Sous pression

Merci à tous! Ce blog né il y a un mois atteint aujourd'hui plus de 1000 visites et 100 commentaires et c'est bien sûr grâce à vous! Alors voilà un petit cadeau sous forme de fic. ;)

Toujours en retour à mes fondamentaux, voici un petit OS plus ou moins basé sur les critiques que les TH ont reçues récemment pour leurs concerts en Amérique du Nord et le stress conséquent à celles-ci.

Bonne lecture!

***

Sous pression


Assis dans le terminal de l'aéroport, Tom leva la tête quand il entendit Gustav lui parler.

- Souriez !

Tom eut à peine le temps de prendre la pose que le flash l'aveuglait déjà. À côté de lui, Bill n'avait même pas daigné lever la tête, l'attention de ses yeux cachés derrière ses grandes lunettes noires fixée sur le café Starbucks posé sur ses genoux.

Regardant le résultat de sa photo, Gustav s'éloigna, rejoignant Georg dans une boutique détaxée pour un peu de lèche-vitrine.

Le groupe accompagné de son staff venait de passer les contrôles habituels et attendait plus ou moins patiemment qu'on les appelle pour leur vol qui les amèneraient aux Etats-Unis, laissant derrière eux les souvenirs tout frais qu'ils venaient de se créer au Canada.

Des bons, et des mauvais souvenirs. Si les concerts s'étaient relativement bien passés, Tom avait été plus stressé que d'habitude, moins naturel sur scène, tout comme cela avait été le cas pour Georg et Gustav. Bill quant à lui avait été comme un poisson dans l'eau. Tom l'admirait pour ça. Bill était le leader charismatique du groupe. Georg, Gustav et lui se devaient d'être à sa hauteur.

Car Tom avait beau jouer à celui qui était plein d'assurance, depuis leur arrivée sur le sol américain, il se sentait tout petit, comme à leurs débuts. Seul Bill semblait imperturbable et combatif. Sur scène, les critiques et journalistes ne voyaient que lui.

Pensif, Tom détourna le regard de ses amis avec une certaine anxiété. Pour l'instant, ses préoccupations étaient supplantées par la perspective de leur prochain vol. Tom observa en détail les immenses engins qui étaient censés pouvoir voler man½uvrer sur la piste. Tom déglutit et soupira, essayant de chasser ses craintes. Il sentit soudainement un pied heurter volontairement sa chaussure pour attirer son attention.

- Stressé ?

Tom regarda brièvement son frère qui venait de parler et haussa les épaules, détournant les yeux pour les reposer sur les oiseaux en ferraille.

- Qui ne le serait pas ? Je me demande comment ces choses arrivent à décoller et à voler.

Tom aurait pourtant dû s'y être habitué depuis le temps. Ils prenaient régulièrement l'avion. Néanmoins, cette question revenait souvent sur ses lèvres. Avant chaque vol, pour être exact. Et cela ne manquait pas d'amuser son frère. Il entendit Bill rire.

- Il faut encore qu'elles décollent. Est-ce que tu savais que c'est au moment du décollage qu'il y a le plus d'accidents ?

Les mains de Tom resserrèrent leur emprise sur son propre café, menaçant de rompre le plastique. Son c½ur sous pression s'accéléra. Il fronça les sourcils et maugréa sur un ton de reproche.

- C'est censé me rassurer ?

Bill l'observa un moment, étrangement pensif, puis il hocha la tête et dit, soudainement taquin.

- Oui, tout comme ce double café surdosé en caféine est censé nous calmer.

Tom humpffa, vexé, et Bill eut un petit rire amusé.

Tom commençait à bouger nerveusement sa jambe droite, fixant à nouveau les avions dont les moteurs bruissaient, quand il sentit une main se poser sur sa cuisse, tentant d'arrêter ses soubresauts. Tom le regarda avec étonnement puis sourit. Il savait que sa manie de bouger ses jambes tel un marteau piqueur agaçait grandement son jumeau.

- Quoi ?
- Arrête, là tu me stresses.
- Comme ça on est deux.

Bill eut une petite moue boudeuse. Tom arbora un petit sourire satisfait et attendri face à l'expression enfantine de son jumeau. Cette discussion était stérile et si banale entre eux, et pourtant Tom ne s'en lassait pas, car Tom ne s'ennuyait jamais de ces petits instants passés avec sa moitié. Bill avait beau le titiller en permanence, être chiant comme pas deux, il ne pouvait se passer de lui. Bill le rassurait, tout comme la main vernie qui caressait innocemment l'intérieur de sa cuisse le faisait en ce moment.

La jambe de Tom s'était arrêtée de bouger, celui-ci regardant d'un air momentanément plus apaisé les ailes blanches de la carcasse métallique qui les attendait, quand il sentit Bill se pencher vers lui pour murmurer à son oreille.

- Vois le bon côté des choses. Si l'avion s'écrase, il y aura tout de même un point positif.

Tom se tourna vers lui. Bill avait remonté ses lunettes sur sa tête, révélant ses yeux non maquillés, ceux-ci se plongeant immédiatement dans les siens, les hypnotisant. Ses longs cheveux noirs aux mèches blanches étaient lissés et tombaient gracieusement sur ses épaules. Tom le fixa, incrédule.

- J'aimerais bien savoir lequel.
- Au moins, on sera ensemble.

Tom cligna des yeux. Les yeux de Bill étaient doux sur les siens et Tom avait le c½ur étonnamment léger, les n½uds dans son estomac dus à sa peur de l'avion se dissipant un peu. C'était étrange, car les propos de Bill auraient dû le rendre triste. Il n'en était rien. Savoir que Bill resterait à ses côtés quoi qu'il advienne valait tout l'or du monde.

Tom sourit et détourna le regard. Il sentit Bill faire de même et Tom secoua légèrement la tête.

- T'es vraiment bizarre.

Néanmoins, il posa sa main sur celle de Bill qui était toujours sur sa cuisse, enlaçant leurs doigts alors qu'ils terminaient chacun leur café. Finalement, Bill posa sa tête contre l'épaule de Tom, murmurant avec un ton de conspirateur.

- Si tu es encore stressé demain soir, j'ai une solution à te proposer pour décompresser.
- Vraiment ?
- Mh mh...

Bill termina son café et lui fit un clin d'½il. Tom lui sourit avec douceur.

Grâce à Bill, il ne se sentait plus aussi tendu à présent.

Même si les avions là dehors continuaient à défier les lois de la physique (après tout, les cheveux de Bill le faisaient bien tous les jours, alors pourquoi les avions ne le pourraient-ils pas...).

Et même si Tom se sentait toujours aussi petit...

***

Etalé sur le lit, Tom grogna.

- Bill ! Tu te dépêches, oui ?

Depuis un quart d'heure, Bill était dans la salle de bains en train de se démaquiller. Pourtant, ils s'apprêtaient à ressortir.

Ils avaient passé la soirée dans un restaurant japonais branché et ils étaient revenus assez tard, suivis jusqu'à leur voiture par les paparazzi américains avant de rentrer à l'hôtel dans leur voiture aux vitres fumées.

David les avait envoyés se coucher, mais les jumeaux ce soir ne voulaient en faire qu'à leur tête. En effet, Bill avait eu une idée à laquelle Tom s'était empressé d'adhérer.

Sans rien dire à qui que ce soit, ils avaient décidé d'aller faire un tour incognito à pied. Après tout, ce n'était pas tous les jours qu'ils auraient l'occasion de se balader dans le mythique Hollywood. Mais comme ils avaient déjà été grillés par les chasseurs de primes qu'étaient les paparazzi made in America, ils se devaient d'être prudents.

Quand Bill sortit de la salle de bains, Tom soupira.

- Enfin ! C'est pas trop tôt ! Tu as des fringues à me passer ?

Bill leva les yeux au ciel mais sourit. Quand ils cherchaient à circuler incognito, Tom venait toujours lui piquer des habits plus 'moulants' pour ne pas être reconnu. Si en temps habituel, Tom se moquait gentiment de ses vêtements, il n'avait néanmoins aucun scrupule à les lui emprunter, soi-disant « pour la bonne cause ».

À titre de revanche, seul Bill choisissait ce qu'il voulait bien lui prêter. C'était un peu comme jouer à la poupée, mais avec un modèle grandeur nature disposant des mêmes mensurations que soi, et Bill s'en délectait à chaque fois.

Bill se rapprocha d'une de ses immenses valises et s'agenouilla. Après un temps de réflexion, il choisit un jeans noir et un T-shirt qu'il balança à son frère, puis il sauta sur le lit, s'allongeant et le regardant faire, attendant impatiemment le résultat.

Tom se leva et enleva ses propres T-shirt et pantalon, dénudant ainsi presque totalement son corps sous le regard attentif de Bill, pour enfiler ce que le brun venait de lui passer. Allongé sur le côté, Bill soupira rêveusement, alors que Tom finissait de refermer la braguette de son jeans.

- Les filles ne savent pas ce qu'elles ratent.

Souriant fièrement, Tom haussa un sourcil vers lui et Bill se mit sur le dos déployant le large T-shirt de Tom au-dessus de lui, l'observant sous toutes ces coutures. Il sourit et fit des yeux de chien battu à son frère.

- Je peux le garder comme pyjama ?

Indigné par cet affront fait à l'un de ses T-shirts préférés (ce dont Bill était tout à fait conscient), Tom grogna un 'non' catégorique et fusilla du regard son frère. Il reprit son T-shirt d'un geste rapide et possessif, faisant glousser le jeune homme.

Puis passant au-dessus de Bill, il agrippa le turban qu'il avait posé à l'autre bout du lit dans l'intention de l'utiliser pour cacher ses dreads. Il ne manqua pas d'écraser volontairement son frère au passage et sourit quand celui-ci se défendit, essayant de le repousser en étouffant ses rires.

Quand il se releva, Tom lui lança un regard coquin tout en se dirigeant vers la salle de bains, sentant le regard de Bill toujours posé sur lui. Quand il eut disparu derrière la porte, ses yeux rencontrant son reflet dans le miroir alors qu'il s'affairait déjà à emmitoufler ses cheveux dans le turban, il entendit Bill glousser.

- Ton jeans se fait la malle, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué.

Tom baissa les yeux et sourit. Le pantalon avait glissé, laissant dévoiler ses hanches fines et anguleuses recouvertes de son seul boxer. Pour une fois, ses larges habits n'étaient pas là pour cacher sa si mince silhouette. Ses yeux remontèrent jusqu'à son visage. Il ressemblait tellement à Bill habillé ainsi, même si des différences demeuraient.

- Je mettrai une ceinture.
- Ah non, pitié ! Pas une de tes horribles ceintures avec mes jeans.

Il entendit Bill se lever et farfouiller dans ses valises, et en moins de deux, Bill était entré dans la salle de bains, s'asseyant sur l'espace libre juste à côté du lavabo. Sans attendre le moindre consentement de sa part, il attira Tom à lui en posant ses mains sur ses hanches et il commença à lui enfiler une de ses ceintures. Tom, dont les mains étaient toujours empêtrées dans son turban pour y faire entrer ses cheveux rebelles, couina, le fusillant du regard.

- Hey ! Je sais m'habiller tout seul, je te signale.

Bill l'ignora, continuant à lui mettre la ceinture. Il coinçait ses hanches de ses cuisses. Le brun eut un petit sourire.

- Pour une fois que tu es à ma merci, je ne vais pas laisser passer l'occasion.

Tandis qu'ils se fixaient d'un air de défi, Bill ferma lentement et sensuellement la boucle. Tom rit, légèrement nerveux sous ce regard intense. C'était un jeu, il le savait très bien. Un jeu où la tension entre eux montait. Une tension inassouvie, qui ne demandait qu'à l'être sans jamais l'être, et dont ils ne se lassaient pas.

Tom avait enfin terminé de mettre son turban, mais il ne bougea pas. Bill le détaillait une fois de plus, ses mains caressant sa taille. Il paraissait satisfait. Le brun soupira.

- Tu es sexy.
- Parce que je porte tes vêtements ?

Bill gloussa et secoua la tête. Il se pencha jusqu'à prendre Tom dans ses bras. Ses cuisses coinçaient toujours ses hanches, collant leurs bassins. Bill sourit avec un petit air se voulant attendrissant sur son visage avant de murmurer dans son cou.

- Je suis sûr que je pourrais te rendre encore plus sexy...

Tom sentit une main se poser sur son entrejambe, par-dessus son jeans. Il ferma les yeux et gémit involontairement à ce toucher doux mais assuré, et Bill gloussa. Quand Tom rouvrit les yeux, ceux-ci rencontrèrent leur reflet dans le grand miroir. Bill embrassait goulûment son cou.

- ... avec un peu de maquillage, par exemple.

Tom savait que Bill ne faisait que jouer avec cette tension entre eux dans le but d'obtenir ce qu'il voulait (en l'occurrence ici, le maquiller sans aucune vergogne...), mais même si ce n'était qu'un jeu câlin, c'était terriblement excitant. Tom se colla à lui, tendant le cou pour lui donner un meilleur accès. Il grogna au bout d'un moment.

- Je tiens pas à ressembler à un épouvantail comme un certain chanteur de ma connaissance.

Vexé, Bill lui pinça le ventre et Tom poussa un petit cri aigu. Néanmoins, il s'en sortit en glissant ses mains sous le T-shirt de Bill, caressant la douce peau de ses doigts agiles. Il sentit Bill frémir sous son toucher. Le brun lui mordillait à présent tendrement le cou alors que ses mains caressaient les cuisses et la taille de Tom, passant également sous son T-shirt.

Dans le miroir, Tom le regarda faire, voyant son jumeau se frotter contre lui, puis il vit ses propres yeux embrumés par le désir que lui procurait le doux contact de leurs corps enlacés. Oui, ils étaient vraiment sexy ensemble. Bill recula légèrement, embrassant à présent sa mâchoire. Il gémit plaintivement.

- Allez Tomi, juste un tout petit peu...

Reportant son attention sur son jumeau qu'il serrait toujours dans ses bras avec possessivité, il lui répondit néanmoins, ses lèvres contre son oreille.

- Dans tes rêves.

Bill recula alors, délaissant son cou où une marque rouge brunâtre avait fait son apparition. Il lui fit une petite moue dans une ultime tentative pour l'amadouer.

- S'te plaît !
- N'y compte même pas. Bon, on va le faire ce tour, oui ou non ?

Tom se détacha de lui et commença à sortir de salle de bains, réajustant sa coiffe. Bill le suivait du regard, visiblement déçu, quand Tom l'entendit rire à nouveau.

- Tu bandes.

Tom eut un petit sourire, sans le regarder.

- Toi aussi.

Bill baissa les yeux et releva la tête immédiatement. Il toussa légèrement, rougissant, puis il sourit, pas du tout décontenancé. Il sortit de la salle de bains après lui, prit un bonnet pour cacher ses cheveux, puis agrippa un manteau alors que Tom faisait de même.

Quelques secondes plus tard, c'est gloussant qu'ils longeaient tous les deux les murs de l'hôtel, étouffant leurs rires et se plaquant tour à tour contre les murs quand ils pensaient avoir entendu un bruit. Mais heureusement, pas de gardes du corps, de clients ni personnel de l'hôtel en vue.

Quand ils arrivèrent dans le hall, seul un gardien de nuit les regarda avec surprise quand ils se précipitèrent dehors en courant littéralement, lui souhaitant une bonne nuit en anglais avant de disparaître dans les lumières de la ville.

***

Trois heures plus tard, ce fut en rigolant comme deux clés à molette qu'ils revinrent à l'hôtel. Ils décidèrent de remonter via les escaliers vers leurs chambres, pensant être ainsi plus discrets, point cependant discutable étant donné le raffut qu'ils firent jusqu'à parvenir au douzième étage.

En effet, les deux jeunes hommes étaient pris d'un fou rire qui ne semblait pas vouloir s'arrêter, et ils n'avaient pas arrêté de s'affaler par terre en gloussant toutes les dix marches, à bout de souffle. De temps à autre, ils s'arrêtaient même en pouffant avant de s'enlacer précipitamment dans un coin sombre pour se cacher quand il leur semblait entendre le moindre bruit suspect, restant tout le temps hilares comme s'ils venaient de prendre dix rails de coke.

Une vingtaine de minutes après le début de leur ascension, il leur restait encore un étage dont la montée s'éternisait, quand Bill s'étala pour la énième fois sur les marches recouvertes de moquette, plié en deux alors que Tom venait de lui raconter une autre anecdote de leur dernière tournée qui les faisait toujours hurler de rire. Se tournant sur le dos pour rire plus à son aise, tout en tentant d'en étouffer le son, Bill tenait à présent son ventre devenu douloureux à force de se contracter.

S'affalant à côté de lui, Tom était dans le même état, son rire étrangement similaire à celui de Bill. Son turban s'était défait depuis belle lurette, et ses lourdes dreads n'étaient plus attachées que par un simple élastique qui menaçait de céder. Tom articula difficilement, sa voix entrecoupée de rires.

- Et tu te souviens quand... et puis quand...

Le fou rire de Bill reprit de plus belle alors qu'il hochait fébrilement la tête. Tom le vit lui tourner le dos avant de revenir vers lui, Bill enfouissant sa tête contre son épaule à laquelle sa main venait de s'agripper. Tom riait de même en regardant les yeux qui pleuraient de rire de son jumeau. À ce stade de la soirée, ils n'avaient même plus besoin de terminer leurs phrases pour savoir à quoi pensait l'autre, ce qui les arrangeait bien vu qu'ils n'étaient plus parvenus à aligner deux phrases cohérentes à la suite l'une de l'autre depuis une bonne demi-heure.

Ils restèrent là pendant cinq bonnes minutes au moins, tournés l'un vers l'autre, puis se calmant légèrement, Bill prit soudainement la main de Tom, le poussant à se lever. Il riait encore un peu. Tom résistait et Bill le gronda, un grand sourire aux lèvres.

- Il ne reste plus que quelques mètres à faire, debout l'enclume !

Tirant un peu plus sur son bras, il parvint à le convaincre de se relever et c'est ainsi qu'ils montèrent les dernières marches. Ouvrant la porte des escaliers, ils passèrent avec précaution la tête. Personne. Apparemment, leur petite escapade nocturne était passée totalement inaperçue.

Ils entrèrent dans le couloir, avançant à pas de loups comme des enfants, hésitèrent un moment, chuchotant et gloussant devant la chambre de Georg pour savoir s'ils devaient faire du raffut à sa porte pour le réveiller, avant de se raviser. Après tout, ils avaient réussi à garder leur petite sortie secrète, elle pouvait bien le rester encore un peu.

C'est ainsi qu'ils se dirigèrent vers leurs chambres, et quand Tom arriva devant la sienne, il semblait s'être dégrisé soudainement de son fou rire. Ses doigts s'étaient immobilisés sur le clavier électronique et sa tête vint se poser sur la porte. Tourné face à lui, Bill s'était également appuyé sur sa porte, penchant sa tête contre le bois. Il l'observa, souriant doucement.

- Tu ne te rappelles plus du code ou quoi ?

Tom étouffa un petit rire mais ne le regarda pas. Il secoua la tête.

- Non, c'est pas ça.

Ils restèrent silencieux quelques secondes, pour la première fois depuis de longues heures. Bill fixait son frère, comme s'il comprenait et s'était attendu à sa réaction.

Tom se redressa, levant la tête au plafond. Ses yeux brillaient étrangement et son expression était triste et préoccupée. Bill ne dit rien et reprit à nouveau la main de Tom comme il l'avait fait quelques minutes auparavant, l'entraînant cette fois-ci devant sa chambre. Sans rien dire, et laissant leurs doigts enlacés dans une main, il tapa son code de l'autre et ouvrit la porte. Tom ne le regardait pas, ses yeux perdus dans le vide semblant fixés sur le couloir sans fin.

Cependant, à peine étaient-ils rentrés et la porte refermée, Tom s'était agrippé à lui et l'avait plaqué contre le mur, l'emprisonnant dans ses bras avant de s'immobiliser, son visage caché dans le cou de Bill. Crispé, il s'accrochait à lui comme si sa vie en dépendait.

Surpris par son geste si soudain, Bill n'avait néanmoins rien dit, ayant juste écarquillé les yeux. Une fois acculé, il avait lentement entouré les épaules de Tom de ses bras, le berçant légèrement alors qu'il caressait les cheveux blonds de celui-ci, murmurant des 'chuts' rassurants à son oreille pour le calmer. Tom tremblait.

Au bout d'un moment, Tom hoqueta. Ses yeux brillaient toujours mais les larmes n'étaient pas décidées à tomber.

- Comment tu fais pour toujours savoir quand je vais mal ?

En effet, Tom s'était rendu compte depuis plusieurs heures que Bill avait cherché à le faire décompresser. Et ça avait marché, jusqu'à maintenant. Frottant sa joue et son nez contre sa joue, Bill sourit.

- Je ne suis pas ton frère jumeau pour rien.

Tom eut un petit rire ému qu'il étouffa et il recula. Leurs yeux se fixèrent, ils se sourirent et lentement, Tom vint déposer ses lèvres sur celles de Bill, y restant de longues secondes avant de les détourner sur sa joue, soufflant un air chaud à travers son nez, se calmant. Bill l'embrassa sur la joue, puis se dégagea un peu.

- Je vais aller prendre ma douche. On en parle après, ok ?

Tom acquiesça et Bill fila à la salle de bains. Il en revint et Tom l'y remplaça à son tour, et ce n'est que de longues minutes plus tard, après avoir fait couler une eau brûlante sur sa peau à la recherche d'une chaleur réconfortante que Tom réapparut dans la chambre, en boxer et une serviette de bain autour du cou. Il sourit à la vue qui se présentait à lui.

Allongé sur le dos et déjà à moitié emmitouflé sous les couvertures, Bill roupillait, les yeux fermés, dans son T-shirt XXL préféré faisant ici office de pyjama. Tom soupira. Leur conversation devait visiblement être reportée.

Il s'approcha du lit et se glissa de l'autre côté. La chambre était seulement éclairée par une lampe de chevet au-dessus d'eux. Faisant tomber la serviette à terre, Tom s'engouffra sous les couvertures et se mit sur le côté, sa tête posée sur l'énorme coussin où Bill avait également posé sa sienne, et il l'observa.

Ce visage apaisé était une vue que Bill offrait à peu de personnes, lui qui était toujours si vivant et qui cherchait tant à maîtriser son apparence. Là, au contraire, il avait l'air si relaxé, si beau, si fragile, si naturel, si... parfait. La main de Tom glissa sous le large T-shirt que Bill portait et vint se poser sur son ventre, entamant de timides et douces caresses circulaires sur celui-ci. Tom se rapprocha de lui et baissa la tête, la posant sur son épaule et respirant l'odeur si rassurante de Bill.

Cela dura quelques secondes, et quelle ne fut pas sa surprise quand la main de Bill se leva, son revers venant caresser sa joue. Il cligna des yeux.

- Tu ne dormais pas ?

Bill secoua la tête.

- Je somnolais juste. On devait parler, tu t'en rappelles ?

Les yeux de Tom se firent légèrement fuyants mais finirent par se fixer sur ceux de Bill, leur douceur les attirant inexorablement. Ils s'observèrent un moment, continuant leurs gestes tendres. Plus que l'eau brûlante, la chaleur des yeux de Bill réchauffaient Tom. Les doigts de Bill passèrent sur sa bouche, caressant lentement ses lèvres.

- Qu'est-ce qui ne va pas, Tom ?

Arrêtant ses caresses, Tom retira sa main et se tournant sur le dos, il se déroba au toucher de Bill. Il hésita mais se lança tout de même.

- J'ai peur qu'on ne soit pas à la hauteur. Que je ne sois pas à la hauteur.

À ta hauteur.

Bill se tourna vers lui. Il grimaça légèrement.

- À cause de ces inepties qu'ils ont écrites ?

Depuis qu'ils avaient commencé leurs concerts au Canada, une pluie de mauvaises critiques s'était abattue sur le groupe, visant prioritairement Tom, Georg et Gustav. Une atmosphère oppressante sur le groupe en avait résulté, même si David et le staff avaient cherché à les minimiser. Après tout, il ne s'agissait que de quelques critiques. C'étaient leurs premiers concerts ici, et ils devaient encore faire leurs preuves. Intérieurement, Tom l'avait pourtant très mal encaissé, d'où son air peu enjoué des derniers jours. Tom leva les yeux vers lui.

- Ils m'ont trouvé 'inexistant'.

Bill fronça les sourcils. Il se rapprocha et se colla à lui, déposant un bisou sur son torse.

- Tu sais que c'est faux, tu n'es pas inexistant.

Tom haussa les épaules.

- Ils n'avaient pas totalement tort. J'étais paralysé par la peur lors de notre premier concert ici. Il n'y a que toi qui rayonnais. Nous, on était terrifiés... Un jour, tu n'auras peut-être plus besoin de nous... de moi dans le groupe.

- Tu es stupide.

Tom déglutit, détournant le regard, mais Bill agrippa doucement sa mâchoire, le forçant à le regarder. Il haussa les sourcils, accentuant chacun de ses mots.

- Moi aussi je mourais de peur, comme toi. Tu le sais très bien. Et tu sais comment je suis parvenu à surmonter ma peur ?

Tom le regarda, un peu perdu, et secoua négativement la tête, se mordant les lèvres. Caressant sa joue, Bill sourit en tremblant légèrement. Il se redressa et se pencha un peu vers lui, le surplombant.

- Grâce à toi, comme toutes les autres fois. Je n'y serais jamais arrivé si tu n'avais pas été là sur scène avec moi. Je ne pourrais pas y arriver si tu n'étais pas là.

Tom le fixa. Ses yeux lui brûlaient à nouveau, prêts à craquer sous la pression mais résistant par fierté. Bill se pencha encore vers lui pour déposer ses lèvres contre les siennes et Tom ferma les yeux à son contact, frissonnant. Quand Bill recula, il murmura, caressant le bras de Tom sur tout son long.

- J'ai besoin de toi, Tom. J'ai besoin de ma moitié...

Bill l'embrassa encore. Quand il recula, ses yeux brillaient également de larmes qu'il ne laissait pas tomber. Tom caressa sa joue et le prit dans ses bras. Bill l'enserra à son tour et plongea son nez contre sa joue. Il hoqueta.

- Dans ma vie, sur scène, partout avec moi. J'ai besoin de rire avec toi, tous les jours, comme ce soir. Sinon, je ne pourrai plus y arriver. Je n'y survivrai pas sans toi.

Ses lèvres revinrent sur les siennes, cette fois-ci plus avides, plus désespérées, et Tom répondit avec fougue et passion, caressant sa nuque. Leurs baisers se faisaient plus pressants alors que leurs corps s'enlaçaient sensuellement pour se rassurer, se calmer, et chasser pour un temps infime cette pression qui réapparaissait, un peu plus chaque jour, sournoisement.

Quand leurs baisers devinrent plus tendres et qu'ils se blottirent contre l'autre, se dorlotant alors qu'ils tombaient dans les bras de Morphée, elle avait disparue, attendant tapie dans l'ombre son heure pour ressurgir.

Tant qu'ils seraient ensemble, ils pourraient la tenir à distance, sûrement.

Fin.

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Comments :

  • beaten-heart

    01/11/2008

    et be jsuis pas déçu ^^ j'aime bien ta façon d'écrire! c'est super dur de décrire un fou rire de le faire passer au lecteur et là jme suis bien fendue la poire jte jure je l'es imaginais trp mort de rire à en avoir mal au ventre comme ça peut arriver à chacun de nous =)

  • courbe-de-plume

    22/10/2008

    je vais encore manquer d'inspiration pour écrire un com

    donc tout betement, je vais dire que j'ai aimé
    comme tout ce que tu fais ^^

  • vivre-avec-eux

    19/08/2008

    Encore une belle histoire d'amour entre nos twins
    Ils sont vraiment fait pour etre ensemble ^^
    Bisous

  • Love-boat-yaoi

    14/08/2008

    J'aime pas çà, m'arrêter de lire pour laisser des commentaires.
    Mais bon ce sont des OS, alors c'est pas vraiment comme si ça me coupait en plein milieu, ça me fait juste patienter avant de lire le suivant.
    Mais bon, c'est tellement bien écrit que je me dois de faire un effort!
    Tom m'a fait trop de peine dans celui-là!
    Bref.
    Bisouuuus!

  • siseulement-th

    05/06/2008

    trop touchant ... je dois t'évouer qu'au début je n'étais pas trés chaude pour lire des yaoi ou des twincest, mais bon j'ai comencé a en lire .. mais je préfère tout de même tes os, qui me semble plus réaliste même si cela reste de la fiction ...

  • carpe-diem--x

    05/06/2008

    j'a laissé un comm ou pas??? je sais plus... mais au cas où j'ai bien aimé! (pour changer) je pense que c'est uhn peu ça qu'il se passe en vrai, Bill assure comme une bête mais je crois que sans Tom il ne pourrait avoir autant d'assurance.
    Par contre je pense que Tom était un peu plus sûr de lui là bas, enfin d'un côté je ne suis aps dans leur têtedonc j'en sais rien! XD! (en gros, comm qui sert à rien! lol!)

  • 483-MeL0nS

    20/05/2008

    __ Toujours aussi beau <3

    Je continuerai demain ;-)

  • thlovefiction

    16/05/2008

    ptdr elle me fais trop rire la photo du lien xd
    Bill leve pas la tête tellement il a l'air crever et tom souris tout seul comme un con mdr ... putain qu'es ce que je les aimes ces twins xd

  • th-rainbowtatoo-fic

    12/05/2008

    vraiment vraiment beau, toujours aussi mignon et bourré de sentiments =)

  • sanggreen

    24/03/2008

    Non, ce n'est pas mon blog music, je n'en ai pas. Mais j'adore cette chanson! ^^

    Merci pour tes com's! ;)

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