Aphonie mobile (chapitre 2/2)

Voilà la suite! Je vous préviens, j'ai un peu débloqué en l'écrivant! ^^;;;
Ce n'était pas exactement ce que j'avais prévu au départ, mais malheureusement, les dernières news sont venues m'aider pour l'écrire... >_>

Bonne lecture!

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Aphonie mobile


Chapitre 2

Plusieurs jours plus tard,

Tom était furieux. Il ne savait pas vraiment envers qui, envers quoi. Surtout envers lui-même, sûrement. Il se sentait si impuissant.

Le matin même, Bill s'était réveillé complètement aphone, sa bouche incapable de sortir le moindre son. Ces derniers jours, Bill avait tout tenté pour maintenir sa voix qui s'affaiblissait, mais elle avait fini par le lâcher, épuisée. De plus, sa toux devenait inquiétante, teintée de sang depuis la veille. Tout le monde avait été angoissé, ce sentiment se muant en terreur dans les veines affolées de Tom.

David avait immédiatement appelé un médecin, et celui-ci avait examiné sa gorge sous le regard anxieux de Tom et de leur manager à quelques mètres de là, et une fois son inspection terminée, le médecin l'avait fixé étrangement, lui ordonnant d'aller consulter d'urgence un spécialiste, écrivant une ordonnance le bourrant de médicaments en attendant. Si le médecin n'avait pas semblé certain de savoir exactement ce qu'avait Bill, il avait été ferme sur un point. Il ne pourrait chanter ni ce soir-là, ni les suivants.

Le médecin parti, et malgré les supplications muettes du chanteur, David lui avait immédiatement organisé un voyage de retour en Allemagne, direction le meilleur spécialiste qui pourrait soigner sa gorge enflammée.

Plusieurs concerts, y compris celui de ce soir, allaient être annulés, et Bill était atterré. Tom l'était aussi, mais pour d'autres raisons. Quelque chose clochait sérieusement chez Bill et il avait l'intuition qu'il devait rester avec lui. Or, David tenait absolument à ce que Tom reste avec Gustav et Georg pour expliquer aux fans et aux journalistes lors d'une conférence de presse pourquoi ils devaient reporter plusieurs concerts.

A côté de ça, Bill ne voulait pas partir, même s'il savait qu'il le devait. Le chanteur avait peur pour sa voix, mais paradoxalement, Tom savait qu'il avait surtout peur que le diagnostic ne soit vraiment mauvais. La dernière fois, sa médication pour lutter contre sa trachéite avait été lourde et il avait eu du mal à s'en remettre. Cette fois-ci, la rechute paraissait encore plus sévère.

Il avait donc fallu toutes les peines du monde à Tom pour convaincre son frère d'aller à l'aéroport, mais il avait réussi, évitant le regard suppliant de Bill. Ne pouvant même pas l'accompagner jusque là, Tom l'avait juste serré dans ses bras pendant un long moment pour le rassurer, tremblant lui-même un peu sans savoir précisément pourquoi, et Bill était sorti du bus. Tom se souvenait encore de la silencieuse et intense conversation à travers leurs regards juste avant que Bill ne franchisse la porte coulissante. Bill était effrayé et il avait besoin de lui.

Mais comme la dernière fois, Tom devait assumer les obligations du groupe avec Gustav et Georg, loin de son jumeau. Tom avait serré les poings et l'avait laissé partir, le suivant silencieusement d'yeux étrangement brillants alors que Bill s'éloignait et s'engouffrait dans la voiture conduite par Saki.

Un peu plus tard, le soir, devant des milliers de spectateurs, Tom avait annoncé que Bill avait perdu sa voix et ne pourrait assurer le concert.

Quand il sortit de scène, la première chose qu'il fit fut d'ouvrir son portable. Bill ne tarderait pas à poser le pied en Allemagne.

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Bill avait passé le vol à regarder à travers la fenêtre alors que le soleil couchant tombait derrière l'horizon.

Essayant de penser à autre chose que sa gorge qui lui faisait mal, nouée dans un silence qui le pétrifiait, le chanteur avait laissé ses souvenirs vagabonder, se remémorant les derniers mois, songeant plus précisément à leur planning surbooké dans lequel ils avaient dû faire rentrer des heures de travail scolaire, heures de torture qu'il avait subies avec son jumeau, compagnon de galère. Il sourit malgré lui.

Combien de soirs et même de nuits n'avaient-ils pas passés allongés côte à côte dans une des couchettes du bus ou assis à la même table, en alternant entre gribouillage des feuilles de papier et grignotage de sucreries et de pizzas.

Il avait détesté devoir étudier ces matières qui lui étaient ô combien inutiles, mais il avait secrètement adoré passer autant de temps avec son frère, à se chamailler sur tel ou tel problème, à s'expliquer l'un l'autre tel ou tel point du cours.

Leur scolarité avait été un des derniers remparts de la cité de leur enfance, parfois douloureuse mais aussi douce, unique et emplie de nostalgie. Il l'avait détestée, mais se surprenait à présent à la regretter, intérieurement. A présent, ils n'étaient plus des élèves, ni des enfants, même s'ils se comportaient souvent comme tels. Ils avaient passé un cap. Ils avaient grandi.

Ils avaient des obligations. Ils devaient être au top pour continuer à faire ce qu'ils aimaient, pour exister dans ce métier. Il se devait d'être au top et de ne pas les décevoir. Le fragile équilibre de leurs jeunes vies de stars en dépendait.

Pourtant, des fois, Bill n'avait qu'une envie, celle de s'enfermer entre quatre murs, loin du monde, loin des gens. S'enfermer avec Tom, pour être toujours avec lui, comme quand ils étaient petits, toujours collés l'un à l'autre. Comme quand ils rêvaient au jour où ils seraient célèbres, imaginant à deux leur vie future.

Avec Tom était l'endroit où Bill se sentait le mieux.

Car si les murs parvenaient à protéger Bill du monde, Tom protégeait Bill de lui-même. Si les murs étaient froids, Tom était sa lumière, le réchauffant quand il en avait besoin, et même quand il n'en avait pas besoin.

Bill se crispa quand l'avion amorça sa descente, ne desserrant son emprise sur l'accoudoir du siège qu'au moment où l'engin toucha le sol, ne pouvant s'empêcher de penser que d'habitude, c'était Tom qui était stressé et s'agrippait à son bras, l'enserrant à l'écraser de ses doigts fins aux bouts légèrement mais agréablement rugueux.

Quelques minutes plus tard, Bill avait pris son sac et sortait de la carlingue, Saki sur les talons. Il faisait déjà nuit en Allemagne.

Ayant à peine posé le pied dans le terminal de l'aéroport, il avait sorti son portable, pianotant de son pouce un message, ses yeux rivés vers l'écran rétroéclairé. Son cou engouffré dans sa chaude écharpe, Bill commençait à frissonner, et le froid n'y était pour rien. Il se sentait étourdi et nauséeux.

Je suis arrivé.

Il attendit quelques secondes, et l'appareil vibra.

Tu as oublié tes pastilles.

Bill sourit.

Pas grave, Saki en avait acheté un stock. Ca s'est passé comment à la salle de concert ?

Le téléphone ne resta pas longtemps silencieux.

J'ai fait le show à moi tout seul pendant 1h30, les filles ont adoré.

C'était une blague bien évidemment, mais Bill ressentit une pointe de jalousie inexplicable à la mention de leurs fans, et le souvenir du dessin revint à sa mémoire.

Tom...

Un long moment passa.

Ils l'ont bien pris, alors ne t'inquiète pas. A quelle heure est ton rendez-vous ?

Bill entra dans le taxi que Saki avait été chercher. Les parents des jumeaux n'avaient pas pu être là pour l'accueillir et toute la cavalerie d'Universal se concentrait autour du reste du groupe qui tenait l'image publique. Pour l'instant, Saki était son seul protecteur ici, et Bill se sentait étrangement seul. Il ne verrait pas son jumeau avant au moins deux jours.

Ce genre de séparation de quelques jours n'était pas rare. Bill ayant souvent des obligations en plus, en studio, en séance de photoshoot ou autre, il se retrouvait souvent à plusieurs dizaines de kilomètres de Tom. Mais cette fois-ci, c'était des centaines des kilomètres qui se mettaient entre eux, comme la dernière fois où Bill avait eu une importante inflammation des cordes vocales. Cette fois-là, ils avaient également été en tournée à l'étranger, en France plus exactement.

Bill serra un peu plus fort son téléphone.

A 8h30, demain matin. Tom, j'ai peur de ce qu'il va me dire.

La réponse flasha.

S'il faut annuler plusieurs concerts, on le fera. Ta santé passe en premier. Il faut que tu te reposes. On gèrera sans problème ici.

Bill ressentit une petite chaleur au niveau du c½ur et un petit sourire se dessina.

Essaierais-tu de te débarrasser de moi, Tomi ?...

Il rit au message de Tom qui suivit.

Crois-moi, j'aimerais bien, mais je n'y arrive pas.

Bill marqua une pause, puis pianota rapidement.

Pourquoi ?

La réponse se fit un peu attendre.

Tu me manquerais trop.

Sentant ses joues rosir, Bill regarda les mots pendant de longues secondes, puis il fit un rapide calcul avant d'envoyer le prochain texto. Il était sûr que les deux prochains concerts étaient déjà annulés, cela faisait trois jours de repos minimum.

Tu pourrais venir demain ?

Même à longue distance, Bill sentit l'hésitation de son jumeau.

On a une conférence de presse demain matin, et les prochaines interviews risquent d'être maintenues.

Saki regardait par la fenêtre et le conducteur du taxi avait son attention fixée sur l'autoroute embouteillée. Sous sa casquette, les yeux de Bill montrèrent une déception que personne ne put voir.

Il continua à textoter le jeune homme, ne remarquant même pas l'apparition des premières étoiles dans le ciel. Leur lumière était bien trop faible.

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Quand Bill ouvrit les yeux, il était sur scène. Il ne savait pas exactement comment il y était parvenu, mais il avait réussi à convaincre David de faire ce concert. Il était sûr de pouvoir chanter.

L'éclairage de la salle était étrange, car il lui semblait plus lumineux que celui qu'ils utilisaient d'habitude, et Bill arrivait sans mal à voir le visage de chaque spectatrice. Ses yeux parcoururent la foule qui l'acclamait, hurlante, et il fronça légèrement les sourcils. Encore plus que d'habitude, il eut la sensation qu'il n'y avait que des filles. Non, il en était sûr. Il n'y avait bien que des filles, il n'apercevait même pas le moindre père amenant son enfant.

Chassant ce fait sans réelle importance, il ferma sa main... et se figea. Il la leva, portant sa paume vide à sa vue. Il fronça les sourcils. Pas de micro. Il était venu sur scène sans micro. Il se retourna vivement pour le signaler à son équipe, pour qu'on lui en apporte un, quand il se figea encore.

Les instruments de Tom, Georg et Gustav étaient là, mais les jeunes hommes n'étaient nulle part dans son champ de vision. Il n'y avait personne. Ni sur scène, ni autour de la scène, aucun membre de leur staff. Il était seul. Entièrement seul.

Progressivement, les cris disparurent derrière lui, laissant place à un silence assourdissant, lui glaçant l'échine. Ce silence contrastait terriblement avec le bruit continu auquel il était habitué. Il se retourna lentement. Des milliers de paires d'yeux le fixaient, attendant que le show commence. Leurs regards le mirent mal à l'aise. Ils se ressemblaient tous.

Bill ne comprenait rien à ce qui se passait, tout cela était tellement illogique. Cependant, il n'avait aucune intention de les fuir. Prenant son courage à deux mains, il ouvrit la bouche.

Mais aucun son n'en sortit.

Paniquant, il força sur sa gorge, en vain. Le silence inquiétant du public qui le fixait se changea en un murmure, d'abord éparpillé puis général et Bill tourna la tête, rencontrant les yeux dédaigneux et moqueurs des jolies filles.

Bientôt, le ricanement se fit général et Bill regarda avec panique autour de lui, ses yeux grands ouverts rencontrant des regards froids, à des lumières de ceux qu'il recevait d'habitude. Il tenta encore de parler, de crier pour expliquer que ce n'était pas sa faute, qu'il était malade, qu'il était aphone, mais bien sûr, aucun son ne sortit de sa gorge.

Les moqueries commençaient à devenir insupportables à ses oreilles, le désorientant, et Bill plaqua ses mains sur ses oreilles pour ne plus les entendre et il ferma les yeux. Ce devait être un cauchemar.

Mais soudainement, les rires se calmèrent, remplacés par un bruit de pellicule de film. Bill ouvrit les yeux et vit la foule à présent dans la pénombre aux visages illuminés par une lumière blanchâtre, comme dans une salle de cinéma. Leurs regards étaient rivés sur quelque chose derrière lui. Lentement, Bill se retourna, pris d'un sentiment bizarre de crainte.

Sur un des écrans qui était habituellement installé sur leur scène, des images défilaient. Sauf que cette fois-ci, ce n'était pas la vidéo live de leur concert permettant à tout le public de voir correctement le groupe. Non, c'était une toute autre scène qui défilait sous ses yeux, sous les yeux de la salle.

Il avait souvent pensé à ce moment-là, l'avait souvent revu mentalement, mais il ne l'avait jamais vu sous l'angle d'une tierce personne.

Sur l'écran blanc, Tom et lui s'embrassaient, sur le lit de leur bus. Leurs lèvres se dévoraient avidement, et leurs mains erraient sur les vêtements de l'autre, Tom caressant sa taille et ses côtes tandis que Bill s'affairait à caresser le dos et la nuque de Tom qui le surplombait.

Bill se figea. Cette scène ressemblait de très près à ce qui s'était passé dans le bus, et il ne parvenait pas à décrocher ses yeux de l'écran.

Cependant, elle changea. Bill vit les mains de son double glisser sous le T-shirt pour caresser directement la peau de Tom, et ce dernier se frotta contre son image, faisant gémir le Bill filmé. Sur scène, Bill secoua inconsciemment la tête, son c½ur s'accélérant et paniquant. Non, ça ne s'était pas passé comme ça, ils s'étaient juste embrassés, ils n'avaient rien fait de plus, il ne l'aurait jamais voulu, jamais imaginé...

Comme si son image cherchait à le contredire, le baiser devint plus passionné et Bill glissa sa main dans le pantalon de Tom. Ce dernier gémit à son tour et on pouvait deviner comment la main de Bill venait caresser son membre dressé sous le pantalon. Bill s'entendit murmurer d'une voix pleine de désir.

- J'ai envie de toi, Tom.

Bill trembla et porta une main à sa bouche. C'est alors qu'il se rendit compte que le public toujours derrière lui, murmurait, de plus en plus fort. Il se glaça sur place. Ils avaient tout vu. Ils avaient vu ses pensées les plus secrètes, les plus inconscientes et les plus inacceptables. Son public l'avait vu, violé au plus profond de lui-même, l'avait mis à nu. Bill se sentit mourir de honte et il se retourna lentement vers la foule qui le fixait à présent, dans un murmure rugissant et effrayant.

Répugnée, une partie de la foule arborait un expression dégoûtée, et les mots 'monstre', 'obscène' et 'anormal' parvinrent à ses oreilles, tandis qu'une autre partie des personnes présentes avaient brandi des pancartes rouges et noires. Elles le pointaient du doigt, ricanant.

On le savait. On avait raison.

Elles hurlaient. Toutes les filles hurlaient.

Elles savaient.

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Bill se réveilla en sursaut, affolé. Il se redressa, tentant de crier mais sa gorge endolorie le ramena immédiatement à la réalité, le brûlant acidement. Il porta la main à son cou et inspira par réflexe un grand coup. La douleur lui fit prendre conscience de son environnement. Il regarda autour de lui, yeux écarquillés.

Il était dans leur appartement. Il avait rêvé. Ce n'était qu'un stupide cauchemar.

Il était en sueur, respirant profondément pour reprendre son souffle. Il passa ses mains sur son visage et frissonna. Il devait se calmer et reprendre ses esprits.

Ce n'était qu'un stupide cauchemar qui ne voulait rien dire.

Lentement, il se rallongea, se recroquevillant sous les draps qu'il ramena sous son nez. Il avait fermé les rideaux et la chambre était sombre. Il regarda l'heure sur sa table de chevet. Seize heures. Il soupira, repensant aux événements du matin.

***

Deux heures auparavant, Bill était arrivé dans l'appartement du groupe. Saki était immédiatement reparti, appelé d'urgence pour une raison inconnue, et Bill s'était retrouvé seul. Se dirigeant directement dans sa chambre sans même avaler quoi que ce soit, il avait enfilé d'autres vêtements pour se mettre à l'aise, piquant même un sweat-shirt de Tom qui traînait dans son armoire, et il s'était glissé dans ses draps, se roulant en boule. Il avait froid malgré la chaleur qui le consumait.

Sa gorge surtout lui faisait un mal de chien et il n'arrêtait pas de tousser, l'irritant encore plus. Comme si ce n'était pas suffisant, il était fiévreux et tout tanguait autour de lui. Rapidement, il avait sombré dans un sommeil agité.

Le matin même, il avait été voir le spécialiste. Celui-ci l'avait ausculté un long moment, sans rien dire, examinant avec attention le fond de sa gorge, puis ayant terminé, il avait jeté un coup d'½il au chanteur, pensif. Bill l'avait fixé avec une appréhension qui ne l'avait pas quitté quand le spécialiste lui avait expliqué qu'il tenait à l'hospitaliser dès le lendemain matin pour lui faire faire des examens complémentaires plus poussés avant de se prononcer.

Quelque chose lui disait que rien de bon ne ressortirait de ces résultats.

En tout cas, le docteur avait été formel. Tout concert était exclu pour une semaine au minimum, jusqu'à nouvel ordre. Il avait très bien fait comprendre au jeune chanteur qu'il avait forcé sur sa voix, trop, beaucoup trop, et que sa gorge, ses cordes vocales, étaient très enflammées. Elles ne s'étaient visiblement pas entièrement rétablies depuis sa trachéite.

Lui fixant un rendez-vous pour le lendemain après-midi après des examens médicaux que Bill devrait passer le matin, une fois hospitalisé, le toubib avait froncé les sourcils pour accentuer ses instructions à respecter jusqu'au lendemain.

Médicaments à base de cortisone, interdiction stricte de parler, interdiction encore plus stricte de fumer, tisanes, eau et repos forcé avaient été ses maîtres mots, et gare au chanteur s'il s'avisait de ne pas les suivre à la lettre.

Le médecin avait été très mécontent de le revoir quelques mois seulement après sa dernière inflammation de la gorge, comprenant mal le rythme professionnel effréné qu'on imposait au groupe et notamment au chanteur. Le spécialiste avait ensuite libéré Bill de son cabinet de consultation, et parlé avec Saki qui seul l'avait accompagné et attendu dans la salle d'attente.

De son côté, Bill avait détourné la tête, regardant à travers la fenêtre de la salle d'attente le ciel nuageux tandis qu'il arrangeait son écharpe. Il neigeait depuis plusieurs jours en Allemagne. En effet, après un hiver plutôt doux, le printemps avait débuté sous une vague de froid sur toute l'Europe. Bill avait silencieusement murmuré pour lui-même un gros mot de frustration sans son, et depuis, ses lèvres étaient restées closes.

Quand Saki avait appelé Universal, eux aussi avaient été mécontents, pour des raisons bien différentes du médecin. S'ils s'inquiétaient de la santé du chanteur du groupe le plus populaire, et de loin, du moment, ils s'inquiétaient plus particulièrement d'avoir à annuler autant de concerts qui s'étaient vendus aussi vite.

***

Allongé dans son lit, Bill se sentait à présent coupable et misérable en y repensant, et ce rêve ne l'aidait pas à se sentir mieux.

Tout le monde souhaitait qu'il se rétablisse et le chanteur le ressentait comme un devoir. Même si on ne lui reprochait rien, les regards qu'il avait reçus, même de ses plus proches amis, membres du groupe et manager, lui avaient mis une étrange pression, lui rappelant sans le vouloir qu'il était le leader, le chanteur sur lequel tout un groupe de personnes se reposait. Sans lui, pas de concert, pas de promo...

Il allait les décevoir. Les fans, ses producteurs, son manager, ses amis, sa famille... Tom.

Se nichant encore plus sous les draps, Bill soupira, déprimé. Il jeta à un coup d'½il à son portable dans les méandres des draps, le petit appareil piaillant joyeusement.

Andréas l'avait inondé de sms, ainsi que sa mère. Les deux devaient arriver le lendemain soir avec son beau père, mais Tom n'arriverait certainement que dans deux jours, à cause d'interviews en Italie et au Portugal qui n'avaient pas été annulées. Le groupe devait encore s'expliquer et s'excuser auprès des fans sur les annulations des concerts dans ces pays.

Bill repensa à son rêve, à cette image sur l'écran, et le souvenir des lèvres de Tom sur les siennes quelques jours auparavant. Il rougit et son estomac se noua nerveusement. Il chassa le rêve aussi vite qu'il était revenu à sa mémoire. Son inconscient avait tort. Il n'avait pas ce genre de pensées pour son frère. Il n'était pas aussi tordu que ce que certaines de leurs fans le prétendaient. Il tendit sa main pour s'emparer du portable et tapota sur le clavier.

Comment s'est passée la conférence ?

Il attendit au moins une demi-heure une réponse. Ses yeux dansaient encore à cause de la fièvre et il les avait fermés, sombrant presque une nouvelle fois dans le sommeil alors qu'il se demandait pourquoi Tom mettait autant de temps à répondre.

La conférence de presse était terminée depuis plus de 5 heures et son frère n'avait pas envoyé un seul message. Il semblait injoignable. Bill sursauta presque quand la sonnerie attribuée aux appels et messages de son frère retentit dans la chambre silencieuse. Il ouvrit grand les yeux, son intérêt l'extirpant de sa torpeur.

Comme prévu. Et toi ? Ca va ? Tu te reposes j'espère?

Bill fronça les sourcils. La question de son frère était décalée. Il s'était attendu à ce qu'il lui demande ce que le spécialiste avait dit, en détail. David avait dû dire au groupe ce que Saki avait expliqué au téléphone, mais fidèle à sa réputation de nounours taciturne, le garde du corps avait été peu loquace, indiquant seulement que le médecin avait parlé d'une semaine d'arrêt.

Bill avait une envie urgente de voir son jumeau, de lui parler face à face. Il soupira. Même si Tom avait pu être là, Bill était complètement aphone et avait l'interdiction formelle de ne serait-ce que tenter de forcer sur ses cordes vocales. Il mit son téléphone sur vibreur et écrivit.

Ca va. Tu arrives quand ?

Il hésita un peu, mais envoya le message tel quel. Il avait eu l'intention de lui dire qu'il avait fait un cauchemar assez spécial, mais Tom aurait tenu à savoir de quoi il retournait exactement, et ça Bill ne tenait pas vraiment à lui raconter, même s'il n'arrêtait pas de se poser des questions sur ce rêve étrange. Oui, il avait aimé embrasser son jumeau, et alors ? De là à en conclure qu'il était détraqué à ce point... Son inconscient était un connard de première.

Bill fixa le portable, attendant fébrilement. Une longue minute s'écoula.

Je te manque à ce point ?

Cette blague aurait dû le faire sourire, mais Bill rougit. Tom lui manquait, peut-être même trop.

Tom, je peux te demander quelque chose ?

Il tapota nerveusement le rebord du téléphone en attendant sa réponse.

Tu sais bien que je ne peux rien te refuser.

Comme toujours, le même ton, blagueur et sincère à la fois. Bill hésita un peu, et appuya nerveusement sur les touches, se reprenant à plusieurs fois pour écrire certains mots dans sa précipitation.

Reviens demain. Je vais devenir dingue sinon.

Il se tortilla les doigts avant de les démêler rapidement quand l'écran s'illumina, le petit portable se tortillant dans les draps sous les vibrations.

Demain ? Ca risque d'être difficile...

Bill sentit son c½ur se serrer.

Un courant d'air passa, lui caressant le visage et le faisant frissonner. Il avait cru entendre un bruit. Il releva la tête subitement vers la porte ouverte de sa chambre, écoutant attentivement. Rien. Il avait rêvé. Etre seul dans ce grand appartement lui jouait des tours. Il allait se rallonger sur le lit quand le téléphone vibra.

Bill, tu peux fermer les yeux ?

Bill fronça les sourcils.

Tu n'es même pas là...

Bill entendit quelque chose vibrer, et ce n'était pas son téléphone. Il chercha des yeux autour de lui, mais ne vit rien. Quelques secondes s'ensuivirent, et son portable vibra pour de bon.

Fais-le quand même... pour moi ?

Pour lui. Tom avait dit les mots magiques pour lesquels Bill ferait tout et n'importe quoi. Cependant, Bill se figea face à l'écran un instant, soupçonneux et étrangement plein d'espoir. C'était stupide, non ? Pourtant, son coeur s'accéléra et il se rallongea sur le côté, recroquevillé comme un petit chat. Il ferma les yeux, cherchant une présence familière dans ces murs froids de ses sens engourdis par la fièvre. Tom n'était peut-être pas là, mais il pouvait s'imaginer un temps que c'était le cas.

De longues secondes passèrent. Il n'y eut pas un seul bruit, ni même un courant d'air, et pourtant il ne fallut que quelques secondes pour que Bill ressente une présence, dans la même pièce que lui. Elle se rapprocha, légère et féline, toujours plus près, avant de s'immobiliser.

Bill soupira. Son sixième sens craignait. Cet imbécile avait dû s'acoquiner avec son inconscient.

Ses yeux toujours fermés, Bill tapota des lettres au hasard sur son clavier et envoya le message de clics experts au dernier expéditeur.

Il se figea quand il entendit quelque chose vibrer à côté de lui, comme si quelqu'un était accroupi en face de lui avec un téléphone en main, et Bill se demanda jusqu'à quel point ses cinq sens pouvaient l'induire en erreur et lui faire croire ce qu'il voulait désespérément, car à présent, c'était son ouïe qui lui jouait des tours.

Il sentit un souffle chaud sur son visage et une odeur familière à quelques centimètres de lui à peine. Il frémit, cela lui avait parut si réel. Son toucher et son odorat étaient bons à jeter également.

Des lèvres touchèrent sa bouche, y exerçant une pression aussi infime qu'une plume avant de reculer, et Bill trembla un peu plus. Même ses lèvres se rappelaient la saveur exacte des siennes.

Ouvrant doucement les yeux, Bill se demanda brièvement si toutes les illusions semblaient aussi réelles que celle-ci, et il décida que non.

Seul le vrai Tom pouvait le regarder comme ça.

Bill sentit les larmes qui s'étaient accumulées sous ses paupières closes briller, embrumant légèrement sa vue. Tom était assis à genoux à terre, ventre et bras sur le lit, penché tout près de lui. Il haussa les épaules, souriant et le regardant dans les yeux avec douceur.

- Ca risque d'être difficile d'arriver demain, vu que je suis déjà là, tu ne crois pas ?

Bill eut un sanglot joyeux qui envahit sa gorge nouée, soulagé de voir son jumeau. Sans attendre plus, il se jeta dans ses bras et le serra comme si sa vie en dépendait. Tom eut le souffle coupé, surpris, puis il l'enserra de même, le cajolant de caresses et de bisous dans le cou jusqu'à ce que le brun recule. Bill renifla et tenta de parler, mais Tom secoua vivement la tête. Il massa le cou de Bill.

- Chut. Saki m'a dit que tu avais l'interdiction formelle de parler, alors n'y songe même pas. Tu as un téléphone.

Il lui fit un clin d'½il, et Bill baissa immédiatement la tête vers son portable. Il tapota quelques lettres et retourna le portable vers son frère.

Comment... ?

Tom sourit.

- On a convaincu David d'annuler toutes les interviews. J'ai pris le premier vol après la conférence, et j'ai dit à Saki de venir me chercher à l'aéroport.... Tu me fais de la place ?

Il avait commencé à repousser les draps et Bill acquiesça, se poussant pour le laisser s'y glisser. Tom s'allongea et Bill vint joyeusement se coller à lui, sentant son corps se réchauffer aussitôt à son contact. Tom l'entoura de ses bras et se mit à poser une main froide sur son visage, tâtonnant son front et ses joues, faisant frissonner Bill qui se nicha un peu plus contre lui. Tom fronça les sourcils en sentant la fièvre.

Il savait que Bill ne dormait pas mais celui-ci avait fermé les yeux sous l'étourdissement que lui procurait la fièvre. Tom se mit à caresser ses cheveux, ses doigts glissant tendrement dessus. Il murmura contre son front, ses lèvres effleurant sa peau.

- Saki m'a dit que tu avais d'autres examens à passer demain. Je t'accompagne.

Bill resta immobile un moment, puis sans bouger ni ouvrir les yeux, ses mains s'agrippèrent un peu sur le dos de Tom, le griffant doucement en signe de réponse. Il trembla à cause de la fièvre, et les mains de Tom délaissèrent ses cheveux pour venir caresser avec lenteur et tendresse son dos à travers le sweat-shirt. Bill parut se calmer, se concentrant sur les lents mouvements. Tom murmura encore.

- Tout ira bien, Bill. Je te le promets.

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Bill se figea. Il aurait pu défaillir en entendant la phrase du médecin s'il n'avait pas déjà été allongé. Il avait dû rêver.

Quand il s'était réveillé ce matin, il n'était plus tout à fait aphone, même si sa voix était atrocement rauque. Sa fièvre était tombée dans la nuit, et sa douleur à la gorge s'était considérablement apaisée même si elle était toujours présente.

Il était venu à la clinique avec Tom, on l'avait hospitalisé et Bill avait passé divers examens le matin, retrouvant ensuite Tom dans sa chambre. Gustav et Georg les avaient rejoints, accompagnés de David pour prendre de ses nouvelles. Ils avaient eu le temps de déconner, de manger, Tom ramenant même des sucreries en guise de dessert à son jumeau qui avait dû se coltiner la nourriture de la clinique.

Quelques autres personnes de la production étaient aussi venues pour avoir le diagnostic, attendant avec fébrilité, ces dernières enchaînant cigarette sur cigarette en faisant les cent pas devant la clinique.

Une simple routine, avait pensé Bill. Il avait eu tort. Il l'avait d'ailleurs senti quand le médecin avait demandé à David, Gustav et Georg de les laisser seuls. Ce que venait de lui annoncer le spécialiste cet après-midi dans sa chambre d'hôpital l'avait assommé telle une massue.

Il ouvrit la bouche, incrédule. Sa voix fut faible.

- Pardon ?

Il tourna sa tête vers Tom, assis à côté de lui sur le lit, pour voir s'il avait entendu la même chose que lui et pour chercher son appui. Tom semblait dans un état second, fixant le médecin. Quand Tom tourna lui aussi sa tête vers son frère, ses yeux vibrèrent d'une peur sans nom quand ils rencontrèrent ceux de Bill.

Le spécialiste se remit à parler, se faisant rassurant, attirant de nouveau leur attention. Il expliqua avec des mots simples.

- Ce n'est pas aussi terrible que ça en a l'air. Ca arrive à beaucoup de chanteurs. Vous avez eu une inflammation aiguë des cordes vocales qui n'a pas totalement guérie et le fait d'avoir continué à chanter, de manière forte, répétée et allongée a exercé une pression qui a provoqué un kyste.

Bill le coupa, secouant la tête.

- Mais, une opération ?

Le médecin fronça les sourcils.

- Comprenez bien qu'elle est nécessaire. Si on n'enlève pas ce kyste et que vous continuez à chanter, vos cordes vocales risqueront d'autres complications bien plus graves et subiront des dommages irréversibles.

Bill ouvrit la bouche pour contester, ses yeux cherchant des arguments en errant de manière troublée dans la pièce. Le silence était pesant, et la voix de Bill ne parvint pas à le briser. Le spécialiste le laissa digérer l'information et continua.

- De plus, même si le risque est faible, seule l'extraction permettra de déterminer la dangerosité de ce kyste.

Le mot n'avait pas été lâché, mais Tom avait immédiatement agrippé le poignet de Bill, l'enserrant avec une terreur non dissimulée à l'éventualité insinuée que cela puisse être une tumeur cancéreuse. Bill posa sa main par-dessus celle de Tom et se mordit la lèvre, regardant ailleurs pour que les larmes dans ses yeux ne coulent pas. Le spécialiste les observa un moment.

- C'est une intervention mineure. Vous êtes bien sûr anesthésié, on glisse une sonde dans votre gorge et le kyste est percé et enlevé par des appareils minuscules et très précis. C'est une méthode sûre et vous êtes en de bonnes mains. Par contre, je dois vous prévenir qu'une rééducation très stricte à suivre sera nécessaire pour récupérer votre voix. Plusieurs semaines, voire quelques mois. Sinon, vous risquez de ne jamais la retrouver.

Bill se figea. Il risquait de perdre sa voix ? Et s'il la récupérait entièrement, il lui faudrait peut-être plusieurs mois avant de pouvoir rechanter ? A quoi servait un chanteur s'il ne pouvait plus chanter ?

La main de Tom se resserra sur sa main et Bill tourna les yeux vers son frère. Tom le regardait avec des yeux qui montraient toute sa peur et son angoisse. Tom paraissait extrêmement affecté, comme si le ciel venait de lui tomber sur la tête.

Le médecin se leva.

- Je repasserai un peu plus tard pour parler des modalités de l'opération. J'ai cru comprendre que vos parents doivent arriver dans l'après-midi, j'aimerais pouvoir discuter avec eux...

Il fronça les sourcils, et murmura pour lui-même.

- ... plutôt qu'avec des hommes d'affaires.

Il n'y avait aucun doute qu'il parlait des hommes de la production et de David qui se tenaient derrière la porte de la chambre de Bill, attendant qu'il sorte pour lui sauter dessus et savoir de quoi il en retournait. Les jumeaux l'entendirent soupirer, puis il changea de sujet.

- Je fais rentrer vos amis ?

Bill secoua la tête. Il jeta un coup d'½il fuyant vers Tom.

- Non... je préfère rester... en famille pour l'instant.

Le médecin acquiesça, souriant légèrement et il sortit de la pièce, refermant la porte derrière lui.

Bill reposa ses yeux sur Tom. La main de celui-ci enserrait toujours son poignet. Bill leva sa main de libre qui reposait auparavant sur celle de son jumeau pour venir caresser sa joue du revers de ces doigts.

Il pouvait voir que Tom avait les yeux rougis et qu'il essayait de lui cacher en détournant le regard. Bill recommença son geste plusieurs fois. Il parla de sa petite voix rocailleuse.

- Tom ?

Celui-ci ne répondit pas, détournant un peu plus la tête. Bill eut le c½ur serré. Tout était de sa faute. Tom avait peur pour lui et le groupe allait se trouver en stand-by à cause de lui.

- Tom, je suis désolé. Pardonne-moi.

Il entendit un sanglot. La main de Tom quitta son poignet pour venir arrêter le geste de la main de Bill sur sa joue, l'appuyant un peu plus contre son visage, et Bill sentit une larme couler ses doigts. Tom murmura, sa voix entrecoupée de larmes, incrédule.

- Tu me demandes de te pardonner ?

Sans que Bill ait eu le temps de répondre, Tom se jeta dans ses bras, sa tête posée contre son épaule, pleurant pour de bon. Bill fut surpris, et il se mit à caresser ses cheveux, berçant tout doucement son frère. Il avait lui-même les larmes aux yeux. Il bégaya un peu.

- Tom, ne t'inquiète pas. Je vais bien. Je vais me faire opérer et je retrouverai ma voix et on continuera. Tom, ne pleure pas, ne pleure pas...

A ses mots, les pleurs de Tom redoublèrent et Bill commença à s'affoler. Tom ne craquait que très rarement. Les fois où il avait vu Tom réellement pleurer pouvait se compter sur les doigts d'une main. Il fut encore plus surpris quand il se mit à parler, débitant un flot de paroles.

- Je sers à rien. Je ne suis même pas capable d'être là quand tu as besoin de moi, alors tu es loin de me devoir quelque chose, à moi ou à qui que ce soit. On n'en serait jamais arrivé là sans toi, si tu ne te crevais pas tous les jours. C'est notre faute si tu es malade. C'est ma faute si tu as mal, si tu risques de perdre ta voix. Oh mon dieu, je ne le supporterai pas s'il t'arrive quelque chose.

Bill le serra un peu plus fort, se mordant les lèvres pour ne pas pleurer. Il eut un petit rire.

- Dis pas de conneries. Tu es toujours là pour moi. Je connais personne d'autre que toi qui vient me réconforter à chaque fois que j'ai un coup de blues ou que je fais un cauchemar, personne d'autre qui prend l'avion en secret pour venir me rejoindre un peu plus tôt, et personne d'autre qui vient m'embrasser parce que je lui ai demandé.

Tom releva enfin la tête. Son visage était bouffi d'avoir pleuré et ses yeux rouges rencontrèrent ceux de Bill, qui souriait. Tom l'observa silencieusement et avec tendresse, étudiant avec fébrilité les traits de son visage, tandis que Bill posa ses deux mains sur ses joues. Il sourit un peu plus et dit timidement.

- Je sais pas si je devrais te dire ça, mais tu es beau quand tu pleures.

Les yeux de Tom s'écarquillèrent un peu et il eut un éclat de rire amusé et attendri. Bill le lâcha et ils se mirent à rire tous les deux, se fixant avec un regard entier, plein d'amour. Se calmant un peu, Tom plaisanta, chantonnant.

- 'Twincest'

Ils se fixaient toujours et Tom eut un petit rire. Bill sourit également, mais le sourire du brun s'effaça vite, jusqu'à presque totalement disparaître. Il ne dit rien. Il ne le pouvait pas. Son cauchemar lui revenait en mémoire et pour la première fois, Bill se rendait compte que c'était son inconscient qui avait raison.

Tom regarda l'expression de son visage changer et il perdit son propre sourire. Leurs yeux ne s'étaient pas quittés et leur expression était étrangement calme, ayant presque oublié pourquoi ils se trouvaient là, dans cette chambre d'hôpital. Leurs pupilles semblaient transpercer l'autre, lisant ses plus profondes pensées comme s'il s'agissait des siennes.

Lentement, Tom pencha sa tête, l'inclinant légèrement, jusqu'à ce que leurs lèvres s'effleurent, se touchant à peine. Ils hésitèrent, car cette fois-ci, ils savaient que c'était différent. L'intention était différente. Ce n'était plus un jeu, une simple demande ou un petit moment de réconfort.

Leurs paupières se fermèrent et leurs bouches se happèrent, doucement, et ils marquèrent encore une pause. Leurs nez se touchèrent, leurs souffles se mélangeant, et ils recommencèrent, s'embrassant un peu plus.

Leurs langues entrèrent en contact, presque comme par accident, et ils ralentirent leur baiser jusqu'à se figer, enregistrant et analysant les réactions de l'autre, si similaires. Et il reprit, le bout de leurs langues bataillant pour une vague domination, et l'échange s'enflamma peu à peu, jusqu'à ce que leurs souffles viennent se couper. Leurs respirations devenaient irrégulières, leur baiser se faisant désordonné sous son intensité.

Leurs lèvres embrassaient la moindre parcelle de leurs bouches qui leur était accessible, se gavant des sensations de l'autre, pleinement conscient de l'absence d'innocence derrière leur tendre danse.

Finalement, au bout d'un moment, ils s'arrêtèrent brusquement, leurs nez s'entrecroisant et venant s'écraser comme leurs bouches contre leurs joues. Ils restèrent immobiles, se rendant compte que leurs bras emprisonnaient toujours fermement le corps de l'autre. Leurs cils caressaient leurs peaux.

Ils avaient tous les deux compris.

Ils restèrent muets un long moment, puis Bill se remit à sourire, frottant son visage contre le sien. Sentant sa gorge le piquer comme pour le ramener à l'ordre, il murmura doucement, tremblant.

- Je vais avoir besoin de toi pour m'en sortir.

Tom ferma les yeux, et il souffla.

- Je serai là.

Fin.

Donnez une note à ce chapitre : * ** *** **** *****

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Comments :

  • sanggreen

    22/06/2009

    Merci beaucoup! <33333333

  • 26JUIN1992

    22/06/2009

    Cette fiction m'a limite fait pleurée...
    J'adore ; c'est magnifique

  • Twinc3st-Lem0n

    16/03/2009

    Twincessssstttt <3 xD
    Je dois dire comme d'autres, j'ai moi aussi moins aimé cette fiction mais je l'ai quand même aimé ein?! XD Elle était un peu courte, légèrement triste, et un peu trop "réel" pour nous faire plonger dans le romantisme... Tu vois ce que je veux dire? xD Je suis pas très claire... Mais j'ai quand même bien aimé ^^

    Je vais en lire une autre!! =D (J'ai congé aujourd'hui alors yaoi powa pour moi! XD)

  • LoveTomBillYaoi

    26/01/2009

    Sublime, un peu triste mais plein d'amour et de tendresse

  • th-fiction-25

    03/12/2008

    trop bien

  • Love-boat-yaoi

    15/08/2008

    Aucun rapport, mais il fallait que je le dise.
    Dans toutes les fic/ OS que j'ai lu jusqu'à maintenant, et qu'un des persos se retrouver avec du sens dans la bouche, on parle toujours d'un gout métallique.
    Pourtant je viens d'éternuer, à cause d'une allergie, pas un petit atchoum de merdre, et comme j'avais déjà les lèvres gercées, ma lèvre a explosé. donc bien sur, ça saigne. Ne voulant pas laisser le sang couler, j'ai passé ma langue dessus, et bizarrement aucun gout de métal. Bon après j'ai jamais léché du métal hein!
    Mais j'comprends pas pourquoi dans toutes les fics on dit que le sang à un gout de métal...
    J'ai moins aimé cette fiction. Peut-être trop attachée à la réalité, et trop triste. Je sais pas.
    Cela dit c'est toujours extremement bien écrit.
    Bon encore une fois je lis tard, mais au moins, demain matin j'peux me lever tard...
    Bisouuus!

  • man-kann-immer-traumen

    29/06/2008

    jadore cette mini fic ^___^

    tu décris super bien !!

    fin jadore quoi !! xD

    biisOuxxxxxxxxxx

  • criitikeuz

    12/06/2008

    J'ai pas fini le chapitre
    je suis à :

    " Bill resta immobile un moment, puis sans bouger ni ouvrir les yeux, ses mains s'agrippèrent un peu sur le dos de Tom, le griffant doucement en signe de réponse. Il trembla à cause de la fièvre, et les mains de Tom délaissèrent ses cheveux pour venir caresser avec lenteur et tendresse son dos à travers le sweat-shirt. Bill parut se calmer, se concentrant sur les lents mouvements. Tom murmura encore.

    - Tout ira bien, Bill. Je te le promets. "

    mais putain chui obliger de laisser un com Maitenant !

    le chapitre est trop magnifik
    Tom ki arive par surprise
    han putain tro tro emouvant koi !
    J'en pleur O_o

    MAGNIFIK

    j'ai rien dotr a dire =)

    je cnotinu la lecture demain =)

    je croi mm ke je v imprimer la suite
    come sa je la lirai ... la journeii militaire me paraitra pe etre moin longue xD

  • siseulement-th

    05/06/2008

    c'est trop beau ... j'ai vraiment l'impression de me répéter =p
    bon je lirais un autre demain soir ...

  • carpe-diem--x

    05/06/2008

    c'est vrai que je n'avais pas trop pensé à ça mais ça a dû être un saccré choc quand on a annoncé ça à Bill! Une opération et ne plus pouvoir chanter pendant un certain temps! Il a vraiment dû être effondré! c'est là qu'on se rend compte que c'est assez exceptionnel qu'il soit revenu si vite et de bonne humeur!

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