Parfum de scandale (1/?)

Ce premier chapitre n'appellera peut-être pas à une suite de ma part, mais si ça marche, ce sera une fic collective où plusieurs auteures participeront à l'élaboration de l'histoire... ou sinon, cette fic tombera dans les oubliettes.
Je vous livre donc le début, en espérant qu'il vous plaise...


***

Parfum de scandale

Dans un futur proche...

Rassemblés en petit comité autour de quelques tables, tous levèrent leur verre en l'air après avoir trinqué, entre éclats de rires et cris joyeux, félicitant dans un brouhaha général le groupe et se congratulant entre membres de l'équipe.

Ce soir-là, Tokio Hotel avait conquis un nouveau public, sévère et intransigeant, gagnant un énième prix pour leur troisième album.

Après tant d'épreuves et de critiques, après avoir gravi échelon par échelon les étapes du succès et de la reconnaissance, ils leur semblaient enfin réussir. Ils étaient mondialement connus, appréciés pour leur musique et tous les journalistes se les arrachaient. Leur vie privée s'était peu à peu évaporée jusqu'à être réduite au néant, mais ils étaient là, au sommet.

Bill eut un immense sourire, ses yeux brillants. Tous les gens qui avaient travaillé avec eux jusqu'à présent pour la réussite du groupe étaient là, ainsi que leurs producteurs et managers d'Universal. C'étaient leurs amis, les seules personnes de cet univers impitoyable de l'industrie de la musique auxquels ils puissent faire une confiance aveugle.

Le chanteur baissa son verre pour y déposer ses lèvres, le champagne pétillant coulant dans sa gorge, piquant son palais et picotant un peu plus ses yeux. Les appareils photos de chacun crépitaient, flashant des voiles de lumière venant éblouir leurs yeux, immortalisant ce moment à jamais.

Dans le tohu-bohu des conversations des uns et des autres, Bill entendit la voix de son frère, debout à côté de lui, qui l'appelait, et sentit une main familière se poser dans le creux de son dos.

Articulant un 'quoi' qui se perdit dans le tintamarre, Bill tourna vivement la tête vers son jumeau, et fut surpris quand des lèvres se posèrent par inadvertance sur les siennes.

Leurs yeux restèrent ouverts et ils se figèrent un moment infime avant d'entendre partir des éclats de rires moqueurs, se foutant ouvertement de leur gueule.

Ses joues rougies sous le regard de leurs amis, Bill recula, posant une main sur le torse de son frère pour l'obliger à faire de même, ce dernier paraissant trop surpris pour réagir.

Les personnes les plus proches d'eux avaient vu la scène entière et se fendaient ouvertement la poire. Dans un rare élan de démonstration publique d'affection, certainement due à l'occasion exceptionnelle qui les avait tous réunis, Tom avait voulu embrasser sur la joue son frère, et un manque flagrant de synchronisation gémellaire avait été la cause de ce ratage.

Rougissant mais blaguant, les jumeaux se laissèrent charrier par Gustav, Georg et David qui n'arrivaient pas à s'arrêter de rire.

Ayant un petit sourire gêné, Bill regarda avec tendresse Tom qui rougissait encore comme une pivoine, embarrassé, et pour réparer l'erreur, le brun passa une main autour de son épaule et embrassa, comme il était correct de le faire, son grand frère sur la joue.

Tom sourit et serra la taille de son jumeau, et appuya sa tête contre la sienne, pendant quelques secondes, alors que leurs amis se moquaient encore gentiment et avec un attendrissement certain de leur proximité.

Quelques minutes après, tous avaient oublié l'incident sans importance.

Tous, sauf un.

Dans un coin reculé de la pièce, une personne ne cessait de contempler les clichés numériques qu'elle venait de prendre.

XoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoX

Deux jours après,

Bill jeta un coup d'½il à Tom qui regardait d'un air vague le public, le guitariste paraissant étrangement stressé, puis ses yeux se tournèrent vers David qui se tenait dans un coin du studio, invisible aux yeux du public mais droit devant sa ligne de mire, le soutenant du regard et veillant au grain.

L'émission allemande était en direct, et la présentatrice imprévisible. Mais surtout, Universal avait reçu la veille un étrange chantage, un sombre individu prétendant avoir des preuves d'un énorme scandale autour de Tokio Hotel, mais sans préciser de quoi il s'agissait exactement.

David les avait prévenus, et avait insisté notamment auprès de Bill pour qu'il se tienne sur ces gardes, mais aucun d'eux ne s'était préparé à ce qui allait leur tomber dessus.

La journaliste, elle, s'était préparée, et quand elle arriva à la prochaine question, la machine était déjà lancée dans sa course irréversible.

***

- Alors, vous voulez dire que cela va bientôt faire quatre longues années que vous êtes tous célibataires ?

Bill se retint de froncer les sourcils à sa question, et c'est sans embarras qu'il y répondit. On la leur posait si souvent...

- Oui, nous sommes tellement occupés avec la musique que nous n'avons pas le temps de nous consacrer à une relation amoureuse.

Elle insista.

- Vous comprenez que cela peut paraître bizarre, voire impossible quand on vous voit. Ce n'est pas un secret, vous êtes jeunes, beaux, riches, adulés, vous avez des milliers de fans prêtes à se donner à vous et qui n'hésitent pas à vous le dire crûment, notamment à vous, Bill.

Elle était vraiment directe. Bill sentit Tom bouger nerveusement ses jambes à côté de lui, et le chanteur ouvrit la bouche, cherchant ses mots, quand elle continua.

- Il y a bien dû y avoir quelques aventures ci et là ? Quelques baisers ? Vous affirmez donc que vous n'avez embrassé personne durant ces quatre années ?

Son ton était étrange, comme s'il cachait d'autres propos. Néanmoins, Bill n'y pensa pas sur le moment. Il connaissait cette question par coeur et par conséquent, sa réponse.

- Il y a bien sûr eu des baisers 'amicaux', mais pas de réels baisers.

On aurait dit que la journaliste avait attendu ces mots, car elle sauta immédiatement dessus, les traits de son visage devenant de plus en plus figés et sa voix mystérieuse.

- Qu'entendez-vous par des « baisers amicaux » ?

Bill sentit les regards discrets mais inquiets des autres membres du groupe sur lui et il haussa nonchalamment les épaules, détournant légèrement les yeux de la blonde qui devenait sérieusement emmerdante. Il répondit plutôt sèchement.

- Des baisers à l'américaine, entre amis. Ce n'est qu'une marque d'affection.
- Je vois.

Elle eut un petit sourire qui lui déplut, et elle poursuivit, traficotant ses fiches.

- Je comprends que vous défendiez vos intérêts, mais nous avons eu accès très récemment à une source confidentielle qui nous a fait part d'informations d'importance que nous ne pouvons passer sous silence. J'aimerais que vous me disiez ce que vous voyez.

Elle se tourna vers l'écran non loin de là et les quatre garçons firent de même.

Deux secondes plus tard, sur écran géant, on pouvait voir l'image recadrée de Bill et Tom en train de s'embrasser, et le sang se glaça dans leurs veines, leurs visages devenant plus pâles que des linceuls.

La journaliste se retourna, simulant un air grave et affecté. Elle jubilait.

- Nous avons fait des expertises. Cette photo n'est pas truquée et nous savons notre source fiable. Celle-ci affirme que vous et votre frère entretenez une relation incestueuse depuis plusieurs années. Qu'avez-vous à répondre à ça ?

Le silence était de marbre dans le public, et Bill pouvait imaginer qu'il en était de même dans tous les foyers d'Allemagne qui regardaient l'émission en direct depuis leur fauteuil familial. Beaucoup de gens avaient écarquillé les yeux, certains ayant même posé leurs mains sur leur visage, choqués.

Bill était tétanisé et il avait senti que les jambes de Tom s'étaient immédiatement immobilisées.

Son cerveau avait bugué. Pourtant, il fallait qu'il réponde, maintenant, vite. Qu'il dise quelque chose, n'importe quoi.

Ce fut un ricanement moqueur qui interrompit ses pensées, et Bill tourna promptement la tête vers son auteur.

- Cette photo a été recadrée. Nous étions à côté d'eux et Georg, moi et plein d'autres personnes pourrons vous affirmer que cette petite bise n'était qu'un accident, et que celui qui a pris cette photo se trouvait juste au bon endroit et au bon moment. Tom et Bill sont aussi incestueux que Georg et moi.

A ces mots, l'atmosphère se détendit sur-le-champ, et le public explosa de rire. La journaliste, piquée au vif, pinça ses lèvres.

- Il y a de nombreuses photos sur le Web qui sont très douteuses elles aussi, qu'avez-vous à dire...

Tom la coupa, et Bill sursauta, surpris par la colère de son jumeau, pour la bonne raison que c'était la première fois qu'il répondait aussi sèchement et durement lors d'une interview.

- Seulement que les pseudos journalistes comme vous ne savent même pas faire la différence entre un montage complètement bidon et une véritable photo.

Le public rit encore et applaudit le guitariste, et Bill eut même un petit rire étouffé, reprenant confiance en lui. Il jeta un coup d'½il à Tom et lui sourit, le blond lui rendant discrètement son sourire. La journaliste avait l'air complètement déstabilisée.

Tournant la tête, Bill pouvait voir David sur le côté, s'énervant après le producteur du show à côté de lui, apparemment très remonté.

La fin de l'interview se déroula sans encombres.

XoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoX

Plusieurs minutes après,

Bill et Tom étaient engagés dans une conversation animée avec Georg et Gustav, mais aussi d'autres personnes de leur staff, parlant de ce qui venait de se passer et du culot sans bornes de la journaliste. Tous leurs gardes du corps et assistants étaient là, dont Saki, Tobias et Silke. Leur maquilleuse, Nathalie, était en train de remaquiller Bill à la perfection.

Chacun était attentif aux impressions de Bill et Tom qui venaient si invraisemblablement et de manière si éc½urante se faire accuser d'inceste, rajoutant ses propres insultes tous azimuts aux leurs et les plaignant. Ce dont on les avait accusés était tout simplement scandaleux et dégoûtant. Les jumeaux n'avaient d'ailleurs cessé de raconter d'un air révolté ce qui s'était passé la veille, sous l'½il approbateur de leurs amis. Oui, ça n'avait été un accident, un stupide accident. Il fallait être vraiment con pour y voir autre chose.

Tom jeta un coup d'½il attentif alors que Bill grognait pour la énième fois, insistant.

- Je pensais pas qu'elle serait aussi dégueulasse au point d'aller raconter ce genre de conneries, en direct en plus. Elle m'a vraiment prise de court, cette conne. Et puis, franchement, elle a vraiment cru ce que son 'informateur' de merde lui a raconté ? Encore quelqu'un de complètement barge, oui !

Tout le monde rit, et Nathalie lâcha sa mâchoire, lui faisant signe de regarder vers le haut pour terminer de lui remaquiller les yeux, et Bill s'exécuta. Tom l'observa un moment, pensif, avant de se tourner vers Georg et Gustav. Il secoua la tête.

- J'aurais dû la remettre en place mieux que ça.

Saki et Tobias acquiescèrent, mais Georg secoua la tête.

- Non, c'était bien comme tu l'as fait.

Gustav poursuivit. Il était assis sur une table et balançait ses jambes dans le vide, tête baissée et l'air absorbé.

- Vous trouvez pas ça bizarre, quand même ?

Bill et Tom froncèrent les sourcils et Nathalie posa son pouce sur l'arcade du chanteur pour l'obliger à défroisser ses traits et ainsi continuer à le maquiller pointilleusement. Incertain, Tom demanda.

- Quoi donc ?

Gustav releva la tête. Tous les yeux étaient rivés sur lui.

- Comment cette photo a pu être prise ?

Georg intervint.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

Gustav lança un coup d'½il circulaire. Une vingtaine de personnes étaient présentes. L'avant-veille, ils étaient une quarantaine.

- C'est forcément quelqu'un de l'équipe qui l'a faite.

A ses mots, le silence se fit, et tous s'observèrent, une étrange méfiance s'instituant entre eux. Georg intervint avec un petit rire nerveux.

- Gustav ! Personne ici n'aurait monté un coup aussi foireux. Arrête de te faire des films !

Une porte claqua, et tous se retournèrent vers elle. Nathalie s'interrompit, sursautant à la brusque intrusion de David et manquant de peu d'éborgner le chanteur. David était entré dans l'immense loge, toujours enragé au plus haut point. Il n'avait pas décoléré une seule seconde depuis l'interview.

- Tout le monde à part les garçons, dehors !

Toutes les personnes présentes se figèrent, et David hurla encore.

- J'ai dit, DEHORS !

Sans attendre leur reste, tout le monde sortit. Tom, Gustav et Georg se figèrent, ne se rappelant pas la dernière fois où ils avaient vu David aussi furieux. En fait, ce n'était jamais arrivé.

Une fois qu'il ne restât plus qu'eux cinq, Bill se leva de sa chaise, et se tordant les mains, il se dirigea avec hésitation vers l'homme.

- David, je suis désolé. On est désolés. Mais ce n'était qu'un accident.

Frottant son visage de ses deux mains posées à plat, David resta un moment immobile et muet. Finalement, il baissa ses mains et soupira, secouant.

- Je sais, Bill. Ce n'est pas du tout votre faute et vous n'avez rien à vous reprocher. Ne vous en faites pas pour ça, vous êtes restés très professionnels malgré la situation. Je voulais juste vous montrer ce que ces connards viennent de me donner.

Sortant quelques feuilles pliées en quatre et froissées de sa poche, David les posa sur la table, les dépliant.

Bill et Tom écarquillèrent les yeux et leurs c½urs s'accélérèrent. Bill se sentit rougir et après avoir échangé un regard complètement affolé avec Tom, il leva précipitamment ses yeux vers David. Celui-ci avait un air las et ne le regardait pas.

- Ce sont des montages. Je l'ai vu tout de suite, mais eux n'en étaient pas convaincus. Ces photos ont été manipulées par quelqu'un de très bon, de très doué même. Leur expert n'a pas été capable de dire si elles étaient vraies ou fausses.

Il releva la tête et ses yeux passèrent en boucle entre les jumeaux.

- Je suis désolé d'avoir à vous montrer ça, mais il le fallait. Ils m'ont dit que ces photos seront publiées demain dans le Bild avec une interview de leur informateur à l'intérieur. Ils ne m'ont pas parlé de son contenu, mais je m'attends au pire. Avec des illuminés, on peut s'attendre à tout.

Georg hésita.

- Pourquoi nous en parler seulement à nous ?

David haussa les sourcils.

- Tu me demandes pourquoi ?

Il posa ses doigts sur les photos, montrant des endroits précis.

- Regardez là, là et encore là ! Les photos originelles ont forcément été prises par quelqu'un de l'équipe ou quelqu'un de très proche de vous, peut-être quelqu'un qui était dans la même pièce que vous il y a quelques minutes à peine !

En effet, tous ces montages avaient été faits à partir de photos où on voyait les jumeaux isolés dans des coins de scène ou d'hôtel, au détour d'un couloir ou d'une porte. Sur certaines manipulations, on pouvait distinguer malgré le flou ambiant que les jumeaux étaient enlacés et se touchaient très intimement.

Bill détourna le regard, fermant les yeux, et Tom joignit ses mains autour de son nez, les faisant glisser sur bouche, réfléchissant intensément. Tremblant, il fixa les images, et sursauta presque quand le batteur parla. Gustav fronça les sourcils.

- Je me rappelle de cette scène, c'était à Rome. Il y avait au moins trente personnes autour de nous.

La voix de David se fit sérieuse.

- Justement. Toutes ces photos ont été prises à des moments où il y avait beaucoup de monde, mais où il n'y avait que notre équipe. Ce n'est pas quelqu'un d'extérieur qui a fait ça.

Il murmura pour lui-même.

- Elles ont sûrement été prises avec un de ces foutus portables.

Georg bougea nerveusement sur ses jambes.

- Tu ne penses pas sérieusement que...
- Si. Il y a une taupe parmi nous. Quelqu'un qui cherche à saborder le groupe.

Georg demanda avec plus d'assurance.

- Mais c'est absurde, pourquoi quelqu'un de chez nous ferait ça ? Quel est l'intérêt ?

David eut un ricanement amer. Il haussa encore la voix.

- Pourquoi ? Mais pour le fric, voyons. Je vois pas d'autre raison. Tu en vois une, toi ?

Il continua à marmonner.

- Quand je tiendrais celui qui a fait ça...
- Les photos ont peut-être été volées si elles ont été transférées sur un ordinateur ou peut-être qu'on a piqué l'appareil...

Ils continuèrent à parler, mais Tom semblait ailleurs, et Bill les écoutait à peine, s'étant figé depuis belle lurette. Finalement, il murmura, frissonnant d'angoisse.

- Cela va être publié ? Avec une interview ?

Depuis qu'ils étaient connus, il y avait toujours eu des montages et des rumeurs, majoritairement sur Internet. Mais c'étaient des montages grotesques, et personne n'avait jamais témoigné de quoi que ce soit.

David le regarda d'un air désolé.

- On va tenter de négocier avec eux, mais il y a peu de chances pour qu'ils veuillent le retirer. Ces salauds vont faire leur chiffre de l'année avec ce tirage, et ils se foutent du procès qu'ils vont avoir. Ils sont gagnants, financièrement parlant. Mais compte sur moi pour leur envoyer tous nos avocats, et ils n'auront plus jamais une seule interview de notre part à l'avenir. Pour l'article, on fera le démenti détaillé dès que le premier de leurs torchons se sera vendu. Cette affaire sera réglée en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.

Baissant la tête, Bill croisa les bras, et Tom sut qu'il pensait avant tout à leur mère et à tout ce qu'elle allait devoir entendre, plus qu'à ce que lui allait devoir subir. Tom hésita, puis se décida à poser une main sur le dos de son frère. Les yeux de ce dernier se tournèrent et se fixèrent sur lui, mais il ne bougea pas.

Détournant nerveusement les yeux, Tom traça de petits ronds de la paume de sa main, cherchant à rassurer son jumeau. Le blond se sentait misérable. Tout ça, c'était à cause de lui. S'il n'avait pas posé ses lèvres sur les siennes... Bien sûr cela avait été involontaire, mais c'était tout de même de sa faute si cette photo avait été prise.

David les regarda avec compassion, et leur assura.

- Je suis désolé que vous ayez à subir ces calomnies dégoûtantes, mais je vous promets que ça s'arrangera vite.

Bill acquiesça et jeta un coup d'½il furtif à son jumeau alors que tous les cinq sortaient de la pièce, prenant leurs affaires et enfilant leurs manteaux. Il parla tout bas à son intention.

- Je vais appeler maman pour la prévenir.

Tom hocha la tête, observant d'un air inquiet son frère qui évitait son regard, et le suivit à l'extérieur.

XoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoX

Entrant dans sa chambre d'hôtel située au 7ème étage, portable en main et accroché à son oreille, Bill recommençait une énième fois son explication pour être sûr que sa mère avait bien compris. Il jeta un coup d'½il à travers la vitre, observant le ciel gris qui devenait rapidement noir, la nuit tombant, puis il s'assit en tailleur, tout au bord du lit, sans même regarder la luxueuse décoration tout autour de lui.

Il se frotta le front, fermant les yeux, et son dos s'affaissa lorsqu'il se pencha en avant. La migraine l'avait pris depuis une heure maintenant, heure à laquelle ils avaient quitté le studio télévisé.

- Non, on n'a aucune idée de la personne qui a pu prendre la photo. Mais on a pensé que peut-être un des portables avait été volé. Hm ?... Non, David est persuadé que c'est quelqu'un de l'équipe.

Sa mère continua à lui parler, son ton soucieux, et Bill rouvrit les yeux, sa tête baissée. Il secoua mécaniquement la tête bien qu'il n'y ait personne en face de lui. Sa voix semblait abattue.

- Ne t'inquiète pas. Ca va. Oui, Tom aussi. C'est plutôt pour toi que je m'inquiète. Ne crois pas un seul mot de ce qui sera raconté dans l'article demain, ok ?... Non, je n'en ai aucune idée.

Sa mère l'interrompit, essayant de lui remonter le moral, et quelques uns de ses mots résonnèrent dans son esprit.

Ce n'est pas de ta faute, ni de celle de ton frère.

Bill se mordit les lèvres et profita d'un coup frappé à la porte pour interrompre momentanément leur conversation. Il redressa légèrement la tête.

- Entrez !

La porte s'ouvrit timidement, et la tête de Tom apparut à l'embrasure, le jeune homme hésitant à entrer. Leurs yeux se rencontrèrent et se fixèrent.

- Maman, je dois te laisser... Oui, je t'appelle demain matin, promis.

Elle lui parla encore un peu, et Tom se décida à rentrer, refermant la porte derrière lui. Leurs yeux continuaient à s'observer et à s'épier, même quand Bill murmura encore à leur mère, pensivement.

- Oui, moi aussi je t'aime.

Lentement, il baissa sa main et referma son portable en un 'clap' sonore, puis le posa sur le lit. Tom alluma la lumière, celle-ci venant frapper les pupilles douloureuses du chanteur à cause de sa migraine. Néanmoins, le chanteur ne dit rien, et le blond se rapprocha. Ils s'observèrent, essayant de lire les pensées de l'autre.

Tom se mordait la lèvre inférieure, luttant apparemment pour trouver les bons mots, puis il s'agenouilla soudainement devant lui, son regard suppliant.

- Bill, je suis désolé. Tout est de ma faute, je le sais, et tu as tous les droits de me détester et de m'en vouloir...

Bit eut un faux petit rire incrédule, haussant les sourcils.

- Ta faute ?

Tom continua, culpabilisant. Sa voix devint rapide.

- Si je t'avais pas embrassé, même si je ne l'ai pas fait exprès, cette photo n'aurait jamais été prise...
- Arrête.

Tom s'interrompit quand Bill agrippa sa main pour déposer quelques baisers sur sa paume. Il avait fermé ses yeux, et quand il les rouvrit, les fixant intensément sur son jumeau, ceux-ci brillaient très légèrement. Il murmura, secouant la tête et tendant à présent sa main pour caresser la joue de Tom.

- Ce n'est pas ta faute. S'il y a quelqu'un qui est fautif ici, c'est moi, tu le sais bien... parce que je t'aime.

Il continua à secouer la tête, comme sidéré par sa propre démence tandis qu'il répétait en accentuant ses mots.

- Je t'aime à la folie, Tom. J'en mourrais si on nous séparait.

Il grimaça pour ne pas éclater en sanglots et détourna la tête, quelques larmes glissant sur ses joues. Se redressant sur ses genoux, Tom avança vers lui et le prit dans ses bras, murmurant de petits 'chuts' pour l'apaiser et caressant avec affection son dos.

Rassuré qu'il ne lui en veuille pas et ne le repousse pas, le blond embrassa sa joue, posant délicatement ses mains sur son visage et chassant ses pleurs de ses doigts. Il murmura, rougissant un peu tandis qu'il continuait à le cajoler doucement.

- Moi aussi, je t'aime.

Il déposa encore un bisou au coin de ses lèvres avant de les embrasser plus franchement de petits baisers successifs. Bill se mit à lui répondre et un sourire encore hésitant se dessina sur ses lèvres. Alors Tom l'embrassait plus franchement, approfondissant le baiser et faisant glisser ses mains sur son dos, le caressant avec tendresse pour le rassurer, et Bill entoura ses épaules de ses bras.

Leurs langues se caressèrent un moment, lentement et doucement, et quand ils reculèrent un peu, ce fut pour échanger d'autres petits baisers, à la fois sages, joueurs et câlins.

Finalement, Tom vint s'asseoir à côté de lui et alla nicher son visage contre son cou, Bill faisant de même, leurs lèvres venant de temps à autre effleurer et embrasser la peau se présentant à elles tandis que leurs nez respiraient avidement l'odeur apaisante et sucrée de l'autre. Tom caressait avec attention les cheveux lissés du brun.

Bill resserra son emprise sur son frère. Il frissonna, rouvrant ses yeux et regardant d'un air absent le mur blanc derrière Tom.

- Ca a été horrible aujourd'hui.

Il sentit Tom acquiescer, comprenant sans mal et très exactement ce que son jumeau voulait dire.

Toute la journée, ils avaient dû entendre des réflexions dégoûtées face aux 'ragots' insinués à leur encontre, et acquiescer et montrer ô combien ils étaient éc½urés à la seule mention du mot « inceste ». Bref, ils avaient dû jouer le grand jeu, démontrant à quel point imaginer une relation entre eux était absurde.

Tom retint un rire amer. Ils savaient tellement bien mentir.

Si quelqu'un avait pu s'imaginer que cela ferait bientôt trois ans que son frère et lui étaient ensemble.

Car oui, cela faisait bel et bien près de trois années depuis qu'ils avaient fait l'amour pour la première fois, dans le studio qui avait longtemps été le leur à Hambourg. Trois ans depuis qu'ils filaient le parfait amour, le protégeant du regard cruel du monde en le cachant.

Tom recula au bout d'un moment, et l'embrassa sur le nez. Le maquillage de Bill avait complètement coulé, mais Tom ne l'en trouvait que plus beau. Ils se sourirent avec douceur, et Tom frotta tendrement les bras de Bill, se voulant rassurant.

- Ca sera vite passé et oublié. Ils n'ont qu'une malheureuse photo et de pitoyables montages qui seront démontés en pièces par David.

Bill hocha la tête, et repensant soudainement à David, ses yeux devinrent rieurs. Il gloussa timidement.

- Il était vachement remonté. Je ne l'avais jamais vu dans cet état, et en fait... il est plutôt mignon quand il s'énerve, je trouve.

Tom fit une drôle de tête à ses mots, et Bill éclata de rire pour de bon, tombant en arrière sur le lit. Comprenant que son petit frère avait dit ça pour le rendre jaloux, il se jeta sur lui et Bill poussa involontairement un petit cri aigu dans une vague tentative de protestation. Tom grogna.

- Qui est mignon ?

Comme Bill continuait à glousser, Tom le chatouilla un peu, le faisant se tortiller sous lui, et il s'allongea un peu plus sur lui. Bill s'agrippa à sa taille et leurs sourires s'effacèrent.

Tom baissa la tête et son nez frôla le sien alors que leurs lèvres s'effleuraient. Ils fermèrent les yeux quand elles se goûtèrent avec délectation, telles des fruits défendus...

Quand on frappa à la porte.

Ils sursautèrent et reculèrent une nouvelle fois. Fermant les yeux, Tom roula sur le côté jusqu'à être dos au lit, sa tête penchée en arrière.

- Ils ne nous foutront donc jamais la paix ?

Bill se tourna vers lui et glissa subrepticement sa main sous son T-shirt pour titiller brièvement son ventre, Tom sentant ses chatouilles agiter les papillons qui paressaient dans son ventre. Il gloussa et Bill embrassa furtivement la commissure de ses lèvres.

- Je vais aller me démaquiller.

Sur ce, il se leva, mille fois plus guilleret qu'il ne l'avait été de toute la journée, et Tom soupira en le voyant s'éloigner dans la salle de bains, admirant sa frêle et élégante silhouette. Il se mordit les lèvres.

Ok, plus vite il se débarrasserait du gêneur, plus il aurait de temps pour améliorer cette journée de merde.

Il se redressa en un bond, et en moins de deux, il ouvrait la porte. Il fronça les sourcils en voyant l'homme du room service derrière.

- Oui ?
- Bonjour Monsieur, j'ai une lettre pour vous.

Il lui présenta le plateau sur lequel une grossière enveloppe cartonnée était posée. Ecarquillant les yeux de surprise, Tom la prit et la retourna dans tous les sens. Ils ne recevaient jamais de courrier dans leurs chambres. Leurs familles et amis les appelaient par téléphone, les lettres de leurs fans étaient filtrées et n'arrivaient jamais directement dans leurs chambres sans l'intermédiaire d'Universal et si quelqu'un de leur staff devait leur parler, ils le faisaient de visu.

Rien n'était écrit dessus. Il leva la tête vers l'homme.

- Qui vous a donné ça ?

Il hésita un peu, semblant nerveux, mais finit par répondre.

- Un homme d'une trentaine d'années. Il ne m'a pas dit son nom.

Tom fronça encore les sourcils et le remercia distraitement avant de refermer la porte. Bill passa la tête hors de la salle de bains, nettoyant encore la peau de son visage d'un coton imbibé de lotion démaquillante.

- C'était qui ?

Tom secoua la tête, commençant à ouvrir l'enveloppe. Il murmura.

- Je me le demande bien.

Une fois ouverte, il pencha l'enveloppe, tendant la main pour réceptionner ce qu'elle contenait.

Il cligna des yeux quand il reçut l'objet dans ses mains. Un CD enregistré sans protection ? Il tourna de manière à lire les inscriptions. Non, c'était un format DVD. Tom regarda avec attention les recoins de l'intérieur de l'enveloppe, mais il n'y avait rien d'autre. Il approcha son nez, semblant déceler quelque chose.

Un léger parfum se dégageait de l'enveloppe, indéfinissable.

Tom la laissa tomber à terre et haussa mécaniquement les épaules en se demandant de quelle ânerie il pouvait bien s'agir. Il s'approcha de leur ordinateur portable qui les suivait partout et qui était allumé sur la table, puis il inséra le DVD enregistré dans l'ordinateur et le prit pour le poser sur le lit, débranchant la prise secteur pour le laisser sur batterie. Il s'installa en face et attendit.

Bill ressortit de la salle de bains et montant sur le lit, il alla s'asseoir à côté de lui, venant poser son menton sur son épaule et caresser sa cuisse d'une main.

- Alors ? C'était qui ?
- Hm, demande-moi plutôt ce que c'était. Un type est venu me donner une enveloppe avec un DVD à l'intérieur.

Bill fronça les sourcils, le regardant un instant avant de poser ses yeux sur l'écran. Le programme de lecture démarrait enfin, et les premières images vinrent rapidement, semblant parfaitement immobiles.

Bill et Tom les regardèrent, réfléchissant intensément à l'impression de déjà-vu. Tom murmura, secouant légèrement la tête et fronçant à son tour les sourcils.

- J'ai déjà vu cet endroit quelque part.

Bill se redressa, et il murmura, tremblant.

- Tom, j'ai un mauvais pressentiment.

Sa voix terrorisée fit tourner la tête de Tom vers lui.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

Bill regardait avec une fébrilité angoissée l'image toujours immobile sur l'écran.

- Tu te rappelles, l'hôtel où on était, il y a un mois de ça, en Espagne ?

Tom reposa ses yeux sur l'ordinateur, et se figea. Il commençait à comprendre.

Une minute après le début du visionnage la porte s'ouvrit, et deux gloussements quasiment similaires se firent entendre, déformés par la mauvaise qualité de la caméra, et Tom et Bill apparurent bientôt à l'écran, leurs lèvres scellées dans un fougueux baiser comme si leur vie en dépendait et yeux fermés tandis qu'ils s'avançaient à l'aveuglette dans la pièce, jusqu'à ce qu'ils viennent basculer sur le lit.

La suite, ils la connaissaient, même s'ils continuèrent à regarder dans une horrible et terrible fascination pétrifiée la preuve qu'on leur avait envoyée, leur sang se glaçant une énième fois dans leurs veines.

Des haut-parleurs de l'appareil, s'élevaient gémissements de plaisir et mots d'amour soufflés inintelligibles. Mais si le son laissait à désirer, la qualité de l'image était amplement suffisante pour reconnaître l'identité des deux personnes qui se faisaient l'amour, sur ce lit, dans une chambre d'hôtel espagnole.

Bill porta une main à sa bouche, la recouvrant alors que ses yeux restaient rivés sur l'écran que Tom venait de figer, appuyant en tremblant sur pause.

La main de Bill glissa dans celle de son jumeau, celui-ci la serrant de toutes ses forces en réponse.

Les montages et la photo n'avaient été qu'une mise en garde.

Quelqu'un savait.

À suivre... ou pas

Donnez une note à ce chapitre : * ** *** **** *****

EDIT: suite prévue... Elle sera écrite en collaboration avec Winry!!!

Leave a comment

We need to verify that you are not a robot generating spam.

See legal mentions

Don't forget that insults, racism, etc. are forbidden by Skyrock's 'General Terms of Use' and that you can be identified by your IP address (54.81.150.27) if someone makes a complaint.

Comments :

  • lollipopthetop

    24/12/2010

    Mon coeur vient de s'arrêter ... C'est qui le ù^$` qui leur fait ça ?! N'empêche j'aimerais bien avoir la video ...XD

  • protection-witness

    28/07/2009

    Je n' ais jamais rien lue de pareille !
    Je cherche depuis quelque temps une fic où il se ferait de découvrir et je la trouve enfin totalement par hasard !!!
    C' est très bien écris et je suis euphorique en plus j' avais l' air bien con devant l' ordi xD
    J' étais là Oh putain il sont mal >< Je commentais tout xD
    Bref c' est super je m' en vais lire la suite ... De suite !
    Bisoux
    Nie

  • carpe-diem--x

    10/06/2008

    putain!!! ça c'est du début qui donne envie de lire la suite!:!! déjà je m'attendais pas à ce qu'ils soient ensemble pour de vrai... et encore moins à ce qu'il y ait une vidéo!!!!! ça se gâte on dirait... je vais lire la suite!!!!

  • Lillou483

    06/06/2008

    Hanlalala Sanggreen c'est trop trop trop bien!!!
    J'ai trop envie de lire la suite!
    BOn je lis le deuxième chapitre et aprés je continue mon OS sinan les filles vont me pourrir si elles ne l'ont pas ce weekend! lol
    ;)

  • Sosso

    01/05/2008

    le gif de l'article est trop mimi <3

    bon, pas le temps de lire cette fic maintenant, mais j'espère pouvoir le faire demain!! j'ai hâte^

    mon commentaire ne sert strictement a rien>< sorry

  • yaoi-hypnotik

    28/04/2008

    AAAAAAAAAAAAAARG O_O

  • caro

    27/04/2008

    Punaise je suis sur que c'est la maquilleuse, nathalie >.<.
    J'aime beaucoup, je suis aussi stressé qu'eux presque, punaise faut absoluement qu'il stoppe cette taupe !!!
    Je vais allez de ce pas lire la suite ^^
    Merci

  • adede231523

    26/04/2008

    Elle est super cette idée et très realiste! Vivement que vous terminiez la suite!

  • Tori-Os

    23/04/2008

    Superbe
    ca fait un bail que je lis Mais là je me DOIS de mettre au moins un com.
    Waouhh

    Bizzz
    Tori

  • x-Suivre-Ou-Fuire-x

    21/04/2008

    Génial !!

Report abuse