Braise noisette

Braise noisette

Il faisait nuit dans la chambre d'hôtel. Tout était silencieux et Bill dormait profondément, exténué par la longue journée qu'ils venaient de passer.

Le groupe avait joué très tard lors d'une émission de télévision en direct, après des heures d'attente, d'interviews et de promotion en tout genre depuis l'aurore. Or, la journée suivante ne s'annonçait guère plus reposante, le saut du lit étant prévu à sept heures sonnantes.

Un bruit provenant de la porte de la salle de bain reliée à une chambre voisine se fit entendre. Une personne en sortit. Elle jeta un coup d'½il circulaire dans la pièce sombre pour en deviner les contours, en vain.

Bill tourna la tête dans son sommeil, poussant un léger soupir, mais il ne se réveilla pas. L'ayant enfin localisé, l'intrus s'approcha à pas feutrés du lit, avançant à tâtons, puis il repoussa légèrement les draps, se glissant à l'intérieur lentement pour ne pas réveiller le dormeur.

En dépit de ces précautions, Bill se retourna vers la silhouette allongée à côté de lui et ouvrit ses yeux dans le noir, émergeant difficilement de l'inconscience. Il chuchota.

« Tom ? »

Il entendit son frère jurer dans le noir.

« Désolé de t'avoir réveillé, rendors-toi. »

Bill fronça les sourcils, bien que son frère ne pouvait le voir. Il leva la tête vers le petit réveil digital sur la table de chevet qui indiquait 3h09 d'un vert phosphorescent. Il était rare que Tom vienne à l'improviste pendant la nuit, surtout quand ils n'avaient que quelques heures pour récupérer, à moins que...

S'installant face à face avec son jumeau, Bill chuchota.

« Cauchemar ?
- Oui.
- Le même que d'habitude ? »

Pour toute réponse, Tom poussa un soupir nerveux. Bill sourit, compréhensif. Ils faisaient tous deux régulièrement le même genre de rêve. C'était toujours pareil, car même si le cadre changeait à chaque fois, la fin y était inéluctable.

Ils en avaient toujours eu, depuis tout petits, et Bill savait ce que Tom avait pu ressentir à son réveil. Une sensation affreuse de panique suivie d'un soulagement immense en réalisant que ce n'était pas réel.

Il passa une main dans les cheveux de Tom. Ses doigts glissèrent sur sa nuque, l'invitant à se rapprocher. Le blond ne se fit pas prier outre mesure et vint nicher sa tête sous celle de son frère, passant ses bras autour de sa taille. Les bras de Bill vinrent encercler ses épaules en retour et le chanteur l'entendit soupirer un peu plus, son souffle chaud contre son cou.

« Tu me racontes ?
- Bill, on ferait mieux de dormir. Tu seras crevé sinon. »

Les yeux de Bill se fermèrent. Il l'ignora.

« Raconte-moi.
- C'était complètement stupide.
- Dis-moi toujours. »

Tom hésita. Visiblement, il était encore nerveux. Bill savait qu'il se sentirait mieux après avoir mis des mots sur ce qui lui avait fait peur, et tant pis si le chanteur bâillait aux corneilles lors de leurs prochaines interviews. Il voulait que son jumeau se confie à lui.

Tom passa une main sous le T-shirt de son frère pour caresser son dos, ressentant le besoin de toucher sa peau. Bill retint un petit soupir de contentement. Tom devrait décidément venir plus souvent en pleine nuit. Les lèvres de Bill vinrent se poser sur son front et il caressa les épaules de son frère pour le rassurer.

Finalement, Tom se mit à parler.

« J'étais devant notre maison. Il y avait plein de gens autour, dans notre jardin, des inconnus tous vêtus de noir. J'ai passé le portail et je suis rentré à l'intérieur. Tout le monde me fixait en silence. Eux aussi étaient vêtus d'un noir d'encre. Il y avait maman, toute notre famille, Georg, Gustav, Andréas, David, même Saki... Tout le monde.... Sauf toi. Maman s'est approchée de moi et m'a dit qu'elle était désolée. Je lui ai demandé pourquoi, mais elle n'a rien dit de plus. Elle m'a tourné le dos et je l'ai suivie jusqu'à ta chambre. Tu étais là, allongé sur le lit, pâle et dans des habits de mort. Tes yeux étaient ouverts mais sans vie. »

A ces derniers mots, l'emprise de Tom sur son frère se resserra et Bill le dorlota un peu plus. Tom continua.

« Je suis devenu fou. Je t'ai secoué en hurlant mais tu n'as pas bougé. Tes yeux ne me fixaient plus. Ils étaient... morts, froids, comme plongés dans l'obscurité. Je n'y croyais pas. J'ai demandé pourquoi, comment cela avait pu arriver alors que tu allais très bien la veille encore, mais personne ne me répondait. Maman n'arrêtait pas de me dire qu'elle était désolée... Et puis je me suis brutalement réveillé.»

Il se tut. Bill fit glisser ses doigts le long de la mâchoire du blond pendant un moment sans rien dire et puis il planta deux ou trois bisous sur son visage, sa bouche errant du coin de son ½il jusqu'aux commissures de ses lèvres puis il resserra ses bras autour de son frère. Ainsi passèrent quelques instants, la tension se dissipant peu à peu. Finalement, Bill émit un petit rire aux oreilles de son frère, intriguant fortement celui-ci.

« Qu'est-ce qu'il y a ?
- Ne le prends pas mal Tom, mais ton rêve manquait cruellement d'un scénario crédible. Tu es en sérieuse panne d'inspiration ces derniers temps. »

Le gloussement de Bill s'accentua. Tom répondit, quelque peu vexé, quoiqu'il ne sache pas vraiment pourquoi il devrait se sentir vexé par le manque de réalisme d'un tel cauchemar. Heureusement que de tels rêves restaient idiots. Il grogna.

« Je ne l'ai pas choisi. Si je pouvais, je rêverais plutôt de torturer mon jumeau, comme ça ! »

Il se mit à chatouiller sans aucune merci le brun, entrecoupant le rire de celui-ci de souffles courts à chaque attaque de doigts. Il renversa le chanteur sur le dos et s'appuya à moitié sur lui. Bientôt, Bill réclamait pitié et satisfait, Tom l'épargna. Toujours penché au-dessus de lui, une main posée sur sa taille fine, le blond entendit son frère reprendre sa respiration jusqu'à ce qu'il puisse parler.

Même si l'obscurité était complète, Bill sentait le regard pénétrant de son frère sur lui et il le fixait de même, une lueur brillante transparaissant dans ses prunelles.

Il lui parla doucement, un sourire sur les lèvres.

« Tu sais, même dans le noir, je peux te voir. Je peux voir tes yeux. »

Une de ses mains s'aventura jusqu'à caresser la joue du guitariste. Le noir d'ébène de la nuit était impénétrable, pourtant il savait que Tom pouvait lui aussi sentir le regard noisette posé sur lui.

Bill sentit Tom se pencher un peu plus, ses dreadlocks tombant venant caresser son cou. Bill murmura encore plus bas, sa caresse se faisant de plus en plus insistante sur la joue du blond.

« Est-ce que tu peux voir les miens ? »

Il pouvait sentir les lèvres de Tom survoler de quelques millimètres les siennes. Le guitariste souffla un murmure entre ses lèvres entrouvertes, pesant ses mots avec attention.

« Oui, ils sont brûlants comme la braise. »

Bill sourit et frotta son nez contre celui de Tom, ses lèvres tentant un peu plus celles du guitariste tout en les évitant par jeu.

« Viens te brûler alors.
- Je peux ? »

Tom caressa légèrement la taille du brun. Bill gloussa un peu face à la demande enfantine mais sérieuse de Tom et il souffla un petit 'oui' amusé avant de refermer ses bras sur lui. Ce n'était pas vraiment dans les habitudes de son jumeau de demander ce genre de permission. Bill déposa un baiser goulu qui emprisonna les lèvres de Tom pour l'inviter, et la réponse fut immédiate.

Bill comprit alors très vite pourquoi Tom lui avait demandé son accord cette fois-ci, car si les baisers qu'ils avaient l'habitude d'échanger de temps à autre étaient doux et tendres, celui-ci avait un goût particulier. Les lèvres et la bouche qui le goûtèrent portaient une saveur de passion et de désespoir, une douceur urgente qui ne relevait plus d'un simple flirt entre deux jumeaux aux relations particulières, mais d'une preuve de cet amour indéfectible qui les unissait depuis toujours.

Alors que les bras de Tom se refermaient sur lui et qu'ils entamaient de douces caresses innocentes mais pourtant audacieuses, Bill les sentit tous deux dériver vers un monde qui n'avait de sens que pour eux.

Le goût de l'interdit ne lui avait jamais semblé aussi légitime.

***

Quelques heures plus tard, en plein après-midi,

Portant une main devant sa bouche, Bill bâilla en entrant dans la petite loge qui leur avait été attribuée dans un des longs couloirs de l'immense studio. Ils faisaient une pause, programmée au quart de seconde près dans leur planning chargé d'interviews. Cela faisait déjà deux heures qu'ils les avaient commencées, répondant aux mêmes questions et fournissant invariablement les mêmes réponses. C'était devenu une mécanique routinière, leurs gestes et leurs paroles n'étant plus réfléchies mais seulement répétées, tel un disque rayé. Les journalistes semblaient pourtant se plairent à leur demander les mêmes questions championnes de stupidité. Il soupira. Non pas à cause des journalistes auxquels il venait de penser, mais à cause de ce qu'il voyait là, en face de lui. Bill fit une moue.

Tom et Georg s'étaient assis, ou plutôt affalés sur l'unique canapé de la loge, leurs yeux à moitié fermés. Bill se demanda vaguement où était encore passé Gustav. Si Georg était souvent autour de lui et de Tom, le batteur disparaissait souvent de leur vue. C'était un vrai mystère. Bill s'avança vers eux.

« Je pourrais avoir une petite place ? »

Georg et Tom lui jetèrent un rapide coup d'½il avant de se regarder, et pour toute réponse, ils s'étalèrent un peu plus. La moue de Bill s'accentua avant qu'un sourire n'apparaisse sur ses traits fins. Sans signe annonciateur, il prit appui sur le rebord du canapé et roula dessus, ou plutôt sur Tom et Georg, sa tête posée sur les jambes de son frère tandis que ses propres jambes se posèrent sur celles de Georg. Bill posa sa tête sur ses bras étirés en arrière. Souriant, fier de lui, il croisa les jambes pour mieux s'installer alors que Tom et Georg protestaient vivement mais en rigolant, trop fatigués pour essayer de déloger ce nouveau parasite. Tom maugréa.

« Bill ! »

Ledit Bill leva des yeux de chien battu vers son frère et Tom pour toute réponse lui fit une petite chatouille que Bill évita en riant.

« Georg ne se plaint pas, lui, n'est-ce pas Georg ? »

Bill lança à l'intéressé un air joueur et charmeur, sous le regard de Tom. Georg rougit un peu avant de chatouiller lui aussi sur le côté la taille légèrement découverte du chanteur, laissant apparaître le haut de son étoile tatouée. Bill gloussa en se tortillant pour y échapper.

Ils se calmèrent tous les trois et le silence retomba. Georg et Bill somnolaient, les yeux fermés, tandis que Tom, une main posée sur le torse de son frère, observait son visage. De longues minutes plus tard, Georg s'étira et repoussant par les genoux les jambes de Bill toujours allongé partiellement sur lui, il se libéra pour se lever.

« Je vais chercher Gustav. Il s'est peut-être perdu dans les couloirs. »

Georg sourit avec amusement et Tom ricana. Le bassiste sortit de la pièce. Bill avait suivi d'un regard groggy le départ de Georg, se trouvant à deux doigts de s'endormir pour de bon.

Il referma les yeux. Tom dégagea les cheveux de son front et Bill soupira. Puis le guitariste fit passer un doigt sous l'élastique du boxer de Bill qui était visible, dépassant de son jean, et touchant avec douceur sa peau, il fit glisser son doigt jusqu'à caresser une partie de l'étoile puis il relâcha l'élastique en le faisant claquer légèrement.

Bill, qui avait apparemment apprécié, visage paisible, à la caresse, poussa un petit cri révolté à sa dernière action, ouvrant grand les yeux, à présent tout à fait réveillé. Outré, il tourna vivement la tête vers Tom, le fusillant du regard. Celui-ci l'observait d'un air espiègle, souriant en coin de sa petite vengeance. Tom continua à caresser la peau partiellement dénudée, calmant légèrement son jumeau.

« Tu ne peux pas t'en empêcher, hein ? »

Bill lui répondit en haussant innocemment les sourcils.

« De quoi tu parles ?
- Tu flirtais encore avec Georg tout à l'heure. »

Bill gloussa, une pointe d'embarras dans la voix.

« Je ne flirtais pas. Tu sais très bien que c'est ma façon de regarder les gens.
- C'est bien ce que je disais, tu flirtes avec tout le monde. Tiens, un autre exemple, le dernier journaliste qui nous a interviewés, tu le perturbais tellement en le fixant qu'il n'arrêtait pas de bégayer. Il t'a même tenu la porte en sortant. Même Georg et Gustav l'ont remarqué.»

Bill éclata de rire, il se redressa.

« Je ne pensais pas que vous l'aviez remarqué.
- Bourreau des c½urs. C'était un mec, en plus ! »

Bill se pencha vers lui et le fixa, son nez frôlant le sien. Il se fit joueur, penchant sa tête sur le côté.

« J'y peux rien, ce n'est pas ma faute si ça marche.
- Tu aimes en jouer. »

Bill rigola mais il ne répondit pas. Ce n'était pas une question d'ailleurs.

Car il faut dire que ce n'était pas quelque chose de nouveau. Bill avait conscience que son look androgyne attirait filles et garçons, et il s'était rendu compte depuis longtemps qu'avec un peu de charme et un regard coquin, il pouvait faire des ravages. En effet, il n'y avait nul doute que le charisme de Bill était dû en partie à son look et à son attitude innocente mais sensuelle qui passait notamment par son regard. Bill fascinait les gens. Il les attirait, tout simplement.

Or, conscient de ça, il ne cherchait pas vraiment à séduire, mais plutôt à amadouer son monde. Il avait donc pris l'habitude d'en jouer, même avec Georg, Gustav et David. C'était un simple jeu, qui amusait plus qu'autre chose ces derniers... bien qu'il y eût certainement une espèce d'attirance quelconque aussi de leur part envers Bill.

De plus, ceux-ci ne pouvaient nier que la méthode du chanteur restait terriblement efficace et irrésistible, faisant plier tout le monde à sa moindre volonté... à part peut-être Tom, plus perspicace quand il s'agissait de son frère. Néanmoins, Bill savait comment manipuler son jumeau, au final.

Bill sourit, ses lèvres frôlant les siennes. Il murmura, haussant les sourcils, son ton plus que jamais amusé.

« C'est mon regard de braise qui est responsable, pas moi. »

Tom sourit, retenant un rire silencieux face aux paroles qu'il avait prononcées la nuit passée. Il tira la langue à son jumeau, le bout de celle-ci effleurant les lèvres du brun. Bill gloussa une fois de plus et recula, essayant en vain de gronder son frère.

« Pas ici ! Si quelqu'un entrait et nous voyait ?
- Je suis sûr que ça ne choquerait personne outre mesure, vu ce que tu racontes déjà dans nos interviews. »

Bill fronça les sourcils, ne voyant clairement pas de quoi il voulait parler. Des fois, Tom ne pouvait s'empêcher de sourire face à l'innocence de son frère. Cela reflétait exactement ce que le jeune homme était, un paradoxe entre sensualité et candeur, entre timidité et effronterie.

« De quoi tu parles ?
- De la sculpture qu'on nous a offerte pour notre anniversaire. Tu sais, celle en deux parties qui s'emboîtent pour former un corps. Celle dont tu expliques à tout va qu'elle représente notre lien. »

Bill cligna des yeux, ne semblant pas convaincu. Il secoua la tête, fronçant de plus belle les sourcils d'un air interrogateur.

« Et alors? Qu'est-ce qu'il y a de choquant ? »

Tom haussa les sourcils et se pencha vers lui. Un instant passa. Bill cligna encore des yeux avant de comprendre et de sentir ses joues piquer un fard. Il marmonna.

« Faut vraiment avoir les idées mal placées...
- ...Ce qui est le cas de beaucoup de personnes, Bill. »

Bill fit une petite moue. Ils se fixèrent un moment de ce regard si particulier et Bill tira soudainement la langue à son frère. Cette fois-ci, Tom ne laissa pas passer sa chance et il l'embrassa, étouffant un cri protestataire mais rieur du brun.

***

Quelques heures plus tard,

Le soir était enfin venu. Ils en avaient terminé de cette journée de promotion et après être allés manger dans un petit restaurant tous les quatre avec leurs gardes du corps et manager dans une ambiance douce et chaleureuse, décompressant peu à peu, ils étaient revenus en milieu de soirée à l'hôtel, enfin libres de se reposer.

Or, quand Bill, simplement vêtu d'un boxer, entra brusquement dans la salle de bains, qui était conjointe avec la chambre de son frère, il n'était pas tellement relaxé. Il s'était démaquillé un peu plus tôt mais il n'avait pas eu le temps de prendre une douche, Tom l'ayant mis à la porte sans procès après qu'ils aient échangé quelques chamailleries pour squatter la salle de bains en premier.

A présent, quelques dizaines minutes d'impatience plus tard, Bill était déterminé à mettre à son tour son frère à la porte. Il était donc entré sans précaution, légèrement remonté, estimant que le guitariste n'avait déjà passé que trop de temps à l'intérieur. Tom douché et en caleçon pour la nuit, torse nu comme lui, se brossait les dents. Ses dreadlocks étaient attachées par un simple élastique. Tom sursauta à l'entrée soudaine, s'étouffant presque. Il cracha le dentifrice et se rinça la bouche avant de se tourner vers lui, maugréant.

« Bill ! T'aurais pu frapper quand même ! J'aurais pu être sous la douche. »

Ledit Bill haussa les sourcils.

« Rien que je n'ai déjà vu, et ce n'est pas comme si on était différents. »

Tom le nargua.

« Ca, c'est ce que tu penses. »

Bill grogna, voyant immédiatement ce à quoi son frère faisait référence. Il croisa les bras en haussant un peu plus les sourcils. Il tapota avec agacement ses doigts contre sa peau nue.

« Tom, on est jumeaux. Tu veux que je te rappelle le principe de l'ADN dans la gémellité ?
- Je sais ce que je dis.
- Ah oui ?
- Oui. »

Ils se fixèrent un instant, Tom narguant un peu plus son frère. Il perdit cependant son petit air fier quand Bill se mit lentement à sourire. Tom pouvait voir l'idée qui se formait dans la tête de son jumeau. Il paniqua légèrement.

« Bill, non. N'y pense même pas!
- Oh que si ! »

Sans autre préambule, Bill se jeta sur lui et Tom eut à peine le temps d'attraper les bras qui se rapprochaient dangereusement de ses sous-vêtements. Il poussa un cri aigu. La bataille s'engagea, sous des éclats de rire, quasiment similaires à l'oreille non avertie, chacun essayant d'attraper l'autre. Cela dura une poignée de minutes avant que finalement les deux ne se retrouvent face au miroir, Bill derrière Tom qui se débattait dans ses bras, légèrement recroquevillé. Leurs regards se rencontrèrent dans leur reflet, rieurs, et peu à peu ils se calmèrent et se redressèrent, un sourire immense toujours placardé sur leurs visages.

Bill abandonna sa procédure de vérification pour encercler sagement son frère, son torse nu collé contre le dos de son frère, et il se pencha légèrement au-dessus de son épaule. Leurs bras croisés qui se longeaient parallèlement semblaient être de parfaites copies. Ils appuyèrent leur joue l'une contre l'autre et ils se regardèrent un long moment à travers leur image dans le miroir. Si similaire mais si différente. Leurs regards étaient d'une rare intensité, même pour eux.

Tom murmura, sa voix sérieuse bien qu'il souriait toujours.

« Je ne sais pas ce que je ferais sans toi. Je ne pourrais pas vivre si tu n'étais plus là pour me regarder comme ça. »

Bill sourit et l'enserra un peu plus.

« Tu sais, il n'y a pas que moi qui aies un regard de braise ici. »

Tom rit et son regard s'adoucit encore. Leurs yeux couleur noisette ne s'étaient toujours pas lâchés une seule seconde. Les yeux de Bill louchaient imperceptiblement à cause de son léger strabisme et Tom sourit. Il avait toujours trouvé ce détail adorable chez son frère, car cela lui donnait un air enfantin. Tom demanda.

« Question d'ADN ? »

Bill secoua légèrement la tête. Il murmura tout bas, à son oreille, ne le quittant pas du regard.

« Non, question d'amour. »

Ils restèrent un long moment sans bouger, toujours plongés dans le reflet des yeux de l'autre dans un vain espoir d'arrêter le temps, rêvant d'un monde qui ne verrait jamais leurs pires cauchemars se réaliser.

Un monde où ils pourraient brûler d'amour en paix.

Fin.

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Comments :

  • Phoebe57100

    08/05/2010

    À un moment j'ai vraiment cru qu'ils allaient se sauter dessus! C'est vrai que le look de Bill entre indéniablement en jeu quand il s'agit de son charisme!!

  • 26JUIN1992

    14/05/2009

    C'est magnifique <3

  • Elodie

    09/02/2009

    C'est très joli et j'arrête quand Tom nargue Bill XD

  • LoveTomBillYaoi

    24/01/2009

    Magnifique

  • Bill-und-Tom-sport

    31/08/2008

    Je peux pas finir de lire, je dois y aller
    J're tout à l'heure

  • carpe-diem--x

    02/06/2008

    alors celui-là! il est trop mangifique!! j'ai l'impression de me répéter à chaque fois mais c'est trop vrai!! j'aime vraiment tes histoires!!! elles sont super touchantes et tout! j'adore!

  • bill-handicap-tom

    01/06/2008

    Et puis les deux dernières fraz dites sont tellement belle je trouve !
    Ce sont des fraz simples mais après avoir lu le tout, elle regroupe tout d'eux <3
    J'aime beaucoup =)

  • bill-handicap-tom

    01/06/2008

    Mais celui de la salle de bain était encore mieux !
    J'essayer d'imaginer Bill & Tom ! c'était marant ^^

  • bill-handicap-tom

    01/06/2008

    J'ai beaucoup aimé l'épisode où Tom était venu voir Bil ldans son lit ^^
    C'était vraiment mignon

  • bill-handicap-tom

    01/06/2008

    O_o comment j'aime trop celui là aussi !!!

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