Souvenirs d'enfance

Souvenirs d'enfance

(suite de 'Faiblesses')

Tom grogna dans son sommeil alors que qu'un poids venait se frotter à lui, l'enfonçant toujours plus dans les coussins du canapé. Yeux fermés, Tom grommela un peu plus en guise de défense, mais cela n'encouragea que plus la personne qui s'amusait à envahir son espace vital.

Se réveillant peu à peu, il bâilla un grognement et ouvrit un ½il pour identifier le coupable.

Son visage blotti contre son cou, semblant dormir profondément, Bill se collait toujours plus à lui, bougeant lentement mais sûrement contre lui. Tom murmura, amusé.

- Bill ? Qu'est-ce que tu fous ?... Ah !...

Tom eut le souffle coupé sous la surprise quand il sentit quelque chose de dur se frotter contre sa hanche. Il tenta de baisser la tête, mais il ne put que la poser sur celle de Bill. Ce dernier ouvrit la bouche dans son sommeil et souffla de l'air en gémissant contre son cou. Tom rougit et secoua légèrement Bill d'une main posée sur sa taille. Il devait le réveiller.

La veille au soir, ils s'étaient endormis sur le canapé après une soirée intense en émotion... et en baisers, mais là, c'était trop. Ils ne pouvaient agir ainsi. Il leva la tête. Le jour commençait à percer à travers les volets. Leurs parents seraient bientôt debout. S'ils les trouvaient comme ça...

Il secoua un peu plus son frère et siffla entre ses dents.

- Putain Bill, réveille toi !

Mais celui-ci se contenta de gémir de manière aiguë, prenant apparemment encore plus de plaisir alors qu'il se frottait langoureusement contre Tom.

Tom grogna et s'impatientant, il délaissa la taille de Bill pour plonger sa main dans ses cheveux, tirant doucement mais fermement sur eux pour faire reculer sa tête. Il parla d'une voix un peu plus haute, fixant les yeux fermés de l'endormi.

- Bill, ouvre les yeux ou il va t'arriver des bricoles !

Comme pour confirmer ses dires, repliant légèrement son genou de libre, il donna un très léger coup de sa cuisse dans l'entrejambe du jeune homme.

Il ne s'était cependant pas attendu à ce que Bill n'en gémisse que plus, sa bouche s'ouvrant délicieusement alors qu'il se tendait légèrement dans son sommeil. Sa douce voix aiguë fit frissonner l'échine du guitariste. Tom écarquilla les yeux, son regard fixé sur le visage du brun. Bill se détendit à nouveau, haletant un peu.

Tom cligna des yeux et curieux de savoir jusqu'à quel point Bill pourrait rester endormi, il passa doucement sa main dans les cheveux du brun alors que son bras encerclait le dos de Bill, puis il frotta de nouveau sa cuisse contre la bosse qui transparaissait du pantalon que Bill avait gardé pour dormir.

Bill haleta un peu plus fort, se tortillant légèrement, et Tom regarda avec fascination ses lèvres. Il accéléra le mouvement de sa cuisse et quand il sentit qu'un petit cri s'apprêtait à s'échapper de la gorge de l'endormi, il l'étouffa de sa bouche, goûtant les lèvres humides.

Il l'embrassa goulûment avant de reculer pour l'observer brièvement. Il se pencha à nouveau, ses lèvres frôlant les siennes alors qu'un souffle chaud et rapide s'échappait fiévreusement de la bouche du brun, quand des bruits de talons se firent entendre, se rapprochant à vive allure.

Tom écarquilla les yeux et repoussa violemment Bill, envoyant valdinguer celui-ci par terre, le réveillant brusquement par la même occasion. Sa tête avait heurté durement le sol, heureusement recouvert d'un épais tapis.

- AÏE !

Relevant sa tête du tapis, Bill se frotta la tête, grimaçant. Il se releva à moitié en jetant des yeux hagards autour de lui. Tom s'affola et il agrippa son poignet, très inquiet.

- Bill ! Ça va ? Je voulais pas... Mais tu...

Le regard de Bill se fixa sur lui, perdu.

- Tu m'as poussé ?
- Oui, mais parce que tu...

À ce moment-là, Tom entendit quelqu'un passer la porte du salon, probablement attiré par le bruit qu'ils faisaient et il lâcha son poignet.

Tom baissa les yeux vers l'entrejambe de son frère et rougit. Ignorant le froncement de sourcils naissant de Bill qui continuait à se frotter la tête, Tom lui jeta un énorme coussin venant recouvrir son bassin et ramena la couverture sur lui. Bill le regarda avec étonnement et Tom le fixa, essayant de lui faire comprendre à travers ses yeux.

Bill cligna des yeux et souleva légèrement le coussin, regardant dessous brièvement avant de relever la tête, fixant son frère. Tom eut un petit sourire lorsque les joues de Bill rosirent et qu'il serra avec embarras le coussin dans ses bras, s'asseyant en tailleur.

Simone, leur mère, s'approcha. Elle sourit.

- Bonjour les enfants. Eh bien ? Tu dors par terre maintenant, Bill ?

Oubliant temporairement sa gêne, Bill bouda, fusillant son frère du regard.

- Tom m'a fait tomber !

Tom leva les yeux au ciel. Il sauvait son frère d'une situation gênante et celui-ci s'arrêtait à des détails... Il sourit narquoisement.

- J'y peux rien si tu prends trop de place. Tu as grossi dernièrement, non ?

Bill ouvrit la bouche, un petit cri outré en sortant et il donna une petite tape sur l'avant-bras de Tom, faisant rire celui-ci. Il lui donna une fausse tape sur la main en retour et Bill fit de même, et ils recommencèrent, leurs mains s'entrechoquant alors que Bill donnait de jolis noms d'oiseaux à son frère. Simone secoua la tête en souriant.

- Arrêtez de vous chamailler. Et pas de gros mots, n'est-ce pas, Bill ?

Bill fit une petite moue en la regardant. Il se plaignit sur un ton enfantin.

- Mais c'est lui qui a commencé !

Se recevant une petite tape sur la joue qui réengagea les hostilités, Bill s'affaira à tenter d'attraper les mains de Tom. Simone leva les yeux au ciel.

- Des fois, je me dis que vous retombez en enfance à chaque fois que vous revenez à la maison. Mais en fait, je crois que j'ai tort. Vous êtes simplement deux grands bébés. Mes grands bébés.

Les deux frères grimacèrent à l'appellation, protestant à l'unisson.

- Maman !

Simone sourit et se baissa pour leur donner à chacun un bisou sur la joue, avant de se redresser.

- Enfin, tant que vous ne vous tapez plus dessus avec des poêles à frire, j'imagine que tout va bien. Ah ! Et puis, si tu es tombé, c'est peut-être parce que vous êtes trop grands pour dormir à deux sur le canapé.

Elle ébouriffa les cheveux de Bill puis se dirigea vers la cuisine. Bill fit une petite moue avant de fixer Tom qui semblait très amusé. Bill fronça les sourcils et dit d'un ton menaçant.

- Qu'est-ce qui t'amuse au juste ? Le fait d'avoir failli fracasser ma tête ?

Pour appuyer ses dires, il se remit à frotter sa tête à l'endroit où elle avait heurté le sol, même s'il n'avait plus mal à présent. Tom redevint légèrement sérieux et il passa doucement sa main dans les cheveux de Bill, venant masser le crâne de celui-ci. Les yeux de Bill s'écarquillèrent légèrement puis un peu plus lorsque Tom finit par se pencher vers lui, dégageant les cheveux de Bill pour déposer un bisou sur l'endroit auparavant douloureux. Il se redressa un peu et sourit.

- Ça va mieux ?

La main de Tom glissa sur sa mâchoire et Bill attrapa sa main dans la sienne pour embrasser sa paume puis l'intérieur de son poignet. Il ne répondit pas. Ses yeux parlaient pour lui, son regard intense. Tom sourit.

- Ça fait bien longtemps qu'on ne se tape plus avec des poêles à frire, hein ?

Bill se contenta de glousser et de serrer un peu plus sa main affectueusement avant de la relâcher. Cela faisait longtemps, en effet. À présent, l'idée ne leur viendrait même plus de faire mal à l'autre, autant physiquement qu'affectivement parlant.

Tom sourit puis murmura, évitant son regard, embarrassé.

- Je suis désolé pour tout à l'heure. Mais j'ai paniqué. Tu n'arrêtais pas de... de...

Il sentit Bill se redresser un peu et poser ses mains sur ses genoux. Les lèvres du brun vinrent se coller à son oreille. Il hésita.

- De me frotter à toi ?

Tom frissonna, il murmura contre sa joue.

- Tu bandais.

Bill resta silencieux deux ou trois secondes avant de répondre en hésitant.

- Toi aussi ?

Tom détourna un peu la tête, sentant la chaleur gagner à nouveau ses joues.

- Possible.

Il fut étonné d'entendre Bill rire doucement. Ils reculèrent tous les deux pour se regarder face à face. Bill semblait amusé.

- Maman a raison. On retombe vraiment en enfance quand on revient ici.

Il continua en baissant la voix, légèrement pensif, s'adressant plus à lui-même qu'à Tom.

- Ça faisait longtemps.

Bill ne dit plus rien et se leva pour venir s'asseoir à côté de Tom, ses mains errant dans le canapé à la recherche de la télécommande de la télévision. Tom l'observait du coin de l'½il. Il savait que Bill se souvenait en ce moment de la même chose que lui. Bill ne le regardait pas, et pourtant Tom savait que l'attention de son frère était centrée sur lui alors que ses yeux étaient eux rivés sur le petit écran.

Tom n'exagérait pas quand il disait qu'il savait toujours exactement ce à quoi son jumeau pensait. Cela n'avait rien à voir avec l'existence d'un sixième sens ou de quelque chose de mystique. C'était juste... un fait. Ils n'étaient qu'un à l'intérieur. Cela lui paraissait normal qu'ils pensent aux mêmes choses.

Or, Tom se rappelait en ce moment même combien de fois après avoir dormi la nuit ensemble ils avaient pu se réveiller, se frottant de manière tantôt ensommeillée, tantôt vigoureuse et brûlante l'un contre l'autre pour faire partir leurs érections matinales. Rien de bien méchant. Juste un partage de baisers mouillés et de câlins alors que leurs corps nus s'épousaient pour mieux se caresser et s'exalter.

Il savait, pour se l'être avoué mutuellement, que Bill et lui avaient très rapidement fini par y prendre goût, et ça, dès l'âge de leurs treize ans. À la plus forte période de cette dépendance, il leur était même arrivé de faire ça plusieurs fois par jour, se caressant mutuellement et s'embrassant dans un coin tranquille, quand ils savaient que personne ne pourrait les surprendre.

Néanmoins, c'était une pratique qui avait peu à peu disparu. Il n'en restait à présent que les baisers qu'ils échangeaient de temps à autre, ce qui était déjà bien, et surtout essentiel et indispensable pour eux, même s'il regrettait parfois le temps de l'insouciance où ils pouvaient sans honte et sans culpabiliser se faire plaisir.

Tom ne pensait pas pour autant que leur relation était étrange. C'était juste... leur relation. Cela n'avait pas été bizarre d'avoir fait ce qu'ils avaient fait, même s'ils savaient tous les deux que ça ne pouvait pas durer éternellement. D'ailleurs, cela devait faire presque six mois qu'ils ne s'étaient plus du tout touchés aussi intimement.

Néanmoins, il n'avait fallu que quelques secondes de contact ce matin à Tom pour qu'il ait envie de recommencer. Il jeta un coup d'½il à son jumeau. Celui-ci semblait toujours plongé dans ses pensées. Néanmoins, quelque chose sembla l'en extirper. Bill se mit à fredonner, ses yeux hypnotisés par la télévision.

- ♪ Gummibären, hüpfen hier und dort und überall. Sie sind für dich da wenn du sie brauchst, das sind die Gummibären. ♪ (1)

Il continua à chanter de plus en plus fort avec conviction, se balançant de gauche à droite, faisant virevolter ses cheveux lisses d'un côté puis de l'autre. C'était la chanson d'un dessin animé qu'ils avaient regardé, enfants. Tom haussa un sourcil et se figea, s'inquiétant de la santé mentale de son frère. Il demanda avec précaution, posant une main sur le front de celui-ci, vérifiant sa fièvre.

- Bill ? Tu es sûr que tout va bien ?

Tom baissa sa main et Bill se rapprocha tout près de lui, assis en tailleur. Il ne répondit pas, se mettant au contraire à lui chanter la suite nez à nez en même temps que la voix provenant du téléviseur. Tom sourit alors que leurs yeux brillants s'inondaient de douceur. Tom eut un petit rire avant de déclarer, faussement sérieux et secouant la tête avec compassion.

- Je savais que tu craquerais un boulon, tôt ou tard.

Bill continua, plus bas, susurrant les dernières paroles d'une voix enfantine en souriant. Leurs nez se touchaient à présent et se frottaient légèrement. Le sourire de Tom s'adoucit encore tout comme celui de Bill et ce dernier leva sa main, laissant le bout de ses doigts errer sur la joue de Tom. Bill jeta un coup d'½il furtif vers l'entrée du salon. Leur mère devait être occupée, mais il n'avait pas le droit à l'erreur. Ils ne pouvaient pas tenter le diable. Bill termina la chanson et ils restèrent un moment à se regarder tendrement sans bouger ni rien dire, captivés par l'autre.

Puis Bill murmura.

- Il y a juste des souvenirs qu'on ne veut pas oublier.
- Les chansons de dessins animés ?
- Par exemple, mais pas seulement, bébé.

Tom frémit lorsque Bill entoura ses épaules de ses bras et le serra tendrement. Néanmoins, la manière dont Bill avait prononcé ce dernier mot n'était pas si innocente. Il en eut la confirmation quand il l'entendit murmurer contre son cou.

- Tu veux faire revivre quelques souvenirs ?

Tom déglutit. Il était presque sûr de savoir les intentions de Bill, et il ne pouvait pas refuser. Il ne voulait pas refuser. Il ne se rappelait que trop bien l'agréable sensation dans son bas-ventre quand Bill s'était frotté contre lui ce matin. Il n'hésita pas.

- Où ça ?

Bill réfléchit pendant quelques secondes. Leurs chambres n'avaient pas de serrure et s'enfermer à deux dans la salle de bains aurait pu paraître bizarre si quelqu'un les surprenait. Aucune autre pièce n'était envisageable, sauf...

- Le grenier.

Bill recula et lui fit un clin d'½il à la fois coquin et timide avant de se lever pour aller déjeuner, suivi des yeux par Tom.

Le blond sourit quand il entendit Bill rechanter et il fredonna, se levant pour le suivre.

- ♪ Gummibären, hüpfen hier und dort und überall ♪...

XoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoX

Plusieurs heures avaient passé. Ils n'avaient pas réussi à être seuls depuis le matin. Heureusement, des amis de leurs parents étant passés voir leur mère, Bill avait réussi à s'éclipser, Tom suivant ses traces quelques minutes après, non sans avoir été contraint et forcé de faire poliment la conversation à leurs invités, expliquant ô combien être dans un groupe de rock, voyager à travers toute l'Europe, rencontrer des stars et recevoir plein de cadeaux de toutes parts était génial, et bla bla bla...

Or, Tom se foutait bien de tout ça pour l'instant. Il n'avait eu qu'une seule chose en tête depuis ce matin. Le joli cadeau que sa mère avait eu la bonne idée de lui faire le même jour que sa naissance et qui se prénommait Bill.

Alors qu'il montait l'échelle de bois qui menait à la trappe du grenier, Tom sentit son c½ur battre un peu plus fort. C'était con, mais il ne pouvait s'empêcher d'être nerveux. Bill était déjà là, à l'attendre. Tom rougit. On aurait dit un rendez-vous amoureux clandestin.

Tom ouvrit la trappe et monta, la refermant derrière lui. Il chercha avec des yeux nerveux son frère et il sourit quand il le vit. Cependant Bill ne le regardait pas. Il était accroupi devant une énorme boîte dont il examinait avec curiosité le contenu, semblant ne pas s'être rendu compte de la présence de Tom.

Néanmoins, quand Tom se rapprocha de lui et qu'il se pencha au-dessus de sa forme accroupie, Bill ne sembla pas surpris en levant la tête vers lui, lui adressant un petit sourire. Tom cligna des yeux en voyant ce qu'il examinait.

- Mais c'est...

Bill regarda à nouveau l'objet devant lui.

- Tu t'en souviens ?

Tom s'assit à genoux à côté de lui, plongeant une main dans la boîte.

- Bien sûr. C'est là qu'on mettait tous nos jouets. Ils sont toujours là d'ailleurs.

Il en attrapa un et l'examina, perplexe.

- Tu te souviens à quoi ça servait, ça ?

Bill secoua la tête, riant doucement. Il était lui aussi en train de farfouiller à la recherche de trésors perdus. Ils restèrent ainsi de longues minutes à regarder tous les objets, agrippant le bras de l'autre quand ils se rappelaient de quelque chose de précis et se racontant leurs souvenirs communs.

Bientôt, ils avaient passé en revue la quasi-totalité du contenu de la boîte et c'est avec un soupir mélancolique qu'ils se rassirent sur leurs genoux, leurs bras accrochés aux rebords de la boîte, l'observant en silence. Finalement, Bill eut un petit rire.

- Tu te rappelles comme on avait peur de cette boîte, la nuit ?

Tom sourit. Il se rappelait. C'était du temps où Bill et lui partageaient encore la même chambre. Tom continua.

- Elle faisait des bruits bizarres dès qu'il faisait noir et on croyait qu'il y avait des monstres à l'intérieur.

Bill rit doucement et agrippa l'avant-bras de Tom.

- Et tu venais dormir dans mon lit quand tu avais peur.
- Quoi !? C'est toi qui venais dans mon lit. C'est surtout toi qui pensais qu'il y avait des monstres.

Bill haussa les épaules et Tom grommela. Bill avait vraiment une mémoire sélective et ne semblait parfois vouloir se rappeler que de ce qui l'arrangeait. Bill protesta.

- Tu y croyais aussi !
- Parce que tu m'embobinais !

Bill sourit d'un air satisfait. Il lui jeta un coup d'½il et insista.

- Donc, tu y croyais.

Bon, ok. Tom aussi avait une mémoire sélective. Se trouvant pris dans son propre piège, il marmonna.

- Grmh, moui, peut-être.

Bill s'approcha, obligeant Tom à se tourner vers lui. Bill haussa les sourcils, penchant légèrement la tête sur le côté et plissant les yeux.

- Et tu venais aussi dans mon lit.

Sans attendre sa réponse, Bill glissa ses bras tendus sur les épaules de Tom, emprisonnant son cou. Tom le fixa en rougissant. Il détendit ses jambes et murmura, admettant timidement.

- Oui.

Tom s'était tant de fois glissé dans le lit de Bill, les deux s'emprisonnant dans leurs bras en tremblant alors que leurs yeux grands ouverts et leurs oreilles attentives scrutaient la pièce, à la recherche de la moindre chose suspecte, leurs petites têtes dépassant à peine des draps.

Tom grogna face au petit sourire narquois de son frère mais s'arrêta quand Bill se glissa sur lui, ses genoux et ses cuisses encerclant ses hanches. Par réflexe, Tom passa ses bras autour de sa taille. Bill le dominait de quelques centimètres. Le brun l'embrassa sur le côté du nez avant de reculer un peu. Il se mit à caresser affectueusement le sommet de son crâne, où ses dreadlocks attachées naissaient. Il lui dit d'un ton joueur mais sincèrement fier.

- J'ai toujours su te manipuler.
- Ça, c'est ce que tu crois.

Bill eut un large sourire et frotta son nez contre le sien, leurs yeux rieurs se fixant. Soudainement, Bill rapprocha ses lèvres des siennes et Tom retint son souffle. Le souffle de Bill était chaud lorsqu'il parla.

- Tu veux que je te montre ?

Tom battit des paupières, ses yeux se fermant légèrement. Il murmura.

- Ça fait longtemps.

Bill hésita un instant.

- Tu ne veux pas ?

Tom eut un petit rire. Il déposa un court baiser sur ses lèvres puis le regarda.

- À ton avis ?

Les yeux de Bill brillèrent et il caressa avec douceur sa joue alors que ses lèvres se déposaient sur les siennes et commençaient à bouger lentement, appréciant chaque seconde. Tom le laissa faire, suivant le mouvement de ses lèvres sans pousser plus loin le baiser.

Bill posa son autre main sur son torse, l'y laissant un moment pour sentir le c½ur de Tom battre un peu plus fort alors que leur baiser s'approfondissait, la langue de Bill se faufilant entre les lèvres de Tom. Ils gémirent tous les deux.

Tom caressa sa taille et ses cuisses tandis que Bill faisait glisser sa main sous son T-shirt, ses ongles venant légèrement griffer la peau du blond. Et quand Bill roula ses hanches contre les siennes, Tom haleta entre leurs lèvres entrouvertes, ses yeux fermés. Bill lécha lentement ses lèvres, jouant avec le piercing du blond. Quand il ouvrit les yeux, Tom vit que Bill l'observait, ses paupières à moitié closes faisant entrevoir des yeux noirs de désir.

Tom frémit quand les doigts de Bill caressèrent sa peau jusqu'à trouver le bout de son T-shirt pour lui enlever. Il entendit Bill rire un peu lorsqu'ils luttèrent pour faire passer le haut du T-shirt qui s'emmêlait avec ses dreadlocks.

Dès qu'ils furent débarrassés du vêtement encombrant, les lèvres de Bill se déposèrent directement sur son cou, l'embrassant avidement alors que ses mains caressaient avec insistance sa peau nue. Tom grogna quand le bassin de Bill entra une nouvelle fois en contact avec le sien. Il pouvait sentir leurs érections s'effleurer, malgré les épais tissus entre eux. Tom murmura.

- Attends, c'est pas égalitaire...

Sentant Bill sourire contre sa peau, il repoussa d'une main celui-ci, détachant à regret ses lèvres qui infligeaient un si doux traitement à son cou. Ils s'embrassèrent d'un chaste baiser sur les lèvres, puis Bill recula et leva les bras alors que Tom faisait glisser son T-shirt, l'enlevant facilement. Une fois que cela fut fait, ils s'observèrent, leurs mains caressant doucement le corps à moitié dévêtu de l'autre. Tom soupira.

- Ça m'avait manqué.
- Vraiment ? Ça ne fait pas si longtemps qu'on a arrêté.

Tom rougit et Bill le regarda attentivement. Le brun avait l'air d'espérer quelque chose. Ses yeux brillaient d'une étrange lueur. Il dit d'une petite voix.

- Je pensais que tu ne voulais plus. Que ça appartenait au passé.

Tom secoua la tête.

- C'est dur d'oublier.

Il caressa le ventre de Bill et se colla à lui, l'entourant de ses bras. Il colla ses lèvres contre sa joue.

- Encore plus d'arrêter.

Bill trembla à ses mots et le serra avec possessivité dans ses bras alors que Tom déposait de petits baisers sur son épaule.

- Dur ou impossible ? J'espère que je ne pourrai jamais oublier. Et que toi non plus. Je ne le veux pas.

Tom recula un peu, les mettant nez à nez.

- Je n'oublierai pas.

Il haussa les épaules, chassant sa nervosité. Ça ne lui arrivait pas très souvent, mais il voulait lui dire. Tout ce qu'ils pouvaient faire ensemble comptait énormément pour lui. Il le fixa avec intensité.

- Je ne le pourrais pas, même si je le voulais. Après tout, tu es mon bébé de petit frère.

Tom sourit tendrement et Bill fit de même, l'expression sur son visage s'illuminant. Le brun l'embrassa à nouveau, plus urgemment. Bientôt, c'étaient des baisers enflammés que les deux échangeaient, leurs doigts errant toujours plus hardiment sur leurs peaux. Ils arrêtèrent momentanément quand la main de Bill se posa sur l'érection vêtue de Tom, l'effleurant un peu. Tom retint un gémissement et se pencha sur son épaule.

Ils baissèrent ensemble les yeux vers les doigts de Bill qui doucement s'affairaient à déboutonner le pantalon de Tom, faisant entrevoir le boxer bombé. Tom défit également les boutons du pantalon de Bill et le tira vers le bas. Bill était dans le même état que lui et ça le rassura. Son c½ur battait à tout rompre.

Bill finit par pousser doucement Tom sur le sol, son dos entrant en contact avec le sol en bois. Celui-ci était un peu poussiéreux, mais ils s'en fichaient. Bill s'allongea sur lui et ils commencèrent à se frotter l'un contre l'autre, torse contre torse, leurs intimités glissant l'une contre l'autre à travers leurs sous-vêtements. Ils respiraient lourdement.

Tom grogna et s'impatientant, baissa à tous deux leurs boxers, cherchant à tout prix un contact peau contre peau. Il sentit le souffle de Bill se couper quand cela arriva et que leurs membres dressés se touchèrent, glissant l'un contre l'autre. Tom caressa son dos et l'encouragea.

- Continue.

Bill ne put s'empêcher d'avoir un petit sourire au coin des lèvres. Il passa un bras derrière la nuque de Tom et le surplombant entièrement, il se frotta contre lui, les faisant gémir tous les deux. Tom écarta légèrement les jambes, semblant demander toujours plus d'attention et rejeta sa tête en arrière. Bill embrassa son cou exposé et murmura à son oreille, amusé.

- Je t'ai rarement connu aussi soumis, dis.

Tom grogna mais gémit un peu plus fort quand Bill donna un coup de reins plus prononcé contre lui. Le contact était à peine supportable tellement c'était bon. Tom agrippa son dos, ses doigts s'enfonçant dans sa chair, comme pour la faire sienne et Bill poussa un petit cri. Tom sourit.

- Tais-toi. Sinon tu vas voir qui va finir par me supplier.

Bill rit doucement mais redevint concentré sur ce qu'il faisait quand la main de Tom posée sur sa tête l'attira vers le bas et que les lèvres de Tom se collèrent sur les siennes. La chaleur de leurs corps les brûlait intérieurement et ne semblait cesser de monter. Leurs gestes étaient parfois maladroits vu la position étrange de leurs jambes toujours partiellement emprisonnées par leurs pantalons et boxers, mais l'intention et les résultats y étaient.

Bientôt, Tom tourna la tête, présentant son cou en se cambrant légèrement alors qu'il gémissait tout bas des 'plus vite'. Bill accélérait, sa bouche laissant échapper de petits 'Tom' alors que leurs frottements devenaient plus intenses et prononcés. Leurs bas-ventres étaient moites de sueurs et d'autres fluides qui indiquaient que leur orgasme était proche.

Au bout d'un moment, Bill donna un coup de reins un peu plus fort et Tom se libéra, poussant un cri qu'il ne parvint pas à contenir, et répandant sa semence entre eux. Cela encouragea Bill à accélérer un peu plus ses mouvements, son membre brûlant se frottant avec vigueur contre le sien et il jouit aussi en un cri, se tendant et levant sa tête alors que son corps restait collé à celui de Tom, leur sperme se mêlant sur leurs ventres. Sa respiration se coupa avant qu'il se remette à haleter, inspirant et expirant par saccades. Il était retombé sur Tom, sa tête posée sur son épaule, et les deux jeunes hommes ne semblaient à présent n'en faire plus qu'un, lovés dans leur chaleur commune. Ils tremblaient légèrement.

Bill poussa quelques gémissements en soupirant, les yeux fermés, se remettant lentement. Il se sentait tellement bien. Il ouvrit paresseusement les paupières quand il sentit des doigts glisser sur son épaule. Tom le regardait avec des yeux brillants et en souriant.

- Putain, j'espère qu'on nous a pas entendus. J'avais oublié à quel point tu pouvais être bruyant.

Faussement énervé, Bill fronça les sourcils et lui donna une petite tape sur le côté, faisant rire Tom. Bill bouda mais répliqua, taquin.

- T'étais pas vraiment ce qu'on pourrait appeler silencieux toi non plus.

Tom rougit. On aurait pu effectivement les entendre, mais sur le moment, il s'en était bien foutu. Il eut un petit rire et détourna la tête avec embarras. Bill en profita pour caresser de ses doigts ornés de noir son cou, passant sur sa pomme d'Adam, et il vit les yeux de Tom se fermer. Les doigts de ce dernier étaient toujours posés sur son dos et son bras, le touchant avec douceur et caressant de temps à autre ses cheveux lisses. Bill jouait avec le bout de ses dreadlocks.

Ils restèrent un moment ainsi, immobiles et sans rien dire. L'atmosphère était confortable et Bill pensa qu'il aurait pu rester ainsi des heures durant, ou bien pour l'éternité.

Mais cela faisait un long moment qu'ils étaient dans ce grenier, et on les cherchait peut-être déjà. Il soupira en se redressant. Tom tourna vivement la tête, ses yeux cherchant son visage. Il avait l'air un peu déçu. Bill s'expliqua en murmurant doucement.

- On doit descendre. Ils vont se demander où on est passés.

Il sortit quelques mouchoirs de sa poche et les déplia, commençant à essuyer à tous deux leurs ventres. Tom sourit à nouveau.

- Tu avais tout prévu ?

Bill haussa les épaules. Ses yeux erraient sur le torse musclé de son frère. Il sourit également.

- Je savais que tu ne pourrais pas résister à mon charme naturel.

Tom rit et Bill termina sa tâche sous le regard intense de son frère. Rangeant les mouchoirs dans sa poche, il allait se redresser quand Tom agrippa sa nuque, l'attirant pour l'embrasser. Bill répondit avec ardeur. Le baiser était lent, à la fois passionné et doux. Quand ils reculèrent, leurs yeux brillaient un peu plus.

Ils s'aidèrent à se relever et ils se rhabillèrent, s'époussetant mutuellement de la poussière récoltée sur le sol. S'inspectant, ils vérifièrent nerveusement leur apparence. Oui, tout semblait normal à l'½il non averti.

Quelques instants plus tard, ils descendaient tous les deux de l'échelle. Arrivés en bas, ils sursautèrent quand ils virent leur mère, et ils transpirèrent, rougissant légèrement. Ils se jetèrent un rapide coup d'½il et firent comme si de rien n'était alors qu'elle s'approchait d'eux.

- Je vous ai cherchés partout. Où étiez-vous passés tout ce temps ?

Tom haussa les épaules.

- Dans le grenier, on essayait d'échapper à tes amis.

Elle parut surprise, clignant des yeux.

- Dans le grenier ?

Bill ajouta, souriant un peu.

- Oui, on déterrait de vieux souvenirs.

Sans signe avant-coureur, Bill prit la main de Tom, la serrant dans la sienne et avant que celui-ci ait pu réagir, il commençait à balancer leurs bras en chantant à tue-tête.

- ♪ Gummibären, hüpfen hier und dort und überall. Sie sind für dich da wenn du sie brauchst, das sind die Gummibären. ♪ (1)

Regardant leur mère, il commença à sautiller tout en tirant Tom par la main, se dirigeant vers les escaliers. Après s'être esclaffé de rire, le blond chantait à présent avec lui, regardant d'un air impuissant sa mère pour lui faire comprendre qu'il n'y pouvait rien si Bill n'avait pas toute sa tête.

Simone secoua la tête en souriant. Ses enfants étaient fous.

Cependant... elle avait la sensation que quelque chose d'important lui échappait. Elle fixa la trappe du grenier pendant un moment.

Non, c'était stupide. Après tout, Bill et Tom avaient toujours eu leurs petits secrets et c'était certainement bien normal.

Regardant une dernière fois la trappe, elle se retourna, descendant à son tour les escaliers.

En bas, dans le salon, deux voix au timbre très proche entonnaient encore et toujours la même chanson, main dans la main, plongés dans leurs souvenirs d'enfance.

Fin.

Donnez une note à cet OS : * ** *** **** *****

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(1) Traduction mot à mot : « Les ours à la gomme (en caoutchouc) sautent ici et là et partout. Ils sont là pour toi quand tu en as besoin, ce sont les ours à la gomme. » Paroles signées Disney. loool

Pour ceux et celles qui voudraient entendre et apprendre la chanson en entier, c'est ici. lol

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Comments :

  • 26JUIN1992

    14/05/2009

    Géniale <3

  • nirvana-angel83

    28/02/2009

    lo nan vrai?? c'est skel dis la chanson, la première fois ke jlé vu la vidéo g cru ke c'étais un truc du porno parskil y'avai plein de BiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiP
    n'empèche Bill est vraiment a croqué avec son sourire de gosse =)
    il est trognon
    c'était trop bien Bizzzzzzzzzzzzzz

  • carpe-diem--x

    03/06/2008

    décidément j'adore tes lemons!!! et ils sont vraiment dingues ces jumeaux!! mais c'est pour ça qu'on les aime!

  • siseulement-th

    31/05/2008

    trop bien j'adore, j'ai l'impression de me répéter, mais c'est trop beau comment tu écris, c'est trop réaliste et tout ...

  • 483-MeL0nS

    19/05/2008

    __ Excellent, je suis fan des greniers à présent et on se demande pourquoi xD

  • Subtility-Lyra

    29/04/2008

    Wow, c'était trop bien ! Hot et tendre à la fois... Et puis Bill qui chantonne un générique de dessin animé, trop chouuu !
    J'adore ta phrase : "Un joli cadeau que sa mère avait eu la bonne idée de lui faire le même jour que sa naissance et qui se prénommait Bill".
    Bisouus.

  • chouu----16

    24/04/2008

    :D C'est trop chou avec la chanson et tout !

  • yaoi-hypnotik

    26/03/2008

    si elle savai la mere ; D

  • lumina

    18/03/2008

    AH j'ai adoré cet O.S c'était vraiment trop chibi et le lime ....... ^^ rien à dire, parfait !

  • billxtom-Stille

    26/02/2008

    jaime trop ^^
    bon je vien lire la suite demain
    bisx

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