brefouillons . [ Ouais ouais j'invente des mots t'as vu ça 8D ]Tu sais que quand Bill -ou Tom- il dit quec'est les fans de twincest qui seront contentes bah j'avais le sourire genre jsuqu'au oreilles et jesautais partout tel une mongole de la vie ?
    Tu sais aussi que quand Bill cherchait la caméra j'étais scotchée à mon écran [ les yeux à 3cm ] .
    Ouais ta fiction me rend débilos plus que je ne le suis . Bah j'assume . C'est trop bon quoi <3
    Brefouillons .
    Je m'en vais lire la souiiiiite :D

  • yaoi-hypnotik

    28/04/2008

    Bon dieu j'aime T______T

  • adede231523

    27/04/2008

    Cette histoire me stresse tellement que l histoire est realiste! Ça l air tellement vrai... Je me demande ce qui sfe passerait si c etais vraiment le cas! Vivement la suite et bonne colaboration! ^^ bisouu

  • lavoyageuse92

    27/04/2008

    *-* la suite trop bien nyaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
    elle est excellente vraiment excellente je me demande ce qu'il va se passer maintenant hihi

    Vivement la suite

    Bisous

    Mood

  • 24H

    27/04/2008

    YOUHOU J'AI RATTRAPE MON RETARD !

    Saucée je suis.

    Bon je viens de lire tout ceci.

    Cette fois, à 1h38 du mat', je te garanti VRAIMENT pas une review constructive :D
    Mais bon, mon insomnie soudaine m'a permis de venir ici donc bon. C'est cool C'est cool.

    (A propos de rien, depuis que je suis sur ton Blog y'a le contrôle parental qui s'excite tout seul -je ne me souviens même pas avoir installé ce truc sur mon PROPRE ORIDNATEUR BORDEL- jai droit à des messages sympas toutes les 2mn du genre "Cette page internet peut contenir des informations explicites etc etc" Ca me fait un peu marrer. Mais bon, il m'a fait ça avec plusieurs sites donc bon. J'suis sure que si je vais sur le site officiel des Teletubbies ou une connerie dans le genre il me le fait aussi. Bref)

    (Ca craint à cette heure ci j'ai pas d'amis sur MSN, à part l'encyclopédie Encarta D:)

    Heu, ouais, enfin, BREF.

    Franchement, là aussi encore une fois j'ai adoré (histoire de changer un peu)
    Le scénario en lui même m'a vraiment branché, ça a un petit côté Agatha Christie, tu vois?
    C'est tellement 'grand classique' d'ailleurs comme sujet, mais jamais au grand jamais je ne l'avais vu pour une fiction TH !

    Enfin, non pas que le sujet ait déjà été revu et corrigé, en fait je parle de la partie un peu "Le criminel est parmi nous mais, mystère, qui est il?" (Ouais le côté un peu polar quoi :D)

    Enfin, encore une fois j'aime beaucoup, bravo à toi (A vous même plutôt :D)
    Je regrette VRAIMENT crois moi, de pas pouvoir tenir des propos un peu plus argumentatifs mais vraiment à cette heure ci, je me sens déjà super fière de réussir à écrire tout en comprenant ce que je raconte :D (et encore...) Donc bref, ne m'en veux pas trop ! xD

    Je ferais quelque chose de mieux pour la suite :D

    Bon je suis exhausted, et si j'allais me coucher pour voir?

    Bref, à bientôt :D (L)

    PS: Ne doute pas, tu écris réellement vraiment trop super bien (c'est dit par une personne à moitié réveillée, mais une personne à moitié réveillée sincère!) Donc, vraiment, ne doute pas (:

    PS2: Je m'excuse pour toutes les putain de fautes de frappe que j'aurais pu faire durant ce comm'. En espérant que parfois, je ne susi pas trop illisible (car je sais Ô combien je peux l'être.)

    (LL)

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